Mixtures

No. 4 - Avril 1996

Dans ce numéro:


Éditorial

Par Gaston Arel

Montréal a souvent été surnommée « la ville des orgues » en Amérique. Ce titre, acquis au fil des ans par le nombre important d’instruments de qualité installés dans ses murs, est certes mérité et ce n’est pas demain qu’une autre ville le lui ravira. En effet, vous n’ignorez pas que nos facteurs, Casavant et Guilbault-Thérien, ont actuellement des chantiers importants à Montréal. Après avoir construit le nouvel orgue de Saint-Léon de Westmount avec le succès que l’on sait, la maison Guilbault-Thérien s’attaque à une importante restauration à la basilique-cathédrale Marie-Reine-du-Monde. L’orgue sera terminé dans quelques mois et l’inauguration est prévue pour l’automne.

Quant à la maison Casavant, le travail de restauration du grand orgue qui vient de se terminer à l’église Saint-Jean-Baptiste est tout à fait remarquable. Vous trouverez, dans ce numéro de Mixtures, un article fort intéressant, signé Jacquelin Rochette, sur la démarche qui ont guidé cette réfection.

D’autre part, la phase 2 des travaux de restauration du grand Casavant de l’église du Très-Saint-Nom-de-Jésus est actuellement en cours. Il faut se rappeler que cet orgue, construit en 1915, avec ses 90 jeux (orgue de chœur compris), était considéré alors comme l’un des plus beaux instruments de son époque. La 1ere phase, datant de 1985, admirablement réussie par ailleurs, ne concernait que la réfection de la console et la division du Grand Orgue. Pour cette 2e phase, les travaux se concentrent sur les divisions du Récit et de la Pédale. Espérons que la 3e phase, qui complétera la restauration de l’instrument, suivra, de peu, celle qui se fait présentement.

De plus, dans l’un des plus beaux buffets d’orgue anciens que nous avons au Québec, dans la vieille église de Boucherville, Casavant est à construire un instrument qui promet d’être fort intéressant.

C’est dans cette atmosphère que nous tiendrons, à Montréal, notre deuxième congrès, les 11 et 12 juin prochains. Le programme comprendra non seulement des communications en plus de notre Assemblée générale annuelle mais également des visites d’orgues, des concerts, ainsi qu’un volet historique. Il est, bien entendu, qu’une place importante sera faite également aux exposants désireux de faire connaître les dernières nouveautés dans le domaine de l’édition musicale et du disque. Les assises se tiendront au Grand Séminaire de Montréal, et aux églises Saint-Léon et Saint-Jean-Baptiste. Ceux et celles qui ont assisté au congrès de la FFAO en 1991 revivront un peu l’ambiance inoubliable qu’ils ont connue à ce moment.


Nos organistes-compositeurs
Denis Bédard
(2e partie)

par Sylvain Caron


III. L’œuvre d’orgue

Comme l’indique le titre, la Sinfonietta reprend, à une échelle réduite, les principes de la symphonie pour orgue. L’analogie de la forme avec celle des symphonies françaises est frappante : au premier mouvement solennel, Intrada, un Scherzo qui comporte un premier thème au rythme ironique et un second thème où une mélodie plus calme relègue au second plan l’argument rythmique, un troisième mouvement(Hymne) mélodique où se répondent et s’imitent la trompette et le cornet, et enfin un Carillon qui reprend l’idée de la toccata symphonique, à savoir un thème en valeurs longues accompagné par des accords alternés.

Inspirée, elle aussi, de la musique française, la Suite du premier ton reprend les formes et les sonorités en usage au XVIIIe siècle. Le langage harmonique, cependant, assure à l’œuvre une coloration plus personnelle. Conformément à la tradition, le Plein jeu initial est empreint de gravité. Le Dialogue sur la trompette et le cornet qui suit comporte, quant à lui, des rythmes caractéristiques du genre, et fait entendre des passages en basse d’Alberti. Par contre, le troisième mouvement, Récit, s’écarte des stéréotypes classiques du récit par un rythme régulier et non pas déclamé par la mélodie, et par l’emploi du pédalier. Enfin, le Grand jeu obéit à la structure traditionnelle : une première partie lente et grave, une partie centrale vive et fuguée, et une partie terminale qui reprend le style initial.

Si la Suite du premier ton pourrait avoir pour sous-titre « Hommage à Clérambault », la Fantaisie, quant à elle, pourrait tout aussi bien s’appeler « Hommage à Buxtehude ». Ici encore, l’analogie se situe dans la rythmique et la structure de la pièce, alors que l’harmonie et le texture musicale appartiennent en propre au compositeur. « Cette œuvre rhapsodique est formée de cinq courtes sections plus ou moins basées sur la même cellule mélodique, nous dit le compositeur. À un prélude d’écriture imitative s’enchaîne un épisode méditatif formé de riches accords legato auxquels s’opposent des notes piquées à la pédale. Un pont modulant ramène le thème initial, présenté cette fois à la manière d’un cromorne en taille ornementé à la française. La dernière section est une fugue traitée en crescendo, qui s’agrémente, en sa dernière partie, de brillantes formules de toccata à la main droite ». Les registrations font appel à un petit instrument de facture classique comme celui de Saint-Robert, à Rimouski, là où l’œuvre a été créée.

