Bulletin des Amis de l'orgue de Québec

No. 87 - Septembre 2002


Éditorial

Chers Amis de l'orgue,

La canicule nous écrase encore en cette fin de juillet alors que je termine la préparation de ce bulletin et, quand vous le recevrez, la Fête du travail sonnera l’heure de la rentrée et bientôt, de l’automne haut en couleurs. Notre rentrée des Amis de l’orgue de Québec le sera tout autant.

Dans ce bulletin, vous trouverez un article éloquent de Michelle Quintal sur les 30 ans de Pro Organo (Mauricie). Notre fidèle collaboratrice trifluvienne y montre combien il est difficile d’organiser en région un événement d’envergure dans le domaine de la musique “classique” et à plus forte raison dans le monde de l’orgue, et d’attirer les médias et l’argent. Son texte est aussi un vibrant hommage au bénévolat sans lequel des sociétés comme les nôtres ne pourraient survivre.

Le mois de juillet a été endeuillé par la disparition du grand organiste d’origine française Antoine Reboulot. Nous vous livrons quelques témoignages sur ce personnage exceptionnel, tel que vu par deux de ses élèves, Jacques Boucher et Claude Girard.

Enfin, quelques nouvelles brèves et diversifiées complètent ce bulletin.

Bonne lecture et au plaisir de vous voir au concert “portes ouvertes” le 7 septembre prochain.

Irène Brisson
Coordinatrice.

Dans ce bulletin:


Échos de notre dernier concert

Soirée peu banale que celle du 1er juin, aux Saints-Martyrs-Canadiens, avec le hautboïste Philippe Magnan et l’organiste-titulaire Richard Paré.

Deux remarquables interprètes de Québec, un répertoire alliant la virtuosité (brillant final de la sonate op. 42 de Guilmant par Richard Paré, qu’il nous était agréable de voir sortir du créneau baroque auquel le relie son rôle au sein des Violons du Roy) à l’intimité (Syrinx de Debussy et des pages lyriques teintées de romantisme de Joseph-Arthur Bernier, longtemps organiste à Saint-Jean-Baptiste de Québec et arrière-grand-père de Philippe Magnan) et la création de Par-Celle II pour hautbois, cor anglais et orgue de Pierre Genest, une œuvre composée pour les deux interprètes et typique de l’esthétique de son auteur, avec belles mélopées, attaques incisives et de magnifiques sonorités à la fois magiques, chatoyantes et audacieuses tant pour l’orgue que pour le hautbois!

Un beau moment à inscrire dans l’histoire des Amis de l’orgue!


Pro Organo (Mauricie) a trente ans
par Michelle Quintal

Est-il nécessaire d’avoir un diplôme en horticulture pour aimer les fleurs? Est-il nécessaire d’avoir un diplôme en musique pour aimer les œuvres des gens de la Mauricie?

Pro Organo, société à but non lucratif, a été fondée à Saint-Hyacinthe en 1970, grâce à l’initiative de l’organiste Jean Morissette. À ce dernier se sont ajoutés les organistes Paul Vigeant, Réjean Poirier, Jacques Desrochers et le regretté facteur d’orgues Guy Thérien, formant ainsi le premier comité. Le nom de Pro Organo a été suggéré par Guy Thérien.

Incorporé en 1973, le centre Pro Organo (Mauricie) [P.O.M.] fut mis sur pied en 1971 par l’avocat Jean Girouard et l’organiste Noëlla Genest. Cette dernière a aussi été responsable de la programmation de cette société de concerts pendant une dizaine d’années. Afin de célébrer dignement le 30e anniversaire, le comité de direction de P.O.M. m’avait demandé de lui soumettre un projet d’envergure. Étant donné qu’à l’occasion du 25e anniversaire, un concert tenu à la cathédrale de Trois-Rivières avec la collaboration de cinq organistes de la région et d’un ensemble de cuivres dirigé par Gilles Bellemare avait obtenu un beau succès, ayant même été enregistré et diffusé sur les ondes de Radio-Canada, j’ai pensé présenter au membres du comité la même formule, mais améliorée : pourquoi pas sept organistes de la région jouant avec l’ensemble à cordes de l’orchestre symphonique de Trois-Rivières (OSTR) ? À Ottawa, à l’occasion de son 10e anniversaire, Pro Organo n’avait-il pas fait entendre six organistes dans des concerti pour orgue et orchestre à cordes?

