Bulletin des Amis de l'orgue de Québec

No. 77 - Novembre 2000


Éditorial

Édition spéciale : Johann Sebastian Bach

À l'approche de notre mini festival Bach, nous vous offrons ce bulletin entièrement consacré au récit de voyage de Monsieur Claude Lagacé qui, au printemps dernier, effectuait avec son épouse un passionnant séjour en Allemagne, dans trois villes qui ont exercé une importance capitale sur la vie et la carrière de Bach : Eisenach, sa ville natale, Weimar, qui vit s'épanouir le brillant organiste ayant découvert tous les styles de son époque et Leipzig, où il oeuvra durant 23 ans comme Cantor. Plus qu'un simple compte rendu musical - et Dieu sait si l'Allemagne a vécu au rythme des oeuvres de Bach cette année - c'est une fine observation de l'ex-république démocratique allemande (RDA) dix ans après la chute du mur de Berlin que nous livre notre voyageur qui s'attache au pays, à ses habitants, à son architecture, à son austérité et à son passé parfois glorieux, parfois tragique, comme on aura l'occasion de le découvrir près de Weimar.

Nous remercions Monsieur Lagacé, qui fut durant plus de vingt ans organiste à la basilique Notre-Dame de Québec, de partager avec nous ces moments d'émerveillement et d'émotion.

Irène Brisson
Coordinatrice.

Dans ce bulletin:


Sur les pas de Jean-Sébastien Bach
Un voyage en Allemagne

par Claude Lagacé

Leipzig

Après une semaine passée à Prague, en République tchèque, Anne, ma femme, et moi prenons le train du matin, le vendredi 19 mai, pour Leipzig. Il est six heures, et nous sommes à la gare du Nord. On croirait y être entrés par la porte des marchandises. La gare est déserte et toute en détours. Notre chauffeur de taxi, boiteux et plutôt bourru, ne pouvait nous aider avec nos lourds bagages. Alors, il a fallu pousser nos grosses valises à travers cinq wagons avant de prendre nos sièges réservés, car l'agent de bord nous avait fait monter très vite dans le premier wagon venu. Enfin installés dans notre compartiment de première classe, nous somnolons en paix... quand une porte s'ouvre avec fracas au cri de : « Passport! ». Bon... On s'exécute et le calme revient jusqu'à Dresde. Nous arrive alors un couple allemand, plutôt âgé, pour partager le compartiment. Il nous faut réaligner nos encombrants bagages pour leur faire place. Ces Allemands sont très gentils mais parlent très fort, et seulement l'allemand. La communication est limitée. Enfin, après cinq heures de train, nous voici à Leipzig, à l'hôtel Park, tout près de la gare, confortable et situé au cœur de la ville.

À 18 heures, concert de « Motette » à Saint-Thomas de Leipzig, l'église où J.S. Bach fut organiste et directeur de la musique de 1723 à sa mort en 1750. Cette église à trois nefs est spacieuse et d'une grande sobriété, la voûte qui rappelle le gothique flamboyant est assez élevée, et nous sommes dans un bon vaisseau sonore pour l'orgue et les chœurs. Ce soir-là, des psaumes de Mendelssohn, une composition pour chœur du maître de chapelle, Christoph Biller, le Sanctus de la Messe en si mineur de Bach et, comme dernière pièce, à l'orgue, un choral fugué de J. S. Bach. L'orgue sonne bien, mais il n'a certes pas le son baroque. Je suis monté au jubé et j'ai pu l'examiner à loisir. C'est un grand instrument symphonique à trois claviers, 90 jeux, pourvu d'une belle variété de gambes. L'organiste, Ullrich Böhme, excellent virtuose et homme aimable, me dit qu'une grande restauration par le facteur d'orgue Sauer, au début du siècle, a fait de cet orgue un instrument symphonique. Il ajoute que l'on est en train de construire un nouvel instrument d'époque dans une galerie latérale surplombant la nef, instrument qu'on inaugurera le 28 juillet, jour anniversaire de la mort de Bach. Je ne sens point chez le titulaire de la tribune la plus illustre en Allemagne l'engagement « baroque » que l'on pourrait attendre du successeur de « l'infiniment grand » J.S. Bach. J'ai déambulé quelques minutes dans l'église après le concert. En arrivant en haut des quatre marches qui accèdent au sanctuaire, j'aperçois une grande plaque de bronze gravée au nom de J.S. Bach. Je me suis agenouillé sur place et j'ai dit une prière pour Sébastien qui repose là, sous cette dalle depuis 250 ans.

