Bulletin des Amis de l'orgue de Québec

No. 73 - Septembre 1999


Éditorial

Au moment où vous lirez ces lignes, nous serons à quelques jours de notre nouvelle saison de concerts. À cette occasion, nous vous présentons un bulletin spécial en hommage aux fondateurs des Amis de l'Orgue de Québec. Vous trouverez également quelques rubriques habituelles : quelques enregistrements d'orgue dignes d'intérêt, un article de Noëlla Genest sur l'Académie estivale d'orgue de McGill, ainsi que des nouvelles brèves.

Bonne lecture et au plaisir de vous voir nombreux au concert "Portes ouvertes" et tout au long de notre belle saison d'orgue.

Irène Brisson
Coordinatrice.

Dans ce bulletin:


Hommage aux membres fondateurs des Amis de l'orgue de Québec

Le 2 octobre prochain, lors du concert "Portes ouvertes" et pendant la réception qui suivra, un hommage sera rendu aux pionniers des Amis de l'orgue de Québec qui posèrent les jalons de notre société. On se rappellera en effet que c'est à la suite du succès remporté à Québec en 1966 par un concert du grand organiste suisse Lionel Rogg que se concrétisa le souhait de l'abbé Antoine Bouchard de doter Québec d'une association inspirée du modèle français des Amis de l'orgue. Le premier conseil d'administration fut composé de Pierre Boutet (président), Claude Lagacé (vice-président), l'abbé Mathias Pelletier (secrétaire), l'abbé Antoine Bouchard, Claude Lavoie et Paul-Émile Talbot, directeurs. À ces piliers de Amis de l'orgue de Québec, il convient d'ajouter l'abbé Normand Picard qui succéda à l'abbé Pelletier dans les circonstances que nous évoquerons plus loin.

Par leur enthousiasme et leur dévouement à la cause de l'orgue, ces membres fondateurs méritent toute notre reconnaissance. Ils ont su "grouper les amateurs de la musique d'orgue de Québec et des environs pour leur présenter des manifestations artistiques de qualité, autour du roi des instruments, qu'il s'agisse de concerts, de conférences ou de visites d'instruments" et servent de modèles à ceux qui ont pris la relève.

Nous vous les présentons chacun en quelques lignes, par ordre alphabétique.

Ordonné prêtre en 1956, l'abbé Antoine Bouchard (né en 1932) a étudié l'orgue avec Léon Destroismaisons et Claude Lavoie, avant d'aller se perfectionner à Paris (1958-1961) auprès de Gaston Litaize, d'Antoine Reboulot et de Simone Plé-Caussade. De retour au Québec, il enseigna d'abord au collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et, depuis 1961, à l'Université Laval dont il fut directeur de l'École de musique (maintenant Faculté) de 1977 à 1980. Concertiste et pédagogue réputé, il s'est beaucoup impliqué dans le mouvement de renouveau de la facture d'orgue au Canada, et a enregistré de nombreux disques mettant en valeur tant les instruments québécois que les orgues historiques d'Europe. Il vient de signer pour l'éditeur Dorian l'intégrale de l'œuvre pour orgue de Pachelbel.

Le ténor Pierre Boutet (né en 1925) a longtemps mené de front une brillante carrière de chanteur sur la scène, en concert et sur disque, et de réalisateur à la radio du réseau français de Radio-Canada à Québec. À ce titre, il a contribué à faire connaître à travers le pays de nombreux interprètes et compositeurs de la région. Son implication au sein des Amis de l'orgue allait donc de soi, et il fut président de notre association des origines à 1986, soit durant vingt ans!

Claude Lagacé (né en 1917) fut l'élève d'Henri Gagnon et de Germaine Malépart, avant d'aller se perfectionner aux États-Unis avec Clarence Watters. Après avoir séjourné quelques années aux États-Unis où il fut organiste et où il enseigna le chant sacré à l'Institut grégorien d'Amérique, il succéda en 1961 à son maître Henri Gagnon aux grandes orgues de la basilique de Québec, poste qu'il occupa jusqu'en 1993. De cette année date son disque d'œuvres du répertoire international et québécois (S-131102). Il a également été durant de nombreuses années professeur et directeur-adjoint de l'École de musique de l'Université Laval.

Claude Lavoie (né en 1918) étudia le piano et l'orgue au Collège de Lévis avec l'abbé Alphonse Tardif. Prix d'Europe en 1942, il travailla à Boston avec, entre autres, Nadia Boulanger et E. Power Biggs, puis à Paris (1950-1951) avec André Marchal, Gaston Litaize et Simone Plé-Caussade.

