Mixtures

No. 8 - Avril 1998

Dans ce numéro:


Éditorial

Par Gaston Arel

La ville de Québec sera l’hôte du 3e Concours d’orgue de Québec le 18 juin prochain. Les deux précédents concours ont suscité beaucoup d’intérêt tant chez les participants que dans le monde de l’orgue québécois. À n’en pas douter, ce rendez-vous réunira, une fois de plus, la « crème » de l’orgue au Québec. La présence d’un juge européen de renom, Michaël Radulescu, n’est pas étrangère à ce phénomène. Grâce à notre collègue Michelle Quintal, qui signe, dans ce numéro, un article fort intéressant, nous en saurons un peu plus sur ce grand musicien, organiste, compositeur et pédagogue remarquable.

Par ailleurs, la Fondation Claude-Lavoie, en collaboration avec différentes associations, a eu l’heureuse idée d’organiser une tournée de concerts pour monsieur Radulescu. C’est ainsi qu’il se produira à Montréal, à Québec, à Rimouski, et à Saint-Irénée de Charlevoix (Domaine Forget).

Suite logique au Concours d’orgue de Québec, notre fédération, la FQAO, tiendra son 4e congrès annuel, à Sainte-Foy, le lendemain du concours, soit le 19 juin. Outre l’assemblée générale annuelle, le programme de cette journée promet d’être fort intéressant. Je me permets de vous signaler, entre autres, la participation d’Antoine Reboulot qu’il ne faut surtout pas manquer.

Venez en grand nombre, on vous y attend.


Michaël Radulescu
par Michelle Quintal

NDLR – Michelle Quintal a rédigé ce texte suite à une entrevue avec Michaël Radulescu à l’Académie Bach de Porrentruy, académie pour la quelle avait obtenu, en 1976, une bourse du Ministère de la culture et des communications via le Conservatoire de Trois-Rivières où elle enseignait l’orgue complémentaire cette année-là.



Biographie

Michaël Radulescu, organiste, professeur, chef d’orchestre et compositeur, est né le 19 juin 1943 en Roumanie. Son père, d’origine roumaine, était chef de chœur, chef d’orchestre, pianiste et claveciniste. Sa mère, d’origine allemande, (née à Passau) était cantatrice. Dès l’âge de dix ans, Michaël Radulescu accompagnait sa mère au piano dans des œuvres de Schubert, Schumann, Bach et ce, pendant une heure et demie, presque chaque jour. « Quelle révélation fut la découverte de cette musique » avoue-t-il. Plus tard, il travaille l’orgue avec Victor Bickerich et la composition avec Mihail Jora, élève de Reger. Il poursuit ses études à Vienne auprès d’Anton Heiller pour l’orgue, Hans Swarosky et Karl Osterreicher pour la direction.

En plus de son activité intense de compositeur et de sa participation à des nombreux jurys, Michaël Radulescu est, depuis 1968, titulaire de la classe d’orgue à la Hochschule für Musik, de Vienne. De 1977 à 1989, il a été responsable de l’Académie d’orgue pour la musique ancienne, à Innsbruck et, de 1971 à 1990, au Liechtenstein. Depuis 1990, il anime des classes de maître sur Bach à Porrentruy. Michaël Radulescu donne aussi des concerts un peu partout dans le monde ainsi que des classes de maître centrées particulièrement sur l’œuvre de J.S. Bach… ce qui ne l’empêche pas, en concert, de jouer ses propres œuvres ainsi que celles d’autres compositeurs tel Schoenberg. Il a aussi fait des éditions des œuvres de Muffat, Hofhaimer, et de la musique d’orgue la plus ancienne.

Michaël Radulescu et Porrentruy

J’ai rencontré Michaël Radulescu, à l’été 1996, alors qu’il donnait une classe de maître sur J.S. Bach à Porrentruy, en Suisse. Dans cette ville fortifiée de 7 000 habitants, est installé depuis 1985, à l’ancienne église des Jésuites, un orgue Ahrend, copie à peu près exacte de l’instrument de Glauchau, construit en 1730, par Gottfried Silbermann, facteur d’orgues dont J.S. Bach aimait inaugurer les créations. À cette Académie Bach, qui existe depuis 1990, étaient inscrits des musiciens du Japon, de l’Espagne, de l’Italie, de la France, de la Suisse, du Canada, de la Slovénie, et de l’Allemagne. J’ai été enthousiasmée par l’ardeur au travail de ces jeunes qui répétaient pendant la nuit afin de se familiariser avec la mécanique suspendue de l’orgue Ahrend (30 jeux disposés sur 2 claviers et pédalier droit) et ainsi se préparer à bien jouer pour les classes du lendemain. L’orgue était occupé par les cours qui se donnaient de 10 à 13 heures et de 15 à 18 heures. Venaient ensuite les répétitions de chorale de 18 à 20 heures, car les participants à cette académie doivent chanter dans la chorale « afin de comprendre l’importance de la respiration pour bien faire chanter l’orgue, le rendre aussi expressif que le chant du violon et de la voix humaine ». Afin aussi de faire le lien entre le texte et la musique des cantates et ensuite transposer ces connaissances dans le répertoire d’orgue, non seulement pour l’interprétation des chorals dont on a le texte, mais aussi pour l’interprétation des autres œuvres de J.S. Bach, « donc apprendre à décoder le texte » me disait Michaël Radulescu.

