Bulletin des Amis de l'orgue de Québec

No. 70 - Juin 1998 (Numéro spécial)


Éditorial

Comme promis, voici une édition spéciale de notre Bulletin, consacrée essentiellement au Concours d'orgue de Québec (dont l'épreuve finale se déroulera le jeudi 18 juin 1998 en l'église Saints-Martyrs-canadiens et à laquelle le grand public est convié gratuitement) et à la présence parmi nous de l'organiste de réputation internationale Michael Radulescu. Puisque ces dossiers ont fait l'objet de plusieurs articles dans le dernier numéro de Mixtures, et que le Concours de Québec disposera d'un programme documenté, nous nous contenterons de situer pour vous l'évènement et de vous donner l'envie d'aller y assister.

Vous trouverez également dans ce buletin un article très étoffé de Noëlla Genest portant sur le choix de l'orgue de Loretteville pour le dernier concert de la saison.

Bonne lecture, bon concert, bon concours d'orgue et ... bon été à tous!

Irène Brisson
Coordinatrice.

Dans ce bulletin:


Le Concours d'orgue de Québec
par Irène Brisson
Les candidats

Le jeudi 18 juin prochain, en l'église Saints-Martyrs-canadiens, aura lieu la 3e édition du Concours d'orgue de Québec. L'événement est destiné aux organistes canadiens âgés de 35 ans et moins, résidant au Québec depuis au moins 5 ans. Il comprend deux étapes importantes:

  • une épreuve éliminatoire, effectuée par le jury à partir de cassettes envoyées par les concurrents;
  • le concours devant jury, pour les finalistes retenus.

Rappelons que les deux premiers lauréats de ce concours ont été; Gilles Rioux (1992) et André Gagnon (1995).

L'épreuve éliminatoire comprenait des oeuvres de Muffat (Toccata XII), de Buxtehude (Toccata en fa), de Bach (2 mouvements de la sonate en trio no 4), de Franck (Choral en mi majeur) et de Litaize (Variations sur un noël angevin). Cinq candidats ont franchi cette première étape qui s'est déroulée en mars 1998, et nous vous les présentons en quelques lignes, par ordre alphabétique:

  • Lenore Alford a fait ses premières études musicales en Colombie-Britannique et détient une maîtrise en piano (1992) de l'Université de Montréal (Marc Durand). En 1997-98, elle se perfectionne en orgue auprès de Bruce Wheatcroft et de Bernard Lagacé. 2e prix en piano au Concours de musique du Canada en 1992, elle obtient une mention d'honneur au Concours John Robb en 1997. De 1994 à 1996, elle est organiste à l'église Sainte-Cunégonde de Montréal; depuis 1996, elle est organiste et directrice musicale à la Westmount Park United Church.
  • Née à Sherbrooke, Esther Clément y a fait ses premières études d'orgue. Elle les poursuit à la Faculté de musique de l'Université Laval, et vient d'obtenir un baccalauréat en interprétation sous la direction d'Antoine Bouchard. Après avoir été organiste à l'église Saint-Jean-de-Bréboeuf de Sherbrooke, elle est, depuis 1995, accompagnatrice et répétitrice des Petits Chanteurs de Charlesbourg avec lesquels elle vient de graver un disque. Récemment, elle produisait et réalisait une série de concerts, alliant l'orgue et le chant sacré, dans différentes églises de la région de l'Estrie.
  • Né à Saint-Odilon (Beauce), Dominique Gagnon a fait, depuis 1994, ses études d'orgue au Conservatoire de musique de Québec sous la direction de Noëlla Genest et vient de remporter le Prix d'orgue du Conservatoire avec grande distinction. Il a également remporté le premier prix en piano quatre années consécutives au Concours Clermont-Pépin. Depuis 1993, il est titulaire du grand orgue de l'église de Sainte-Marie de Beauce. Il se fait également entendre comme soliste ou accompagnateur de différents choeurs de la région.
  • Nathalie Gagnon est native de Petit-Matane et a fait ses études en orgue au Conservatoire de musique de Rimouski dans la classe de Jacques Montgrain et a suivi des cours d'été auprès de Kenneth Gilbert, Jean-Guy Proulx, Olivier Latry et Hank Knox. Elle vient de remporter le prix d'orgue du Conservatoire avec grande distinction. Organiste titulaire de la paroisse Notre-Dame-de-la-Paix de Luceville, Nathalie Gagnon a donné de nombreux concerts à travers le Québec. Elle est membre du conseil d'administration des Amis de l'orgue de Rimouski.
  • Steven Laplante est détenteur d'un baccalauréat en orgue de l'Université McGill, sous la direction de John Grew ainsi que d'une maîtrise pour la même discipline avec Raymond Daveluy. En 1996, il remporte le Concours John Robb et gagne, l'année suivante, le deuxième prix du concours national du Royal Canadian College of Organists. De plus, en novembre 1997, il est lauréat du Concours international Bach de Lausanne (Suisse). Steven Laplante est actuellement directeur musical à l'Église Unie de Montréal-Ouest.

