Mixtures

No. 6 - Avril 1997

Dans ce numéro:


Éditorial

Par Gaston Arel

Dans le double but de nous faire connaître à l'étranger et de savoir ce qui se passe dans le monde de l'orgue en dehors de nos frontières, nous avons établi un programme d'échanges de revues avec des associations canadiennes et européennes. Désormais, nous recevons régulièrement leurs bulletins de liaison et faisons de même avec Mixtures. Vous trouverez donc dans la chronique Revue des revues du présent numéro, un sommaire de ce que nous avons reçu depuis la précédente recension (cf. Mixtures no 4). Ces documents peuvent être consultés en s'adressant soit au secrétaire ou au président, à l'adresse de notre Fédération.

Suite à l'article « Orgue et Internet », signé Irène Brisson (Mixtures no 3) qui a suscité un grand intérêt auprès de nos lecteurs, nous aurons, à partir de maintenant, grâce à notre collègue André Coté des Amis de l'orgue du Saguenay-Lac-St-Jean, une chronique régulière qui nous initiera au « Web » et nous suggerera quelques sites intéressants à visiter.

En collaboration avec l'Académie Internationale d'orgue et de clavecin de Rimouski et les Amis de l'orgue de Québec, notre troisième congrès annuel se tiendra cette année dans le Bas-Saint-Laurent, les jeudi 14 et vendredi 15 août. Invitation vous est faite d'y assister en grand nombre.


Les disques Fonovox
par Sylvain Caron

Ce texte a été rédigé à la suite d'une entrevue accordée par Martin Duchesne et Jacques Boucher.

Depuis à peine trois ans, le disque d'orgue québécois connaît une vitalité sans précédent. En effet, la jeune maison Fonovox, qui s'est fixé pour but de faire connaître les orgues et les organistes québécois, ici et à l'étranger, aura publié plus de 50 titres classiques à la fin de cette année, dont une vingtaine seront consacrés à l'orgue. Ce n'est d'ailleurs qu'un début, puisqu'un nombre impressionnant de projets sont en cours de réalisation. Sous l'impulsion dynamique de Martin Duchesne, 30 ans, chef de production et passionné de musique d'orgue, et grâce à la solide expérience de Jacques Boucher, directeur artistique de la production classique, Fonovox promet d'étonner les mélomanes par des productions bien ciblées, à la fois audacieuses et prometteuses.

Les circonstances dans lesquelles est né cet ambitieux projet sont pourtant très simples. Martin Duchesne travaillait comme adjoint au chef de produit chez Polygram. « La compagnie déménageait à Toronto, dit-il, mais je voulais rester au Québec. Comme aucune alternative d'engagement avec des fonctions semblables ne s'offrait à moi, j'ai décidé de proposer à Radio-Canada d'exploiter ses archives. La proposition a été acceptée avec une rapidité surprenante, en quelques jours. Je précise toutefois que Radio-Canada n'a pas accepté mon offre parce que le feu était pris, mais plutôt parce que l'idée leur semblait intéressante. »

Les premières réalisations de Fonovox ont consisté à diffuser des archives de chansons de Radio-Canada, Rose Ouellette ou Monique Leyrac, par exemple, donc d'acheter des licences de Radio-Canada pour créer la collection Les Refrains d'abord. C'est grâce au financement de ces disques à grand tirage consacrés à la chanson française que Fonovox peut maintenant investir dans des projets à tirage plus réduit, comme la musique d'orgue.

Les parutions en orgue ont commencé par la réédition du coffret des Orgues anciens du Québec. Par la suite, Fonovox a amorcé la création de nouvelles collections. En ce qui concerne plus particulièrement l'orgue, il y a Corpus, qui propose la réédition de l'intégrale Buxtehude que Bernard et Mireille Lagacé avaient enregistrée pour Radio-Canada dans les années 1970. Puis, en partenariat avec l'Université Laval, la toute première intégrale Pachelbel est en voie d'être complétée et sera interprétée par Antoine Bouchard à l'orgue de Saint-Pascal-de-Kamouraska.

En outre, un projet majeur auquel Fonovox travaille présentement est la collection Cathédrales en musique, dont la sortie est prévue pour septembre prochain. Dix organistes joueront sur les orgues de dix cathédrales du Québec, selon la répartition suivante : Jacquelin Rochette à la cathédrale Christ-Roi de Gaspé dans cinq concertos transcrits par Johann Sebastian Bach; Jean-Guy Proulx à la cathédrale Saint-Germain de Rimouski dans des œuvres d'Antoine Reboulot; Marc D'Anjou à la cathédrale Notre-Dame de Québec dans des œuvres d'Édouard Commette; Robert Girard à la cathédrale Saint-François-Xavier de Chicoutimi dans de grands succès du répertoire de l'orgue; Danielle Dubé à la cathédrale Saint-Michel de Sherbrooke dans des œuvres de Joseph-Marie Déodat de Séverac; Gilles Rioux à la cathédrale de l'Assomption de Trois-Rivières avec la Première symphonie et le Mystère de Noël d'Auguste Fauchard; Sylvain Caron à la cathédrale Marie-Reine-du-Monde de Montréal dans l'intégrale des œuvres de Daniel-Lesur; Jacques Boucher à la cathédrale Sainte-Cécile de Valleyfield dans la Grande pièce symphonique de César Franck et Vincent Boucher, le titulaire, dans des œuvres de Frescobaldi, Lebègue et Bach; Georges Robert à la cathédrale de Saint-Hyacinthe dans l'intégrale des oeuvres d'Augustin Barié; et enfin, Rachel Laurin à la cathédrale de Saint-Jean.

Au total, cette collection présentera une image assez saisissante de l'orgue au Québec. Elle sera aussi un moyen de sensibiliser les diocèses, tant le clergé que les fidèles, au patrimoine organistique qui est le leur. Ainsi, les évêques ont accepté, avec enthousiasme, de rédiger un texte pour le disque qui représente leur diocèse. Du point de vue de l'image, la pochette fera voir l'extérieur de la cathédrale, celle-ci prenant plus d'importance que l'orgue lui-même dans la présentation. Toutefois, Fonovox met aussi en œuvre une stratégie quant au choix du répertoire puisqu'un certain nombre d'enregistrements auront une vocation extradiocésaine et viseront les marchés américain et européen. C'est dans cette perspective qu'est mis à l'avant-plan Édouard Commette sans doute l'organiste le plus connu de son époque grâce à ses enregistrements en 78 tours. De plus, un compositeur aussi important que Daniel-Lesur, dont la musique n'a jamais été rassemblée dans une même intégrale, connaîtra assurément un certain succès en France. Il faut savoir que Daniel-Lesur est un représentant notoire du groupe Jeune France, avec Messiaen, Jolivet et Beaudrier, et qu'il a été suppléant de Tournemire à Sainte-Clothilde.

Toujours dans la collection Corpus, Fonovox prépare l'édition de l'intégrale de l'œuvre d'orgue de Charles-Marie Widor. Celle-ci comprendra les dix Symphonies, les Trois nouvelles pièces et la Suite latine. Dans la foulée de la série de récitals donnés il y a deux ans à travers le Québec, l'enregistrement fera entendre cinq orgues et cinq organistes. En primeur, l'intérieur du coffret contiendra une photo inédite d'un des frères Casavant en compagnie de Widor à Paris.

Une intégrale Bach compte également parmi les projets en cours. Le premier disque comprend les sonates en trios interprétées par Marc-André Doran. Dans les prochains mois, Marc-André Doran enregistrera la troisième partie de la Clavierübung sur un orgue Wolff nouvellement construit à New York. Ensuite, à partir des archives de Radio-Canada, paraîtront l'Orgelbüchlein et les chorals de Leipzig, interprétés par Gaston Arel. Enfin, Mireille Lagacé enregistrera les partitas et toccatas pour orgue.

Dans une autre collection, Da camera, est consacrée à la musique de chambre québécoise et française, plus particulièrement celle des organistes compositeurs. Elle comprend la sonate de Sylvio Lazzari, le quintette de Jean Huré, le quintette et une sonate pour violon solo de Raymond Daveluy. En outre, les mélodies profanes de Jean Langlais seront enregistrées, en première mondiale, grâce aux manuscrits que madame Langlais a remis à Jacques Boucher. C'est un enregistrement qui illustre bien la philosophie de Fonovox qui est de mettre en marché un produit qui a été ignoré mais qui représente un grand potentiel de rayonnement sur disque.