Titulaire des orgues de l'église des Saints-Martyrs-Canadiens de 1959 à 1974, concertiste réputé, il a également enseigné l'orgue au Conservatoire de Québec, de 1952 à 1974, contribuant à former une brillante relève. En 1989, il crée la Fondation qui porte son nom et qui administre le Concours d'orgue de Québec. Sa belle carrière lui a valu d'être nommé Chevalier de l'Ordre national du Québec en 1990. Radio-Canada a réédité en disque compact quelques-uns de ses enregistrements (ATMA ATM2-9707).

Ordonné prêtre en 1950, l'abbé Mathias Pelletier (1924-1969) entreprit ses études musicales à l'Université Laval - comptant parmi ses professeurs Henri Gagnon - puis à Paris (1960). Pianiste et organiste, membre de la Commission diocésaine de chant sacré, professeur au Petit Séminaire de St-Georges (où il fonda les Jeunesses musicales de Beauce), puis professeur de chant sacré au Grand Séminaire de Québec, il enseigna également au Petit Séminaire de Québec. Tué lors d'un accident de voiture à l'âge de 44 ans, il reste pour les Amis de l'orgue le secrétaire qui "s'est dépensé sans limite pour le succès de notre entreprise" (Pierre Boutet).

L'abbé Normand Picard (1932-1982) compte parmi ses professeurs l'abbé Alphonse Tardif, Claude Lavoie et Antoine Bouchard. Organiste, professeur de piano et d'orgue au Collège de Lévis, il a également étudié le droit canonique à l'Université d'Ottawa et a terminé sa carrière au Tribunal ecclésiastique. Successeur de Mathias Pelletier comme secrétaire des Amis de l'orgue, il remplit ses fonctions jusqu'à sa mort "avec un dévouement admirable" (Antoine Bouchard).

Paul-Émile Talbot (1934-1986) fit ses études musicales à l'Université Laval et au Conservatoire de Québec où il remporta en 1960 un prix d'orgue dans la classe d'Henri Gagnon. Il se perfectionna ensuite à Paris avec Antoine Reboulot et à Boston avec Donald Willing. Professeur puis directeur du Conservatoire de Québec, il fut également organiste à St-Charles-Garnier, de 1961 à 1973. Parmi ses concerts figure celui qu'il donna en 1971 à l'occasion du cinquième anniversaire des Amis de l'Orgue. Sa Messe St-Charles Garnier fut chantée cette année à Québec.


Discographie
Un monument en cours de parution :
l'intégrale Pachelbel par Antoine Bouchard

Dorian, DOR-93173/93174, 93180/93181.

Le projet ne manquait ni d'ambition ni d'originalité : Johann Pachelbel, toujours cité comme référence et comme source d'inspiration lorsqu'on veut expliquer certains aspects du style de Bach, a relativement peu intéressé les organistes, si l'on excepte le coffret de six disques microsillons (comprenant une centaine de pièces) que réalisa Marie-Claire Alain en 1972 pour Erato (EDO 235/240) et quelques récents enregistrements isolés (celui de Gerd Wachowski en Allemagne pour MDG, et celui de Régis Rousseau à Montréal pour ATMA). Le même constat vaut pour sa musique vocale sacrée qui gagne à être découverte, si j'en juge par les quelques motets que j'ai pu entendre de lui. Et voilà que simultanément paraissent les intégrales d'Antoine Bouchard chez Dorian, et de Joseph Payne chez Centaur!

Actif à la même époque que les fougueux Dietrich Buxtehude et Georg Muffat, Pachelbel s'en distingue par un équilibre, une luminosité et une simplicité qui font parfois défaut au grand maître de Lübeck et au fantasque Alsacien tiraillé entre la France et l'Italie. Les préludes et toccatas de Pachelbel sont généralement sobres et dénués de panache, ses fugues sont d'une limpidité et d'une logique dont saura se souvenir Bach dans son Clavier bien tempéré; ses chorals évoluent selon une recette qui fera ses preuves chez ses émules Buttstedt, Walther et Bach, à savoir : présentation fuguée et très respectueuse du cantique, agrémentée d'une sage entrée en valeurs longues, au soprano ou au pédalier. Comme il servira tour à tour la cour impériale autrichienne (catholique) et des villes protestantes, comme Eisenach et Erfurt (fiefs de la famille Bach) et Nürnberg où il mourut en 1706, il composera tantôt selon le style issu de la tradition romaine (la filière Frescobaldi-Froberger, reconnaissable dans les Toccatas, les Ricercari et dans certaines des 95 fugues pour le Magnificat), tantôt selon les exigences des luthériens d'Allemagne du nord (chorals, variations, langage fugué, etc.). Son œuvre de clavier comprend en tout 286 pièces dont certaines (quelques toccatas et les airs à variations) conviennent parfaitement au clavecin. Cette intégrale puise ses sources dans diverses éditions et, pour permettre aux auditeurs et aux interprètes de s'y retrouver, Antoine Bouchard a dressé une liste (POP, soit pièces d'orgue de Pachelbel) assurant la concordance entre les partitions utilisées.