Malheureusement, après plus d’un an de démarches et de réunions, ce projet s’est avéré irréalisable à cause du désintérêt de Radio-Canada et du désengagement de l’OSTR qui affichait un déficit à son budget de l’an 2001. Finalement, suite à la mise en commun des idées du trompettiste Luc Darveau, de l’organiste Gilles Rioux et de moi-même, le programme “Musique en Mauricie” a été retenu pour ce concert d’envergure qui fut tenu le 21 avril 2002 à l’église Ste-Catherine-de-Sienne où sonne l’orgue Létourneau à traction mécanique de 25 jeux disposés sur deux claviers et pédalier, et qui a l’avantage d’être situé derrière le maître-autel.

Au cours de cette manifestation, non seulement les organistes Martin Brossard, Philippe Bournival et Gilles Rioux ont interprété leurs propres œuvres, mais aussi des pages de J.A. Thompson, Bernard Piché, Claude Shéridan et Claude Thompson ont été jouées par Suzanne Bellemare, Philippe Bournival et Gilles Rioux. Aux organistes s’ajoutaient un ensemble de cuivres et le quatuor vocal Da Capo. Entre les différentes harmonisations de folklore chantées par ce groupe, les organistes ont eu la bonne idée d’improviser des interludes. Le programme se terminait par la création d’une œuvre de Philippe Bournival : Qui suis-je?, sur un texte de sa femme, Magali Lemieux. L’œuvre pour orgue, quatuor vocal et ensemble de cuivres était une commande de P.O.M. Mentionnons que Martin Brossard avait aussi interprété sa propre composition écrite en 2001 : Prélude concertant, trio et fugue en do mineur.

Lors de ce concert d’œuvres de compositeurs de la région s’échelonnant sur une période d’un demi-siècle, soit de 1950 à nos jours, P.O.M. a tenu à rendre hommage à Thérèse Thérien (décédée il y a dix ans) qui, de 1973 à 1992 a été la coordonnatrice de la société. Un livret de huit pages contenant les témoignages recueillis au sujet de cette dame a été distribué à cette occasion. « À une certaine époque, P.O.M. ne fonctionnait que grâce à son implication » disait Noëlla Genest. Et Jean Girouard d’ajouter : « Cette mère de six enfants fut cette perle rare qui trouva le temps d’être toujours de garde et d’assurer une disponibilité sans faille. Elle était le pivot d’une roue qui tournait au rythme requis sans grincement. Ce rôle était certes effacé mais combien essentiel... Car ces piliers de mouvements, surtout s’il s’agit de musique et particulièrement d’orgue, doivent assurer, souvent à bout de bras et, si peu souvent avec reconnaissance, les diverses activités qui maintiennent en existence ces éléments importants de culture ». Bel hommage au bénévolat!

La presse brillait par son absence, commentait Roland Héroux, ancien critique du journal Le Nouvelliste dans une lettre ouverte à ce journal, après audition de ce concert qui avait attiré 300 personnes. Heureusement, à Radio Ville-Marie, l’organiste animatrice Lucie Beauchemin avait accepté de présenter deux émissions qui furent diffusées les 14 et 21 avril : “Musique en Mauricie” et “Hommage à Thérèse Thérien”. Ne désespérons point. Peut-être un jour trouverons-nous le nom des musiciens cités plus haut comme noms de rues ou de monuments dans le nouveau Trois-Rivières!


Un organiste remporte le Prix d'Europe 2002

L’événement ne s’était pas produit depuis 34 ans et mérite d’être signalé. Le montréalais Vincent Boucher, âgé de 25 ans, lauréat de deux prix du Conservatoire « avec grande distinction » (clavecin, en 2001 et orgue en 2002, dans les classes de Mireille Lagacé), ainsi que du concours John Robb (2000) a remporté en juin dernier le Prix d’Europe en orgue, s’étant présenté à la fois en orgue et en clavecin. Le concours a eu lieu sur un instrument qui ne lui était pas inconnu, le Casavant de Saint-Jean-Baptiste de Montréal, puisqu’il en est l’organiste-assistant et son père, Jacques Boucher, le titulaire.

Vincent Boucher, qui a plus d’une corde à son arc, est également bachelier en sciences financières des Hautes Études Commerciales de Montréal et complétera en automne dans la même institution un diplôme d’études supérieures en commerce électronique. Il est analyste en fonds communs de placement à la Banque Nationale du Canada. Nul doute qu’il saura bien gérer les 20 000 dollars que lui rapporte son Prix d’Europe! Il vient de donner deux concerts en France en juillet, à Valence et à Saint-Donat. Parmi ses projets : aller étudier dès janvier 2003 à Paris, l’improvisation et l’écriture avec le réputé organiste et improvisateur Pierre Pincemaille, ainsi que l’interprétation avec Éric Lebrun.