Dans la collection Musica sacra, le premier titre paru est le Chemin de croix de Raynald Arseneault, interprété par la soprano Natalie Choquette et l'organiste Gisèle Guibord. Un autre disque, sorti récemment, De Angelis, fait entendre la schola grégorienne de l'église Saint-Jean-Baptiste de Montréal - dix voix d'hommes dont celle d'André Saint-Cyr - et reconstitue un grand office autour de la Messe des anges avec des commentaires à l'orgue inspirés du grégorien et joués par Jacques Boucher.

Œuvre majeure, les Douze Préludes-Poèmes de Charles Tournemire paraîtront bientôt, interprétés, au piano, par Lise Boucher, avec un texte très substantiel d'Antoine Reboulot intitulé Tournemire tel que je l'ai connu. Il faut savoir qu'Antoine Reboulot est le dernier élève de Tournemire encore vivant. Il a toujours cru au génie de son maître et il est particulièrement heureux que le monde de la musique commence à le redécouvrir. La publication de Fonovox s'inscrit dans un regain d'intérêt pour l'œuvre de Tournemire puisque l'orchestre de Liège vient d'enregistrer ses symphonies pour orchestre et que Charles Dutoit songe à en inscrire une à la programmation de l'OSM.


Fonovox publie aussi des enregistrements qui ne font pas partie d'une série comme Noël à Saint-Pascal-de-KamouraskaAntoine Bouchard joue des noëls classiques français et des pièces de Bach et Où s'en vont ces gays bergers avec le baryton Bruno Laplante et l'organiste Antoine Reboulot qui accompagne, improvise et interprète des noëls anciens. Il faut aussi mentionner le disque de Claude Girard, Le Grand Répertoire, enregistré à l'église Saint-Patrice de Rivière-du-Loup.

Et ce n'est pas tout : Fonovox a encore d'autres projets, comme la série Portraits, qui permettra une meilleure connaissance des interprètes. Pour l'instant, les noms de Raymond Daveluy, Scott Ross et Antoine Reboulot ont été retenus. Chaque portrait fera connaître divers aspects de ces musiciens que ce soit comme improvisateur, compositeur, interprète ou chambriste, en plus de reprendre des entrevues accordées à Radio-Canada.

Enfin la collection Chaîne culturelle puisera dans les archives de Radio-Canada FM pour reprendre, sur disque compact, des enregistrements épuisés en plus d'offrir aux musiciens l'occasion d'être enregistrés sur disque comme le faisait l'étiquette SRC/CBC avant les coupures.

Ce qui ressort de ces nombreux projets et parutions c'est que Jacques Boucher et Martin Duchesne veulent un catalogue qui se distingue de celui des autres maisons de disques et ils ne retiendront pas d'œuvres qui saturent déjà le marché. La présence de Jacques Boucher comme directeur artistique a permis la mise sur pied de projets à la fois pertinents et originaux dans le domaine de la musique française et québécoise. Martin Duchesne précise que « ce n'est pas parce qu'un produit est bon qu'il va nécessairement percer. Il faut savoir discerner habilement le produit et cela entraîne des décisions parfois audacieuses comme le Huré et le Lazzari. Il faut surprendre. »

Pour surprendre, les idées ne manquent pas : Fonovox compte imposer son image de qualité grâce à la signature de Gilles Cantagrel pour les commentaires de disque. « Directeur et rédacteur d'articles dans le Guide la musique d'orgue, publié aux éditions Fayard, Gilles Cantagrel est très en demande pour ses écrits, nous confie Jacques Boucher. Mais il a réagi très favorablement à notre demande de collaboration en raison de nos politiques éditoriales et de son attachement au monde de l'orgue québécois. »

Si les organistes sont parfois timides dans la promotion de leurs propres produits, la maison Fonovox entend, quant à elle, révolutionner l'image de l'orgue et élargir l'auditoire qui lui est dévolu. Martin Duchesne n'a pas froid aux yeux : « il n'y a rien de plus regrettable qu'une pochette de disque d'orgue qui est laide ou mal conçue, affirme-t-il. Il y a un travail à faire de ce côté. Prenons la pochette des Orgues anciens du Québec, illustrée par Luc Collin, le dessinateur du Marsupilami. Ce choix n'a rien à voir avec mon jeune âge mais avec une stratégie de mise en marché. Compte tenu qu'il s'agit d'une réédition, si l'on avait mis un crucifix ou des tuyaux d'orgue à la place, il ne se serait pas vendu près de 1 000 copies de ce disque comme c'est présentement le cas. Plusieurs mélomanes n'auraient jamais acheté de disques d'orgue sans cette présentation originale » ; Jacques Boucher ajoute que « c'est comme un sourire des organistes envers eux-mêmes » avec le petit verre de vin qui figure sur la console...

Le Québec est un haut lieu de l'orgue par le biais de ses interprètes, de ses facteurs d'orgue et de son patrimoine religieux. Et Fonovox compte se faire le porte-parole de cette culture en élargissant le public d'amateurs d'orgue et en diffusant des produits québécois de qualité aux États-Unis et en Europe. En ces temps difficiles pour les institutions musicales et pour les interprètes, il est réjouissant de constater qu'un projet de cette envergure voie le jour et qu'il connaisse un succès aussi impressionnant. Avec les exigences de qualité et d'originalité qui la caractérise, Fonovox deviendra sûrement la plus importante maison de disques d'orgue québécois et permettra le rayonnement de notre communauté organistique à l'étranger.


Olivier Messiaen et l'orgue
par Olivier Glandaz et Jean-Louis Coignet

Interview réalisée dans les semaines qui ont suivi la mort de Messiaen, Jean-Louis Coignet, directeur-artistique de la maison Casaavant Frères, est, depuis le 24 juillet 1996, le « technicien-conseil en orgues historiques » auprès du ministère de la Culture en France, pour la région Île-de-France.

Olivier Glandaz, depuis son enfance, a démontré un intérêt vif et une passion pour l'orgue. En 1978, pour le compte de la maison Beuchet-Debierre, il travaille avec Jacques Picaud à la restauration des orgues des Invalides, et de la Trinité à Paris. Après le décès prématuré de Jacques Picaud, Olivier Glandaz fonde une société de facture d'orgues et procède à la restauration de différents instruments parisiens et en province. Il a collaboré avec Olivier Messiaen qui avait une affection quasi filiale pour lui, et a eu la chance de partager les options esthétiques du maître. Récemment, il est devenu l'associé du facteur d'orgues américain Timothy Paterson.


OG : Vous avez bien connu Olivier Messiaen; quelle est sa place dans le monde de l'orgue comme compositeur et organiste?

JLC : J'ai souvent entendu Olivier Messiaen jouer l'orgue de l'église de la Trinité lorsque je résidais à Paris au cours des années 60-70; mais c'est surtout à partir de 1985, qu'en tant qu'expert de la Ville, j'ai eu à lui parler lors des travaux sur son orgue. Que dire de sa place comme organiste? Je crois qu'avant tout c'était un MUSICIEN; il s'exprimait par l'orgue mais aussi par d'autres moyens; son œuvre orchestrale et lyrique, ses compositions pour piano etc. en témoignent largement. De ce fait même, il se situait en marge du monde de l'orgue tellement spécialisé et étriqué en général!

De Messiaen organiste-interprète, j'ai assez peu de souvenirs car je l'ai surtout entendu improviser (et jouer ses propres œuvres); toutefois, je me rappelle fort bien ses interprétations très romantiques (un peu comme Vierne) des chorals de Bach. À ma connaissance, il n'a pas donné beaucoup de concerts d'orgue en France (a-t-il jamais joué un récital sur l'orgue du Palais de Chaillot à l'époque où les grands noms de l'orgue s'y produisaient? Je n'en ai pas souvenir.) J'ai l'impression que, pour lui, l'orgue était avant tout un instrument d'église et qu'il se considérait d'abord comme organiste liturgique.

Comme compositeur pour l'orgue, sa place est considérable; il a fait progresser le langage de l'orgue de manière décisive et spécifique. Au début, sa musique était jugée avant-gardiste par certains esprits et je me rappelle un concert d'orgue à Saint-Merry au début des années 60 au cours duquel deux personnes ont quitté ostensiblement l'église avec un air courroucé lorsque le récitaliste a joué une composition de Messiaen... les temps ont bien changé.