Avec la discipline et le perfectionnisme qu'on lui connaît, Antoine Bouchard s'est mis avec humilité au service de cette musique souvent sous-estimée des organistes, en y ajoutant çà et là une touche personnelle, sans toutefois chercher à la " revamper " à tout prix. Si Pachelbel ne procure pas à l'interprète ou à l'auditeur toute la palette d'émotions et de sensations fortes d'un Bach ou d'un Buxtehude, il possède un sens très affirmé de la mélodie et du développement, et se laisse écouter avec plaisir, Antoine Bouchard conviant l'auditeur à la réflexion intérieure.

Chacun des dix disques respecte un même découpage judicieux : dans les quatre premiers, parus à ce jour, on trouve une chaconne, un des six airs à variations de l'Hexacordum Apollinis de 1699, des toccatas, des fugues ou des ricercari (sauf dans le troisième disque), quelques-uns des 75 chorals et une série de fugues pour le Magnificat dans les huit tons d'église. Chaque disque offre donc un échantillonnage fidèle et logique des différentes facettes de Pachelbel.

L'instrument choisi par Antoine Bouchard est le bel orgue Casavant (1964) de St-Pascal de Kamouraska, dont la clarté et le coloris conviennent parfaitement à Pachelbel, notamment en ce qui concerne les chorals. Les commentaires de Gilles Cantagrel et la touche personnelle qu'Antoine Bouchard ajoute à la notice apportent un éclairage indispensable à cet ensemble d'une haute tenue.

Vu chez le disquaire

  • Éternel Bach, par Rachel Laurin, orgue Beckerath de l'Oratoire St-Joseph de Montréal. Transcriptions d'œuvres célèbres de Bach par Bach (4 des chorals Schübler), par Marcel Dupré (Sinfonia de la cantate BWV 29) et par Rachel Laurin.
    Musicus MCD 331182.
  • Orgue et chant sacré en Mauricie,par Michelle Quintal, la Maîtrise du Cap et les Petits Chanteurs de Trois-Rivières et l'orgue de Basilique Notre-Dame-du-Cap. Œuvres de Bernard Piché, Marcel Thompson, Gilles Desrochers, Pierre-Michel Bédard, Claude Beaudoin et Gilles Rioux. Un beau tour d'horizon d'un foyer musical très actif.
    ATM ALCD 21013.
  • Lambert Chaumont : pièces d'orgue, par Serge Schoonbrodt à l'orgue Boizard (1714) de St-Michel-en-Thiérache. Un livre d'orgue belge de la fin du XVIIème siècle.
    Tempérament, TEM 316015
  • Symphonie, par Wayne Marshall, orgue de Bridgewater Hall à Manchester (Grande-Bretagne). Un disque qualifié de " superbe à tous points de vue " par Pierre Robitaille, de chez HMV (Place Laurier) et qui comprend notamment la symphonie #6 de Widor, la Pastorale de Jean Roger-Ducasse, le Vexilla Regis de Naji Hakim, la 2ème symphonie de Marcel Dupré.
    Virgin Classic 7245 45320 2 3.