Le programme

Le programme des concurrents consiste en une pièce au choix du candidat et en six pièces imposées, dont une commandée au compositeur montréalais Jean Lesage (né en 1958), et qui sera créée au concours. L'oeuvre de Lesage, Le Palimpseste de Lübeck est une véritable collection de pièges rythmiques, dont les finalistes ont pris connaissance début avril. Un palimpseste est, selon le Petit Larousse, un «manuscrit sur parchemin dont la première écriture a été lavée ou grattée et sur lequel un nouveau texte a été inscrit». Lübeck fut la ville d'adoption du grand organiste danois Dietrich Buxtehude dont la virtuosité et la fantaisie furent le modèle de toute l'Allemagne du nord à l'époque de Bach. L'oeuvre de Lesage peut donc être perçue comme un hommage à cette époque qui fit la gloire de l'orgue baroque, sous forme d'une réécriture en langage contemporain. Elle comprend 146 mesures au langage essentiellement atonal. Comme chez les organistes baroques nord-allemands, elle repose sur de nombreux traits complexes de pédalier et sur des éléments harmoniques ou linéaires (dont de nombreux ornements) évoquant les toccatas ou les préludes de Buxtehude. C'est du moins l'impression qu'elle me donne après une première lecture.

Pour les cinq autres oeuvres, les concurrents ont le choix entre:

  • les Variations sur "Onder een linde groene" de Sweelinck et le Voluntary for Double Organ de Purcell;
  • la Passacaille et fugue et la Toccata dorienne de Bach;
  • deux chorals de Leipzig ("An Wasserflüssen Babylon" ou "Nun komm der Heiden Heiland");
  • l'Esquisse op.41 n 2 de Dupré et la Rhapsodie op. 65 n 1 de Reger;
  • le Scherzo op. 2 de Duruflé et les Feux Follets de Vierne.

On l'aura deviné, ce programme très exigeant fait appel à la maîtrise technique des concurrents, mais aussi à leur imagination et à leur musicalité.

L'horaire du concours, qui aura lieu le jeudi 18 juin en l'église des Saints-Martyrs-canadiens, n'est pas encore connu au moment de l'impression de ces lignes mais sera annoncé sous peu.

Le jury

Présidé par Claude Beaudry, le jury est constitué d'Hélène Panneton, de Jean-Guy Proulx et de Michael Radulescu.

  • Organiste titulaire à Saint-Viateur d'Outremont depuis 1974, Hélène Panneton a remporté un Premier prix d'orgue au Conservatoire de Montréal (1977, classe de Bernard Lagacé) et une médaille d'or du Conservatoire de Toulouse (1979, classe de Xavier Darasse). Lauréate du concours John Robb (1976), elle a également fait des études de clavecin à l'Université de Montréal avec Réjean Poirier. Elle se partage entre l'enseignement et une belle carrière de concertiste.
  • Jean-Guy Proulx, que les Amis de l'orgue de Québec ont eu l'occasion d'applaudir en novembre 1997 à la Basilique de Québec, est diplômé de l'Université Laval où il a suivi les cours d'Antoine Bouchard, d'Antoine Reboulot, de Robert Weisz, et de Jeanne Landry. Il est, depuis 1969, titulaire des grandes orgues de la cathédrale de Rimouski. Il enseigne au Conservatoire de Québec et donne de nombreux concerts au Québec comme à l'étranger.
  • Michael Radulescu, qui a déjà joué pour les Amis de l'orgue de Québec en 1983, est professeur d'orgue à la Hochschule für Musik und darstellende Kunst de Vienne et dirige, depuis 1990, l'Académie Bach (orgue et cantates) de Porrentruy en Suisse romande. Il figure comme membre du jury à des concours internationaux d'orgue et est aussi actif comme éditeur. Une notice plus détaillée le concernant accompagne notre programme de concert du 14 juin.