OG : Comment situer l'orgue de la Trinité par rapport aux autres instruments de Cavaillé-Coll?

JLC : À l'époque de sa construction (1868-69), l'orgue de la Trinité était comparable aux orgues de même importance sortis de la célèbre manufacture, par exemple, celui de Sainte-Clothilde. Dans la liste des orgues de Cavaillé-Coll, il fait partie des « Orgues de 32 pieds » car il y a un Bourdon 32 à la Pédale.

OG : Olivier Messiaen a été critiqué lors des modifications qu'il a apportées à son orgue de la Trinité; ces critiques étaient-elles justifiées? Qu'en serait-il aujourd'hui?

JLC : Je ne pense pas que Messiaen ait été critiqué au moment des travaux auxquels vous vous référez, c'est-à-dire l'électrification des transmissions de l'orgue et l'adjonction de la boîte expressive du Positif; à l'époque où ces changements ont eu lieu, ils ont été salués comme un grand progrès et c'est plus tard, vers le milieu des années 70, que des réserves ont été émises sur l'opportunité de ces modifications. Je m'en suis entretenu avec Olivier Messiaen et je comprends mieux la démarche qui a été à la base de cette évolution qu'il a souhaitée. Lorsqu'il a été nommé organiste de la Trinité, l'orgue disposait d'une machine Barker au clavier de Grand Orgue; les deux autres claviers, Positif et Récit, étaient très durs et même, m'a-t-il dit, il était presque impossible de jouer le Positif lorsque le Récit y était accouplé. Je le crois volontiers en remarquant que nombre d'orgues à trois claviers construits ultérieurement possèdent une machine Barker au Grand Orgue et une au Positif. Toujours est-il qu'une machine Barker fut ajoutée au Positif en 1934. Sur le plan tonal, l'orgue de la Trinité comblait le goût de Messiaen pour les sonorités « grandioses, puissantes et graves » mais ne le satisfaisait pas vraiment quant aux mutations et mixtures. Son insistance à disposer d'un cornet décomposé sous expression amena les facteurs d'orgues à proposer l'électrification de l'orgue qui devait lui conférer à la fois la souplesse de fonctionnement et les possibilités des combinaisons ajustables, et aussi de nouvelles couleurs dans la palette sonore.

Qu'en serait-il actuellement? L'orgue ayant été classé monument historique « pour sa partie instrumentale Cavaillé-Coll », aucun changement ne serait admis. Pour ma part, je considère que cet orgue est désormais l'instrument de référence pour l'œuvre d'orgue d'Olivier Messiaen et, qu'à ce titre, il doit être préservé tel qu'il est.

OG : Messiaen aurait-il conçu son œuvre de la même manière sur un instrument d'une autre école?

JLC : Il est difficile de faire de l'art-fiction « Que serait-il arrivé si... » J'ai tendance à penser qu'un génie de l'envergure de Messiaen aurait trouvé moyen de s'exprimer grâce à quelque médium musical que ce soit. En fait, il a façonné lui-même l'instrument qui correspondait à ses aspirations, à son tempérament. Je pense qu'il aurait fait de même si le style de son orgue avait été différent et il serait arrivé à lui conférer les qualités qu'il désirait. Je crois d'ailleurs savoir qu'il avait fort apprécié certains orgues qu'il avait joués à l'étranger, instruments qui comportaient des mutations rares comme septième, neuvième, onzième et au-delà. En fait, il se serait vraisemblablement accommodé d'instruments très variés à l'exception toutefois de ces faux orgues classiques ou pastiches baroques qu'il exécrait.

OG : Olivier Messiaen insistait sur les avantages des transmission électroniques pour les orgues d'une certaine importance; qu'en pensez-vous?

JLC : Il avait tout à fait raison. Il faut vraiment sortir du manichéisme où l'on essaye de nous enfermer; il existe de très beaux orgues à transmission électrique, il se trouve, en France et plus encore à l'étranger, des musiciens qui se gaussent de ces dogmes dont le monde de l'orgue est si friand. Pour ma part, j'apprécie un orgue mécanique à condition que sa transmission ait des qualités de précision et de légèreté qui permettent d'en tirer tout le parti. À partir de 40 jeux, surtout dans une esthétique symphonique en raison des pressions plus élevées, il me paraît préférable d'avoir recours à une transmission électrique sinon, on est obligé de faire appel à des artifices ou des assistances qui compliquent la mécanique et lui font perdre ses qualités spécifiques.

Cette question des transmissions met vraiment en évidence le côté profondément irrationnel du monde de l'orgue, le lavage de cerveau infligé par certains a abouti à une sorte d'intériorisation de l'interdit si bien qu'on a vraiment l'impression d'évoquer le diable en parlant de transmission électrique en France. Il s'est développé une idéologie dominante au nom du « contrôle de l'ouverture de la soupape par le doigt de l'organiste... »! Cet effet a été mis en évidence sur des orgues à transmission mécanique dans des conditions quasi-expérimentales (sommiers à gravures de petites dimensions, basses pressions, harmonisation à pieds ouverts...) et généralisé avec frénésie par certains organistes et facteurs d'orgues qui ont trouvé là un moyen d'investir un espace publicitaire. De fait, il est agréable de jouer une mécanique bien conçue et bien construite (ce qui n'est pas tellement courant... !) mais l'agrément vient du toucher caractéristique, non d'une quelconque influence de la vitesse d'ouverture de la soupape sur le son, c'est au niveau de la touche et du doigt que le phénomène se manifeste et c'est pourquoi les tentatives qui sont faites de transmissions « électronique sensitive » me semblent dénuées de tout intérêt pratique. Si l'on exprimait ce problème en cybernéticien, on dirait que l'organiste envoie des informations à l'orgue par ses doigts et, qu'en retour, il en reçoit via la transmission mécanique. On oublie trop souvent que la remontée de la touche et la manière dont elle suit, ou non, le doigt sont aussi importantes que l'enfoncement de la touche et le décollement de la soupape. Avec la transmission dite « électronique sensitive », l'organiste n'a, sous les doigts, qu'une sensation de ressort, il ne reçoit aucun feed-back de l'orgue... où est l'avantage?

Il faut bien admettre que la médiocre qualité de certaines transmissions électriques a aussi contribué à jeter le discrédit sur ce type de transmission en France. La transmission électrique ne souffre pas de l'à-peu-près, il convient d'abord d'employer un système ayant fait ses preuves. À cet égard, je préfère le système électro-pneumatique qui, avec des soupapes de grande surface et des pressions élevées, donne des résultats très supérieurs au système électrique direct, ensuite il convient d'utiliser des composantes de qualité irréprochable et de les assembler avec un soin méticuleux.

Pour ce qui est de la transmission des mouvements des registres, la question est beaucoup plus simple et dépend du style de l'orgue. Il est évident que l'avantage essentiel de la transmission électrique pour les registres réside dans la possibilité d'avoir des combinaisons ajustables; certains organistes les jugent indispensables, c'est fonction de ce qu'ils jouent, mais là encore, la fiabilité des systèmes utilisés est primordiale.

Pour en finir avec cette question des transmissions, je mentionnerai une lettre de Marcel Dupré, écrite le 19 octobre 1961 à un correspondant canadien, dans laquelle il s'insurge contre la construction d'un grand orgue « n'ayant que des jeux dits baroques, sur lesquels il est impossible d'interpréter les grands Maîtres sans les trahir » et encourage le recours à la transmission électrique « qui, seule, répond à la précision du jeu d'un grand virtuose. » Sans aucun doute Olivier Messiaen l'aurait approuvé, tout comme nombre d'organistes compositeurs de grand renom (Maurice Duruflé, Jean Langlais, etc.)

OG : Messiaen ne partageait pas les tendances actuelles dans le domaine des restaurations d'orgues et des constructions d'orgues neufs; l'orgue est-il condamné à l'immobilisme?