... et écouté pour vous

  • Johann Pachelbel : intégrale, volume 7, par Joseph Payne à l'orgue Trost (1735) de l'église du château d'Altenburg en Thuringe. Haute en couleurs, cette autre intéressante intégrale en cours d'achèvement semble, comme celle d'Antoine Bouchard jouer sur la diversité du répertoire mais surtout sur celle des instruments, chaque disque étant enregistré sur un orgue différent, tantôt moderne, tantôt historique.
    Centaur CRC-2418.
  • Heinrich Scheidemann : œuvres pour orgue, volume 2. Karin Nelson, à l'orgue Brombaugh (1992) de Göteborg (Suède). Il s'agit de la suite de l'intégrale entreprise chez Naxos, cette fois avec une interprète et un orgue différents. Quelques pièces libres (préludes, toccata, fantaisie), une fugue et plusieurs chorals confirment l'attachement de ce grand organiste d'Allemagne du nord à l'école néerlandaise du début du XVIIème siècle. Côté interprète et choix de l'instrument, j'avoue préférer le premier volume de cette collection, recensé dans le bulletin précédent.
    Naxos, 8.554203.
  • Matthias Weckmann : œuvres pour orgue, volumes 1 et 2. Wolfgang Zerer, à l'orgue de Saint-Jacques (St-Jakobi) de Hambourg. Une heureuse initiative que ces enregistrements, à prix économique de surcroît! Formé à Dresde par Heinrich Schütz, Weckmann (v. 1616-1674) est un jeune contemporain de Scheidemann et de Froberger (auquel on l'opposa dans un tournoi amical), et est devenu un des chefs de file de l'école d'Allemagne du Nord. Wolfgang Zerer (un élève de Michael Radulescu) a enregistré ses œuvres sur le célèbre instrument historique dont Weckmann fut le titulaire de 1655 à sa mort, et que Bach convoita en 1720. Un répertoire à la croisée des chemins, entre les vestiges de la Renaissance et le baroque annonciateur de Buxtehude. À découvrir!
    Naxos, 8.553849 et 8.553850.


Nouvelles brèves
  • Tous nos voeux de bonheur à notre fidèle trésorier, Michel Boucher, à l'occasion de son mariage avec Pauline Morissette.
  • Dany Wiseman, dont nous avons souvent mentionné les concerts et les distinctions dans nos précédents bulletins, a obtenu une bourse du Conseil des Arts du Canada qui lui permet d'aller se perfectionner au Conservatoire de Grenoble (France) auprès de l'organiste Pierre Perdigon, que les Amis de l'Orgue de Québec ont reçu en 1996.
  • Le catalogue des œuvres de Denis Bédard est maintenant sur Internet à l'adresse suivante :
  • http://www3.sympatico.ca/cheldar/catalogue1999.html

  • Grâce au dévouement d'un de nos membres, Robert Poliquin, 19 organistes figurent maintenant dans son répertoire Internet des interprètes québécois, tandis que notre Bulletin est maintenant accessible "en ligne" à l'adresse suivante :
  • http://infopuq.uquebec.ca/~uss1010/orgues/baoq.html

  • Les Amis de l'orgue du Saguenay-Lac-St-Jean sont en deuil : le 25 août dernier est décédé à l'Institut de cardiologie de Montréal, Guy Roy. Il avait 70 ans. Comme l'écrit l'organiste saguenéen André Côté : "Grâce à une longue carrière en enseignement de la musique, Guy Roy fut une figure marquante dans le monde de la musique, et particulièrement de l'orgue, au Saguenay-Lac-St-Jean. En plus d'une longue implication avec les Jeunesses musicales, il fut fondateur et président des Amis de l'orgue pendant plusieurs années ainsi que délégué de la région à la FQAO. Sa passion pour l'orgue l'amène, en plus de tenir le poste d'organiste dans diverses paroisses de la région (notamment à St-Dominique de Jonquière), à agir en tant qu'instigateur ou conseiller pour plusieurs projets de construction ou de rénovation d'orgue. Son Répertoire des orgues du Saguenay-Lac-St-Jean demeurera un testament musical par lequel il a voulu transmettre la passion qu'il vouait au Roi des instruments".

  • L'Académie estivale d'orgue de McGill 1999
    par Noëlla Genest

    J'ai eu l'heureuse opportunité de séjourner à Montréal au moment de l'Académie estivale d'orgue organisée par l'Université McGill sous la direction artistique de John Grew. Aussi, il me fait plaisir, chers amis de l'orgue de Québec, de vous entretenir de cet heureux événement.

    Cette session s'est déroulée du 25 juillet au 6 août dernier. Tout comme dans les Académies d'été européennes, cinquante-et-un organistes sont venus de partout : dix-huit provenaient du Québec, neuf du Canada, vingt-trois des États-Unis et un d'Espagne.