C’est avec plaisir que j’ai chanté la partie d’alto dans la cantate numéro 29, pour l’inauguration du Conseil municipal de Leipzig, et la cantate numéro 19, pour la fête de Saint-Michel. Les solistes, arrivés la veille de la représentation, nous ont prêté main-forte et, au concert final de l’Académie d’été, le grand orgue a accompagné le chœur des organistes et l’orchestre devant une centaine de personnes venues nous écouter. Entre l’exécution des deux cantates, les participants ont joué des œuvres de J.S. Bach. Lors de l’audition du choral « Allein Gott in der Höh sei Ehr », BWV 715, on pouvait lire au verso du programme : « le public chante le texte ». Ce fut un moment très émouvant! Toute l’assemblée chantait chaque phase du choral et, entre chacune d’elles, l’organiste allemande, Katrin Leykauf, glissait des cadences de J.S. Bach. Il m’a souvent été difficile de chanter parce que j’avais la gorge serrée par l’émotion provoquée par cette grande musique. Quand entendrons-nous ces œuvres aux Trois-Rivières?

Michaël Radulescu, compositeur

À Montréal, en 1985, Ricercari a été créé par l’organiste Monique Gendron à l’occasion du congrès du Collège royal canadien des organistes. Cette œuvre, écrite l’année précédente et divisée en trois mouvements intitulés : Organa, Versus, Estampie, lui avait été dédiée. Aussi en 1985, Michaël Radulescu avait joué sa Fantaisie sur le choral « Da Jesus an dem Kreuze stund » à l’occasion du très beau concert qu’il donnait lors du même congrès, à l’église Immaculée-Conception, de Montréal, sur l’orgue Beckerath. C’est dans cette même église que Monique Gendron a repris Ricercari, le 6 mars 1991. Elle a aussi joué cette œuvre à l’Oratoire Saint-Joseph (1992) et, précédemment, en 1986, à Pise (Italie), Linz (Autriche), Lucerne (Suisse) et Paris (France).

Michaël Radulescu écrit pour son instrument mais aussi pour chœur, voix et orgue, orchestre et ensemble instrumental. La plupart de ses œuvres (29 sur 40) ont été publiées chez Doblinger à Vienne et quelques-unes ont même été enregistrées. « Selon l’étude inédite de Pascal Rouet, son langage musical a été influencé par la musique du Moyen-Âge, l’organum, l’ostinato, l’écriture en parallèle, la création de nouveaux modes, la conception rythmique des neumes, durées, quantités opposées au rythme accentué […] Une modalité renouvelée donne cohérence au discours. Les tempos très lents ou très rapides, la rythmique très souple et mobile confèrent un caractère hiératique à ses œuvres où la référence au passé se conjugue avec l’imagination nouvelle du présent ». (Cantagrel, Guide de la musique d’orgue, Fayard, p. 664)

Pour ma part, j’ai écouté Versi pour soprano et orgue sur un texte de Dante : immense vocalise soutenue par l’orgue, réminiscence du grégorien et des mélopées d’Hildegarde von Bingen, abbesse du Moyen-Âge. À l’audition d’Epiphaniai, pour orgue solo sur un texte de l’Apocalypse (Apo 21.11) : « Alors, je vis un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre ont disparu et la mer n’est plus. » Le chaos de notre monde m’est apparu, chaos exprimé par un long cri de détresse d’une durée de 19 minutes. Musiques très efficaces et touchantes.

Michaël Radulescu préconise pour l’avenir de la composition une approche post-moderne définie par Hans Küng, une approche basée sur le respect de la condition humaine telle que la respiration, le rythme cardiaque, le mouvement, le repos et il y voit la possibilité d’une nouvel humanisme. (Summereder, Music as resonance, Vienne, 26 avril 1992)

Michaël Radulescu, professeur

J’ai connu Michaël Radulescu, à l’Académie de musique de Vienne où il était l’assistant d’Anton Heiller auquel, en vieillissant, il ressemble physiquement de plus en plus et dont il transmet l’héritage musical tout en poussant plus loin ses recherches sur J.S. Bach. Nous (ses élèves et disciples) nous retrouvions à six heures du matin aux portes de l’Académie afin de pouvoir travailler sur l’orgue Pirchner à deux claviers dont un positif de dos sur lequel Heiller donnait ses cours. Pour obtenir ce privilège, c’était à qui arriverait le premier! J’ai apprécié l’enseignement clair, précis et dynamique basé sur une analyse des œuvres que Michaël nous donnait lors des absences d’Anton Heiller. Depuis qu’il a été nommé professeur titulaire à l’Académie, Michaël Radulescu enseigne à une quinzaine d’étudiants qui viennent d’un peu partout à travers le monde. Les organistes du Québec, Sylvain Barrette et Thérèse Laflamme ont obtenu un diplôme dans sa classe.

À Porrentruy, il enseignait en quatre langues : français, anglais, allemand, italien, et il s’acquittait de sa tâche, de mémoire! De plus, il démontrait toujours du respect pour l’être humain présent devant lui, se rappelant cette phrase d’un ancien professeur de direction : « Si vous êtes aimable avec eux, vous en obtiendrez davantage! » Ma collègue Noëlla Genest, qui a suivi ses cours à l’Académie d’été du Liechtenstein, m’avait informée de cette attitude. « Il est très humain et il ne se prend pas pour un autre, en dépit de ses immenses connaissances », m’avait dit Paul Flückiger lorsque je lui avais demandé pourquoi il était allé chercher Michaël Radulescu, de préférence à un autre musicien. Chacun sait combien il est facile, dans ces classes publiques, d’ignorer un élève nerveux ou mal préparé. Toujours, Michaël Radulescu prenait le temps de rassurer l’élève en l’encourageant mais tout en exigeant le maximum de ce dernier. J’ai souvenir d’un jeune Australien à qui il a demandé de chanter une phrase devant l’assemblée et ce, du haut de la tribune. Tout rougissant et avec simplicité, le jeune homme s’est exécuté. « Et maintenant, joue! » La phrase a chanté sous ses doigts.

