Bulletin des Amis de l'orgue de Québec

No. 102 - Mai 2005


Éditorial

Chers Amis de l'orgue,

Voici le dernier bulletin de notre 38e saison. Comme un prélude aux beaux jours, il est le messager des traditionnels concerts d’été. Vous trouverez également les échos de nos dernières activités ainsi que quelques nouvelles brèves, des suggestions de disques. La liste des membres en règle de notre association accompagne ce bulletin.

Au plaisir de vous voir le 28 mai au concert de Nathalie Gagnon et bon voyage à ceux qui participeront à l’excursion culturelle du 23 mai!

Irène Brisson
Coordinatrice.

Dans ce bulletin:


Échos de nos derniers concerts

Un mois d’avril bien rempli et qui a attiré beaucoup de monde avec les concerts de Louis Larouche et de Sylvain Doyon le 16 avril, et de Mathieu Blain avec l’Ensemble de musique sacrée de Québec le 30.

Véritable valeur sûre dans le domaine pour trompette et orgue, le duo Larouche-Doyon a su concilier aux Saints-Martyrs-Canadiens le répertoire baroque (concertos de Stölzel, Molter et Torelli) avec de la musique plus contemporaine, nous réservant bien des surprises : parmi elles la Rhapsodie sacrée (1973) pour trompette et orgue et son finale éblouissant du Suisse Eric Schmidt, les belles Variations sur « C’est le mois de Marie » de Claude Lavoie, que l’auteur qualifie modestement de « péchés de jeunesse » et la Rhapsodie sur le nom de Lavoie de Denis Bédard.

Alternant avec la sonorité franche et vigoureuse de Louis Larouche, Sylvain Doyon s’est montré remarquable dans le choix de son répertoire pour orgue seul et par le raffinement de ses registrations : la partita de Bach sur Sei gegrüsset, Jesu gütig a, par son intensité, dominé la première partie de ce concert, tandis que le choral Wo soll ich fliehen hin, BWV 694, de la collection Kirnberger a agréablement surpris les habitués de la version Schübler de cette œuvre!

Deux semaines plus tard, à la basilique de Québec, dans un programme entièrement consacré à Bach, Mathieu Blain a joué avec conviction et personnalité le majestueux Prélude et fugue en mi bémol majeur ainsi que les chorals Schübler, qui alternaient avec bonheur avec leur version chantée. En deuxième partie, le public a eu droit à une impressionnante présentation de la cantate-choral, BWV 4, Christ lag in Todesbanden : cette œuvre qui peut être longue et sévère a trouvé, en l’Ensemble de musique sacrée de Québec et en son chef et soliste (pour un air) Richard Duguay, des interprètes sensibles et dynamiques. Mathieu Blain a généreusement contribué au succès de cette cantate, par son habileté à soutenir l’ensemble et par la finesse de ses registrations.


Hommage à la dynastie des Gagnon

Le concert du 30 avril a été l’occasion choisie par la Fabrique de la paroisse Notre-Dame de Québec pour rendre hommage à trois illustres organistes d’une même famille : Ernest, Gustave et Henri Gagnon qui se sont succédé pendant près de cent ans aux grandes orgues de la basilique-cathédrale. Une plaque commémorative a été dévoilée et bénie en présence de la fille d’Henri Gagnon, madame Geneviève Gagnon-Bourbeau, et du petit-fils de Gustave Gagnon, monsieur Ernest A. Côté. Claude Beaudry, président des Amis de l’orgue, a rappelé la carrière des trois musiciens tandis que monsieur Côté a rappelé quelques souvenirs savoureux. Désormais, les nombreux visiteurs de la cathédrale de Québec liront ce qui suit : « En souvenir de ces trois excellents musiciens de la famille Gagnon, Ernest, Gustave et Henri, qui se sont succédé comme organistes de la basilique-cathédrale Notre-Dame de Québec de 1864 à 1961 ». Cette plaque sera installée sur la dernière colonne de gauche, à l’arrière de la basilique.


Questions de nos lecteurs

Une de nos lectrices résidant actuellement au Japon nous envoie ce message :

Je déménagerai bientôt a Shanghai, en Chine, et j'espère trouver là-bas un orgue sur lequel je pourrai jouer régulièrement. Pourriez-vous donc m'indiquer s'il y a des orgues (de préférence à traction mécanique) dans cette ville? Si vous n'êtes pas en mesure de me fournir cette information, pourriez-vous m'indiquer a qui m'adresser? Actuellement, j'habite au Japon et il m'est difficile d'obtenir ici ce genre d'information.
(signé : Jacynthe Tremblay)

Votre coordonnatrice se fera un plaisir de transmettre vos informations à madame Tremblay!


Robert Cardo, d’Albi (France) échange et achète des cartes postales d’orgues. Il partage sa passion avec quelques amis et souhaiterait enrichir sa collection de cartes postales d’orgues de chez nous. Si vous êtes intéressés :

robert.cardo@wanadoo.fr


Écouté pour vous

Samuel Scheidt : Tabulatura nova, par Kevin Komisaruk. Orgue Hellmuth Wolff du Knox College, de Toronto.