JLC : Il est vrai qu'on peut légitimement se demander si certains n'aspirent pas à faire de ce pays une nécropole des orgues; en effet, la restauration des orgues en France est, depuis une vingtaine d'années, basée sur le postulat que tout orgue était parfait à son origine et que les modifications qui lui ont été apportées n'ont pu que lui nuire. Dans cette perspective, il est logique d'essayer de retrouver l'état d'origine. L'ennui, c'est que cette démarche repose sur deux grosses erreurs : tout d'abord l'affirmation que tout orgue est parfait à son origine est aberrante et ne peut être soutenue, de bonne foi, que par des non-professionnels. Tout facteur d'orgues, qui n'est pas obnubilé par son narcissisme, reconnaît que peu d'orgues sont complètement exempts de défauts lors de leur construction. Ensuite, la possibilité de retrouver l'état et la sonorité d'origine d'un orgue maintes fois modifié, réharmonisé, est au mieux un rêve fou, au pire une mystification.

D'une manière générale, qu'il s'agisse de restauration ou de construction d'orgues neufs, la tendance dominante en France nie toute évolution à l'orgue, cela va avec le mythe de l'âge d'or est aussi avec des préoccupations beaucoup plus terre-à-terre... sur lesquelles il est préférable de jeter le manteau de Noé. Sans entrer dans ces considérations, on peut poser la question du progrès en Art, l'art de Miro, par exemple, constitue-t-il un progrès par rapport à l'art de Matisse ou d'Ingres? À l'évidence, cela n'a pas de sens. L'Art évolue mais ne progresse pas. En est-il de même pour l'orgue? On pourrait le soutenir si cet instrument ne comportait pas deux aspects bien distincts : l'un technique, l'autre artistique. De cette dichotomie viennent les difficultés et l'incompréhension. Après tout, que certains estiment que l'orgue a atteint son apogée au XVIIIe siècle, c'est leur affaire tant qu'ils n'imposent pas leur façon de voir aux autres... Or c'est bien là que la bât blesse car l'organisation du marché de l'orgue en France est telle actuellement que rien ne se fait sans l'intervention des pouvoirs publics, dès lors entrent en scène des personnages qui tiennent leur pouvoir de l'État et qui, naturellement, ont tendance à en abuser. Michel Crozier a très bien étudié ces comportements dans des domaines qui n'ont pas grand chose de commun avec l'orgue; mais quelle que soit l'activité, les mêmes causes produisent les même effets. La manie centralisatrice est tellement ancrée en France qu'il faudra plusieurs années pour en venir à bout; mais vous verrez, un jour ou l'autre, cela changera : il n'y a pas d'exemple de dictature qui ait perduré, et ce qui est encensé actuellement par les thuriféraires du système sera honni dans dix ou vingt ans.

OG : Vous aviez proposé à Olivier Messiaen de faire partie de la Commission des Orgues de la Ville de Paris, était-ce dans un but précis?

JLC : Il me paraît éminemment souhaitable qu'il y ait, dans une commission, des personnalités de sensibilités différentes. Certaines commissions sont formées peu ou prou par cooptation, résultat : une assemblée de personnages qui se renforcent mutuellement dans leur contemplation narcissique, certains qu'ils sont de détenir LA vérité; cela donne une impression d'unanimité dans les délibérations (on ne conteste que des détails mineurs totalement insignifiants), mais tout est faussé au départ et c'est sinistre! Ce n'est pas le cas de la Commission des Orgues de la Ville de Paris : les différentes tendances y sont représentées et s'expriment en toute liberté. Pour ma part, afin d'encourager la liberté de création des facteurs d'orgues hors de carcans imposés, j'ai obtenu que les appels d'offres pour les orgues neufs se fassent par concours; les résultats sont encourageants même si le manque d'audace dans la créativité est parfois décevant... mais, que voulez-vous, on n'échappe pas facilement à vingt ans de lavage de cerveau. Pour revenir à votre question, je pense qu'Olivier Messiaen aurait eu sa place dans la Commission des Orgues de la Ville de Paris; son approche très personnelle de l'orgue et son rayonnement spirituel auraient certainement contribué à l'intérêt des débats et enrichi notre réflexion.

OG : Comment peut-on situer le monde de l'orgue français?

JLC : C'est par facilité que l'on utilise cette formule réductrice « le monde de l'orgue français »; il y en a plusieurs et ils diffèrent tant les uns des autres (car heureusement l'idéologie dominante n'est pas parvenue à réduire chacun à la pensée unique organologiquement correcte) que l'on peut difficilement en extraire une tendance commune. Si l'on compare la situation des organistes et des facteurs d'orgues français à celle de leur homologues dans les grands pays occidentaux, je ne suis pas certain qu'il y ait lieu de chanter cocorico.

OG : L'avenir de l'orgue en France ne semble pas très réjouissant; est-il tout de même possible de conserver un certain optimisme?

JLC : L'optimisme est une question de tempérament : vous connaissez l'histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide. Il faut bien admettre que l'orgue en France semble dans une impasse malgré le tapage médiatique fait autour de prétendues « reconstitutions à l'identique... ». À chaque fois qu'on me parle de l'orgue en France, me revient irrésistiblement à l'esprit cette réflexion du grand facteur d'orgues américain E.M. Skinner; il écrivait que la facture d'orgues française se trouvait « in a hopeless state of antiquated stagnation... ». C'est probablement injuste, comme toute généralisation, car des talents individuels existent; mais à côté, que de bois mort! Au lieu de pratiquer la politique de l'autruche ou la méthode Coué « Nous sommes les meilleurs! », il serait bien plus utile d'examiner les raisons de ce que certains ressentent comme le déclin final. Ce n'est pas facile d'être un bon organiste, c'est encore plus difficile d'être un bon facteur d'orgues; il faut posséder des connaissances techniques très variées, un goût artistique développé, le sens de la gestion et être HONNÊTE... autant de qualités qui ne se trouvent que bien rarement réunies dans un seul individu.

Les vingt dernières années ont été catastrophiques pour l'orgue français; la dégradation s'est particulièrement fait sentir au cours des années 80 avec un développement sans précédent de l'organoproxénétisme; chacun le sait mais les positions sont bétonnées et les connivences plus ou moins tacites, empêchent d'en tirer les conséquences. « So, let's wait and see... » il arrivera bien un moment où l'on reconnaîtra non seulement que le roi est nu mais que ce n'est même pas un roi, tout juste un bouffon.


Le Comité des orgues de la
Fondation du patrimoine religieux du Québec

par Germain Casavant et Natalie Tomasi

Entre 1994 et 1997, grâce au programme fédéral-provincial d'infrastructures, l'association interconfessionnelle Pierre Vivantes, oeuvrant sur le territoire de l'île de Montréal, a travaillé à la préservation du patrimoine religieux. Pierres Vivantes avait pour objectif de promouvoir et d'aider à l'entretien, à la préservation, à la restauration et à la mise en valeur du patrimoine religieux, architectural, artistique, historique et archivistique. Avec des fonds gouvernementaux, elle est, entre autres, venue en aide à trois paroisses de Montréal qui possèdent des orgues en leur allouant des fonds de près d'un million de dollars.

Dans la foulée de cet organisme, la Fondation du patrimoine religieux du Québec a pris place en octobre 1995 avec un mandat similaire, mais avec un champ d'action à la grandeur de la province, grâce à des fonds de 35 millions dégagés par le gouvernement du Québec.

À la Fondation, les représentants de toutes les communautés et traditions religieuses propriétaires de biens patrimoniaux admissibles, en collaboration avec des représentants du ministère de la Culture et des Communications, forment, dans chaque région du Québec, un groupe de travail appelé « Table de concertation ». Cette entité régionale a pour mandat d'identifier et de sélectionner les projets en fonction de l'enveloppe budgétaire dont elle dispose, en tenant compte de structures et modalités propres à chaque tradition religieuse. Les projets de la Fondation touchent les édifices et les orgues (volet I) ainsi que le patrimoine mobilier et les œuvres d'art (volet II). Les orgues sont intégrés au volet I parce qu'ils sont, à la fois, des éléments importants de l'édifice et des œuvres d'art tant sur le plan visuel (les buffets) que sur le plan musical (artistique). La Fondation a donc proposé, à chaque région, de réserver des fonds pour ces projets dans leur enveloppe budgétaire pour un maximum de 10%.

Le Comité des orgues

Comme il s'agit ici d'instruments de grande valeur artistique, au même titre que les peintures et sculptures, les travaux de restauration et d'entretien doivent être soumis aux règles de l'art et faire l'objet de la surveillance d'experts reconnus. Il faut surtout éviter que des subventions soient accordées à des travaux qui pourraient faire disparaître les grandes qualités des instruments exceptionnels.