En juin 1995, à Québec, le Concours Claude Lavoie avait lieu pour la deuxième fois. À l’occasion de cet important événement, la Société Radio-Canada a commandé à Denis Bédard une pièce destinée à être jouée par tous les finalistes. En raison de la très grande contribution de Claude Lavoie à la vie de l’orgue du Québec, et compte tenu que celui-ci a été son professeur, Denis Bédard compose un hommage à son maître avec la Rhapsodie sur la nom de LAVOIE (ré, la, sol, sol, la, mi). Pour un concours de cette envergure, il écrit une œuvre d’une assez grande complexité technique et d’un durée plutôt longue. Une bonne partie de la difficulté d’exécution de la Rhapsodie provient non pas de la densité de l’écriture – Denis Bédard demeure fidèle à ses principes de simplicité et de clarté – mais bien de la transparence des lignes, ce qui rend les erreurs facilement perceptibles. La pièce se divise en quatre sections : un Maestoso rhapsodique, un Allegro où la main droite démontre sa virtuosité sur des sonorités cristallines – avec un accompagnement de voix célestes à la main gauche et avec le thème joué sur un anche douce de 4 pieds à la pédale – un récit de trompette noté Tristamente, puis enfin un Vivo qui commence par un fugato et qui se transforme en toccata.

IV. Une vision de la musique

Lorsqu’on demande à Denis Bédard de nommer des compositeurs actuels pour lesquels il a de l’admiration, il commence par nommer Jean Françaix. « Je retrouve, chez lui, un ton léger, un esprit vif et piquant, une teinte humoristique. J’aime cette manière, rare à notre époque, de concevoir l’expression musicale. » Il nomme aussi John Rutter dont » l’audition du Requiem a constitué, il y a quelques années, une véritable révélation. Voilà une musique suprêmement harmonieuse, fort émouvante et extrêmement bien écrite pour les voix, tout en étant immédiatement accessible. »

Dans une entrevue qu’il a accordée à la revue Le Compositeur canadien, dans un numéro paru en septembre 1988, Denis Bédard a bien résumé sa vision de la composition : « J’aime surtout la musique qui ne se prend pas trop au sérieux. Comme disait Debussy, « le musicien doit humblement chercher à plaire ». Le mot humblement est important. Quand on cherche trop la profondeur, on risque de finir par être creux. Certaines de mes œuvres, comme Fantaisie pour saxophone soprano et piano ou ma Sonate pour trompette et orgue semblent plaire à la fois aux musiciens professionnels et au grand public de mélomanes qui ne sont pas forcément des connaisseurs. Tant mieux. Je ne cherche pas l’estime de quelques pseuso-initiés, je vise la communication la plus directe avec le grand public. Les gens doivent comprendre immédiatement ma musique et avoir envie de la réécouter pour le simple plaisir de l’entendre à nouveau. »

Pour que le mélomane puisse comprendre ses œuvres dès la première audition, Denis Bédard s’appuie sur une syntaxe musicale qui est encore bien ancrée dans la culture occidentale. L’harmonie est tonale, en ce sens qu’elle prolonge et amplifie une tradition, une conception des accords et de leurs enchaînements qui remonte à Johann Sebastian Bach, dont l’usage a été généralisé jusqu’à Gustav Mahler, et qui est demeurée présente tout au long du XXe siècle chez de musiciens comme Louis Vierne et Maurice Duruflé. Bâti sur cette harmonie tonale, le thème, qui se veut aisément reconnaissable, représente l’argument principal du discours. « L’invention mélodique est, pour moi, primordiale, affirme le compositeur. Une fois que j’ai trouvé mes thèmes, je m’amuse à les harmoniser de toutes les manières possibles. » Le rythme des thème est toujours facile à saisir et demeure intelligible même quand la texture musicale devient plus dense. Finalement, les thèmes s’assemblent en une structure qui se veut simple et claire et qui peut être comprise immédiatement.

S’inspirer aussi fortement de ce qui a déjà fait permet à Denis Bédard de l’exprimer dans un langage où tout n’est pas à recommencer. Il sait tirer les conséquences du passé, et aussi du présent, sans pour autant le répéter. « On peut trouver, dans mon œuvre, l’influence de la musique baroque, de la musique de la Renaissance, du romantisme, du jazz, du folklore et même de la musique populaire… En fait, je prends mon bien où je le trouve! L’important, pour moi, est de personnaliser tout cela dans une présentation cohérente et attrayante. »

À ceux qui voient dans le passé un mode d’expression qui n’est plus à propos aujourd’hui, Denis Bédard répond que seul le recul historique permet de juger de la valeur d’une œuvre. « Comment savoir quelle direction prendra la musique au XXIe siècle? Qui sait si la musique de l’avenir ne s’inspirera pas davantage de la tradition pour s’éloigner du concept d’avant-gardisme aujourd’hui privilégié? » C’est à la fois avec conviction et humilité, presque quotidiennement, pour inventer un monde musical qui lui est propre malgré son inspiration historique, au-delà des jugements esthétiques auxquels il s’expose. Les nombreuses commandes qu’il reçoit et la réaction chaleureuse du public, lors de l’audition de ses œuvres, confirment que ses idéaux ont leur place dans la vie musicale actuelle et que cette place deviendra probablement de plus en plus importante dans les années à venir.

V. Liste des œuvres d’orgue et discographie

  • Adagio (Éditions Cheldar, 1991)
  • Andantino (Éditions Cheldar, 1996)
  • Fantaisie (Éditions Cheldar, 1994)
  • Méditation sur « O Filii et filiae » (Éditions Cheldar, 1992)
  • Quatre pièces en forme de Messe (Éditions Cheldar, 1992)
  • Rhapsodie sur le nom de LAVOIE (Éditions Cheldar, 1994)
  • Sinfonietta pour orgue quatre mains (Éditions Cheldar, 1993)
  • Six Interludes pour orgue (Éditions Cheldar, 1993)
  • Suite (Éditions Cheldar, 1991)
  • Suite du premier ton (Éditions Cheldar, 1993)
  • Trilogie pour orgue quatre mains (Éditions Cheldar, 1992)
  • )
  • Triptyque (Éditions Cheldar, 1991)
  • Trois Esquisses pour pédale solo (Éditions Cheldar, 1991)
  • Variations sur « Nous chanterons pour toi, Seigneur » (œuvre inédite, 1995)
  • Variations sur le choral « Freu dich sehr, o meine Seele » (Éditions Cheldar, 1996)

Les œuvres de Denis Bédard peuvent être commandées aux Éditions Cheldar à l’adresse électronique suivante :

http://members.shaw.ca/cheldar/editionscheldar.html

La Sonate pour trompette et orgue et les Variations sur le choral « Freu dich sehr, o meine Seele » ont été enregistrées, sur disque compact, par l’organiste Sylvain Doyon et le trompettiste Louis Larouche (S-100527).