    Kevin Komisaruk, qui a terminé en 2003 ses études avec John Grew à l’université McGill et qui enseigne maintenant à la faculté de musique de Toronto avait signé en 2001 un très bel enregistrement consacré à la musique d’orgue de John Bull. Il récidive avec huit œuvres extraites de la Tabulatura nova (1624) de Samuel Scheidt (1587-1654), un des plus célèbres contemporains de Frescobaldi et jalon important entre l’art de Sweelinck et celui de l’école d’orgue nord-allemande.

    Ce disque met en valeur le bel orgue d’inspiration baroque suédoise (3 claviers et pédalier) construit en 1991 par Hellmuth Wolff. J’avoue que pour un auditeur peu familier avec la musique d’orgue antérieure à Pachelbel et Buxtehude, certaines plages de ce disque peuvent paraître très austères, surtout les variations sur des thèmes de plain-chant. Le répertoire profane (variations sur des chansons de la Renaissance) est nettement plus coloré et plus décoratif, ainsi que le très joli commentaire sur le choral Hertzlich lieb hab ich dich, o Herr dont la mélodie sera immortalisée par Bach dans le chœur final de sa Passion selon Saint-Jean. L’interprétation de Kevin Komisaruk est très soignée et appropriée à ce répertoire. Le disque est accompagné d’une excellente notice explicative signée Rachelle Taylor et Hellmuth Wolff. Si vous aimez Sweelinck et l’école de virginalistes et organistes anglais du XVIIe siècle, ce disque est pour vous.

    Atma ACD 2 2317. Prix abordable.

J. S. Bach : L’Art de la fugue, par André Isoir à l’orgue Grenzing (1982) de l’abbatiale de Saint-Cyprien en Périgord.

    Bien qu’enregistré en 1999, ce disque se trouve depuis quelques mois seulement sur les rayons de nos disquaires. Avec ses trois claviers et sa vingtaine de jeux, le magnifique instrument de Saint-Cyprien est d’une clarté et d’une finesse exceptionnelles et convient très bien à l’art du Cantor de Leipzig. André Isoir a d’ailleurs choisi cet orgue pour plusieurs disques de son intégrale Bach. Il fait ressortir avec des registrations appropriées et avec panache le style français de quelques fugues, l’esprit italien (contrepoint à la 10e) et la délicatesse des fugues plus légères (contrepoint à la 12e et fugues miroirs en gigues) et la gravité des fugues initiales et de la fugue inachevée. Cette version retient également l’attention en raison de l’ordre choisi par Isoir pour jumeler les fugues (sujet droit et inversé en alternance, fugues simples, fugues-strettes, fugues à plusieurs sujets, fugues miroirs-miroirs et canons).

    Sur le plan de l’interprétation, Isoir reste fidèle à lui-même : pas d’élans lyriques ni d’épanchements « baroques »; il s’en tient à la musicalité du texte seul et garde une certaine réserve expressive. Ceux qui ne seront pas réticents à cette approche rigoureuse mais parfois désincarnée se laisseront séduire par l’ensemble, qui est d’une grande tenue, ainsi que par l’orgue de Saint-Cyprien. Les notes analytiques d’André Isoir et de Jean-Michel Verneiges sont passionnantes et très documentées.

    Calliope CAL 3719. Prix abordable.


Nouvelle brèves

  • Dominique Gagnon et Esther Clément sont, depuis le 26 février, les heureux parents d'un deuxième garçon, Marc-Alexandre.
  • Félicitations à Vincent Boucher, qui a été nommé, en janvier dernier, Découverte de l'année 2004, lors des Prix Opus décernés par le Conseil québécois de la musique. Ce prix est assorti d'une bourse de 5 000$, offert par Galaxie, le réseau de musique continue de Radio-Canada, et d'une année en résidence à la radio de Radio-Canada.
  • Bravo à François Grenier qui participera, prochainement, à la finale provinciale du Concours de musique du Canada.
  • La musique n'a décidément pas de frontières : dans le précédent bulletin, nous lancions un appel à tous pour une lectrice française, Christiane Pierre. Grâce à l'obligence d'une Amie de l'orgue de la région de Québec, Jeanne Chartier, notre correspondante internaute a pu se procurer les enregistrements de René Saorgin qu'elle recherchait! Merci en son nom.

  • Mot de la fin

    Nous l’empruntons à ce cri du cœur de César Franck : « Si vous saviez comme je l'aime mon orgue ! Il est si souple à mes doigts et si docile à mes pensées! »

    Le prochain bulletin paraîtra en septembre. Date de tombée : 15 août. En attendant, les Entre deux bulletins électroniques vous feront part des différentes activités de l’orgue ou vous les rappelleront. Si vous ne les recevez pas encore, envoyez-moi votre adresse de courriel et je me ferai un plaisir de vous ajouter à ma liste.