Afin d'assurer la qualité professionnelle des restaurations d'orgues et une utilisation à bon escient des fonds publics, la Fondation a confié à un comité spécialement constitué le mandat de fournir l'expertise adéquate en ce domaine et recommande qu'aucune restauration d'orgue ne soit acceptée pour ses subventions sans que le projet ne soit soumis à un avis d'experts. Elle veille également à ce que les principales écoles de musique du Québec soient représentées dans ce comité.

Le 11 septembre 1996, la Fondation du patrimoine religieux du Québec formait son Comité des orgues regroupant les membres suivants : MM. Gaston Arel, Antoine Bouchard, Pierre Bouchard, Jacques Boucher, John Grew, Christopher Jackson, Jean-Guy Proulx, Massimo Rossi, et Claude Turmel. Sont également rattachés à ce comité Mme Madeleine Forget et M. Guy-André Roy, tous deux représentants du Ministère, ainsi que M. Germain Casavant1 et Mme Natalie Tomasi représentants de la Fondation. La Fondation insiste pour qu'aucun membre de ce comité ne soit en conflit d'intérêt, écartant ainsi toute personne qui offre ses services ou exécute des travaux de facture d'orgue. Dans le respect du protocole, la Fondation, dans le mandat qu'elle confie à son Comité des orgues, définit une procédure à suivre : en provenance des traditions, les projets d'orgue doivent être présentés aux Tables de concertation régionales. Lorsque la Table régionale a retenu un projet et qu'elle est prête à lui réserver des fonds, elle doit le référer au Comité des orgues pour recevoir les avis pertinents.

Les consultants techniques

Le Comité, pour faire à la fois le lien avec la Fondation et aider le propriétaire de l'instrument à la mise en œuvre de son projet d'orgue, s'est doté de trois consultants techniques. Ces consultants travaillent en collaboration avec la paroisse, la Table régionale et le facteur. Dans les régions où un comité des orgues existe au sein d'une tradition, ce dernier peut remplacer le consultant technique de la Fondation. Suivant le protocole de 1995 avec le gouvernement et selon les lois, la Fondation tient toujours compte, dans ses interventions, du fait que les paroisses ou les propriétaires d'orgues restent les seuls maîtres d'œuvre. Ce sont eux qui engagent le consultant et le facteur d'orgue. Ces engagements sont aussi inclus dans les sommes admissibles aux subventions. De manière générale, le suivi d'un projet d'orgue se fera en trois phases :

  • La première phase, réservée à l'évaluation du projet, consiste en la visite des lieux, en l'examen des qualités acoustiques de l'édifice, à réaliser une analyse détaillée de l'instrument et à constater son état. Si, lors de cette visite, il y a déjà des soumissions, le consultant en tiendra compte dans son rapport. Le plus gros du travail sera donc fait lors de cette première visite, si possible, en présence d'un organiste ou d'un comité de musiciens désignés par la paroisse. Les décisions esthétiques et les ajustements doivent servir à mettre en valeur de l'instrument restauré.

    Dans cette perspective, on doit, tout en respectant scrupuleusement son caractère original, rendre l'instrument utilisable et aller, si nécessaire, plus loin que la simple conservation. L'avis du facteur choisi sera considéré et, en général, on devrait lui faire confiance en tenant compte de son expérience.

  • La deuxième phase touche la mise en œuvre du projet. Lorsque les travaux sont en cours, le consultant assure le suivi du projet et voit à ce que le travail soit fait avec soin.
  • À la fin des travaux, le consultant fera une dernière visite au cours de laquelle il s'assurera que tous les travaux ont été exécutés suivant le contrat et il préparera une lettre d'approbation qui permettra à la Fondation de verser la subvention à la paroisse.

Perspectives

Si l'on comprend bien que les travaux de restauration d'orgues liés aux subventions accordées par la Fondation du patrimoine religieux du Québec ne touchent qu'à environ 10% de l'ensemble de tous les travaux d'orgues possibles au Québec (anciens ou nouveaux) il n'y a donc pas lieu de penser que l'action de ce comité couvrira tout ce champ d'activités du Québec. Son influence ne sera due qu'à son prestige et à la qualité de ses avis sur les projets de la Fondation.


1
Suite à une résolution unanime de ses membres, le Comité des orgues de la Fondation nommait Germain Casavant à la présidence de ce comité.


Inauguration de l'orgue de
Saint-Jean-Chrysostome

par Lyne Raymond


C'est dans une atmosphère presque magique que se sont déroulés, les 15 et 17 décembre derniers, les deux concerts d'inauguration de l'orgue de l'église St-Jean-Chrysostome près de Lévis. Événement préparé avec le plus grand soin par les membres de Comité de l'Orgue, cette inauguration se voulait un immense MERCI à tous ceux et celles qui ont contribué à la réussite de notre beau projet ainsi qu'à toute la population de St-Jean.

Après les discours d'usage et le dévoilement d'une plaque commémorative, le nouvel instrument fut béni par monsieur le curé Marc-André Goulet, entouré de l'équipe paroissiale et de Soeur Cécile Boulanger des Soeurs Franciscaines de Marie, communauté pour laquelle l'orgue avait été construit en 1900. La présence de Soeur Cécile nous a profondément touchés: nous avons vécu avec elle une passation symbolique de pouvoirs lorsqu'elle nous a dit: « Maintenant, je sais que notre orgue est entre bonnes mains! »

Enfin, dans un silence recueilli, l'Opus 116-620 de Casavant restauré par les Orgues Létourneau Ltée s'est remis à vivre sous les doigts virtuoses de monsieur Denis Bédard. L'assistance a beaucoup apprécier Denis qui a su, grâce à un programme bien choisi et de judicieux commentaires, démontrer toute la richesse de ce trésor de notre patrimoine. La première partie du concert a pris un petit air des Fêtes avec l'Offertoire sur des noëls Op. 39, no 6 de Guilmant, le Noël vosgien de Jean Bouvard, les Variations sur In dulci Jubilo de Denis Bédard et quatre noëls de Balbastre: Joseph est bien marié, Où s'envont ces gais bergers, Grand déi ribon ribeine et Votre bonté grand Dieu. Après la pause, nous avons pu entendre le Volontary en fa majeur Op.7, no 6 de Stanley, la Toccata et Fugue en ré mineur BWV 565 de Bach, le choral Bien-aimé Jésus, nous sommes ici BWV 731, le Scherzo en sol mineur Op. 49, no 2 de Mario Enrico Bossi, l'Andantino de Denis Bédard et la Toccata en sol majeur de Théodore Dubois. J'aimerais signaler que le premier rappel a été joué en utilisant la pompe manuelle, actionnée par monsieur Fernand Létourneau qui, sans vouloir lui faire injure, a semblé en avoir « pour son argent »... Merci, monsieur Létourneau et merci encore, Denis!

Oui, nous avons vécu des moments inoubliables et si ce n'était du magnifique instrument qui trône dans le transept droit de notre église et qui modifie toute la dynamique de nos célébrations, nous croirions avoir rêvé. Pourtant, nous étions bien là, le coeur battant la chamade avant le premier concert, quand le « tuyau à robinet » de Fernand Létourneau a rempli la première coupe de vin offerte aux dignitaires. Nous étions là aussi après le deuxième concert, avec Rachel, Denis et tous les organistes présents, rassemblés autour de l'orgue à chanter des noëls traditionnels alors que chacun voulait essayer tour à tour l'instrument... Quels merveilleux souvenirs et... quel avenir prometteur! Ce bijou, si bien intégré à notre église qu'il semble avoir été créé pour elle, nous comble et nous sommes fiers de le voir revivre: c'est un enrichissement indiscutable pour le monde musical et organistique.


Entretien avec Jean Boyer
sur la facture d'aujourd'hui
(1re partie)
par Hellmuth Wolff
N.D.L.R. Le 28 janvier 1993, le facteur d'orgues Hellmuth Wolff s'entretenait à bâtons rompus avec l'organiste français Jean Boyer dans le TGV entre Lille et Lyon sur l'état de la facture d'orgue d'orgues d'aujourd'hui. Voici l'essentiel de cet échange d'idées. Avec la permission de l'auteur, nous reproduisons cet article paru l'an dernier dans le ISO Yearbook (International Society of Organbuilders).