En sortant de l'église Saint-Thomas, nous nous attardons un peu dans le quartier. Après l'immersion totale dans Prague, ville de charme, d'histoire et d'images au détour de toutes les rues, et à de belles places, l'aspect de la vieille partie de Leipzig apparaît plutôt terne. L'école de latin, où habitait le Cantor et dans laquelle il devait, selon les termes de son contrat, donner un certain nombre de cours du programme, a été démolie au cours du XIXe siècle, ce qui altère beaucoup l'image de l'église qu'en donnent les estampes du temps : vue de l'arrière avec sa tour massive au premier plan, flanquée à gauche de l'école de latin maintenant disparue. À 500 mètres de l'église, à la place du marché, l'ancien hôtel de ville s'impose à la vue. C'est un splendide spécimen du style Renaissance allemande. Deux grandes lucarnes à l'étage flanquent une tour massive à dôme de cuivre vert. Tout près, hélas, une minable et grande bâtisse quadrangulaire en vulgaire tôle incolore, le nouveau marché, lui fait pendant. Il ne faut pas oublier que Leipzig, le grand centre de la vie intellectuelle et artistique allemande pendant des siècles, a fait partie de l'Europe de l'Est pendant 22 ans, et en a subi l'appauvrissement. Felix Mendelssohn a aussi vécu à Leipzig et y a laissé sa marque. On lui doit l'École supérieure de Musique Felix Mendelssohn-Bartholdy, qu'il a fondée. En 1829, ressuscitait sous sa direction, la Passion selon saint Mathieu, jamais jouée depuis la mort de son auteur. La maison de Mendelssohn est ouverte au public. Spacieuse et révélatrice d'une grande aisance matérielle, elle n'est cependant pas un palace. Schumann habita Leipzig et fréquenta même la Faculté de droit de l'Université de Leipzig. La maison Schumann, en restauration, n'était pas ouverte au public.

Il semble n'y avoir dans cette ville qu'une population blanche. Apparemment, les Africains et les Asiatiques en sont totalement absents. Les Allemands nous accueillent bien, mais sans grande chaleur et ils sourient peu.

Il y a tout près de l'École supérieure de Musique Felix Mendelssohn-Bartholdy un musée d'instruments anciens fort bien pourvu que nous avons visité avec intérêt. Tout à coup, j'avise un groupe de personnes tout juste arrivées de l'extérieur qui se dirigent vers une autre salle au fond du musée. Ma curiosité éveillée me fait leur emboîter le pas, et nous nous trouvons dans une salle de musique de chambre avec une quarantaine de chaises, où un trio de piano, violon, violoncelle se préparait à jouer. Les membres du trio sont trois jeunes femmes de provenances très diverses, mais toutes élèves de l'École Felix Mendelssohn-Bartholdy. La pianiste présente l'œuvre au public, en allemand naturellement. Mais j'entends le nom de Brahms et cela me suffit car je pense à son premier trio dont le mouvement lent est d'une inexprimable beauté. Et c'était l'œuvre qu'elles ont jouée, et fort bien, d'ailleurs; cela confirme en moi l'idée qu'en Allemagne, on fait beaucoup de très bonne musique.

