Bulletin des Amis de l'orgue de Québec

No. 83 - Novembre 2001


Éditorial

Chers Amis de l'orgue,

Dans ce bulletin pré-hivernal, vous prendrez plaisir à lire le deuxième des trois articles que l’organiste Claude Girard consacre à Marcel Dupré à l’occasion du 30e anniversaire de sa mort. À titre de technicien chez Guilbault-Thérien, Claude Girard nous fait également une brève description du nouvel orgue de Cap-Rouge, le Saint-Félix, tandis que Serge Laliberté nous livre ses impressions sur l’instrument. Des échos du conseil d’administration des Amis de l’orgue de Québec et quelques nouvelles brèves complètent ce bulletin que nous souhaitons à la hauteur de vos attentes.

Bonne lecture et joyeuses fêtes!

Irène Brisson
Coordinatrice.

Dans ce bulletin:


Nouvelles du Conseil d'administration

Les Amis de l’orgue de Québec ont tenu le 26 octobre dernier leur assemblée générale annuelle, à l’issue de laquelle les membres suivants ont élus pour former le prochain conseil d’administration :

Claude Beaudry, président; Richard Paré, vice-président, Michel Boucher, trésorier; Monique Dupuis, secrétaire; Noëlla Genest, directrice artistique; Suzanne Boulet, Irène Brisson, Louise Fortin-Bouchard, Paul Grimard, Geneviève Paradis, Robert Poliquin, Louise Provencher, Paul Sacca, Stéphane Saint-Laurent, Réal Vézina, conseillers.

À l’issue de l’assemblée, les Amis de l’orgue de Québec ont chaleureusement applaudi le président sortant, Gaston Paradis, en soulignant « sa capacité de stimuler, d’entraîner et de rassembler ses collègues du conseil d’administration ». Un hommage a également été rendu à l’ex-secrétaire Jean-Pierre Retel pour ses cinq années de fidèle collaboration, et à Lucille Thibault qui, pendant trente ans, a assuré bénévolement la mise sous enveloppes des envois des Amis de l’orgue. Tout un contrat!


Concert «Portes ouvertes» du 21 septembre 2001

Comme vous le savez sans doute, en raison des attentats du 11 septembre, et des cérémonies commémoratives qui ont suivi, l’organiste torontoir, Christopher Dawes, s’est vu dans l’impossibilité de donner le concert inaugural de notre saison le 15 septembre.

Il nous faut remercier Gilles Rioux, organiste-titulaire à la basilique Notre-Dame-du-Cap, d’avoir bien voulu, à trois jours d’avis, le remplacer, avec un programme consacré à Clérambault, Bach, Thalben-Ball, Elgar, Schubert et Liszt.

Voici les réactions de quelques auditeurs : « Concert mémorable! » (Noëlla Genest). « Gilles Rioux est un organiste d'une virtuosité exceptionnelle, habile improvisateur et musicien dans l'âme. » (Claude Beaudry). « Sublime! », selon Robert Poliquin, qui ajoute : « Gilles Rioux était en pleine forme et en pleine possession de tous ses talents. Le choix des pièces était judicieux. Il s'adressait très bien au grand public que l'on rejoint lors de concerts «portes ouvertes» tout en plaisant énormément aux initiés comme aux amateurs ».


Nouvelles

Excursion culturelle des Amis de l’orgue

En avant-première, Gilles Carignan nous fait savoir que la traditionnelle excursion des Amis de l’orgue est prévue pour les vendredi 10 mai et samedi 11 mai 2002, en Outaouais, durant le festival des tulipes. L’itinéraire comprendra notamment l’église de Repentigny, Ottawa (plusieurs églises), et la Trappe d'Oka. Les modalités d’inscription et de plus amples renseignements sur les organistes invités et les lieux visités suivront par courrier dans quelques semaines. Un compte-rendu de l’excursion de juin dernier à Edmunston devrait paraître dans le prochain bulletin.