Denis Bédard a lui-même enregistré quelques-unes de ses œuvres, pour la Société Radio-Canada, en janvier 1993, dans le cadre de la série « Tribune de l’orgue » : Quatre pièces en forme de Messe, Trois Esquisses pour pédale solo, Adagio, Tryptique.

Enfin, Rachel Alflatt a enregistré, pour la Société Radio-Canada, la Suite du premier ton et la Trilogue pour orgue quatre mains avec Stéphane Saint-Laurent.


La 4e Académie d'été de Rimouski :
Une aventure déjà bien engagée

par Gérard Mercure


« L’enseignement de M. Gilbert dépassait toutes mes attentes et se montrait à la hauteur de sa grande réputation… L’accueil chaleureux, la gentillesse de tous les membres, les concerts, les réceptions, etc. tout y était pour que ce séjour soit des plus agréables et enrichissants ».

Ces commentaires enthousiastes d’une étudiante de la dernière Académie international d’orgue et de clavecin de Rimouski résume bien l’appréciation favorable exprimée par tous les autres stagiaires à la fin de leur séjour au cours de l’été 1995.

Fort de ces appréciations, le comité organisateur de l’Académie s’est remis à l’œuvre pour répéter une quatrième fois, du 12 au 16 août 1996, cette aventure musicale audacieuse pour ne pas dire téméraire, reprendre les démarches de recrutement des étudiants, décrocher les subventions gouvernementales, obtenir l’appui des organismes régionaux et solliciter la générosité des mécènes privés. Il sait qu’il faudra composer avec des points d’interrogation plus longs que points d’orgue et des cadences qui ne trouveront leur résolution qu’au lever du rideau.

Une organisation qui mise sur des appuis et des acquis de taille

Les organisateurs de cette activité musicale misent sur des appuis et des acquis de taille qui ont garanti le succès des académies précédentes. L’Académie international d’orgue et de clavecin de Rimouski a établi sa réputation au cours de ses trois premières années d’existence grâce à la participation de M. Kenneth Gilbert, professeur au Conservatoire national supérieur de musique de Paris et au Mozarteum de Salzbourg, comme professeur invité, et à la contribution de M. Antoine Reboulot, interprète réputé du répertoire symphonique et maître accompli de l’improvisation.

M. Kenneth Gilbert, qui suit de très près les destinées de l’Académie, viendra assurer le volet de « musique baroque à l’orgue et au clavecin ». Il donnera, au cours de la semaine, un récital auquel le public est invité. M. Jean-Guy Proulx, formé à l’école d’un maître en la matière, M. Reboulot, dont il prendra la relève, fera l’illustration de l’époque romantique par le récital et par l’enseignement comme titulaire de la classe de « musique symphonique à l’orgue ».

L’Académie internationale d’orgue et de clavecin de Rimouski est l’initiative de M. Jean-Guy Proulx, organiste titulaire de la cathédrale Saint-Germain de Rimouski et professeur au Conservatoire de musique de Québec. Il a mis sur pied cette école d’été en s’appuyant sur les ressources du milieu. La société des Amis de l’orgue de Rimouski prête une collaboration administrative indispensable et se porte garante du succès financier de l’entreprise. Le Conservatoire de musique de Rimouski met à la disposition ses salles de cours et prête ses instruments, orgue et clavecins. Les églises de la ville de Rimouski accueillent les étudiants pour la pratique de l’orgue et ouvrent leurs portes au public à l’occasion des concerts. L’Académie mobilise un comité de bénévoles qui en assurent la préparation et le déroulement.

Une formule pédagogique qui a déjà fait ses preuves

La formule pédagogique est bien rodée et l’emploi du temps bien équilibré : des classes de maître en matinée, la pratique individuelle en après-midi et l’assistance au concert en soirée. La présence à des concerts de grande qualité et la participation à un exercice public en fin de stage sont des éléments de formation qui complètent avantageusement les classes de maître et la pratique individuelle de l’instrument. Tout en accordant une grande attention aux horaires de pratique et à la disponibilité des instruments, on continuera de présenter des tables rondes sur les styles et l’interprétation ou sur un instrument ancien comme ce fut le cas, l’an dernier, pour le théorbe et la guitare baroque.

Des inscriptions plus nombreuses, un gage de qualité

Le succès de l’Académie est lié à la qualité de son contenu et de son organisation, mais aussi à la qualité, au nombre et à la diversité de provenance des élèves qui s’y inscrivent. C’est là une évidence et une nécessité. L’Académie pourrait accueillir, dans chacune des deux classes, jusqu’à 12 étudiants dits actifs et 8 auditeurs libres, soit 40 inscriptions au total.

L’Académie compte, comme par les années passées, sur l’appui des professeurs des écoles de musique et des conservatoires pour convaincre leurs élèves de profiter de cette occasion unique de participer à des classes d’été réservées à l’orgue et au clavecin, et dont il ne trouveront d’équivalent, à notre connaissance, en Amérique du Nord. Elle entend aussi intensifier son recrutement auprès d’étudiants étrangers hors du Québec et du Canada. Elle affirmerait ainsi son caractère international et serait, pour ses participants, une meilleure occasion d’échange et d’ouverture à d’autres horizons.