HW: Comme entrée en matière, j'ai pensé vous raconter une petite anecdote à propos de Xavier Darasse, le maître chez qui vous avez étudié l'orgue. Cela c'est passé il y a huit ou neuf ans lorsque M. Darasse nous a visité à Montréal. Je lui ai alors montré des photos de mes instruments, dont le plus récent, un orgue de studio d'une université américaine avec un buffet de style contemporain. La remarque de la part d'un musicien et compositeur d'avant-garde tel que fût Xavier Darasse avait de quoi étonner. Il me dit sans ironie aucune: « Ah bon, des buffets modernes, on fait ça encore de nos jours ? »

Je pense que cette remarque démontre bien un problème que nous avons, nous les facteurs d'orgues avec vous les musiciens. Nous faisons des orgues pour une clientèle qui est rarement sensibilisée aux questions architecturales. Du moment que nous faisons de belles moulures, des claire-voies bien sculptées... D'ailleurs, dans l'entrevue que vous avez donnée à Bernard Hédin, j'ai remarqué que lorsque vous évoquez l'importance de bonnes proportions du buffet, vous vous esquivez pour vous retrouver aussitôt sur le terrain plus sûr des plans sonores! Vous n'élaborez pas beaucoup sur l'architecture!

JB: C'est vrai que c'est un sujet très délicat et la répartie de Xavier Darasse est bien le reflet de ce qui se passe actuellement en France où la plupart des facteurs ont opté pour des buffets « néo-baroques ». On fait de la musique contemporaine, mais pas des buffets qui s'approchent des préoccupations architecturales actuelles. Cela a toujours été un paradoxe et j'en ai souvent discuté avec Xavier. Sa théorie était que tout ce qu'on a tenté en la matière est tellement laid qu'il paraît vain de faire quelque chose de bien en style contemporain. Et cependant, on ne pouvait pas soupçonner Xavier Darasse d'être passéiste en matière d'art et donc, d'architecture moderne. « Copions donc ce que faisaient les anciens, qui eux, le faisaient bien » disait-il à propos des buffets d'orgues.

J'ai appartenu à une commission consultative à l'approbation de laquelle des projets d'orgues neufs devaient être soumis pour obtenir des subventions de l'État. Là, je me trouvais souvent avec Xavier et nous voyions de temps en temps des projets de buffets modernes dénués de tout intérêt esthétique, certains semblaient même sortir tout droit d'une bande dessinée! Rien de vraiment convaincant.

J'étais davantage sensible aux recherches des pays scandinaves, danois en particulier, où, à une certaine époque dans les années soixante, la recherche dans le design est assez intéressante.

Aujourd'hui, en France, je regrette souvent que des éléments stylistiques soient mélangés. On utilise des éléments anciens disparates pour la construction des buffets. On peut trouver sur le même orgue des tourelles en tire-pointes, des plate-faces à la Silbermann, un positif de dos normand, des flammèches moyen-âgeuses, etc. Ces buffets pourraient se trouver à Disneyland. Même si l'ensemble était harmonieux, il y aurait quelque chose qui me gênerait dans l'aspect composite d'une telle réalisation. De même, je suis toujours gêné de trouver en Allemagne un orgue de style espagnol ou en Angleterre, un buffet italien même si je comprends la nécessité d'avoir, aujourd'hui, des orgues plus « européens ». Je pense que l'orgue a toujours été le reflet architectural et culturel d'un lieu.

HW: Oui, tout à fait d'accord, mais quand on fait un buffet qui représente bien sa région, il ne suffit pas de faire des tourelles rondes et de belles sculptures pour un orgue français, par exemple, pour que le buffet soit excellent! On a fait beaucoup de buffets médiocres, et même un buffet de Clicquot - je pense à Poitiers - peut être très lourd.

JB: Oui, en effet.

HW: Ce qui me manque à Poitiers, c'est qu'il n'y a pas de petits tuyaux en façade. Je trouve qu'un buffet est rarement réussi si « les petits » ne sont pas représentés dans sa façade. Je peux très bien accepter qu'on fasse, dans un cadre ancien, un buffet à l'ancienne, ou tout au moins dans un style « compatible », mais il faut qu'il soit bien fait. Quand on travaille pour une salle moderne, il faut se poser des questions. Que faire?

JB: Lorsqu'on fait appel à un architecte, c'est qu'on n'est rarement satisfait, parce que le projet n'est pas très convaincant sur le plan esthétique, ou alors, les contraintes imposées aux facteurs d'orgues sont telles que l'instrument ne peut pas être cohérent. Les plans d'orgues obéissent souvent à une symétrie. On peut les rendre asymétriques, légèrement, mais l'intérieur, la structure de l'orgue devrait, à mon avis, rester compacte et symétrique. Je pense que c'est un des principaux obstacles aux buffets modernes et aux buffets d'architectes.

HW: Vous dites que les bons exemples d'architecture contemporaine se trouvent dans les pays scandinaves. Ce qui est remarquable dans le cas des facteurs danois c'est la façon dont ils ont réussi à faire des buffets contemporains à partir des modèles historiques. On voit beaucoup l'influence des orgues anciens. Ils n'ont pas fait un style moderne complètement différent de ce qui a existé avant, ils n'ont pas voulu briser avec le passé mais plutôt maintenir le lien avec l'histoire. Je pense que cela explique en grande partie pourquoi ces orgues sont des modèles d'architecture et d'artisanat. Faire des orgues à l'ancienne a pour nous aussi l'attrait du défi artisanal. Réussir à faire une tourelle ronde ou un cul-de-lampe a plus d'intérêt qu'un buffet composé de boîtes empilées. Dans mon travail, je me rends compte que malgré que nous pouvons jouir de beaucoup de liberté et que nous n'avons pratiquement pas de problèmes avec les architectes, j'aime pourtant avoir affaire à un répondant. Je n'aime pas tellement quand les gens acceptent nos dessins trop facilement. Les clients, ce sont les paroisses et l'organiste est le seul professionnel que nous devons satisfaire, mais c'est plutôt du point de vue musical et fonctionnel.

JB: Vous, facteurs d'orgues, vous avez une lourde responsabilité dans la conception d'un buffet. Pour moi, en tout cas, cela est très difficile de conseiller. Je trouve que ce qui est très important, c'est que le buffet doit « parler », il doit parler immédiatement. C'est-à-dire qu'en le regardant, on doit pouvoir s'imaginer que l'orgue sonne comme-ci ou comme-ça. Il y a parfois une adéquation totale entre le buffet et le son de l'orgue. Ce sont ces instruments-là que j'aime, lorsqu'ils sont réussis!

HW: Cette symbiose entre la sonorité de l'orgue et son architecture est sûrement un critère très valable. Ce sont souvent nos confrères qui sont nos meilleurs juges, mais les évaluations de nos buffets entre confrères ne correspondent pas toujours à celles de nos clients... En Europe, il y a aussi beaucoup de frustration de la part de facteurs d'orgues qui voudraient créer des buffets contemporains, mais ce sont les autorités qui imposent des styles traditionnels, même dans un environnement moderne, où à mon avis, on devrait rechercher une expression moderne pour la réalisation du buffet.

...(à suivre)


L'orgue sur le web
par André Côté

L'organiste, par comparaison aux autres musiciens, a souvent eu une réputation de solitaire, de mystique, ou même d'ermite qui exerce son art bien à l'abri des regards, du haut de sa tribune. Le réseau internet qui devient un moyen de communication, d'échange et de publicité des plus efficaces, permet l'ouverture d'une vitrine exceptionnelle sur le monde pour une foule de sujets moins populaires tel l'orgue. Le branchement à ce réseau permet de constater à quel point on peut y dénicher de l'information intéressante sur le monde de l'orgue. Le but de cette chronique est de vous faire partager mes découvertes. On pourra donc y trouver des adresses de sites qui touchent de près ou de loin l'orgue, les organistes, les facteurs d'orgues, les événements (concerts, stages, académies), les publications, la discographie, etc.

Comme première destination, je vous propose un site français de présentation sobre (chargement rapide) mais contenant une quantité impressionnante d'informations:
Orgues et Organistes

Ce site d'abord connu sous le nom « Orgue et Compagnie » est devenu, depuis le 19 mars 2002, « Orgues et Organistes ».