Nouvelles brèves

  • Benjamin Waterhouse est, depuis un an l’organiste titulaire de la cathédrale anglicane Holy Trinity de Québec.
  • Robert Gosselin, élève de Richard Paré a, pour sa part, succédé à Esther Clément à Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle (Sainte-Foy).
  • Alain LeBlond, l’organiste de l’église Chalmers-Wesley, est également le fondateur du chœur Novissimum saeculum. Il recrute actuellement des chanteurs (hommes et femmes) ayant une bonne lecture et l’envie de s’impliquer dans du répertoire choral écrit depuis 1900. Par ailleurs, trois de ses œuvres pour orgue sont disponibles aux éditions Le Sauvage Blond (voir section: Publications).
  • Denis Bédard et de Rachel Alflatt viennent de s’installer à Burnaby, près de Vancouver. Denis a déjà donné un concert à l'Université de Colombie Britannique (où il a trois élèves), sur un Casavant mécanique de 3 claviers et une cinquantaine de jeux datant de 1970. Le 27 octobre a eu lieu son récital inaugural à la Cathédrale. Quant à Rachel, elle vient de trouver un poste de directrice de la musique par intérim dans une église unie. « L'orgue est très beau - nous écrit Rachel - un Casavant 1959, 3 claviers, 46 jeux, qui ressemble énormément à celui des Saints-Martyrs-Canadiens, en plus petit ».
  • Les élèves d’orgue de Noëlla Genest se feront entendre le vendredi 7 décembre (19h30) au studio 29 du Conservatoire ainsi que le lundi 25 février (19h30) aux Saints-Martyrs-Canadiens.
  • Les professeurs du Conservatoire donneront leur concert annuel à l’orgue des Saints-Martyrs-Canadiens le jeudi 31 janvier à 20 heures. L’entrée est libre pour toutes ces activités.

Nécrologie

Nous apprenons avec tristesse la mort du Frère Aurèle Laramée (1928-2001), des suites d’une longue maladie. Ses funérailles ont eu lieu le 23 octobre à Iberville. Comme le disait si justement Jacques Boucher : « C'est un homme qui a pris à cœur la cause de son orgue, et aussi la cause de plusieurs instruments au Québec ». Pédagogue et organiste, il consacra 35 ans de sa vie à restaurer, avec la compagnie Guilbault-Thérien, l’orgue de sa congrégation (la Maison provinciale des Frères Maristes à Iberville). « Riche par la qualité et la diversité de ses timbres, impressionnant, d'une sonorité des plus généreuses » (Jacquelin Rochette), cet instrument a fait l’objet de plusieurs enregistrements et a permis à de nombreux organistes canadiens et étrangers de se faire entendre en concert.


Marcel Dupré (1886-1971)
par Claude Girard
(2e partie)

Dans mon premier texte (Bulletin n° 80), nous avons vu que lors de la disparition de Marcel Dupré en 1971, au Québec, l’école d’orgue et sa facture vivaient de profonds bouleversements. Pour la génération enseignante du temps et la relève dont je faisais partie, le nom de Marcel Dupré était un personnage anonyme dont on connaissait peu de chose. Les années ont passé et avec le « retour du pendule », aujourd’hui, on est forcé d’admettre de toute évidence qu’il fut un grand organiste extrêmement doué et doté de capacités mentales hors du commun. Le « petit enfant prodige », comme l’appelait affectueusement Cavaillé-Coll, a connu une enfance de rêve à la résidence des Dupré sur la rue Vert-Buisson à Rouen. On peut dire qu’il a été « porté » vers la carrière d’organiste avec la plus grande attention. Peu de temps après sa naissance, Alexandre Guilmant en visite à la maison familiale, avait prophétisé en examinant le bébé : « Ce sera un organiste! ». On a tout à découvrir de lui, et voici le résumé de sa brillante carrière de musicien.

Marcel Dupré naquit le 3 mai 1886 à Rouen dans une famille de musiciens où tenir les orgues était une tradition particulièrement vivante : ses deux grands-pères, Aimable Dupré et Étienne Chauvière, étaient organistes et maîtres de chapelle, son père Albert, chef de chœur d’une société chorale qu’il avait fondée : « L’Accord parfait » et surtout titulaire du grand-orgue Cavaillé-Coll de l’église Saint-Ouen de Rouen. Sa mère Marie-Alice Chauvière, quant à elle, possédait des dons musicaux remarquables dont son fils hérita. Cet extraordinaire foyer fut un réel « temple de la musique » avec le déroulement de nombreuses activités musicales. L’installation d’un orgue Cavaillé-Coll en 1896 dans une salle spécialement adaptée résulta pour le jeune Marcel en une fascination qui allait déterminer le cours de sa brillante carrière musicale.

Très tôt, il apprit la musique de son père et ses progrès furent si rapides qu’il exécuta à l’âge de huit ans le Petit Prélude et fugue en mi mineur de Bach à l’inauguration de l’orgue de l’Immaculée-Conception à Elbeuf. À dix ans, il donna son premier récital d’œuvres de Bach et, deux ans plus tard, il devint organiste à St-Vivien de Rouen.