Michaël Radulescu, son agenda

Une idée de son agenda depuis l’Académie d’été de Porrentruy, en août 1997?

  • Non seulement il y a donné des classes de maître sur J.S. Bach mais il a aussi dirigé l’Oratorio de Pâques du même auteur, oratorio dont il avait préparé les chœurs et l’orchestre.
  • En octobre, à Vienne (Autriche) à St. Michaëlkirche, il a joué J.S. Bach sur un orgue de 1714, restauré par Ahrend. Au cours de ce même concert, il y a eu audition de ses œuvres. Versi pour soprano, flûtes et percussion. Cette œuvre avait été créée en mars 1997, à Salzburg.
  • En mars, retour à Porrentruy pour y diriger la Passion selon Saint-Jean. En mars également, concerts au Danemark et conférence sur la reconstruction de l’orgue de Buxtehude à Hälsingborg.
  • En avril, cours et concerts au Conservatoire de Lyon (France).
  • En mai, à Linz (Autriche), il dirige la Messe du Couronnement de Mozart et le Magnificat de J.S. Bach.
  • En juin, juge au Concours d’orgue de Québec et concert à Loretteville, à Saint-Irénée avec les Violons du Roy (Concerto en do majeur de Haydn), à Rimouski et à Montréal chez Monique Gendron et à l’Immaculée-Conception. Plus tard, à l’église des Jésuites à Vienne, création d’une de ses œuvres pour 3 chœurs, 3 flûtes et tam-tam.
  • Händel et le Messie

    À Porrentruy, en février 1997, grâce à la Fondation Axiane, il y a eu représentation du Messie de Händel, dirigé par Michaël Radulescu, après une semaine de répétitions publiques et trois conférences sur ce sujet. On a employé le grand orgue pour les chœurs, le clavecin pour les récitatifs et les arias. Avant la deuxième partie, pendant la pause, sur le parvis de l’église, tous ont partagé la soupe du carême et ensuite il y a eu audition de deux concerti d’orgue de Händel, joués par Bine Katrine Bryndorf, ancienne élève de Michaël Radulescu.

    « Chez Händel, on retrouve l’influence luthérienne anglicane et celle de l’opéra italien. » (Michaël Radulescu) La plupart de ses lettres sont écrites en français. « Mon cher frère, ma bien chère sœur… » (Händel) « Il a écrit le Messie après une crise de paralysie. Il ne pouvait plus jouer, ni composer, ni parler. Et subitement, il a commencé à composer le Messie qu’il a achevé en deux semaines et demie. À l’étude de l’autographe, on se rend compte que les idées se bousculaient tellement vite que la main avait de la difficulté à transcrire les notes. Les commentaires sont écrits dans un mauvais anglais et dans un mauvais allemand. » (Michaël Radulescu) « J’ai vu le ciel s’ouvrir et Dieu m’est apparu » aurait dit Händel. « C’est cet élément visionnaire que l’on trouve dans le Messie qui ne peut être comparé aux autres oratorios de Händel. Cette œuvre est réussie grâce à un minimum de moyens qui produisent un maximum d’effets ». (Michaël Radulescu)

    De l’ouïe

    Lors d’une conversation, Michaël Radulescu me disait : « L’espèce humaine est menacée parce qu’elle est exposée à trop de bruit. Allons-nous vers une mutation de l’être humain? L’embryon, dans le sein de sa mère, entend! L’ouïe est le premier sens à se développer. Pourtant, je suis convaincu que l’humanité ne peut survivre sans musique. »

    Conclusion

    Michaël Radulescu perçoit la musique comme une mise en sympathie, une résonance en écho, un signe d’amour.

    Ce grand interprète que nous aurons le plaisir d’écouter en juin (j’ai pleuré en écoutant son interprétation du choral « Vater unser im Himmelreich » du Dogme), cet homme sensible marqué par la Deuxième guerre mondiale qui a ostracisé ses parents, ce penseur conscient du chaos de notre monde moderne et des dangers qui le guettent, conscient que nous en sommes que des survivants, continue l’œuvre d’Anton Heiller.

    Bach est sa vie!


    Publications chez Doblinger à Vienne

    • Früherste : Orgelmusik (1330-1448), collection Organum Antiquum
    • Georg Muffat (1653-1704) : Apparatus musico-organisticus (1690)
    • Paul Hofhaimer (1459-1537) : Recordare – Salve Regina – Tandernack
    • Nicolaus Bruhns : Œuvres complètes en 2 cahiers

    Discographie

    • Georg Muffat (1653-1704) : Apparatus musico-organisticus (1690)
    • Greiburger Musik, Forum D-79104, Freiburg
    • J.S. Bach (1685-1750) : Clavierübung Part III (BWV 552-669-689-802-805)
    • Deutsche Harmonia Mundi, 05 472 77275

