Bulletin des Amis de l'orgue de Québec

No. 5 - Janvier 1969


Dans ce bulletin:


Qu'est-ce que l'orgue
par Paul-Émile Talbot

Pour répondre aux nombreux points d'interrogation que nous ont posés nos Amis de l'orgue, le conseil exécutif a jugé à propos de vous présenter, dans ses prochains bulletins, une série d'articles intitulés: «L'Orgue».


Majestueux et grandiose, l'orgue est encore considéré, par plusieurs personnes, comme un instrument lointain et mystérieux. Aujourd'hui, il se doit d'être plus connu et, par le fait même, d'être mieux apprécié par le méloname et par le public.

Les instruments de musique, en général, sont identiques à eux-mêmes. Un piano, un violon, une trompette ou une flûte est un instrument assez facile à décrire. En ce sens que chacun de ces instruments s'identifie à tous les autres qui lui sont semblables. Une fois que vous en connaissez sa nature, sa construction, son timbre et ses possibilités, il reste peu de choses à ajouter.

Il n'en va pas de même pour l'orgue. En effet ce qui crée l'intérêt, la grandeur et la diversité de cet instrument, c'est qu'il n'y en a pas deux de semblables. D'où lui vient cette incomparable particularité? de plusieurs causes. La plus importante de ces causes vient du fait que l'orgue a subi, au cours des siècles, une évolution constante produite soit par les facteurs d'orgues eux-mêmes, soit par les différents modes de traction, soit par l'esthétique musicale ou soit par l'importance de chaque instrument (nombre de jeux ou registres des orgues).

Dans le but de le mieux faire connaître, l'auteur de ces lignes n'a pas la prétention, dans ces quelques entretiens, de traiter à fond le sujet mais espère vous donner certains renseignements sur la naissance, l'évolution et le développement de l'orgue; sur sa facture au cours des âges; sur sa construction et sa composition; sur la manière d'en jouer; sur quelques compositeurs, leurs compositions et leur style et, enfin sur toute autre question que l'intérêt de cette chronique vous incitera à nous poser.

Puis-je, en terminant, vous recommander, si vous ne l'avez pas fait déjà, de garder précieusement les bulletins des Amis de l'orgue en vue non seulement de vous instruire sur la question de l'orgue mais aussi de posséder tous les renseignements sur «Les Amis de l'orgue» et ses activités.


Nouvelles orgues
par Antoine Bouchard

Notre-Dame de Beaupré

    Cet instrument, à traction mécanique de style classique, installé en novembre 1968, fut entièrement conçu et réalisé par Karl Wilhelm, facteur d'orgues de Saint-Hyacinthe. M. Hellmuth Wolff en a fait l'harmonisation.

    En voici la composition sonore:

    Grand-Orgue
    Positif
    Montre8'
    Bourdon8'
    Flûte à cheminée8'
    Flûte à bec4'
    Prestant4'
    Doublette2'
    Quarte2'
    CymbaleII-III
    FournitureIV
    Cromorne8'
    SesquialteraII
    Tremblant
    Trompette8'







    Pédale

    Soubasse16'


    Flûte ouverte8'


    Prestant4'


    Accouplements: POS/GO, GO/PED, POS/PED


École de musique de l'Université Laval

    Construit par le facteur Paul Ott, de Gottingen, en Allemagne, cet orgue fut installé à l'École de musique de l'Université Laval en juillet 1968. La traction et le tirage des jeux sont mécaniques.

    En voici la composition sonore:

    Grand-Orgue
    Positif
    Flûte à cheminée8'
    Bourdon8'
    Prestant4'
    Flûte bouchée4'
    Flûte conique2'
    Doublette2'
    FournitureIII
    SesquialteraII
    Cromorne8'
    Petite Quinte1 1/3'





    Pédale

    Soubasse16'


    Bourdon8'


    Gemshorn4'


    Accouplements: POS/GO, GO/PED, POS/PED


François Couperin
par Jean-Laval Gagnon

François Couperin dit «Le Grand» naquit, vécut et mourut à Paris de 1668 à 1733. Il eut comme professeur son père et Thomelin, organiste à Saint-Jacques-la-Boucherie.

En 1685, il succéda à son père à l'église Saint-Gervais et démissionna en 1730. De son mariage en 1689, Marie-Anne Ansault lui donna quatre enfants.

Ses premières oeuvres furent publiées sous le nom de Couperin de Crouilly, en 1690 et comprennent deux pièces pour orgue: les deux seules qu'il composa pour cet instrument. Elles consistaient en deux messes: l'une pour les paroisses et l'autre, pour les couvents. Ces deux messes sont l'oeuvre d'un jeune homme de vingt ans. Certaines parties de sa messe des paroisses sont considérées comme des chefs-d'oeuvre de qualité remarquable. Citons, entre autres, le mineur de l'Offertoire, le Récit de Cornet du Sanctus et, le Plain Chant de l'Agnus Dei en Basse et en Taille alternativement.

La messe des paroisses se distingue donc par son style et sa musicalité. Par contre, la messe des couvents, qui est plus simple et plus courte, n'en est pas moins belle. Ces pièces sont si différentes des autres oeuvres de Couperin qu'elles ont été attribuées, pendant un certain temps, à son oncle François.

Nous connaissons François Couperin surtout par ses nombreuses compositions pour le clavecin. «L'Art de toucher le clavecin», qu'il écrivit en 1716, le rendit célèbre. Et c'est à juste titre qu'il le prouve par ses compositions: les «Quatre livres de pièces de clavecin», «Nouveaux Concerts Royaux» pour ne nommer que les principales. Dans les symphonies ou sonates en trio, intitulées «les Nations», on se rend compte de son véritable esprit aussi bien mesuré que génial.