Pour la petite histoire du Prix d’Europe, qui est ouvert à tous les instrumentistes, quel fut le premier lauréat organiste? Pouvez-vous nommer l’organiste qui remporta ce prix il y a 34 ans? Quel autre organiste et claveciniste s’était présenté comme Vincent Boucher dans ces deux disciplines en 1975 et avait remporté le prix en clavecin? Les réponses et beaucoup d’autres réminiscences se trouvent dans le mot de la fin.


Écouté pour vous

Les Amis de l’orgue ont encore en mémoire l’intégrale des symphonies de Widor donnée au Québec et notamment à Saint-Roch en 1995 par Jacques Boucher, Jean-Guy Proulx, Jacquelin Rochette, Gilles Rioux et Benjamin Waterhouse à l’occasion du 150e anniversaire de naissance du compositeur.

Ces mêmes interprètes sont en train de récidiver, sur disque cette fois, pour les Productions du Riche Lieu : des cinq enregistrements prévus, le premier vient de paraître (RIC 2 9994), signé Jacques Boucher à l’orgue Casavant de l’église Saint-Jean-Baptiste de Montréal, dont il est le titulaire depuis 1986. Il s’agit du premier disque solo enregistré il y a trois ans sur cet instrument de 1915 depuis son importante restauration en 1995. Curieusement, cette intégrale commence avec les deux dernières symphonies de Widor, celles qui furent jouées par Jacques Boucher lors de la série de concerts. Les deux œuvres marquent un tournant dans l’œuvre du compositeur et préfigurent les tendances de l’orgue français du XXe siècle : la 9e symphonie « gothique » (1895) et la 10e, « romane » (1900) puisent généreusement leur inspiration dans le chant grégorien et mettent un frein au côté spectaculaire des œuvres précédentes. Elles trouvent en Jacques Boucher un interprète à la fois respectueux du caractère recueilli et intérieur de ces deux œuvres et des passages plus flamboyants, bien servis par l’orgue de Saint-Jean-Baptiste.

Les autres symphonies seront enregistrées à Rimouski, à Saint-Roch, au Cap-de-la-Madeleine et à St-Hyacinthe et devraient paraître d’ici la fin de 2003. À suivre!


Antoine Reboulot (1914-2002)

Le compositeur, pédagogue et organiste Antoine Reboulot est décédé à Montréal le 11 juillet dernier, dans sa 89e année. Né en France à Decize (Nièvre), Antoine Reboulot a été formé à l’Institut national des jeunes aveugles (où il enseignera à son tour de 1941 à 1967) et au Conservatoire de Paris. Il compte parmi ses maîtres André Marchal et Marcel Dupré pour l’orgue et Henri Busser pour la composition. Premier prix d’orgue et de composition, Antoine Reboulot fut organiste à la cathédrale de Perpignan puis à Notre-Dame de Versailles, avant de succéder en 1946 à André Marchal à Saint-Germain-des-Prés.

Arrivé au Québec en 1967, il y sera professeur dans le réseau des Conservatoires, puis à l’Université Laval et enfin à l’Université de Montréal. Parmi les disciplines qu’il enseignera figurent l’orgue, le piano et l’harmonie au clavier. Concertiste et conférencier admiré, Antoine Reboulot est aussi l’auteur de pièces pour piano et pour orgue, d’œuvres de musique de chambre ainsi que d'une cantate, O crux ave, sur le Chemin de la Croix de Paul Claudel, enregistrée par Radio-Canada en 1979.

Antoine Reboulot est un pilier de la première heure des Amis de l’orgue de Québec, puisqu’il inaugura en septembre 1966 la première véritable saison de concerts de notre association. De ce personnage fascinant, on réécoutera avec émotion l’intense enregistrement de Jean-Guy Proulx (cathédrale de Rimouski, Fonovox Vox 79162) consacré à ses pages pour orgue.

Une cérémonie religieuse a eu lieu le 27 juillet dernier à l’église Saint-Jean-Baptiste de Montréal en présence des cendres. Jacques Boucher, ancien élève de Reboulot, a joué des pages de l’organiste français. Au cours de la messe de Requiem célébrée par l’abbé Antoine Bouchard, qui étudia avec Reboulot à Paris, on a pu entendre les organistes Jacquelin Rochette, Sylvain Caron et Vincent Boucher. Le texte qui suit est extrait du programme de cette cérémonie religieuse et nous a été obligeamment communiqué par Jacques Boucher qui prépare, en collaboration avec Odile Thibault, la publication des mémoires d’Antoine Reboulot.