À 17 heures, récital d'orgue à l'église Saint-Nicolas, cette deuxième église que Bach desservait, outre Saint-Thomas, en ce qui concernait les cantates qu'il devait écrire pour chaque dimanche de l'année; la nouvelle cantate, jouée d'abord à Saint-Thomas, était répétée à Saint-Nicolas sous la direction du compositeur lui-même. Saint-Nicolas est une belle église de style assez composite. La voûte repose sur d'immenses colonnes doriques sur socles carrés au plancher de l'édifice. De la voûte se détachent de vibrants reliefs de nervures fortes qui s'entrelacent. Des palmes vigoureuses jaillissent de chapiteaux pour joindre ces puissantes colonnes à la voûte. Cette architecture au mouvement élancé nous rappelle à certains moments la grande basilique de Saint-Pierre de Rome.

L'orgue de Saint-Nicolas, joué par une novice bien équipée techniquement sonne tout à fait symphonique, avec montres trop rondes et flûtes épaisses. Les mixtures de cet instrument manquent d'éclat, les anches, de brio, et les unes s'additionnent aux autres pour essentiellement grossir le son. Cela rejoint l'impression que j'ai gardée de l'orgue de Saint-Thomas joué par un titulaire parfait musicien. La capitale de l'orgue baroque, il semble bien, ne dédaigne pas l'orgue romantique. Luc-André Marcel, biographe de Bach, a écrit cette phrase remarquable pour situer la musique de Jean-Sébastien dans son siècle : « Il était à l'avant-garde de ce qui était déjà le passé. » Se pourrait-il que cette phrase s'applique aussi au goût des Leipzigois pour l'orgue?

Weimar

C'est à Leipzig que nous avons jeté l'ancre. Nous quittons cette ville deux jours pour visiter Weimar et Eisenach, et suivre Sébastien à la trace. Comme tous les musiciens qui l'aiment et le connaissent, surtout s'ils jouent sa musique d'orgue, je puis prétendre à une certaine intimité avec le grand maître. C'est pourquoi je me permets de l'appeler, toujours dans le respect et l'affection, par son prénom.

En repassant mes impressions de ces quelques jours à Leipzig, il semble au visiteur que je suis que les signes extérieurs de réjouissance pour une célébration de cet ordre y étaient en manque... J'aurais espéré voir un grand portrait du maître affiché sur la place de l'église Saint-Thomas, par exemple, ou quelque autre signe extérieur qui rappelât tout au long de l'année l'importance de ce grand anniversaire pour tous les musiciens du monde entier, et signalât que le très grand maître que l'on honorait avait passé plus de la moitié de sa vie professionnelle en cette ville de Leipzig. Il a fallu pour sentir la présence de Bach à Leipzig entrer dans l'église Saint-Thomas y entendre sa musique. À l'extérieur, rien ne nous y préparait.

Dans le train de Weimar, la 2e classe est très confortable, avec compartiment séparé pour non-fumeurs. Par la fenêtre je vois la plaine qui verdoie au soleil, les blés très hauts alternant avec de longs rectangles clôturés où poussent légumes de toutes sortes en cette province de Thuringe qui semble si fertile. Les collines aussi sont ensemencées, et nous rappellent les coteaux du Rwanda où les pentes les plus raides étaient couvertes de jardins maraîchers. Nous sommes à Weimar au bout d'une heure et demie. Comme c'est dimanche, je cherche une église catholique où entendre la messe. Mais j'oublie que je suis en plein cœur du pays de Luther. Entrés au hasard dans l'église Saint-Pierre-et-Paul à la fin d'un office luthérien, c'est un ensemble chœur, fanfare et orgue qui nous accueille. On fait « Pump and Circumstance » de Elgar avec solennité, comme il se doit. J'ai pu voir l'orgue de près, un grand trois claviers récemment restauré. En sortant de l'église, on fait tout de suite irruption sur la place du marché, où un ensemble d'instruments à vent joue de la musique de Gershwin; un chanteur fait avec chic et en anglais « Somebody loves me but I don't know who ». Des viandes cuites sur feu ouvert sont offertes à la foule en liesse. C'est pour nous une belle arrivée dans cette petite ville de 60 000 habitants qui doit surtout son importance aux grands personnages qui y ont vécu ou séjourné comme Goethe, Schiller, entre autres. Liszt y fut directeur de l'opéra de la ville et fonda ce qui est aujourd'hui l'École supérieure de Musique Franz Liszt.