    Discographie de ses œuvres

    • Hans Maria Kneihs plays solos for recorder
    • Japan Camerata 32CM-136
      « Melencolia » vgl Nr. 22
      Hans Maria Kneihs et Kuer Prihoda
    • Rex Coeli, Österreichische Musik der Gegenwart
    • Amadeo/Österreichischer
      Musikrat CD 437 736-2
      Österreich ( « Ebla’s Song of Praise », «O Mensch, bewein dein’ Sünde gross », « Rex Boeli », « Epiphaniai »,
      vgl Nr 25, 17, 20, 31/Wr. Blockflöte)
      Ensemble (The King’s Singers, Michaël Radulescu,
      Voces Wien unter Michaël Radulescu, Guido Mayer
      and intrumentalisten unter Michaël Radulescu)
    • Epiphaniai
    • Deutsche Harmonis Mundi, HM 1075-2875477-807
      (« Vier alttestamentliche Gebete », « De Poeta », « Epiphaniai », « Versi » / Dante,
      vgl Nr 18, 35, 32, 34)
      Maria Höller et Michaël Radulescu
      Réédité par Ars Musici (Am 1075-2)


    Remerciements

    Mes remerciements à tous ceux qui m’ont aidé dans cette recherche… particulièrement : Paul Flückaiger, Graziella Vrolixs, Dr. Robert Christie, De. Alain Cartayrade, Noëlla Genest, Monique Gendron.


    Rendez-vous capital
    Troisième Concours d'orgue de Québec

    par Denis Morneau


    Le jeudi 18 juin prochain, tous les amateurs de musique d’orgue se donnent rendez-vous à l’église Saints-Martyrs-Canadiens, de Québec pour assister à l’épreuve finale du troisième Concours d’orgue de Québec. Cet événement constituera, pour les cinq candidats finalistes, l’aboutissement de nombreux mois de travail assidu et, bien entendu, le moment de déterminer, parmi eux, les gagnants. En effet, c’est au terme de l’épreuve finale que l’on connaîtra les noms des lauréats des Premier et Deuxième prix, respectivement de 15 000 et 7 500 dollars, ainsi que le récipiendaire du prix spécial de 500 dollars qui sera remis au meilleur interprète de l’œuvre originale québécoise. Cette année, la Fondation Claude-Lavoie est heureuse d’annoncer que la Fédération québécoise des Amis de l’orgue a décidé de commanditer ce prix d’interprétation. Ce geste trouve sa justification dans l’un des objectifs qui ont présidé à la mise sur pied de la Fédération : soutenir la création et l’interprétation d’œuvres originales pour orgue.

    Les candidats inscrits au concours qui prendront part à la finale sont : Leonore Alford (Montréal), Esther Clément (Québec), Dominique Gagnon (Québec), Nathalie Gagnon (Rimouski), et Steven Laplante (Montréal).

    Conformément au règlement du concours, le jury est formé de trois juges, organistes de métier. Le premier, provenant de l’extérieur du Québec, est Michaël Radulescu, professeur à la Hochschule für Musik und darstellende Kunst, de Vienne (Autriche). Le juge de la région de Montréal est Hélène Panneton, professeure d’orgue et de clavecin au Département de musique de l'Université du Québec à Montréal et organiste titulaire de l’église Saint-Viateur, d’Outremont. Le juge de la région de Québec est Jean-Guy Proulx, professeur au Conservatoire de musique de Québec et organiste titulaire de la cathédrale Saint-Germain, de Rimouski. Précisons également que ce sont les mêmes juges qui doivent se prononcer sur les prestations des candidats aux deux épreuves, et que le jury, absolument indépendant de la Fondation Claude-Lavoie dans ses décisions, est présidé par Claude Beaudry, bibliothécaire à l’Université Laval. De plus, le règlement du concours stipule que le président ne participe pas au vote des juges.

    Signalons aussi l’oeuvre qui sera créée, par les finalistes, comme pièce imposée lors de l’épreuve finale du concours. Commandée par la Société Radio-Canada au compositeur montréalais Jean Lesage, cette œuvre originale s’intitule Le palimpseste de Lübeck. Outre les qualités intrinsèques de la pièce – que le public pourra apprécier lors de l’épreuve finale – je laisse au lecteur curieux la tâche de consulter le dictionnaire pour découvrir le sens du substantif du titre. Il devinera ainsi de quelle manière le compositeur annonce son programme musical.

    Enfin, mentionnons que, parallèlement au concours, l’organiste Michaël Radulescu donnera une série de concerts à travers le Québec.

    La Fondation Claude-Lavoie invite donc tous les fidèles de l’orgue au rendez-vous que constitue l’épreuve finale du Concours d’orgue de Québec, le jeudi 18 juin prochain. Avec la convocation du quatrième congrès annuel de la FQAO, le lendemain (vendredi 19 juin), on a vraiment toutes les raisons de se trouver à Québec pour ces deux journées.


    Les Concerts Spirituels
    à l'Oratoire Saint-Joseph, Montréal

    par Odile Thibault


    Pour une 27e année consécutive, les Concerts Spirituels présentent un festival d’orgue à l’Oratoire Saint-Joseph. Cette série est devenue dès sa fondation un temps fort de la vie musicale estivale de Montréal. Se rejoignent en ce lieu, interprètes, compositeurs et mélomanes autour d’une thématique, chaque saison renouvelée, inspirée par le magnifique orgue Rudolf von Beckerath de l’Oratoire.

    Cet instrument majestueux, entièrement mécanique, et qui compte 78 jeux répartis sur 5 claviers et pédalier, se prête admirablement aux couleurs variées de l’orgue.

    Le facteur Rudolf von Beckerath, qui a lui-même assuré l’harmonisation de l’orgue, commentait ainsi son travail : « Je m’applique à faire la synthèse des traditions anciennes dans un esprit moderne. Ainsi, dans l’orgue de l’Oratoire, vous trouverez des jeux d’origine allemande, française, et espagnole. » Un orgue où toute le musique sonne avec cet art exercé de la registration.