Hommage à Antoine Reboulot
par Jacques Boucher, organiste-titulaire
de Saint-Jean-Baptiste de Montréal

C’est principalement autour du grand orgue de Saint-Jean-Baptiste qu’est tissé le programme musical qui ponctue l’office liturgique d’adieu à Antoine Reboulot. L’ancien organiste de la prestigieuse tribune de Saint-Germain-des-Prés à Paris aimait l’église Saint-Jean-Baptiste et son grand orgue à la restauration duquel il a apporté une inestimable contribution. C’est près de cette toile sonore que sa famille, ses amis, ses collègues et anciens élèves lui disent au revoir.

Les œuvres retenues aujourd’hui sont signifiantes. Tout d’abord, sa propre musique, celle écrite particulièrement au temps de son titulariat de Saint-Germain-des-Prés, est tout aussi sincère que ne l’était la modestie du compositeur face à son œuvre. Une évocation de Charles Tournemire s’imposait, Antoine Reboulot ayant été un chantre généreux de sa musique.

Témoin privilégié, et aussi acteur engagé de la vie de l’orgue en France, Antoine Reboulot y a cheminé aux côtés d’autres artistes éminents tels Messiaen, Duruflé, Langlais, Marchal et bien sûr Litaize, avec lequel il fut engagé dans une longue et indéfectible amitié. L’oraison dominicale de Litaize interprétée au cours de l’office illustrera ce lien fraternel.

En offrande musicale après l’absoute, l’hymne Ave Maris Stella de Nicolas de Grigny nous rappellera l’affection de Reboulot pour ce compositeur et avec quelle poésie il traduisait cette littérature qui savait l’émouvoir.

En postlude à la messe de Requiem, la musique de Louis Vierne nous plongera dans un univers qui a nourri l’artiste et qui met en relief cette grande école de musiciens aveugles dont Reboulot fut un illustre représentant.

Nous sommes aussi tristes de son départ que privilégiés d’avoir côtoyé ce grand artiste. Infatigable chercheur de l’expression musicale, Antoine Reboulot a vécu avec passion, mettant ses dons sans compter au service de plusieurs générations de musiciens. Ses anciens élèves savent avec quelle ferveur il a voulu s’associer à leur démarche, ses collègues évaluent bien sa contribution à l’art musical tant en France qu’au Canada.

Sa famille et ses amis, affligés, pourront méditer longtemps le message de l’homme.

Il est assuré de notre souvenir affectueux.


Antoine Reboulot - Souvernirs
par Claude Girard, organiste-titulaire
de Saint-Patrice de Rivière-du-Loup

Mes plus lointains souvenirs d'Antoine Reboulot remontent à mes années d'études à l'École de musique de l'Université Laval. J'ai eu alors le privilège de l'avoir comme professeur d'orgue (1973-74), d'harmonie au clavier (1974-76) et comme juge lors d'examens instrumentaux. Pédagogue reconnu, il a su progressivement me montrer comment parvenir à une exécution vivante et limpide d'une œuvre musicale notamment grâce au principe du non legato et à certaines subtilités de toucher. Très sévère et exigeant, il voulait obtenir le maximum de rendement à chaque cours, quitte à donner constamment des sueurs froides dans le dos et une forte appréhension aux cours suivants. Durant les leçons, il n'y avait pas de place à la négociation, c'était lui qui menait. Il disait : « Mon p'tit, tu vas faire ce que je te dis. Plus tard, tu feras ce que tu voudras ». Il me fallait être concentré parce qu'il suivait note à note ce que je jouais et il me coupait à tout moment à la moindre hésitation. Et lorsque ce n'était pas à son goût, c'était un vrai lion sur sa chaise! Si cela dépassait les bornes, il sortait sa phrase typique : « Mon p'tit, c'est ennuyant ce que tu joues. J'ai l'impression d'entendre Marcel Dupré et çà c'est pas un compliment, tu peux me croire!!! »

Au sujet de Dupré, que Reboulot ne portait pas beaucoup dans son cœur, il me disait l'avoir « confronté » à un examen d'orgue, ce qui pourrait se résumer à ceci : Dupré préparait les jeux de l'œuvre à la console et allait s’asseoir. Puis, Reboulot les modifiait à « son goût » et jouait la pièce. Dupré recommençait son stratagème pour la pièce suivante, de même que Reboulot. Ils ont joué continuellement au jeu « du chat et de la souris ». Dupré aimait en imposer et Reboulot n'aimait pas s'en faire imposer. Par la suite, lors du dîner annuel des élèves chez les Dupré à Meudon, après un copieux repas, le Maître passait ses commentaires à chacun de ses élèves et lorsque vint le tour de Reboulot, pas besoin de dire qu'il y a goûté!