Calendrier des concerts de l’été 1996

Le programme des concerts est déjà arrêté dans ses grandes lignes. Le lundi 12 août 1996, Jean-Guy Proulx donnera le récital d’ouverture à la cathédrale Saint-Germain. Il se pourrait que ce récital soit remplacé par un événement spécial regroupant des organistes de la région pour marquer le 25e anniversaire des Amis de l’orgue et le 300e anniversaire de Rimouski.

Le mercredi 14 août, Kenneth Gilbert, à titre invité de l’Académie, donnera son récital.

Le jeudi 15, ce sera le tour d’un ensemble, formé d’une flûte baroque, d’un clavecin et d’une viole de gambe, à interpréter des œuvres du répertoire classique.

Le concert des élèves clôturera cette semaine de formation et de festival où l’orgue et le clavecin auront été étroitement associés.

Les lecteurs de Mixtures sont cordialement invités aux activités de l’Académie que ce soit à titre de participants, d’auditeurs libres ou en qualité d’auditeurs à ses concerts. Pourquoi ne pas venir passer en musique, au son de l’orgue et du clavecin, la troisième semaine d’août à Rimouski?


Reconstruction du grand orgue de
l'église Saint-Jean-Baptiste de Montréal

par Jacquelin Rochette


Terminé en 1915, l’orgue de l’église Saint-Jean-Baptiste, de Montréal, est bien connu du public montréalais et a été l’un des orgues Casavant les plus en vue de ce siècle. Les nombreux enregistrements, qui le mettent en valeur, témoignent de sa notoriété. Une pléiade de musiciens se sont illustrés à cette tribune et ont fait vibrer les auditeurs dans cette magnifique acoustique.

Le contrat pour l’achat de cet instrument avait été négocié en septembre 1914, au montant de 22 000$. À cette somme s’est ajouté le montant supplémentaire de 2 200$ pour la réalisation du buffet construit par Casavant selon les plans et devis de l’architecte Claude Saint-Jean, et révisé pour questions de faisabilité par les frères Casavant. La paroisse a eu aussi à débourser pour les quatre statues qui ont été commandées au sculpteur Rho.

Après 80 ans de bons et loyaux services, l’instrument n’était plus à la hauteur de sa prestigieuse réputation. D’une part, son mécanisme donnait des signes évidents d’usure et, d’autre part, de conception en partie obsolète, ne permettait pas les performances que l’on est en droit d’attendre d’un grand orgue moderne. Il y a eu bien sûr depuis les années soixante quelques interventions mineures de dépoussiérage et de réparations partielles, selon les urgences. Lors de notre inspection des trois instruments de l’église, au début de 1993, nous avons fait un relevé exhaustif du corps sonore de l’instrument pour constater que l’ensemble nous était parvenu dans son état d’origine et que seuls quelques réservoirs avaient dû être recouverts à neufs. D’ailleurs, les cuirs des différentes actions pneumatiques étaient secs et plusieurs mécanismes ne fonctionnaient plus. La console avait aussi été partiellement réparée mais montrait des signes évident d’usure. Il était urgent d’intervenir.

Lors de réunions préliminaires avec le titulaire, Jacques Boucher, nous avons clairement établi le mandat. Dans un premier temps, des membres du Comité d’art sacré expriment le souhait de conserver, à l’instrument, ses qualités sonores, comme il s’agit peut-être du grand Casavant à préserver tel quel sur l’île de Montréal. Les qualités symphoniques de l’instrument sont remarquables, certes, et il est évident que l’intervention doit être respectueuse pour confirmer l’instrument dans son esthétique française. Pour le plan initial, il y avait, par contre, l’exigence de ne rien changer à la tuyauterie et nous avions alors convenu qu’il fallait, à tout le moins, ajouter quelques pleins-jeux et un grand cornet, totalement absents de la conception d’origine. Il faut bien reconnaître que l’esthétique sonore de l’instrument relevait d’un concept anglo-américain fort éloigné de la tradition française chère à Casavant. En fait, l’orgue de Saint-Jean-Baptiste était le témoin de l’influence que la facture d’orgues anglaise et, accessoirement, les interventions de Hope-Jones ont exercées sur la facture d’orgues nord-américaine pendant la première moitié du XXe siècle.

Dans un deuxième temps, tout changement apporté à l’instrument a été présenté et discuté avec le groupe d’organistes consultants, Jacques Boucher, Antoine Bouchard, Christopher Jackson et Antoine Reboulot. L’exigence du départ de conserver intacte tout la tuyauterie a vite été éliminée. À la question : « Peut-on obtenir les résultats voulus en réharmonisant ces plenum (ou synthèses principalisées), ces mixtures et cornets d’influence anglaise dans un ensemble que l’on veut d’esthétique française? », la réponse est non. Les compositions, les tailles et les paramètres de construction et d’harmonie étant largements différentes dans ces deux esthétiques, une réharmonisation ne demeurera qu’un compromis tout à fait inacceptable dans le mandat retenu.

À ce moment-ci, il est primordial de se remettre dans la perspective de 1915 pour comprendre cet instrument. Un des fondateurs, Samuel Casavant, quelques semaines avant sa mort, survenue en 1929, a échangé plusieurs lettres avec l’organiste et musicologue français, Norbert Duforcq. Pour la compréhension de l’orgue de Saint-Jean-Baptiste, nous trouvons utile de présenter quelques passage du document de Samuel Casavant, conservé dans les archives de Casavant Frères et traitant de l’origine de la facture d’orgues en Amérique.