    Un regard sur la thématique des années passées montre un intérêt soutenu pour la musique symphonique française avec Franck, Vierne, Widor, Tournemire, Guilmant et pour l’école allemande, avec Rheinberger et Reger.

    Une formule originale a été tentée : la diversité dans l’interprétation. Par deux fois, les concertistes invités ont eu à exécuter une œuvre imposée de Bach. Cette démarche avait mis en lumière les richesses infinies de la musique de ce grand maître de l’orgue.

    Au fil des ans, la tribune de l’Oratoire s’est forgée une réputation d’excellence où viennent s’exprimer les talents organistiques tant du Québec que d’ailleurs. Elle est devenue également un lieu privilégié de découverte de la musique en création.

    Cette année, particulièrement, Raymond Daveluy, fondateur et directeur artistique de la série, a mis à l’honneur la musique canadienne. Chaque concert apportera un éclairage particulier sur un ou deux compositeurs canadiens qui enrichissent, par leurs œuvres, l’héritage de l’orgue au Canada. Les interprètes sont des musiciens qui ont effectué une réflexion sur l’œuvre jouée, et qui le font vivre tant en récital que sur disque.

    Chaque concert est en outre agrémenté d’œuvres tirées du grand répertoire qui mettront en relief la riche palette sonore de l’instrument de l’Oratoire.


    Orgue et Internet
    par Irène Brisson

    Nous poursuivons notre voyage « cybernétique » à la découverte de l’orgue. Une constatation s’impose : les sites poussent comme des champignons et souvent se recoupent : vous cliquez sur un lien et vous vous retrouvez à l’autre bout de la planète mais, d’un clic à l’autre, la souris magique vous ramène à la case départ… comme au Monopoly! C’est donc à nouveau de la présentation et de la facilité d’accès aux diverses sources de renseignements que l’on peut juger du bien-fondé d’un site. À cet égard, soulignons l’effort réalisé, à Chicoutimi, par André Côté (autres collaborateur internaute de Mixtures) qui peut se flatter de détenir le record en ressources concernant l’orgue : présenté sous forme d’un catalogue alphabétique, chaque lien possède un bref commentaire descriptif, ce qui fait gagner un temps précieux aux chercheurs :

    http://saglac.qc.ca/~acote/sites/sites.html

    Quatre belles pages ont retenu mon attention ces dernières semaines : celle de la Fédération francophone des Amis de l’orgue (FFAO), de la Guilde européenne des organistes et des facteurs d’orgue, The Dutch Organ Site, et un site de Québec, intitulé Musique et Musiciens.

    Fédération francophone des Amis de l'orgue (FFAO)

    Si la page d’accueil de la FFAO (http://www.ffao.com) pourrait nous faire grâce de son Prélude en do majeur du Clavier bien tempéré de Bach (qui, sur mon ordinateur, me fait l’effet d’un orgue Hammond!), le contenu est particulièrement intéressant : on y trouve en effet une liste bien documentée de stages, d’académies, de classes de maître et de concours d’orgue ayant lieu principalement en France, ainsi que quelques itinéraires touristiques ayant l’orgue comme préoccupation. Y sont mentionnées : les inaugurations d’instruments restaurés, les nouveautés discographiques, avec surtout des enregistrements peu ou pas commercialisés, que l’on peut commander directement. Parmi eux, une curiosité : Stravinski, « L’Oiseau de Feu et Petrouchka » : transcriptions pour orgue, par Pierre Pincemaille (étiquette Solstice). Au rayon des partitions, mentionnons la parution des œuvres pour orgue de Gervais-François Couperin, de Guillaume Lasceux (deux musiciens qui ont connu la période sombre de la Révolution), et de deux pédagogues du siècle dernier, François Benoist (professeur de César Franck et d’Antoine Dessane) et Louis Niedermeyer. La FFAO nous renseigne également sur des vidéos à caractère pédagogique, des expositions et parmi ses liens, nous invite à visiter la « Route des orgues », un site placé sous l’égide du Ministère de la culture et de la communication (on se plaît à rêver d’un pareil enthousiasme dans notre ministère) : c’est un véritable régal pour l’œil et pour l’oreille (à condition de posséder les outils Internet nécessaires), puisqu’on y présente, d’une manière interactive et richement illustrée la localisation, l’historique et la composition de quelques joyaux du patrimoine français, tel l’orgue de Saint-Savin (1557, restauré par Alain Sals).

    Guilde européenne des organistes et des facteurs d’orgue

    La Guilde européenne des organistes et des facteurs d’orgue (http://organist.com/) mérite trois étoiles pour la richesse des informations qu’elle nous offre sur les compositeurs, les organistes et les facteurs d’Europe (avec quelques incursions ailleurs dans le monde), les associations francophones (c’est par elle que j’ai retracé la belle page des Amis de l’orgue de Québec, signée Robert Poliquin!). On y mentionne, comme il se doit, des concerts (dont le festival de Lahti, en Finlande, du 2 au 9 août), ainsi que les principaux concours internationaux, avec les listes des œuvres imposées (Chartres). La GEO compile les stages d’orgue en Europe, ce qui vous donne par exemple le choix entre l’Académie de Bach de Porrentury (Radulescu) du 6 au 15 août, et l’Académie internationale de Göteborg (du 6 au 18 août), après que vous soyez allé au 30e stage d’orgue d’Alès (du 6 au 18 juillet) ou à la 38e Académie internationale de Haarlem (du 12 au 31 juillet). Quoi qu’il en soit, bon voyage virtuel sur la route des cours d’été!