Weimar a été appelé « l'Athènes allemand ». Le nom de cette ville évoque aussi la république qui, à la fin de la Première Guerre mondiale, signe le Traité de Versailles. Le chancelier Hitler, à l'apogée de son pouvoir, déchire le traité et fait flamber le Reichstag, parlement de la jeune république.

Il est difficile de retrouver les pas de Bach à Weimar. Bien sûr qu'il œuvra au palais du duc de Weimar pendant neuf ans, mais le château et la chapelle de l'époque ont été incendiés, il n'y a plus de duc, et Sébastien, même s'il avait été nommé organiste de la chapelle, fut à Weimar plus musicien de cour que d'église. Il n'en reste pas moins qu'une grande partie de son œuvre d'orgue fut écrite au cours de ces années, en outre des innombrables concertos pour violon, hautbois, clavecin et autres, ses suites pour orchestre, et que sais-je encore.

Weimar nous réserve quand même une surprise, et elle est de taille. L'univers entier connaît l'infamie attachée au nom de Buchenwald. Mais je ne savais pas, moi, que ce camp de la mort se situait à dix kilomètres de Weimar, et qu'il est ouvert aujourd'hui aux visiteurs du monde entier. Le circuit local d'autobus dessert Buchenwald et fait la navette entre le centre-ville et le camp. À bord d'un de ces autobus remplis d'Allemands, nous sommes les seuls étrangers. À l'entrée du camp, apparaît sur la grille l'aphorisme suivant : « À chacun son dû. » Cette visite nous met tout à coup en présence de six fours crématoires dont la simple vue nous glace. Les chambres à gaz ont été rasées, mais les quartiers des SS n'ont pas été touchés. C'étaient, en plein milieu du camp, des habitations confortables où les directeurs vivaient bien bourgeoisement, avec femmes et enfants. Mais on présente quand même en ces lieux un film documentaire où l'horreur, vraiment étalée, n'épargne personne. Il semble aberrant qu'en cherchant à Weimar J.S. Bach, on tombe sur Buchenwald. On trouve, d'une part, l'une des plus grandes imaginations créatrices de l'histoire de l'humanité et, tout à côté, la répugnante effigie du génie de la destruction dans toute sa perversité. Plus de 50 000 personnes sont mortes à Buchenwald.

Eisenach

Le train nous y mène en une heure depuis Weimar. De la gare, nous nous acheminons à pied vers la maison de Bach. Cette petite ville est construite au repli de la jolie région thuringienne de vallées, de caps, de montagnes aux pentes abruptes. Eisenach est pittoresque et les maisons y sont typiquement allemandes : pas très hautes, toit pointu, colombages qui s'entrecroisent et toits à lucarnes. Au bout de dix minutes de marche, nous voici devant la maison de Sébastien. Bâtie au sommet d'un talus gazonné, elle avoisine le beau monument de bronze que sa ville natale lui a construit pour souligner en 1985 le troisième centenaire de sa naissance. Ce rendez-vous avec les lieux où il a vécu, pris depuis toujours, il semble, souvent différé mais fatidique, voici qu'il s'accomplit en ce jour. Je suis devant la maison où il est né, croit-on, où il a passé son enfance, et je vis ce beau moment avec plénitude.