    « Au sujet de la facture ancienne, les anciens instrument américains et canadiens contenaient des mixtures de bonne composition. Certains vieux instruments de Warren en avaient une généreuse proportion, de fait, trop pour certaines oreilles modernes.

    Les vieilles orgues des frères Hook, de Jardine, et de Erben sont à peu près toutes disparues. Nous nous rappelons cependant certains de ces instruments qui contenaient des jeux de mutation bien complets, ce qui dénote que ces facteurs connaissaient bien la valeur de ces jeux.

    Pour répondre à la composition d’un orgue de 30 jeux, je vous envoie quelques devis types de notre facture. Il arrive cependant, très souvent, que nous les modifions suivant les conditions des églises et le goût des clients. Quant aux rapports entre la facture française et la nôtre, vous pouvez voir, par ces quelques devis, que, dans l’ensemble, ils ne diffèrent pas très sensiblement des vôtres, la différence est plutôt dans l’harmonisation.

    Au début de notre maison, nous nous étions inspirés de la facture française mais nous nous sommes aperçus que l’anglaise répondait mieux au goût de la clientèle. Si l’on tenait compte de l’opinion exprimée par le facteur Henry Willis, de Londres, dans sa correspondance sur la revue The Organ que je vous envoie, nos sonorités auraient plutôt le caractère français. Nous ne sommes pas tout à fait de son avis. Nos jeux d’anches sont beaucoup moins brillants que les vôtres. Les Montres sont de taille plus grosse, plus étoffées et harmonisées plus vigoureusement. Les jeux de mutation dominent moins que dans vos orgues. Dans les grands instruments, la différence de sonorité de l’ensemble est surtout due au « Tubas » qui parlent sur forte pression.

    Nous avons fait, il y a deux ans, une Flûte harmonique de 8 pieds d’après le diapason de Cavaillé-Coll [nous conservons la correspondance avec le facteur John Abbey, de Versailles], mais le résultat n’a pas été ce que nous attendions, probablement à cause de la résonance défectueuse de la salle où est l’orgue. Celles que j’ai souvent admirées, en France, sont dans des églises à revêtement intérieur de pierre et dont la résonance est excellente, ce que l’on rencontre assez rarement de ce côté-ci de l’océan, les églises étant généralement à revêtement de plâtre, quelquefois de bois, et les planchers sont souvent couverts de tapis, autant de matières absorbantes, qui détruisent la résonance. Nous avons, dans la Flûte à double bouche, en bois, un substitut qui nourrit l’ensemble, de façon étonnante, tout en étant un jeu qu’on peut aussi jouer en solo. Ce jeu est très en vogue en Amérique. »

Ce texte de Samuel Casavant est d’une justesse étonnante et appuie notre démarche dans la restructuration sonore de ce grand instrument. En effet, nous n’avons pas senti la nécessité de conserver intégralement l’orgue dans sa double conception d’origine; nous avons plutôt préféré le confirmer dans l’esthétique française qu’il portait et que les frères Casavant eux-mêmes auraient sûrement privilégiée.

Ceci étant établi, le plan de reconstruction a consisté, en plus du nettoyage complet de l’instrument, à restaurer, au niveau de la mécanique, tout le système d’alimentation en vent (réservoirs, anti-secousses, porte-vent) et les sommiers ainsi qu’à remplacer le système de transmission par des composantes électroniques. Ainsi, tous les pneumatiques de l’instrument, les pneumatiques des soupapes des tuyaux, les tirages de jeux, etc., en tout plus de 6 000 mécanismes internes, ont été recuirés. Toutes les commandes électriques, le filage et les électro-aimants ont été remplacés. Les trois souffleries avait déjà été reconstruites, par notre maison, quelques années auparavant suite à un bris majeur.

La console a été restaurée en entier. D’abord, son admirable enveloppe en chêne a subi une cure de rajeunissement ayant été fort endommagée par l’installation, au cours des ans, de circuits électriques. Les gradins à la française et les boutons à l’ancienne ont aussi été minutieusement restaurés. Les claviers et le pédalier ont été rénovés avec un souci constant de préserver la sensation tactile qu’ils procuraient. De nouveaux systèmes électroniques de combinaisons et de relais, beaucoup plus performants, ont remplacé les systèmes usés à la corde et amènent cet instrument à fine pointe de la technologie. L’organiste a désormais 49 combinaisons multipliées par 64 niveaux de mémoire, en plus de multiples accessoires tels un crescendo ajustable et un séquenceur de combinaisons. Enfin, la transmission avec l’orgue de chœur, puisque l’on peut jouer, de la console de tribune, le second instrument situé près du chœur, en est une dite « transmission électronique multiplex » ce qui signifie que toutes les commandes sont transmises par un unique câble coaxial.

Sur le plan tonal, nous avons reconstitué des ensembles cohérents. Cet orgue dispose, dès son origine, de beaux fonds généreux; mais son point faible résidait en l’absence d’un véritable plenum. Les mixtures, comportant tierces et septièmes, étaient inspirées de ce qui se faisait en Angleterre au début de ce siècle et qu’Audsley a théorisé dans son célèbre ouvrage « The Art of Organ Building ». De fait, on pouvait difficilement construire un plenum basé sur des principaux opaques - « leathered diapasons » - dépourvus de développement harmonique sur lesquels surnageaient, à grand peine, des mixtures presque inaudibles (la seule mixture perceptible était celle du Solo, harmonisée à 15 pouces de pression).