Michael Radulescu
par Irène Brisson

L'interprète

L'enseignement à l'Académie de musique de Vienne, et les nombreuses activités musicales auxquelles il prend part ne semblent pas laisser à Michael Radulescu beaucoup de temps pour enregistrer, et c'est dommage, car voilà à coup sûr un interprète de très haut calibre: j'ai réécouté son remarquable enregistrement de la Clavierübung III, comprenant les 21 chorals dits du «Dogme» de Bach, encadrés par le magnifique Prélude et fugue en mi bémol majeur.

Quel monument! Dès les premiers accents du prélude, on reste frappé par la plénitude de l'interprétation de Radulescu, par la clarté de la polyphonie de Bach qu'il sait mettre en évidence, et par sa belle palette de registrations qu'il tire de l'orgue relativement modeste (si l'on compare avec les instruments des pays du nord) de San Simpliciano de Milan. En aucun cas il ne cherche à briller, et se met respectueusement au service de la musique. Ses tempi intelligents, souvent amples, mais jamais pesants, savent tirer le maximum de chaque phrase des 21 chorals du «Dogme»; je pense notamment à la grandeur processionnelle qu'il confère au Kyrie, BWV 671 et au De Profundis (Aus tiefer Not, BWV 686)! Ailleurs, il cisèle avec raffinement la petite fugue sur le Gloria (Allein Gott, BWV 677) et met en valeur tout l'esprit de l'ouverture à la française qu'est la «petite» version du Credo (Wir glauben all in einem Gott, BWV 681), autant de pages qui, sous ses doigts, deviennent de vrais bijoux.

Son interprétation des quatre Duetti (mieux connus des clavecinistes) est un véritable modèle d'articulation et de fantaisie. Quant à la triple fugue, Radulescu est un des rares organistes à mettre pleinement en évidence, par le choix de ses tempi, le plan magistral de cette oeuvre. Une version exemplaire de cette fresque combien symbolique de Bach!

Le musicologue

Les organistes doivent à Michael Radulescu des éditions modernes de quelques oeuvres longtemps sous-estimées, dont celles de l'Alsacien Georg Muffat (1653-1704) qui fut organiste à Salzburg (comme le sera plus tard Mozart!) et à Passau (ville située sur le Danube, à la frontière austro-allemande). Son édition, chez Doblinger, de l'Apparatus musico-organisticus de Muffat et son étude comparative des différentes sources d'époque permettent, à l'interprète moderne, de mieux saisir le rôle de cet organiste dans l'histoire de la musique baroque et de cerner ce qu'il doit à l'héritage de Frescobaldi et au style de Lully. Son enregistrement, sur disque compact, de ce recueil (Ars musici, AM 1108-02) datant de 1989 est également un modèle de clarté et de fantaisie qui dépoussière, avec bonheur, cette musique que d'autres rendent parfois rébarbative. À noter, Radulescu a inscrit une toccata de Muffat à son programme de Loretteville.

Radulescu s'intéresse également beaucoup aux origines de la musique de clavier, ce qui nous vaut, toujours chez Doblinger, une petite anthologie intitulée Organum Antiquum, consacrée aux plus anciens manuscrits pour orgue, remontant aux XIIIe et XIVe siècles, incluant la transcription d'un organum de Pérotin. Si plusieurs pages existaient déjà dans diverses collections musicologiques, Radulescu réhabilite et rend accessible aux organistes ce répertoire au langage pas si archaïque qu'on le pense!

Le compositeur

Respecté internationalement comme pédagogue, organiste et chef d'orchestre, Michael Radulescu est également compositeur: son catalogue comprend des oeuvres pour orgue, certes, mais également pour voix et orgue et pour orchestre. Sur le plan du langage musical, ses oeuvres ont subi de nombreuses influences, dont celles de l'école viennoise, d'Hindemith, de Messiaen et de Varèse. Sur le plan formel et dans son inspiration, sa musique plonge souvent dans le monde médiéval, celui du grégorien, de la polyphonie dite «primitive» (celle de l'époque de Pérotin par exemple), créant ainsi un lien fascinant entre le passé et le présent.