    Dutch organ

    The Dutch organ site (http://www.dutch-organs.com) est un inventaire bilingue (anglais/néerlandais) bien illustré des orgues des Pays-Bas et est intéressant pour qui veut connaître l’historique, la description et la composition des principaux instruments hollandais.

    Musique et Musiciens

    Enfin, un nouveau site québécois bilingue vient de faire son apparition, grâce à Robert Poliquin (http://www.uquebec.ca/musique/) intitulé « Musique et Musiciens », il est consacré, d’une part, aux principaux compositeurs (Bach, Beethoven, Chopin, Debussy, Franck, etc.) et à leurs œuvres et, d’autre part, à l’orgue (au Québec, au Canada et dans le monde). Si de nombreux liens concernant l’orgue à travers le monde recoupent ceux déjà mentionnés dans nos diverses chroniques, le volet québécois et canadien mérite toute notre attention, puisqu’on y présente de nombreux instruments (une quarantaine pour le Québec, avec description, composition, discographie), les publications, les facteurs, le Concours d’orgue de Québec. En ce qui concerne les organistes, cette page, assez récente, ne compte, à ce jour, que cinq artistes québécois (les plus célèbres). Reste à souhaiter que les autres organistes, envoient à Robert Poliquin, des notes biographiques et des photographies afin d’enrichir sa page et de lui permettre d’être représentative de la vitalité de l’orgue dans nos quelques arpents de neige!


    Recension

    La Patrimoine musical canadien, volume 19, musique d’orgue II


    Voici que vient de paraître, sous l’égide de la Société pour la patrimoine canadien, le 19e volume d’une anthologie de la production musicale canadienne. C’est le second que la Société consacre au répertoire d’orgue. On se souviendra peut-être que le regretté Lucien Poirier avait assumé, il y a près de 12 ans déjà, la publication d’un premier recueil comportant plus d’une trentaine de pièces écrites avant 1918. La publication d’une seconde collection s’imposait donc en quelque sorte, et c’est ainsi que SPMC confie à l’organiste Hugh McLean le soin de constituer un second volet à cette anthologie.

    Le répertoire qu’on nous propose ici va du choral aux sonates, des variations aux pièces « de concert », sans parler de force préludes, toccates, marches et autres pièces « de genre ».

    Si certains noms éveillent en nous quelque souvenir (Arthur Letondal, Healey Willan, Ernest McMillan, par exemple), d’autres, plus nombreux encore, n’auront survécu, m’apparaît-t-il, que grâce à cette anthologie (Henry Easun, Herbert Sanders, Florence Clark…)

    Tout compte fait, on retrouve dans ces pages des œuvres fort diverses, allant du meilleur au… moins meilleur, d’intérêt et de difficultés variables que nous n’aurions sans doute pu découvrir autrement, ou que, plus justement, nous n’aurions peut-être pas eu la curiosité d’aller découvrir autrement…

    Comme l’a déjà mentionné notre collège, Réjean Poirier, nous sommes ici en présence d’un festival de la forme ABA… mais j’y ai retrouvé avec plaisir le Prélude grave de Letondal, la Passacaille de MacMillan, le métier affirmé de Willan, l’efficacité de Spence. Mais à côté de cela bien des mièvreries comme il s’en est tant écrit à l’époque, influencées par l’Angleterre notamment, et qui vieillissent assez mal.

    L’introduction de l’ouvrage, éminemment instructive et intelligente, nous informe sur tous les compositeurs et les notes critiques recèlent une foule de petits détails intéressants tant sur les œuvres que leur gestation.

    Par Yves-G. Préfontaine


    Nouvelles des régions

  • Québec

  • par Irène Brisson et Noëlla Genest
    • Les Amis de l’orgue de Québec
    • Le concert de Noël, qui réunissait l’organiste Sylvain Doyon, le soprano Hélène Fortin (en remplacement de Sonia Racine), le chœur de l’Orchestre symphonique de Québec et le chœur d’enfants la Chanterie, dirigés par Louise Delisle-Bouchard a remporté un tel succès, le 21 décembre dernier en l’église des Saints-Martyrs-Canadiens, qu’il a fallu refuser des auditeurs, faute de place!

      Lors de la parution de ce numéro de Mixtures, la deuxième moitié de la saison aura repris, le 7 mars, avec un concert de Jean Le Buis, consacré à des œuvres baroques et contemporaines (incluant quelques-unes de ses propres compositions) et se poursuivra par un concert « orgue et clavecin » d’Anne-Marie Forest, commenté par Irène Brisson : au programme, une promenade musicale à travers l’Europe des XVII et XVIIIe siècles. Exceptionnellement, le dernier concert de la saison aura lieu assez tard (14 juin) et coïncidera avec le tenue du Concours d’orgue de Québec, puisque c’est l’un des juges invités, Michaël Radulescu, qui nous fera l’honneur de clore la saison.

    • Concours d’orgue du Conservatoire
    • Le nombre important de finissants en orgue dans le réseau des Conservatoires a nécessité la tenue de deux épreuves, l’une à Montréal, l’autre à Québec.

      En ce qui concerne l’épreuve de Québec, les examens de fin de Supérieur I (anciennement appelé fin de 3e cycle) et les concours d’orgue se dérouleront aux Saints-Martyrs-Canadiens les 30 avril ( de 12 h 30 à 16 h 30) et 1er mai (de 8 h 30 à 16 h 30). Le public est cordialement invité à venir entendre les jeunes organistes suivants :

      • En fin de Supérieur I : Philippe Bournival (Trois-Rivières, élève de Raymond Perrin, Julie Samson (Québec, élève de Noëlla Genest), Mélanie Tremblay (Chicoutimi, élève de Robert Girard);
      • En concours : Annie Beaulieu et Nathalie Gagnon (Rimouski, élèves de Jacques Montgrain), Dominique Gagnon, Dany Wiseman (élèves de Noëlla Genest).