En 1898, il devint l’élève d’Alexandre Guilmant puis fut admis au Conservatoire de Paris (1902-14) où il remporta brillamment les premiers prix de piano (classe de Louis Diémer), d’orgue (classe de Guilmant et Vierne), et de fugue (classe de Widor). Il avait à peine vingt ans lorsqu’il devint l’assistant de Widor à Saint-Sulpice, cette église qui allait devenir son port d’attache sa vie durant. En 1914, il remporta le Grand Prix de Rome avec sa cantate Psyché et fut organiste-suppléant à Notre-Dame de Paris de 1916 à 1920 pendant que Louis Vierne soignait ses yeux en Suisse.

En 1920, Marcel Dupré réalisa un tour de force en exécutant de mémoire l’œuvre pour orgue de Jean-Sébastien Bach en 10 récitals à l’orgue du Conservatoire. Widor alors présent lui avait dit : « Si Bach avait été ici, il vous serrerait sur son cœur ». L’année suivante, il répéta l’exploit à l’orgue du Trocadéro, puis en 1922 donna une série de concerts historiques consacrés à Bach et à l’école française d’orgue. Ses séances achevèrent de consacrer sa réputation et lui ouvrirent les portes d’une carrière internationale de concertiste dans de premières tournées de concerts en Angleterre et surtout aux États-Unis. « Ses exécutions de Bach de mémoire soulevèrent l’enthousiasme, ses remarquables improvisations symphoniques firent sensation notamment au Royal Albert Hall à Londres et chez John Wanamaker à New-York ». Plusieurs de ses improvisations plus importantes furent ultérieurement écrites et publiées. Les meilleurs exemples de l’art de Dupré sont certainement la Symphonie-Passion Op. 23 (1924) et Le Chemin de la Croix op. 29 (1931). La presse américaine le considérait comme « un miracle musical » et sa « cote » égalait aussi bien celle d’un Rubinstein que d’un Heifetz. En 1922, lors d’un grand festival Haendel au Crystal Palace de Londres, il joua un concerto accompagné par un orchestre de cinq cents cordes devant un auditoire de...vingt mille personnes!

En 1926, à la mort d’Eugène Gigout, Marcel Dupré est nommé professeur d’orgue au Conservatoire de Paris et perpétua l’enseignement de ses maîtres Widor, Guilmant et Vierne. En 1934, Widor prit sa retraite comme organiste de Saint-Sulpice à l’âge de quatre-vingt-neuf ans et Dupré devint titulaire après vingt-huit ans comme assistant. Ce qui fit dire à Widor le jour de sa nomination : « Maintenant, je peux m’en aller en paix car le grand-orgue de Saint-Sulpice est entre bonnes mains! ». On connaît la profonde amitié qui unissait le facteur d’orgues Aristide Cavaillé-Coll à la famille Dupré depuis longtemps et la grande influence qu’il exerça par la beauté absolue, la chaleur et la majesté du timbre de ses grands instruments. À commencer par Saint-Ouen de Rouen où le père Albert avait été nommé titulaire en 1911. À Saint-Sulpice, la chimie des génies universels de Cavaillé-Coll et de Dupré a été aussi féconde que rayonnante. Par respect pour son maître Widor, Dupré est resté très attaché à son instrument durant toute sa vie et son œuvre pour orgue en a été fortement influencé. Il a toujours voué sa détermination à le préserver intact et a renouvelé souvent le serment devant ses amis que, de son vivant, « pas un seul tuyau ne serait changé ». En 1954, à la mort de Léonce de Saint-Martin, le successeur de Louis Vierne à Notre-Dame depuis dix-sept ans, on lui proposa le poste. Mais Dupré demanda qu’on ne lui fasse pas une offre officielle pour ne pas avoir le regret de la refuser. Il favorisa plutôt la candidature de Pierre Cochereau qui lui sera reconnaissant jusqu’à la fin de ses jours.

En 1939, Marcel Dupré accomplit le tour du monde en donnant trente concerts en Australie et soixante aux États-Unis. Après une nouvelle audition de l’œuvre pour orgue de Bach en l’église Saint-Philippe du Roule à Paris (1945), Marcel Dupré repartit pour l’Amérique où il effectua ses neuvième et dixième tournées de concerts. En 1946, il fut nommé directeur du Conservatoire américain de Fontainebleau et, huit ans plus tard, directeur du Conservatoire de Paris. Dupré reçu aussi de hautes distinctions : Commandeur de la Légion d’honneur (1948) et Commandeur de l’Ordre Pontifical de Saint-Grégoire-le-Grand (1966).