    Les professeurs-concertistes invités étaient James-David Christie (répertoire du 17ème siècle allemand enseigné à l'orgue Beckerath de St.Andrew's Dominion-Douglas), Jean Ferrard (répertoire espagnol et flamand des 16ème et 17ème siècles enseigné aux orgues Guilbault-Thérien (du Grand Séminaire et de St-Léon de Westmount), John Grew (répertoire classique français enseigné à l'orgue Wolff de la salle Redpath, Bernard Lagacé ( œuvres de J.S. Bach enseignées à l'orgue Wilhelm de St-Matthias), Olivier Latry (répertoire de J. Alain, Dupré, Duruflé, Langlais, Litaize, Messiaen, Tournemire, Vierne, enseigné à l'orgue Casavant restauré de St-Jean-Baptiste), Daniel Roth (répertoire de l'orgue symphonique français, Franck, Widor, enseigné à l'orgue Casavant restauré de l'église Très-Saint-Nom-de-Jésus).

    Les organistes s'inscrivaient donc à l'un ou plusieurs des six cours offerts chaque jour et avaient accès à douze instruments dont huit à traction mécanique pour travailler.

    Outre la partie pédagogique de cette Académie, s'insérait un festival d'orgue de six concerts présentés par les professeurs invités. Les programmes de ces concerts adaptés à l'esthétique de chaque instrument  s'avérèrent d'un très haut niveau tout en révélant plusieurs œuvres moins connues. Je pense, ici, aux deux œuvres de Buxtehude, à la chaconne de Johann Bernhard Bach exécutées avec originalité par James David Christie à l'orgue de l'Immaculée-Conception.

    Le concert présenté à la salle Redpath permettait d'entendre John Grew à l'orgue et au clavecin et un merveilleux ensemble instrumental dans la Deuxième Leçon des Ténèbres de F. Couperin et la cantate Orphée de Clérambault. Bernard Lagacé a fait une version sublime de l'Art de la Fugue à l'Immaculée-Conception. Jean Ferrard a tiré un heureux parti de l'instrument français du Grand Séminaire dans des œuvres de Kerkhoven, Locke, Bull, Sweelinck, de Arauxo, Chaumont, Rossi, Roberday, Buxtehude, Cornet. Finalement, Daniel Roth clôturait l'événement avec un programme qui mettait bien en valeur l'orgue récemment restauré du Très-Saint-Nom-de-Jésus avec deux œuvres (Prière et Pièce pour grand orgue), une sélection de 3 mouvements de Widor et une improvisation sur un thème de Bengt Hambraeus.

    Le dernier jour de l'Académie était aussi habité par un symposium "The legacy of Cavaillé-Coll". Fenner Douglass, Daniel Roth, Jesse Eschbach, Jean Ferrard, Bengt Hambraeus traitèrent de différents sujets reliés à l'héritage laissé par Cavaillé-Coll. Jean-Louis Coignet, Jacquelin Rochette et Gene Bedient s'attachèrent à l'influence de Cavaillé-Coll à Paris, chez Casavant et à travers le monde.

    Une table ronde animée par Jean Ferrard regroupait Bedient, Coignet, Douglass, Eschbach, Hambraeus, Latry, Roth, Thérien et Wolff.

    Un vin d'honneur et un buffet offerts par le Consulat Général de France réunissaient une dernière fois les participants avant le concert de Daniel Roth.

    Il faut féliciter les organisateurs de cette Académie qui crée une dynamique de l'orgue extrêmement intéressante. Les artistes invités, les riches orgues utilisés et les nombreux échanges entre organistes venus de partout créent une stimulation dans le milieu de l'orgue québécois. Il appartient donc aux organistes et mélomanes d'ici de savoir en profiter.

    Voilà, chers Amis de l'orgue de Québec, un petit compte-rendu d'un bel événement...


    Un bon tuyau ... pour une bonne cause

    Savez-vous que, moyennant une somme allant de 50 à 400 dollars, vous pouvez " adopter " symboliquement un tuyau de l'orgue Mitchell (1870) de Notre-Dame de Lévis? Grâce à votre générosité, vous aurez contribué à la restauration de ce bel instrument, qui devrait être complétée en juillet 2000.


    Mot de la fin

    Tous nos remerciements à Noëlla Genest, Robert Girard, André Côté, Pierre Robitaille et à tous ceux qui m'ont communiqué des renseignements sur les fondateurs des Amis de l'orgue de Québec; sans oublier Claude Beaudry pour la mise en page de ce bulletin.

    Le prochain bulletin paraîtra en décembre. Date de tombée : 7 novembre.