    • Faculté de musique de l’Université Laval
    • Le public est invité au récital de fin de Baccalauréat d’Esther Clément (élève d’Antoine Bouchard), qui aura lieu, aux Saints-Martyrs-Canadiens, le 22 avril à 20 heures.

  • Rimouski

  • par Gérard Mercure
    • Les Amis de l’orgue de Rimouski
    • La saison 1997-1998 se poursuit allègrement avec sa série de concours réguliers. Rimouski recevait, en novembre dernier, Rachel Laurin à la cathédrale Saint-Germain dans un récital très apprécié de transcriptions pour orgue réalisées par l’artiste, dont la Fantaisie chromatique et Fugue en ré mineur de Bach, ainsi que deux œuvres québécoises dont une de sa propre composition.

      En janvier, c’était un concert de pages choisies des musiques espagnole et polonaise interprétées par Vincent Brauer à l’église Saint-Pie-X. Dans un prochain concert, ce sera au tour de Claude Girard, organiste, et Sylvain Landry, ténor, de présenter à la population rimouskoise un répertoire varié d’œuvres pour orgue et voix dans une anthologie allant de Stradella à Denis Bédard. Le 6 mai, le concert des élèves d’orgue, qui coïncidera avec le concert de la relève du Conservatoire viendra clôturer la saison régulière. On y entendra les jeunes finissantes Annie Beaulieu et Nathalie Gagnon, sur l’orgue de Saint-Pie-X.

      Deux autres activités viendront s’ajouter à ce programme régulier de concerts : en mai, une conférence de Jean-Louis Coignet, expert organier pour la ville de Paris et, en juin, un concert hors série de Michaël Radulescu, organiste et professeur à l’Académie de musique de Vienne, alors en visite au Québec.

    • L’Académie internationale d’orgue et de clavecin de Rimouski
    • Pour une sixième année consécutive, l’Académie internationale d’orgue et de clavecin de Rimouski ouvrira ses portes, au cours de la deuxième semaine d’août, soit du 10 au 14 août 1998, aux professionnels, aux étudiants diplômés ou en voie de l’être et aux amateurs d’un niveau avancé. Les professeurs invités seront, comme par les années passées, Kenneth Gilbert, pour la classe de musique baroque à l’orgue et au clavecin et, Jean-Guy Proulx, pour la classe de musique romantique et symphonique à l’orgue.


    Anniversaires en musique
    par Irène Brisson

    Après Johann Michaël Bach, Johann Gottfried Walther et Arp Schnitger, évoqués dans le précédent numéro de Mixtures, l’heure est venue de faire le tour de quelques curiosités musicologiques qui intéresseront les interprètes se spécialisant dans le musique ancienne ou qui ont la chance de toucher des instruments historiques lors de leurs déplacements en Europe.

    C’est en 1448 qu’un moine franciscain du nom d’Adam Ileborgh, organiste à Standal (Brandebourg), écrivit une des plus anciennes tablatures allemandes pour orgue. Consistant en cinq très courts préambules et en trois versions ornementales d’un même chant profane, son manuscrit est une belle illustration des procédés de composition du XVe siècle : la main droite, richement colorée, s’appuie sur une teneur simple ou double, parfois confiée à la pédale. Précédant de quelques années à peine le Fundamentum organisandi de Conrad Paumann (1452) et surtout l’inestimable Buxheimer Orgelbuch, cette petite tablature est notée selon le même principe : la main droite est en notes et en rythmes sur une portée de six lignes, tandis que la main gauche utilise la notation alphabétique conventionnelle. Une édition moderne en a été réalisée, en 1963, par Willy Appel (Keyboard Music of the 14th century, American Institute of Musicology, 1963) tandis que Michaël Radulescu en a retenu trois pièces dans son Organum Antiquum (Doblinger, 1978)

    En 1598, August Nörmiger (v. 1560-1613), organiste de la cour de Saxe, à Dresde, dédie à son élève, la princesse Sophie de Saxe, âgée de 11 ans(!), une tablature pour clavier comprenant 74 chorals luthériens, 39 lieder et 93 pièces diverses, dont de nombreuses danses. Quelques pièces de Nörmiger (principalement ses danses, fort élégantes) sont éparpillées dans plusieurs anthologies de musique pour clavier ou pour luth de la Renaissance.

    La même année, un des plus célèbres organistes italiens de son temps, Claudio Merulo, fait paraître, à Rome, son premier recueil de 9 toccatas, intitulé : Toccate d’intavolatura d’organo. Un autre suivra en 1604. Tour à tour organiste à Brescia, à Saint-Marc de Venise (où il fut le prédécesseur de Giovanni Gabrieli) et à Parme, Merulo était très estimé de ses contemporains. Ses ricercari et ses messes d’orgue (enregistrées chez Naxos par Frédéric Munoz) témoignent de sa rigueur contrapuntique, tandis que ses toccatas – qui préfigurent celles de Frescobaldi, sans en avoir toutefois l’audace harmonique – se distinguent par leur puissante architecture : chaque toccata s’étire généreusement en de flamboyants épisodes en diminutions alternant avec des passages en imitations. Si les toccatas de Merulo ont fait l’objet d’une édition moderne chez Ricordi, en 1958, les curieux pourront en plus consulter, dans une bibliothèque, le fac-similé de l’édition originale (main droite sur cinq lignes, main gauche sur huit lignes…).