En 1959, il fêta son 1900e concert durant une tournée (il en a donné 2178 au total). Pour célébrer le centenaire du grand-orgue de Saint-Sulpice (1962), Marcel Dupré donna un récital mémorable le jour de son anniversaire (3 mai) en présence d’un auditoire recueilli et...d’Albert Schweitzer! La même année (26 octobre), les époux Dupré eurent la douleur de perdre leur fille Marguerite qui était une excellente pianiste. Le Maître surmonta son immense tristesse et assura son service à Saint-Sulpice dans un programme uniquement composé d’improvisations jouées avec une éloquence digne d’un grand artiste.

Figure aussi un récital de Marcel Dupré à Saint-Sulpice pour fêter ses quatre-vingt ans (1966). Enfin, un dernier concert le 7 mai 1971, organisé par Les Amis de l’Art de Marcel Dupré réunissant tout ses anciens élèves du Conservatoire de Musique. Quelques semaines plus tard, il décédait au soir du 31 mai après avoir joué l’office du matin le jour de la Pentecôte. Son service funèbre eut lieu à Saint-Sulpice le 3 juin.

On se demande comment il a pu faire pour avoir été si occupé tout en restant en santé. Marcel Dupré était une « force de la nature » qui savait gérer son temps. Il avait plusieurs principes généraux et les appliquaient à la lettre. Quelques-uns méritent d’être citées : « Avant d’agir, s’assurer de toute chance de réussir. Ensuite, bien analyser la situation et avoir une stratégie efficace. Ne négliger aucun détail dans la préparation. Savoir construire, maintenir et nourrir des réseaux de relations multiples et utiles. Savoir les chauffer aux moments propices. Ne jamais oublier l’essentiel de l’existence humaine : jouir de son bonheur avec ses bien-aimés et être tranquille en toutes circonstances ».

Dans mon prochain article, j’analyserai plus en détail le portrait de l’exécutant, de l’improvisateur, du compositeur et du professeur. Je passerai en revue l’ensemble de son œuvre d’orgue avec des références discographiques (Naxos et Guild).


Dupré : quelques enregistrements

En complément d’article, Claude Girard nous propose quelques enregistrements de Marcel Dupré.

Il existe pas moins de 14 enregistrements de Marcel Dupré sur disques vinyle, réalisés pour la plupart à Saint-Sulpice. J'ai aussi en main un disque compact intitulé : Dupré joue Dupré, aux grandes orgues de Saint-Ouen de Rouen (Philips 446 648-2), enregistré en octobre 1965 alors que Dupré avait 79 ans. Une belle performance pour son âge. En ce qui concerne les rééditions sur disques compacts, les deux seuls que je connaisse sont disponibles aux Amis de l'Art de Marcel Dupré à Paris (adresse Internet : www.adevnet.fr/mdupre). Il s’agit de :

  • Trois grandes improvisations enregistrées sur trois orgues allemands (1953 et 1957) : Passacaille et Double Fugue, Symphonie. Six Antiennes pour le Temps de Noël op. 48 (AMD 6542). Orgues de Saint-Bonifatius-Kirche de Herne. Marienkirche de Wanne-Eickel. Martin-Luther-Kirche de Gutersloh.
  • Dernier Récital de Marcel Dupré à Notre-Dame-de-Paris (1969) comprenant des improvisations: Double-Fugue et Symphonie en 4 mouvements sur des thèmes de Pierre Cochereau (TAHRA).

N.D.L.R. : ces deux disques sont également disponibles auprès de l’Organ Historical Society (OHS).


Narcisse Gariépy: un demi-siècle au service de l'orgue
par Paul Sacca

Les Amis de l'Orgue tiennent à souligner les 50 ans de carrière d'organiste liturgique de Monsieur Narcisse Gariépy, qui tient l'orgue de l'église St-Thomas-de-Villeneuve (Beauport) depuis 1950.

M. Gariépy débute ses études de piano au Séminaire de Chicoutimi dès l'âge de 8 ans sous la tutelle de l'abbé Herménégilde Fortin qui le guidera vers l'orgue qu'il touchera à la fin de son adolescence.

Avant que l'église ne possédât un orgue, c'est sur un harmonium que M. Gariépy entreprit son travail à St-Thomas-de-Villeneuve où les fidèles goûtèrent son talent particulier pour l'improvisation. Merci à M. Gariépy, père Jean-François Gariépy, organiste à St-Isidore-de-Beauce, pour l'immense dévouement à sa profession durant toutes ces années.