L'en-tête de la page d'accueil résume bien à lui seul l'étendue du contenu:

« Des tuyaux de l'orgue à la musique d'Olivier Messiaen... voux cherchez à découvrir les instruments d'une région, à sélectionner un facteur pour restaurer, relever ou construire un orgue, à participer à un festival, à un concours ou à un stage... Notre volonté est de faciliter - à travers une circulation très fluide de l'information - la vie musicale des amateurs d'orgue. Bonne musique avec Orgue et Compagnie! »

En guise de conclusion, je vous suggère de visiter le site présentant le célèbre orgue de Saint-Sulpice de Paris:

http://www.stsulpice.com

On retrouve des notes historiques, la composition détaillée de l'instrument, la discographie effectuée sur cet orgue depuis Widor lui-même, en 1932, ainsi que les programmes musicaux présentés lors des messes et auditions par le titulaire actuel, Daniel Roth.


Nouvelles des régions

Québec
par Irène Brisson

  • Les Amis de l'orgue de Québec
    • La saison du 30ème anniversaire des Amis de l'orgue de Québec se poursuit avec une programmation originale: le 1er mars (et non le 22 février, en raison d'une magistrale tempête), Vincent Brauer a donné à la basilique Notre-Dame un concert très apprécié (diffusé sur les ondes de Radio-Canada le 23 mars), consacré aux maîtres espagnols de la Renaissance à nos jours. Au programme figuraient notamment des oeuvres de Cabezon, de Coelho, de Cabanilles et de Guridi.

      Le 12 avril en l'église Saint-Roch, Robert Girard a joué en première partie de son concert, des oeuvres peu connues de compositeurs américains de notre siècle, tels Garth Edmundson, Virgil Thomson, Alan Hovhaness, Calvin Hampton et Ned Rorem. La deuxième partie comprenait des pages de Kerll, de Schumann, et de maîtres français, tels Guilmant, Alain et Messiaen.

      C'est le 21 mai, aux Saints-Martyrs-Canadiens qu'aura lieu le concert présenté conjointement avec l'orchestre symphonique de Québec (direction Gilles Auger). Au programme, deux oeuvres magnifiques: la 3ème symphonie avec orgue de Saint-Saëns et le concerto pour orgue de Raymond Daveluy, interprété par le compositeur. Nous vous invitons dès maintenant à vous procurer vos billets (par le réseau Billetech) pour assister à ce concert du 30ème anniversaire des Amis de l'orgue de Québec.

  • Concerts d'élèves
    • Comme chaque année, les amateurs d'orgue ont pu découvrir les talentueux jeunes finissants du Conservatoire et de l'École de musique de l'Université Laval:

      • le 23 avril à 20 heures, à l'église Saint-Roch : récitals des élèves d'Antoine Bouchard au niveau du baccalauréat: Esther Clément, Marie-Chantal Côté et Lyne Gilbert;
      • le 25 avril, entre 12 h 30 et 16 h 30 à l'église des Saints-Martyrs-Canadiens les examens terminaux des élèves des conservatoires du Québec. Les candidats de cette année étaient: Jean-Philippe Soucy (Québec, élève de Noëlla Genest) et Amélie Tremblay (Chicoutimi, élève de Robert Girard) pour l'examen de fin de Supérieur I et Manon Jobin (Québec) pour l'examen de fin de Supérieur II;
      • le 25 avril également à 20 heures à la Basilique: récital de maîtrise de Claude Goulet (élève d'Antoine Bouchard).

  • Excursion culturelle
    • Enfin, le traditionnel voyage des Amis de l'orgue s'étalera cette année sur deux jours (les 14 et 15 août). Destination: Rimouski où se tiendra à la même époque l'Académie internationale d'orgue et de clavecin de Rimouski. ainsi que le congrès annuel de la FQAO.


    Mauricie
    par Michelle Quintal

    Nous invitons tous les organistes et les mélomanes de la belle province et d'ailleurs à se déplacer pour venir fêter avec nous les vingt-cinq ans de Pro-Organo (Mauricie), fondé en 1971 par Noëlla Genest et Jean Girouard.

    En collaboration avec la Société Radio-Canada et l'Orchestre symphonique de Trois-Rivières, le 25 mai 1997 à 20 heures à la cathédrale de Trois-Rivières, cinq organistes (Claude Beaudoin, Suzanne Bellemare, Raymond Perrin, Michelle Quintal et Gilles Rioux) sous la direction du maestro Gilles Bellemare, interprèteront des oeuvres pour orgue, cuivres et percussion de Dupré, Gabrieli, Gigout, Elgar, Litaize auxquelles s'ajoute la Messe de St-Hubert pour cors et orgue. Suite à la demande de la réalisatrice Michelle Vaudry, des oeuvres soli pour horloge mécanique de Beethoven et Haydn se grefferont à ce programme. Gilles Rioux a eu l'heureuse idée de composer pour cette occasion un poème symphonique en l'honneur des Ursulines qui célèbrent elles aussi cette année 300 ans de présence aux Trois-Rivières. Une bourse de Conseil des Arts et des Lettres du Québec a aidé à concrétiser ce projet de création.

    N'est-il pas vrai que l'union fait la force? Merci à tous ceux qui ont aidé à l'élaboration de ce projet entre autres Gilles Bellemare, Noëlla Genest, Robert Girard, Benoît Morel, Denis Regnaud, Marcel Thompson, les musiciens organistes de Trois-Rivières ainsi que le comité de Pro-Organo (Mauricie) qui, par sa campagne de financement, a rendu possible la tenue de ce Concert-Dimanche qui sera diffusé ultérieurement sur les ondes de la Société Radio-Canada.

    Au plaisir de vous y rencontrer!


    Anniversaires en musique
    par Irène Brisson

    Outre Mendelssohn, Bruhns, et Brahms, dont l'année 1997 marque un anniversaire, voici quelques autres suggestions pour couronner cette année et faire sortir de l'ombre quelques oubliés:

    • 1547 est l'année de la mort du compositeur et poète anglais John Redford (né en 1486), qui fut organiste à la cathédrale Saint-Paul de Londres. On doit à ce digne héritier de la tradition polyphonique catholique de nombreux versets contrapuntiques pour orgue exploitant des thèmes grégoriens.
    • C'est également en 1547 que sont publiés à Venise les très savants ricercari pour orgue de Jacobus Buus (vers 1500-1565), ce compositeur flamand qui fut successivement organiste à Saint-Marc de Venise puis à la cour impériale de Vienne.
    • En 1597 est mort Elias Nikolaus Ammerbach (né vers 1530). Cet organiste de Saint-Thomas de Leipzig est l'auteur d'une tablature de clavier comprenant de fort jolies danses et des chorals luthériens qui comptent parmi les premiers du genre.
    • Qui se souvient encore de l'organiste, claveciniste et pianiste allemand Johann Wilhelm Hassler (1747-1822), qui fit carrière à Moscou et qui laisse une quarantaine de petites pièces pour orgue, composées à la fin du XVIIIème siècle?

    • Francesco Landini, le célèbre organiste de la fin du Moyen Âge, mort il y a six cents ans, et dont plusieurs madrigaux et ballades ont été transcrits pour clavier durant le XVème siècle, notamment dans le manuscrit dit de Faenza
    • Et que dire de William Crotch, respectable organiste anglais (et peintre à ses heures), auteur de fugues ansi que de trois concertos pour orgue?