    Plus près de nous, on ne saurait passer sous silence la disparition, il y a trente ans, du compositeur et organiste torontois d’origine britannique Healey Willan (1880-1968). Nous y reviendrons dans notre prochaine chronique.


    Nouvelles brèves

    Dom Richard Gagné à Solesmes

      Les Amis de l’orgue seront sûrement heureux d’apprendre que Dom Richard Gagné, o.s.b. a été nommé maître de chœur à l’abbaye de Solesmes (France), succédant ainsi à Dom Jean Claire qui occupa ces fonctions de 1971 à 1996. Ce poste prestigieux fut, tour à tour, assumé, de 1913 à 1971, par Dom Joseph Pothier, Dom André Mocquereau et Dom Joseph Gajard. Le maître de chœur de Solesmes est chargé du chœur de l’abbaye et assume ainsi la responsabilité des enregistrements diffusés au niveau international.

      Rappelons que Dom Richard Gagné a été organiste à l’église Saint-Roch, de Québec, durant ses années d’études au Conservatoire. Premier Prix d’orgue dans la classe de Claude Lavoie en 1976, il entre, la même année, chez les Bénédictions. Son nouveau choix de vie lui permet de rester en contact avec la musique. Ainsi, les différentes sociétés de concerts d’orgue ont eu le privilège de le recevoir comme concertiste et excellent improvisateur.

      Toutes nos félicitations et nos vœux accompagnent Dom Gagné dans sa nouvelle fonction.

      Irène Brisson


    Revue des revues
    compilée par Gaston Arel
    La Tribune de l'orgue
    REVUE SUISSE ROMANDE
    Guy Bovet
    CH-1323 Romainmotier, Suisse
  • 49e année, No 3 (décembre 1997)
    Improvisation (éditorial) – Les orgues de la cathédrale Saint-Paul de Londres – Un quart d’heure d’improvisation à l’intention des organistes de paroisses – Un premier festival d’improvisation à Lausanne – Les voyages de M. Philéas Fogg – Colloque de facteurs d’orgues et organistes – Corrections à apporter dans l’édition Kastner des Tientos de Correa de Arauxo – Divers – Revue de presse – Livres – Musique – Disques – Actualités.
  • L'orgue francophoneen bref
    Supplément du
    BULLETIN DE LIAISON DE LA FÉDÉRATION FRANCOPHONE DES AMIS DE L'ORGUE,
    35 Quai Gailleton,
    69002 Lyon, France
  • Nos. 12-13 (octobre et décembre 1997)
    Concerts – Festivals – Semaines de l’orgue – Concours – Stages, Académie, classes de maîtres, concerts-conférences – Nouvelles brèves de tribunes – CD – Publications – Matériel pédagogique, vidéo, iconographie, Internet – Nominations – Le coin des collections de cartes postales – Routes des orgues, voyages – Petites annonces.
  • Point d'orgue
    BULLETIN DE LIAISON DE L'ASSOCIATION DES AMIS DE L'ORGUE DE LA VENDÉE,
    3 rue Victor-Hugo,
    85580 Saint-Michel-en L'Herm, France
  • 32e année, No 86 (janvier 1998)
    Le mot du président – L’orgue Formentelli de Saint-Fulgent – Dany Gilbert, l’organiste aux multiples clochers – À l’écoute des concerts : église Notre-Dame de Fontenay-le-Comte, église Notre-Dame de La Roche-sur-Yon – Interlude (suite) – Les Amis de l’orgue de Saint-Laurent-sur-Sèvre – Concerts, informations.
  • Bulletin d'information de l'Association des amis de l'orgue de Versailles et
    de sa région

    20 rue Montbauron,
    78000 Versailles, France
  • No 39 (janvier 1998)
    Les vœux du président – Florilège des noëls d’orgue – Inauguration de l’orgue de l’église Sainte-Radegonde de Poitiers – Le nouvel orgue de l’église Saint-Pierre de Caen – L’orgue de l’église Saint-Pierre de Gaillac – L’orgue Delhumeau de la basilique Notre-Dame de Mayenne – Congrès de la FFAO 1997 – Deuxième concours international d’orgue de la ville de Paris – Les centenaires de 1998 – Disques de musique d’orgue – Écouté pour vous – Publications sur l’orgue – Concerts, stages et concours – Annonces… infos…
  • Le Tuyau
    Bulletin de liaison de
    « Connaissance et pratique de l'orgue »
    Montpellier
  • no 22 (2e semestre 1997)
    Édito – Dossier : Le déménagement de la classe d’orgue de Saint-Charles à Nazareth – Histoire de la solitude de Nazareth – Dossier : Le grand orgue Dom Bedos de Sainte-Croix de Bordeaux : un chef d’œuvre revit – L’inauguration du Dom Bedos, Bordeaux : cuvée Dom Bedos – Revues et livres reçus – Disques reçus.
  • Orgue Canada
    Journal triannuel du Collège royal canadien des organistes (RCCO / CRCO)
  • Février 1998
    A Convention-goer’s Guide to RCCO London ’98 – In Memoriam – « …than giving people a song » - Authenticity revisited – Travelling Clinicians Program, 1998-1999 – Reviews : Hartman, The Organ in Manitoba; Daveluy, Sonates / Rachel Laurin; CHMS : Organ Music, volume II – « Inclusive language – alost cause «  - Choral / OrganFest, Thunder Bay, ON – La mémoire de Lucien Poirier – Early RCCO release of 3rd quadrennial CIOF program – Positions available in Canada – An Early Look at Summer Courses and Institutes, 1998.