La restauration a donc eu essentiellement pour but de doter cet instrument de véritables principaux contrastés et vivats, et de mixtures composées dans la tradition française (avec quintes et octaves uniquement). Nous avons d’abord créé un véritable plenum. Au Grand Orgue, nous avons reconstruit la Montre de 8 pieds et le Principal de 8 pieds pour les rendre plus français, et nous les avons couronnés de principaux de 4 pieds et de 2 pieds, et de mixtures neuves, créant ainsi un grand plenum de 16 pieds adapté aux dimensions imposantes de cet édifice. À chacun des deux claviers secondaires, nous avons réalisé des synthèses principalisées par l’adjonction de mixtures neuves, de type progression harmonique, à l’image de ce que le célèbre facteur français, Aristide Cavaillé-Coll, a fait à Notre-Dame, de Paris.

Les jeux d’anches, eux aussi, étaient traités à l’anglaise (rigoles coniques, pressions élevées); il en résultait une sonorité puissante, certes, mais à la limite de la brutalité et dépourvue de distinction. Si une petite église s’accommode bien d’anches plutôt fondamentales, un grand vaisseau, comme celui de l’église Saint-Jean-Baptiste, demande des anches dans la tradition Clicquot-Cavaillé-Coll; c’est pourquoi les batteries d’anches ont été réharmonisées dans cette perspective. Ces anches sont plus fermées au clavier de Récit, donc plus rondes, plus pleines, et plus ouvertes aux divisions de Grand Orgue, de Bombarde et de Pédale. Les jeux de détail, tels les Hautbois, Clarinette, Voix humaine, Musette, et Cor anglais étaient pleinement satisfaisants et ont été nettoyés et restaurés.

Enfin, il manquait, à cet orgue, la sonorité d’un grand Cornet chaleureux et velouté; cette lacune a été amplement comblée par l’ajout d’un Cornet, jouable en 8 pieds, au Grand Orgue, en 8 pieds et 16 pieds à la Bombarde, dont les tailles s’inspirent des plus beaux cornets qui sonnent dans les cathédrales de France. L’ancien Cornet du Récit, qui sonnait très mince, a été remplacé par un autre Cornet fait de tuyaux harmoniques de taille généreuse, qui complète la synthèse existante des Flûtes harmoniques en 8, 4, et 2 pieds. La synthèse flûtée du Positif a complètement été revue : une nouvelle Flûte à cheminée de 8 pieds, une Flûte douce (à fuseau) de 4 pieds et une nouvelle Sesquialtera, de deux rangs de belle taille à la française, complètent désormais l’ensemble. Enfin, l’ensemble des flûtes harmoniques en 8, 4, et 2 pieds du Solo est couronné par un jeux de clochettes donnant les harmoniques de 1 1/3’ et 1’.

La reconstruction du grand orgue de Saint-Jean-Baptiste est une démarche complexe qui a exigé temps, respect et patience. Désormais, ce magnifique instrument se trouve particulièrement apte à la mise en valeur des grandes pages du répertoire et, en tout premier lieu, de l’immense corpus de la littérature symphonique française, sans oublier les œuvres contemporaines (Olivier Messiaen désirait des orgues comportant plusieurs plans expressifs; il aurait été sûrement ravi de jouer cet instrument riche de quatre divisions expressives).

Il reste à souhaiter que cet orgue rajeuni, embelli, continue de servir, à la fois, la liturgie et la musique, et que ses sonorités envoûtantes inspirent les organistes qui le joueront et charment des générations de fidèles et de mélomanes. Ainsi, il prendra rang auprès des fameux orgues Cavaillé-Coll de Saint-Ouen, de Rouen, ou du Sacré-Cœur, de Paris, auxquels il ressemble par plus d’un point.


Nouvelles des régions

Québec
par Noëlla Genest et Irène Brisson

    Conseil d’administration

    Depuis le 11 octobre 1995, le conseil d’administration est composé de Gilles Carignan, président; Monique Légaré-Moffet, vice-présidente; Michel Boucher, trésorier; Jean-Pierre Retel, secrétaire; Richard Paré, directeur artistique; Rachel Alflatt, Claude Beaudry, Suzanne Boulet, Irène Brisson, Marc d’Anjou, Louis Fortin-Bouchard, Noëlla Genest, Marguerite La Follette, Louise Provencher, Stéphane Saint-Laurent.

    Saison de concerts

    La saison 1995-1996 bat son plein avec six concerts et une conférence. Pour une quatrième année consécutive, nous avons inauguré notre série par un concert « portes ouvertes », le 23 septembre. Après Gilles Rioux, Bernard Lagacé, Richard Paré, entendus en 1992, 1993 et 1994, Denis Bédard offrait, à un très vaste public, un programme éclectique qui fut d’ailleurs diffusé à l’émission « Tribune de l’orgue », le 6 janvier dernier. Le concert, projeté sur écran géant, fut très apprécié; nul doute qu’un tel événement constitue un excellent moyen de promotion pour la cause que nous défendons.

    Marc-André Doran, invité du deuxième concert, le 28 octobre, a su nous faire découvrir un répertoire moins connu avec notamment le 4e sonate de Rheinberger et Madrigal II de Jean-Pierre Leguay.

    La troisième activité fut une nouvelle initiative qui sera sans doute répétée : le 12 novembre, la musicologue Irène Brisson présentait une conférence intitulée « L’orgue à travers les âges ». À l’aide d’exemples sonores et diapositives, elle a présenté les diverses transformations subies par l’orgue depuis l’hydraulos de Ctésibios jusqu’au grand orgue romantique.

    Décembre 1995 sonnait l’heure du concert de Noël, cette fois à l’église Saint-Roch. Martin Gravel, organiste, Marie-Andrée Paré, soprano, et l’Ensemble vocal André Martin ont interprété, avec bonheur, un répertoire de qualité fidèle au thème de Noël.