L'organiste Monique Gendron a bien voulu m'envoyer ces quelques mots concernant Ricercari, l'oeuvre que Radulescu jouera le 14 juin à Loretteville:

"C'est en décembre 1984, quelques jours avant Noël, que Michael Radulescu m'acheminait les Ricercari. Sur la première page était inscrit: "Pour Monique Gendron avec toutes mes amitiés et affections", et signé: Michael Radulescu, 20 décembre 1984. Inutile de dire le bonheur et l'émotion qui m'envahirent en ce dernier jour sombre de l'Avent, à quelques heures à peine de la joie lumineuse de Noël. Moment symbolique? Car cette oeuvre originale et d'un grand raffinement m'apparaît comme une recherche de la lumière: «Organa», méditatif, laisse entrevoir celle-ci par l'ornementation des voix supérieures; «Versus» lance un appel poignant, incisif, celui de quelqu'un qui tente de percer les ténèbres; et enfin «Estampie», au caractère dansant, jubilant et finalement tourbillonnant, évoque la transe du chercheur pour accéder à un niveau supérieur de conscience et, celui-ci atteint, la transformation et la lumière qui en découlent, ce que cette oeuvre magnifique m'a d'ailleurs apporté."

J'ai, pour ma part, écouté quatre oeuvres de Radulescu, enregistrées par le compositeur et la soprano Maria Höller. Conçues entre 1978 et 1991, elles témoignent de sa grande spiritualité, de son intériorité et de son attachement aux souces de l'art ancien (qui évoque la lyrique judaïque, orientale ou médiévale occidentale), tout en étant de facture moderne. Si l'oeuvre titre du disque, Epiphaniai pour orgue solo, fait allusion à l'Apocalypse et, selon Michelle Quintal, qui m'a fait découvrir ce disque, nous montre que le compositeur est «obsédé par le Chaos», les trois autres oeuvres pour orgue et soprano (4 prières de l'Ancien Testament, De Poëta, Versi) ont une allure méditative qui n'est pas sans rappeler les cantiques de la grande mystique allemande du Moyen-Âge, Hildegarde de Bingen, et nous projettent totalement en dehors du temps. Je les ai trouvées fascinantes! (Michael Radulescu, Epiphaniai, Deutsche Harmonia Mundi, HM 1075-2).

Son itinéraire au Québec

En dehors de son concert à Saint-Ambroise de Loretteville (14 juin), on pourra entendre Michael Radulescu dans les villes suivantes:

  • Montréal (Salon Monique Gendron). Au programme, des oeuvres de C.P.E. Bach, W.F. Bach, Mozart, Bach et Radulescu (Ricercari). Notons que c'est sur cet orgue que Monique Gendron avait créé cette oeuvre, en juillet 1985, lors d'un concert d'ouverture de la convention nord-américaine du Collège royal des organistes canadiens, en présence du compositeur.
  • Montréal (Église Immaculée-Conception), 16 juin. Au programme, des oeuvres de Buxtehude, de Bach et une de ses compositions (Epiphaniai).
  • Saint-Irénée (Concert inaugural du Domaine Forget), 20 juin. En compagnie des Violons du Roy, il interprétera le Concerto en do majeur de Haydn.
  • Rimouski (Église Saint-Pie-X), 22 juin. Même programme qu'à Loretteville, à l'exception de la Passacaille et fugue de Bach qui remplacera le Prélude et fugue en mi mineur, BWV 548.

  • Pourquoi un concert à Loretteville
    par Noëlla Genest

    Les Amis de l'orgue auront le bonheur d'accueillir, le 14 juin, Michael Radulescu au magnifique orgue Wilhelm de l'église Saint-Ambroise de Loretteville. Rappelons que cet instrument comporte une traction mécanique et que, d'autre part, notre invité ne joue maintenant que des orgues de ce type. Le présent texte veut donc éclairer tous nos lecteurs sur ce qui différencie orgue mécanique et orgue électrifié.

    Précisons d'abord que la traction d'un orgue, c'est le système par lequel l'enfoncement d'une touche fait pénétrer l'air dans le tuyau pour produire le son. Dans le système mécanique, l'action est directe entre l'organiste et le tuyau, c'est-à-dire qu'en enfonçant une touche, un mécanisme de vergette (petite tringle de bois mince) titre la soupape du tuyau qui s'ouvre et fait «parler» le tuyau.

