Mixtures

No. 15 - Décembre 2001

Dans ce numéro:


Éditorial
Le monde de l'orgue en deuil

Par Gaston Arel, Président fondateur de la FQAO

Deux figures importantes dans le monde de l’orgue sont récemment décédées. Le 11 mai dernier, notre ami et facteur d’orgues Guy Thérien décédait des suites d’un cancer à l’âge de 54 ans. Cette nouvelle, aussi inattendue que cruelle, nous a tous bouleversés. Les funérailles eurent lieu à la cathédrale de Saint-Hyacinthe, le samedi 19 mai devant une foule nombreuse et émue. Y assistaient, outre ses proches, des confrères facteurs d’orgues, des amis et des organistes venus de tous les coins du Québec et même des Etats-Unis. La célébration, empreinte de simplicité, a été présidée par le curé de la cathédrale, le chanoine Gaston Giguère, entouré de l’abbé Antoine Bouchard, Dom André Laberge de St-Benoît-du-Lac et du Père Guy Charbonneau de l’abbaye cistercienne de Rougemont. Paul Vigeant, organiste titulaire de la cathédrale, était aux claviers de l’orgue. À l’issue de la cérémonie, Yves-G. Préfontaine, Alain Guilbault de la maison Guilbault-Thérien et le frère Aurèle Laramée nous parlèrent, chacun à leur façon, de la carrière de Guy. Les propos de ce dernier, affaibli par la maladie car atteint lui aussi de cancer, ont été particulièrement émouvants. Il décédait à son tour il y a à peine quelques semaines. La chapelle des Frères maristes à Iberville était remplie à capacité le 23 octobre pour ses funérailles.

La disparition de ces deux géants de l’orgue a causé beaucoup d’émoi chez les organistes québécois. En septembre dernier, les Amis de l’orgue de Québec publièrent un bulletin spécial en hommage à Guy Thérien, des textes signés Pierre Bouchard, Claude Girard et Thomas Chapais. Le 9 novembre, au Grand Séminaire de Montréal, de nombreux amis et confrères lui rendirent un ultime hommage par une exposition de ses œuvres, suivi d’une messe commémorative et d’un concert donné par sept organistes à l’instrument classique français considéré comme son chef-d’œuvre.

Nos plus sincères condoléances aux familles de ses chers disparus.


In Memoriam:
Guy Thérien, Aurèle Laramée, Georges Robert

Guy Thérien (1947-2001), facteur d’orgues

Sculpteur de l'impalpable, géomètre des sons,
Tu as su nourrir de couleurs chatoyantes
L'espace du plus modeste oratoire
et de la plus altière basilique;
De la timidité du salicional
à l'arrogance des chamades,
De la tendresse du nazard
à l'humour des rossignols.

L'ample soufflet,
désormais privé de son vent,
parvient pourtant encore,
Dans un ultime et goguenard clin d'oeil,
À émouvoir la nef céleste
et à faire tressaillir les étoiles.

Yves G. Préfontaine

(Épitaphe gravée sur l'urne funéraire, à la demande de Guy)



Chers Parents et Amis,

La compagnie Guilbault-Thérien et l'univers organistique vivent un deuil cruel. Tous les deux viennent de perdre un géant de la facture d'orgue, un harmoniste génial et un soutien inconditionnel des organismes de promotion de l'orgue au Québec. Tandis que le cercle de sa famille pleure un père formidable, et Lyne, un époux attentionné et affectueux, entièrement dévoué à la cause de l'éducation de leur progéniture. Ayant connu intimement Guy pour avoir travaillé avec lui pendant plus de trente-deux ans, je sais ce dont je parle. J'ai toujours admiré cet homme. Ses nombreuses qualités m'ont constamment ébloui. Inutile de les énumérer ici, je me contenterai d'en souligner les plus marquantes.