    Revue des revues
    compilée par Denis Morneau
    La Tribune de l'orgue
    REVUE SUISSE ROMANDE
    Guy Bovet
    CH-1323 Romainmotier, Suisse
  • 48e année, No 4 (décembre 1996)
    Pour un meilleure musique au culte : quelques exemples - Gerd Zacher (5) : La calculation du sentiment dans le 3e choral de Franck - Les orgues au Guatemala - Les voyages de M. Philéas Fogg - Répertoire informatisé de la bibliothèque de la TDLO - Pour le 3e centenaire de Samson Scherrer (2) - Création d'un fonds Joseph Reveyron - Comment restaure l'orgue du Collège St-Michel - Cours, concours, académies - actualité - orgues - musique - divers.
  • 49e année - No 1 - (Mars 1997)
    Autodafé - L'orgue « vis à vis » de l'infant Don Gabriel de Bourbon et les 6 concertos pour 2 orgues de Soler - Les orgues de Sembrancxher - Le nouvelle orgue de la Collégiale de Neuchâtel - Les voyages de M. Philéas Fogg - Heinrich Runk, Marcel Dupré, Paul Hoehn - Un orgue « grec » pour la musique byzantine - Les orgues au Guatemala - Cours, concours, académies - actualité - orgues - musique - divers.
  • L'orgue francophone
    BULLETIN DE LIAISON DE LA FÉDÉRATION FRANCOPHONE DES AMIS DE L'ORGUE,
    35 Quai Gailleton,
    69002 Lyon, France
  • No 20-21 (décembre 1996)
    Actes du colloque Alfred Kern « facteur de renaissance » - Regard sur la facture d'orgue contemporaione en Grande-Bretagne - Musicora 1996 - 13e congrès de la FFAO en Bretagne - Album souvenir du 13e congrès - Actualité de l'orgue - Chronique du polyphonophile - Revue des revues - Livres et partitions - Compact Disques - Tribune de l'Organiste - Activité des facteurs d'orgues - Le tuyau et la plume.
  • Point d'orgue
    BULLETIN DE LIAISON DE L'ASSOCIATION DES AMIS DE L'ORGUE DE LA VENDÉE,
    3 rue Victor-Hugo,
    85580 Saint-Michel-en L'Herm, France
  • No 83 (janvier 1997)
    Assemblée générale de l'association -- L'orgue de l'église Saint-Maratin de Mouilleron-le-Captif - L'orgue de l'église St-Pierre et St-Paul de Chantonnay - Congrèes de musique sacrée de Poitiers - Académis, stages - Interlude - Concerts - Informations.
  • Le Tuyau
    Bulletin de liaison de l'association "Connaissance et pratique de l'orgue",
    Montpellier, France
  • No 19 (1er semestre 1996)
    Hommage à Jeanne Demessieux - Chronique discographique - L'harmonium, un instrument en voie de disparition ? (3e partie) - Revues et livres reçus
  • No 20 (2e semestre 1996)
    Numéro spécial sur la Journée diocésaine des organistes
    Éditorial - Introduction - Un peu d'histoire - Montpellier, ses paroisses, ses orgues - Les visites d'instruments - Programme du concert de 17 heures - Le lucernaire.
  • Bulletin d'information de l'Association des amis de l'orgue de Versailles et de sa région
    20 rue Montbauron,
    78000 Versailles, France
  • No 33 (janvier 1996)
    L'orgue de la chapelle royale de Versailles - L'orgue de l'église St-Nicolas de Wasquehal - Les grandes orgues de l'Auditorium de Lyon - La messe d'orgue (3e partie) - In Memoriam Gaston Roussel - Enregistrements par Joseph Bonnet - Discographie diverse.
  • No 34 (mai 1996)
    Assemblée générale de l'association : rapport moral - L'orgue de St-Hilaire de Niort (Deux-Sèvres) - L'orgue restauré de Fleury - les - Aubrais - L'orgue historique de Saint-Chinian - Inauguration de l'orgue restauré de la cathédrale Saint-Bénigne de Dijon - Institutions et organisation musicales sous l'ancien régime. (XVIIe et XVIIIe s.) - L'itinéraire organistique d'un compositeur d'opérettes - La manufacture d'orgue québécoise Casavant - Festivals - Concerts - Discographie.
  • No 35 (octobre 1996)
    Orgues en Bretagne et décoration de Georges Robert - Congrès FFAO - Un centenaire bien oublié: Anton Brückner - Quelques orgues: Mouzon, Vertus, Brie Comte Robert, Saint-Étienne-du-Mont, Sausselheim (Bas-Rhin), Viry Chatillon - Les orgues de Toulouse - Tiento, Differencias y Batallas: l'âge d'or de la musique d'orgue ibérique - Les surprises du langage populaire: « Boire à tire-larigot » - À propos d'André Messager - Disques de musique d'orgue parus ou réédités entre mai et août 1996 - Écouté pour vous - Divers.
  • Musica et Memoria
    ASSOCIATION ÉLISABETH HAVARD DE LA MONTAGNE,
    Le Moulin Blanc,
    87300 Bellac, France
  • no 59-60 (juin-décembre 1995)
    Décoration pontificale - Maurice Ravel et la SACEM - Nouvelles brèves - Les chorales d'Île-de-France - Les 200 ans du Conservatoire national supérieur de musique de Paris - Revue des revues - Nos joies, nos peines - Les concerts à l'église de la Madeleine, à Paris - Obituaire des musiciens - Sainte Cécile, vierge et martyre - Note sur l'École de musique Niedermeyer - Le coin du poète: « Un soir d'automne ».
  • No 61 (mars 1996)
    Frédéric Chopin, esquisse d'un portrait (1re partie) - La musicothérapie et le « son d'être » - Disque nouveau: l'orgue historique de Saint-Chinian - In memoriam - Notes de lecture: Napoléon III ou le catholicisme social en action - Revue des revues - Une heure de musique à la Madeleine - Nouvelles brèves - Annonces.
  • No 62 (juin 1996)
    Frédéric Chopin, esquisse d'un portrait (2e partie) - Mort d'un exégète: le père Évode Beaucamp - Musique à l'église de la Madeleine - Revue des revues - Notes sur un musicien méconnu: Emmanuel de Fonscolombe - Le décalogue de l'organiste.
  • No 63 (septembre 1996)
    Numéro spécial: Les maîtres de chapelle et les organistes de chœur de l'église Saint-Sulpice à Paris.
  • No 64 (décembre 1996)
    Léon Boëllmann - Les maîtres de chapelle et les organistes de chœur de l'église Saint-Sulpice à Parais (complément) - Obtuaire des musiciens - 160 ans au service de la musique! - Revue des revues.
  • L'orgue
    Bulletin trimestriel de la
    Société des Organistes protestants jurassiens
    Suisse
  • no 4 (décembre 19961995)
    Les fidèles serviteurs de l'Église ont-ils tous démissionné? - Parution du « Catalogue » de J. Reveyron - Course d'automne de la SOPJ à Dijon - Le choral d L'Incarnation : Gelobet seist du, Jesu Christ - Voyage sur les traces de J.S. Bach - Les concerts de St-François à Lausanne - Un chant universel - Une chef-d'œuvre de la facture d'orgues helvétique - À diable, diable et demi... - Un saint bien encombrant.
  • Orgue Canada
    Journal triannuel du Collège royal canadien des organistes (RCCO / CRCO)
    Chaque numéro comprend la plupart des chroniques suivantes:
    From the president; From the editor; Snapshots in Print (book review); Important dates; In memoriam; Notes from National; Center news across the land; Convention Tidbits; Worth Repeating; Summer education in Canada; News in the membership;
    et aussi un article plus développé, dont voici la liste:

  • Mi-février 1996: « Encourage us all » A portrait of Gerald Bales - composer, organist and friend
  • 15 mai 1996: « Highest Standards » A portrait of George Veary, ARCO, ARCM, FRCCO
  • 15 septembre 1996: Music Atlantic 1996
  • Mi-décembre 1996:
    [1] Muriel Gidley Stafford
    [2] Un entretien avec Marie-Claire Alain
    [3] Pipework International Organ Academy
  • Organ Alternatives
    Totonro
    Ce bulletin présente dans la majorité de ses numéros: un calendrier des concerts d'orgue dans la région, un calendrier des émissions de radio et de télévision sur l'orgue, une recension avec commentaires des disques d'orgue récents, des nouvelles brèves, et un article de fond, dans la chronique « Pipe Vision », dont voici la liste:

  • No 10 (mars, avril, mai 1995): An interview with Thomas Murray (1re partie)
  • No 11 (juin, juil., août 1995): An interview with Thomas Murray (2e partie)
  • No 12 (sept., oct., nov.1995): The Town Hall Organ - An interview with Thomas Trotter
  • No 13 (déc. 1995, janv., fév.1996):
    [1] Bringing the Organ to Young People
    [2] An interview with Diane Bish
  • No 14 (mars, avril, mai 1996): An interview with Douglas Bodle
  • No 15 (juin, juil., août 1996): An interview with Simon Preston
  • No 16 (sept., oct., nov. 1996): A few words with Gerald Bales