Le nouvel orgue de Saint-Félix de Cap-Rouge

Cap-Rouge possède enfin son orgue classique français tant attendu, le Saint-Félix. Il a été inauguré les 19, 20 et 21 octobre, par Pierre Bouchard, Kenneth Gilbert, Louis Larouche (trompettiste) et Sylvain Doyon, ainsi que par Danny Belisle.

Description
par Claude Girard

La firme Guilbault-Thérien, facteur d’orgues de Saint-Hyacinthe, vient de terminer l’installation d’un orgue neuf à l’église Saint-Félix de Cap-Rouge. D’un commun accord avec le Conseil de Fabrique, il a été décidé que cet instrument serait construit selon les grandes traditions françaises du XVIIIe siècle. Cette entente fut signée au printemps 2000 et fut aussi la dernière sous la responsabilité de Guy Thérien avant sa maladie.

L’instrument comprend 18 jeux répartis sur 2 claviers et pédalier pour un total de 1063 tuyaux. Les principales caractéristiques empruntées à l’orgue classique français sont : une console en fenêtre, une mécanique suspendue, les tirants de registres en ébène situés de chaque côté de la console avec inscriptions sur parchemin, l’accouplement par « tiroir » du Petit clavier au Grand-orgue, un soufflet cunéiforme « à la française », une tuyauterie d’étain martelé (75%) pour les principaux et les anches, et d’étain martelé (20%) pour les flûtes et harmonisée à vent contrôlé (pression de 3 1/4 po), une tuyauterie coupée « au ton » et accordée au tempérament égal (La-438), des anches françaises de type Dom Bédos à double noyaux (Trompette 8’), un seul sommier à gravures et à registres pour les 2 claviers avec 2 tremblants (fort et doux), un anti-secousse fonctionnel seulement pour la pédale, et enfin un rossignol « qui chante dans un récipient d’huile minérale! » Le buffet de chêne rouge est l’œuvre de l’ébéniste-artisan Jocelyn Carignan et l’harmonisation a été réalisée par Jean-Félix Bellavance et Alain Guilbault.

Devis

Premières impressions
par Serge Laliberté, organiste à Trinity Church (Sainte-Foy)

J’ai eu le plaisir d’assister au concert inaugural donné par Pierre Bouchard le 19 octobre dernier. Au programme figuraient des œuvres de Marchand, de Grigny, Brühns, Böhm, Bach, Messiaen et Vierne.

De prime abord, on peut être surpris par l’éclectisme des œuvres proposées, et se demander ensuite comment sonnaient Bach, Messiaen et Vierne sur un tel instrument? J’ai d’abord été touché par la beauté des différents timbres. Sur cet instrument, les œuvres de Marchand et de Grigny sonnent d’une façon admirable. Plein-jeux, tierce en taille, basse de trompette ou de cromorne y trouvent toute leur saveur.

Cet orgue pouvait-il parler allemand? Assurément ... Les œuvres des maîtres germaniques interprétées par Pierre Bouchard m’en ont convaincu. Le plein-jeu du grand clavier, par exemple, a fort bien mis en relief, sans artifices, la Toccata et fugue en ré mineur de Bach. Les flûtes des deux claviers ont contribué, quant à elles, à une mémorable interprétation de la Sonate en trio en mi mineur du même compositeur, empreinte d’équilibre, de clarté et d’éloquence.

Je sais gré à Monsieur Bouchard d’avoir proposé un programme aussi varié, lui permettant d’explorer toutes les ressources sonores de ce nouvel orgue. Ce n’est certes pas le médium idéal pour la musique symphonique, bien que l’œuvre de Vierne, Les cloches de Hinckley, jouée en fin de programme, constituât une expérience musicale qui valait la peine d’être tentée, ne fût-ce que pour constater, non sans un certain humour, les limites d’un instrument de facture aussi typée.


Mot de la fin

Si l’expérience des commentaires du public lors de nos concerts vous séduit, envoyez-moi les vôtres (très brefs) concernant nos concerts et les deux concerts du 21 octobre à Cap-Rouge, et je me ferai un plaisir de les publier, selon l’espace disponible.

Tous mes remerciements à nos précieux collaborateurs Claude Girard, Serge Laliberté, Robert Poliquin et Paul Sacca, et à Claude Beaudry, toujours fidèle à la mise en page.

Le prochain bulletin paraîtra en mars 2002. Date de tombée : 15 février 2002.