Avec le temps, nous avions développé une belle complicité et à un moment donné, il fut de passage à Rivière-du-Loup. Il vint chez mes parents pour une soirée qui reste encore mémorable, avant de prendre le train de nuit pour Edmundston (N.B.). Le lendemain, il devait enregistrer une émission pour Radio-Canada FM (Récital d’orgue) à l'église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs. Mon plus beau souvenir demeurera sa prestation lors de l'inauguration du grand orgue Casavant/Guilbault-Thérien de la cathédrale St-Germain de Rimouski le 17 novembre 1979 où il avait exécuté entre autres le Carillon de Westminster de Louis Vierne. Le succès de ce concert fut immédiat surtout pour la firme Guilbault-Thérien. Mon dernier souvenir de Reboulot date du concert de Gaston Litaize le 15 novembre 1990 à la basilique Notre-Dame de Québec. Ce fut un des plus mémorables moments des Amis de l'orgue de Québec où le « jeune homme de 80 ans » fit cinq rappels dont la célèbre Toccata de Widor. À la fin de la réception à la sacristie, Litaize « en pleine forme » et Reboulot très « handicapé » quittèrent la salle sous une pluie d'applaudissements. S'agissait-il d'un geste d'adieu? Contrairement à ce que nous pensions, Litaize mourut six mois plus tard et Reboulot lui survécut de plus de onze ans. Comme quoi la vie nous réserve parfois de ces surprises ...


Nouvelles brèves

  • Pour une deuxième année consécutive, le comité de l'orgue d'East-Broughton (dont l’organiste est Éric Vachon) organise une série de trois récitals d'orgue. Les artistes invités sont : Sylvain Doyon (15 septembre), Édith Beaulieu (22 septembre) et Robert Patrick Girard (29 septembre). Ces récitals ont lieu les dimanches à 15 heures et l'entrée est gratuite (offrande volontaire). L'orgue est un Casavant 1919 électro-pneumatique de 3 claviers et 36 jeux relevé en 1989 et réharmonisé en 2000. Son esthétique est plutôt de style romantique-symphonique. Pour aller à East-Broughton à partir de Québec, il faut emprunter l’autoroute 73 sud jusqu'à Vallée-Jonction puis la route 112 en direction de Thetford-Mines.
  • L’exode des cerveaux se poursuit-il? Rachel Laurin, dont nous avons apprécié le magnifique concert en mars dernier à Québec, et qui a démissionné au printemps de son poste d’assistante organiste à l’oratoire Saint-Joseph par solidarité avec Raymond Daveluy, vient d’être nommée organiste-titulaire à la cathédrale Notre-Dame d’Ottawa.

  • Mot de la fin

    Omer Létourneau fut en 1913 le premier organiste à remporter le Prix d’Europe, créé deux ans auparavant. Lucie Madden fut la dernière candidate avant Vincent Boucher à remporter ce prix en orgue en 1968 et c’est Denis Bédard qui s’était présenté en 1975 à l’orgue et au clavecin et qui avait reçu le prix en clavecin. Les autres organistes lauréats du Prix d’Europe ont été : Conrad Bernier en 1923 (fils de Joseph-Arthur), Jean-Marie Beaudet, en 1929 (il s’était aussi présenté en piano) Bernard Piché (1932), Georges Lindsay (1934), Georgette Tremblay (1935), Marcelle Martin (1941), Claude Lavoie (1942), Raymond Daveluy (1948), Kenneth Gilbert (1953), Jean Leduc (1957), Monique Gendron (1966).

    Merci à nos collaborateurs Michelle Quintal, Jacques Boucher, Claude Girard et au dévoué Claude Beaudry pour ses mises en page qui tiennent toujours du miracle.

    Le prochain Bulletin paraîtra en novembre. Date de tombée : 15 octobre. Vos commentaires, vos suggestions et vos articles sont toujours les bienvenus.