Cette demeure de belles proportions révèle une aisance bourgeoise. Johann Ambrosius, père de Sébastien, occupait le poste de musicien de cour et de ville, et il n'était pas pauvre. Les pièces sont en général petites mais bien aménagées. Des manuscrits et portraits y évoquent le souvenir du maître et d'autres compositeurs de la dynastie Bach. Au terme de la visite de la maison nous attend un petit concert à la salle d'instruments au rez-de-chaussée. Un excellent jeune musicien joue sur un petit positif une « fuguette » de Bach en appuyant sans brusquerie sur une pédale qui actionne une invisible soufflerie. Suit une petite polonaise sur une épinette de Silbermann, un court morceau de clavicorde, instrument très discret que Sébastien affectionnait. Et, pour finir, une très belle version de la cantate 51 (sur disque) avec instruments d'époque à un tempo modéré qui n'est pas celui d'Harnoncourt. Le jeune musicien entremêlait ses exemples musicaux de commentaires, en allemand seulement, hélas!

Au sommet d'une falaise en sortant de la ville, se profile le château Wartburg, forteresse altière du XIIe siècle dominée par une haute tour carrée. La visite vaut l'effort de grimper jusque-là. On y sent la présence de Luther, né lui aussi à Eisenach, qui traduisit le Nouveau Testament (version d'Érasme) en allemand pendant son séjour à Wartburg. Le prince électeur de Saxe abrita Luther dans ce château pour le protéger du tribunal de l'Inquisition qui voulait lui faire rendre compte de ses 95 thèses hérétiques. La grande sainte Élizabeth de Hongrie, veuve d'un roi, mourut dans ce château à l'âge de 24 ans, et sa vie a inspiré à Franz Liszt La légende de sainte Élisabeth, drame lyrique.

Des écrivains éminents, des historiens et des penseurs ont dit des choses remarquables sur Sébastien. Et même des gens plus modestes comme Anna Magdalena, sa seconde épouse. Dans La petite chronique d'Anna Magdalena Bach, elle écrit sur son mari, son caractère, et même son génie, des choses émouvantes qu'aucun historien ne contredit, même si l'on croit que ce livre est peut-être apocryphe. Elle note en particulier qu'elle trouve un jour Sébastien en pleurs à sa table d'écriture. « Je suis dans la Passion selon saint Mathieu », explique-t-il. Gustave Thibon, philosophe, dit que l'artiste sent dans la mesure où il exprime, et c'est bien ici le cas. Goethe percevait en J.S. Bach « l'harmonie préexistante à la création dans le sein de Dieu. » J.N. Forkel, premier biographe de Bach, au dernier paragraphe de son livre, dit : « Et cet homme, le plus grand orateur et le plus grand poète musical des temps passés et futurs, cet homme est un Allemand. Que l'Allemagne soit fière de lui! Oui, qu'elle en soit fière, mais aussi qu'elle s'en montre digne. » Beau témoignage sans aucun doute, mais où crâne le nationalisme allemand, une menace permanente. Johann Mattheson, musicien contemporain de Bach, a dit de lui qu'il était le Shakespeare de la musique, et Ben Jonson, pour sa part, a dit de Shakespeare, son contemporain : « Il n'était pas d'une époque mais pour tous les temps. » Et combien vrai pour Jean Sébastien! Cioran, pour parler de Sébastien, ne craint pas l'hyperbole : « S'il y a quelqu'un qui doit tout à Bach, c'est bien Dieu. »

Pour terminer, je reviens au monument de Sébastien qui flanque la maison de son enfance à Eisenach. Sébastien y apparaît debout, la plume d'oie à la main, le visage concentré. Le monument est de bronze et, avec les années (il est de 1985), sa partie supérieure plus exposée aux intempéries, a changé de couleur; voilà que ce grand homme, né avec l'arrivée du printemps, le 21 mars 1685, se retrouve avec une chevelure toute verte, comme la ramure des arbres au printemps. Quel symbole pour son personnage! Toute sa musique jaillit, surgit, rebondit avec un essor toujours printanier. On ne saurait mieux dire l'éternelle jeunesse de l'œuvre musicale de Jean Sébastien Bach.