    Le 25 février, un public chaleureux n’ont pas ménagé ses applaudissement au jeune lauréat du Concours d’orgue de Québec 1995, André Gagnon qui, de Grigny à Messiaen, en passant par Bach, Mozart et Mendelssohn, s’est montré impressionnant. Le concert sera diffusé lors de la prochaine saison de l’émission « Tribune de l’orgue ».

    Les Amis de l’orgue accueillirent, le 23 mars, Geneviève Soly, à la salle Henri-Gagnon de l’université Laval, pour un concert commenté d’œuvres de Bull, Gabrielli, Froberger, Bach et Händel (orgue positif et clavecin), tandis que le 20 avril, Pierre Pincemaille clôturera la saison à l’église Saint-Martyrs-Canadiens en interprétant, en première partie, des œuvres de Franck, de Vierne et de Duruflé. Après la pause, ce maître de l’improvisation créera d’abord un triptyque symphonique sur un thème donné et, sur un second thème, une œuvre avec introduction, ricercare et variations.

    Enfin, la traditionnelle sortie annuelle des Amis de l’orgue de Québec aura lieu le vendredi 7 juin. Elle aura pour itinéraire : Sainte-Catherine-de-Sienne, Saint-Stanislas, Cap-de-la-Madeleine et Trois-Rivières dont les orgues sous seront présentées par les organistes de la région.

    Examens

    Des auditions d’orgues importantes, auxquelles le public est invité, se dérouleront à Québec, les 25 et 26 avril prochains, de 9h à 16h30, à l’église Saints-Martyrs-Canadiens. Il s’agit des examens terminaux du Conservatoire de musique du Québec. Sept candidats, provenant de quatre conservatoires, feront l’examen du Supérieur I : Jean Gilbert et Benoît Saint-Sauveur (Hull), Annie Beaulieu et Nathalie Gagnon (Rimouski), Martin Boucher (Montréal), Dominique Gagnon et Dany Wiseman (Québec), tandis qu’André Gagnon (Québec) se présentera à l’examen de Supérieur II (concours).

    Martin Brossard, de l’École de musique de l’université Laval, jouera son concert de fin de baccalauréat, à la basilique de Québec, en mai 1996.


    Mauricie
    par Gilles Rioux

    Michelle Quintal
    Porte-flambeau des compositeurs québécois pour orgue

    Le 10 décembre 1995, à l’orgue Casavant-Létourneau de la cathédrale de Trois-Rivières, lors d’un concert de l’Avent, Michelle Quintal a joué des œuvres des organistes qui se sont succédé, depuis 1931, dans cette cathédrale.

    Ainsi, on a pu entendre non seulement une œuvre de Bernard Piché, Postlude de Noël, mais aussi une œuvre de Marcel Thompson, Variations sur « Que j’aime ce divin enfant », qui a été organiste de 1945 à 1966, de Claude Beaudoin, Introduction et choral en canon sur « Puer natus », qui est titulaire depuis 1983. Michelle Quintal a, d’autre part, interprété un noël À la venue du Sauveur, extrait du manuscrit de Vitré, découvert par Pierre-Michel Bédard (organiste à la cathédrale de 1971 à 1973) et publié chez Heugel dans la collection « Le pupître ».

    « J’ai beaucoup d’admiration pour les organistes d’église, musiciens professionnels, qui, avec souplesse, patience, ponctualité et talent, sont au service du culte. C’est pourquoi je tiens à faire connaître leurs œuvres, organistes d’hier et d’aujourd’hui, organistes de cette belle cathédrale ».

    Mentionnons que certains jeux de cet orgue, qui en comprend soixante-douze répartis sur quatre claviers et pédalier, sont dédiés à des musiciens qui ont travaillé dans cette cathédrale. Ainsi, on peut lire Bombarde 16 Thompson en l’honneur de Marcel Thompson et de l’abbé Claude Thompson, directeur de la Maîtrise des Petits Chanteurs de Trois-Rivières, Trompette 8 Piché à la mémoire de Bernard Piché et Clairon 4 Turcotte au souvenir du maître de chapelle, l’abbé J. Gérard Turcotte.


    Montréal

    Concours John Robb, 1995

    Félicitations à Julie Shantz qui a remporté le Premier Prix du Concours d'orgue John Robb tenu le 29 novembre dernier à l'église Immaculée-Conception, de Montréal. Ce concours annuel est organisé par la section de Montréal du Collège Royal Canadien des Organistes (RCCO) et le Premier Prix comporte une bourse ainsi qu'un engagement de concert.

    Julie Shantz est élève de Réjean Poirier à l'Université de Montréal où elle poursuit actuellement une maîtrise en interprétation de l'orgue.

    Six finalistes étaient sélectionnés pour la finale et le 2e prix a été accordé à James Calkin, élève de John Grew de l'Université McGill.

    Julie Shantz et James Calkin sont, tous deux, membres des Amis de l'orgue de Montréal.


Atelier de tuyaux d'orgues
à Saint-Hyacinthe

par Maurice Roy

Saint-Hyacinthe possède maintenant son atelier de tuyaux d’orgues. Après son apprentissage en fabrication de tuyaux aux Orgues Létourneau, Dany, fils du facteur Fernand, a ouvert, en janvier, son atelier sous le nom de « Tuyaux d’orgues de Saint-Hyacinthe ». l’entreprise est la première du genre au Canada à s’occuper, exclusivement, de la fabrication de tuyaux.

Dany Létourneau a appris le métier sous la gouverne d’un maître en la matière, M. Réal Godbout. Celui-ci a présidé à l’ouverture du département de la tuyauterie aux Orgues Létourneau. Il compte plus de quarante-cinq ans d’expérience en la matière.