    Dans l'orgue à traction électro-pneumatique, on a introduit un système de dépression pneumatique au niveau des sommiers combiné à un électro-aimant pour actionner la soupape d'entrée d'air dans le tuyau.

    Depuis des siècles, on a utilisé le système mécanique. Vers 1850, on a voulu assouplir la rigidité des grands instruments en y introduisant un levier pneumatique puis l'électricité. Ce nouveau système facilita grandement l'installation des différentes parties de l'orgue; il permit aussi une meilleure synchronisation entre les sections sans oublier la mobilité des consoles, etc. L'instrument pouvait, désormais, être grand et puissant. Cette tendance coïncidant avec le développement européen de la musique d'orchestre, les facteurs s'efforcèrent de repenser l'instrument en fonction de l'esthétique orchestrale, et ce fut l'époque des orgues symphoniques où ont excellé les Widor, Vierne, etc.

    Voilà donc les avantages d'une traction électrifiée. Mais quels sont les aspects positifs d'une traction mécanique pour que, dans les années 1950-1960, au Québec, en Amérique, suite à l'influence européenne, on construise des orgues mécaniques?

    Le grand intérêt de la traction mécanique consiste, incontestablement, à permettre à l'organiste un meilleur contrôle du toucher, d'où une plus grande précision rythmique et de nombreuses subtilités dans la manière de jouer. Devant une console mécanique, l'organiste maîtrise totalement son instrument et son interprétation devient plus convaincante.

    Ici, au pays, il faut savoir que la maison Casavant a construit des orgues mécaniques jusqu'en 1904 et, qu'entre 1904 et 1959, ce facteur a atteint un haut niveau de perfection en réalisant de magnifiques instruments électrifiés comme ceux des Saints-Martyrs-canadiens, de Notre-Dame-du-Cap, de Saint-Zéphirin de La Tuque; ces instruments sont dits néoclassiques, c'est-à-dire qu'ils comportent différents types de jeux permettant de jouer tout le répertoire.

    En 1959, Casavant réalise son premier instrument mécanique à deux claviers pour l'église de l'Assomption de Saint-Hyacinthe. Un magnifique trois claviers voit le jour, en 1964, à Saint-Pascal de Kamouraska; on y installe même un système de combinaisons à fonctionnement mécanique, inventé par un dénommé Salluste Duval.

    Depuis une quarantaine d'années, plusieurs facteurs ont signé de très beaux orgues au Québec. En voici un petit aperçu:

    Les technologies se sont si bien développées que l'on fabrique maintenant des orgues mécaniques avec combinateur et «séquenceur» électroniques, tels le Casavant de Sainte-Famille de Boucherville, le Beckerath de l'Oratoire Saint-Joseph et le Guilbault-Thérien de Saint-Léon de Westmount.

    Il est intéressant de noter qu'à Québec, l'orgue de l'église Saint-Sauveur construit par Déry était mécanique à l'origine; il en est de même du Mitchell qui sonne à l'église Notre-Dame de Lévis. Souhaitons que ces deux magnifiques instruments soient un jour restaurés avec leurs tractions premières.

    Tous ces énoncés démontrent malheureusement la pauvreté de la ville de Québec quant aux orgues mécaniques. Il y a bien un Casavant de dix-huit jeux au Conservatoire, deux petits Ott venus d'Allemagne à l'Université Laval. Mais souhaitons qu'un jour, une église ou un autre lieu se dote d'un bel instrument. Non pas que nos bons orgues électro-pneumatiques soient désuets, mais l'éventail sera plus complet avec un instrument à traction mécanique de moyenne ou de grande taille.

    En attendant que les Muses inspirent un mécène, nous irons, avec joie, écouter un très grand maître de l'orgue, Michael Radulescu, à Saint-Ambroise de Loretteville, le 14 juin prochain.


    Mot de la fin

    En votre nom à tous, je remercie Noëlla Genest, Monique Gendron, Michelle Quintal et Claude Beaudry, sans lesquels ce bulletin spécial n'aurait pas pu voir le jour.

    Le prochain bulletin paraîtra dans le courant de l'automne. Pour toute information que vous souhaitez nous transmettre, la date de tombée est le 15 septembre.