« Notre première publicité au Canada et aux États-Unis, explique Dany, a rappelé que la région de Saint-Hyacinthe est celle où se trouvent le plus grand nombre de facteurs d’orgues au Canada : Casavant, Guilbault-Thérien, Létourneau, Wilhelm et Juget. Qui peut dire mieux? » Sans oublier, le facteur Helmuth Wolff qui, sans être dans la région de Saint-Hyacinthe, contribue à la gloire du Québec en ce domaine privilégié à partir de son atelier situé à ville de Laval.

Bien sûr, le tuyautier est au service des facteurs et la jeune compagnie a déjà, à son actif, des contrats pour le Québec et les États-Unis. L’atelier de Dany Létourneau peut être visité en tout temps. Il est situé à la porte même de Saint-Hyacinthe : 535, 4e rang, Sainte-Rosalie, QC J0H 1X0 (514 799-5174.


Anniversaires en musique
par Irène Brisson

1996

  • Il y a 400 ans, mourait Giaches de Wert (1535-1596), un des grands maîtres de la polyphonie franco-flamande de la Renaissance, et qui exerça notamment ses fonctions à Mantoue alors que s’y installait Monteverdi. S’il laisse très peu de musique instrumentale, sa musique religieuse est à redécouvrir.
  • Il y a 300 ans, naissaient Pierre Février (1696-v.1764) et Maurice Greene (1696-1755). Du premier, organiste des paroisses parisiennes de Saint-Roch et de Saint-Honoré, on connaît un livre de clavecin (1734) et quelques fugues qui peuvent se jouer à l’orgue tandis que les « voluntaries » du second sont encore très appréciés en Angleterre.
  • Il y a 250 ans, mourait Johann Kaspar Ferdinand Fischer (v.1686-1746), dont les 20 petits préludes et fugues pour orgue dans presque tous les tons (Ariadne Musica, 1702) ont pu servir de modèle du Clavier bien tempéré de Bach.

1997

Si la contribution organistique de ces maîtres demeure modeste, l’année 1997 sera celle de :

  • Francesco Landini (1325-1397), l’organiste et madrigaliste de l’Ars Nova dont des compositions vocales ont été transcrites pour clavier jusqu’au XVe siècle;
  • Giovanni Maria Trabaci (1575-1647), contemporain de Frescobaldi et expert, lui aussi, dans l’art de manier les dissonnances;
  • Nikolaus Bruhns (1665-1697), brillant élève de Buxtehude, trop tôt disparu;
  • Félix Mendelssohn (1809-1847);
  • Léon Boëllmann (1862-1897), élève d’Eugène Gigout;
  • Sans oublier Johannes Brahms (1833-1897) dont le chant du cygne fut, ne l’oublions pas, son recueil de Préludes de chorals, opus 122.


Revues et Partitions
par Gaston Arel

Revues

L'orgue francophone en bref
Supplément du Bulletin de liaison de la
Fédération francophone des Amis de l'orgue
35 Quai Gailleton,
69002 Lyon, France
  • No 6 (mars 1996)
    Concerts, festivals, stages, concours - Publications - Nouveaux CD - Les Amis de Pierre Cochereau - Le coin des cartes postales - Énigmes de l'Orgue Francophone - Divers.
  • Bulletin d'information de l'Association des amis de l'orgue de Versailles et de sa région
    20 rue Montbauron,
    78000 Versailles, France
  • No 33 (janvier 1996)
    L'orgue de la chapelle royale de Versailles (inauguration de l'orgue, les organistes de la chapelle royale) - Les grandes orgues de l'église Saint-Nicolas de Wasquehal et de l'auditorium de Lyon - La Messe d'orgue (3e partie) - In Memoriam Gaston Roussel - Calendriers de concerts et nouvelles brèves.
  • Partitions

    Éditions Chantraine
    7 avenue H. Paris
    B-7500 Tournai, Belgique
  • Pierre Cochereau: Symphonie pour grand orgue [EC 100]
    Cette oeuvre, dont le manuscrit a été récemment retrouvé, fut composé, avant 1954, alors qu'il était encore organiste de l'église Saint-Roch, à Paris. Écrite dans un style grandiose, à l'image de ses improvisations célèbres, cette brillante oeuvre posthume, d'une durée de 25 minutes, comprend quatre mouvements: Adagio et Allegro, Adagio, Scherzando, et Allegro final.
  • Pierre Cochereau: Variations sur un Noël [EC 90]
    Ces « Variations sur un Noël » ont été improvisées, par Pierre Cochereau, aux grandes orgues de Notre-Dame de Paris, en 1977. Le thème est celui de l'ancien noël populaire français « À la venue de Noël ». (Reconstitution: François Lombard).

  • Dans le monde du disque
    Nouvelles parutions

    La maison Analekta annonçait, il y a quelques jours, la sortie des Variations Goldberg enregistrées par Bernard Lagacé à l'orgue Beckerath de l'église Immaculée-Conception, de Montréal. Cette rareté fait partie de l'intégrale Bach, de 13 volumes, qui comprendra toutes les oeuvres pour orgue ainsi que certaines autres pour clavier, dont Le Clavien bien tempéré.

    Les Mélodistes indépendants viennent de lancer un disque des oeuvres pour orgue de Rachel Laurin, interprétées par l'auteure.

    Les Disques Celest, jeune compagnie québécoise de disques, présente son premier album intitulé Fantachorus dans lequel Gilles Rioux nous livre cinq de ses oeuvres pour orgue et une autre pour instrument à vent et orgue (Ani Couni) avec la participation du clarinettiste Michel Pilote. Écrite en relation écroite avec le majestueux orgue Casavant de la basilique Notre-Dame-du-Cap et enregistrée sur ce même orgue, la musique de Rioux n'est pas à proprement parler une musique religieuse, mais prend toute sa dimension sur ce grand instrument.

    Celest DC 32682