Les qualités humaines ont primé chez lui. Un grand coeur, associé à une brillante culture jésuitique, et une probité à toute épreuve nous attiraient irrésistiblement à lui. Dès le premier abord, la confiance mutuelle naissait. Sa détermination, après mûre réflexion, l'acheminait toujours vers des réalisations concrètes brillantes, qui enthousiasmaient parfois les bénéficiaires. Ils sont nombreux les organistes qui pourraient corroborer mes dires. Ils apprécient surtout ses harmonisations lumineuses et colorées caractéristiques, qui l'on fait connaître internationalement.

Il connaissait à fond tous les arcanes du métier de facteur d'orgues. Organiste lui-même, il élaborait des plans et devis qui plaisaient aux organistes, dessinait des buffets qui s'inséraient parfaitement aux architectures, concrétisait les plans en bonne et due forme, réalisait une structure sonore équilibrée et adaptée au milieu envisagé, livrait une marchandise méticuleusement peaufinée, avec des facilités de paiement acceptables par les destinataires. Guy avait une capacité de travail phénoménale. À l'atelier, il suivait les travaux techniques des constructions en cours, répondait aux questions et prodiguait des conseils pour dénouer les impasses.

Puis, chez les harmonistes, il supervisait les travaux de sonorisation, encourageait et aidait les apprentis. Passant à la table des plans et devis, il assistait, conseillait le dessinateur quand il ne dessinait pas lui-même. Après un saut au bureau de Marcelle, la secrétaire, il se faufilait dans son bureau personnel où l'attendaient des messages sur le répondeur ou le télécopieur, il répondait au téléphone ou appelait les fournisseurs ou les organismes paroissiaux. Quittant alors l'atelier, il allait à Montréal, en Ontario ou aux États-Unis pour préparer des soumissions ou rencontrer des comités ou des marguillers. Autant que faire se peut, il tâchait de rentrer le plus tôt à la maison où l'attendaient patiemment cinq coeurs aimants qui l'entouraient de leur affection. Là, il oubliait les soucis du métier et vivait pleinement heureux.

Mes relations personnelles avec lui furent des plus amicales. Dès ses débuts avec la compagnie qui l'employait, il m'a soutenu dans mon rêve d'un orgue de concert dans notre chapelle à Iberville. Année après année, depuis 1970, nous apportions des corrections à notre vieil instrument délabré. Dix ans plus tard, tel que prévu, avait lieu une inauguration de l'orgue qui fit alors bonne impression. Par la suite, des améliorations successives et marquantes aboutirent à ce joyau de 70 jeux dont presque toutes les composantes sont maintenant neuves. L'instrument sonne admirablement dans la chapelle des Frères Maristes à Iberville. Guy y a mis tout son coeur et c'est une réussite que même les organistes européens constatent et me signalent à l'occasion, en toute sincérité.

Et maintenant Guy est passé sur l'autre rive d'où personne n'est revenu, sauf le Christ ressuscité des morts pour nous donner la Vie. Guy voit donc Dieu face à face car il a quitté un état concret et matériel pour accéder à un état spirituel où les catégories, espace et temps n'existent plus. Ainsi, il est présentement au milieu de nous. Il peut exercer une action bienfaisante sur ceux qu'il a aimés sur cette terre et leur procurer assistance. Conséquemment de là où tu es, Guy, protège ceux que tu laisses ici-bas: ton épouse, Lyne, et vos quatre enfants, tes parents et amis, et celui qui te parle.

Aurèle Laramée, frère mariste
Iberville (Québec)


C'est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès du facteur d'orgues Guy Thérien.

Ma première rencontre avec Guy date du Congrès FFAO de 1991 : dans son atelier de Saint-Hyacinthe où il avait fait préparer un repas pour 150 personnes, il n’avait pas paru le moins du monde préoccupé par le déroulement ce cette réception, évidemment parce qu’il l’avait soigneusement organisée mais sans doute aussi du fait de l’efficacité de l’équipe dont il s’était déjà entouré. Très ouvert à la communication, cet homme était dès le premier instant d’un contact très facile et simple, comme si vous étiez une vieille connaissance… Il avait le don de mettre à l’aise ses interlocuteurs quel que soit leur niveau de connaissance dans le domaine de l’orgue.

Mais il était avant tout un grand facteur d’orgues, qui a construit de nombreux instruments dont certains très importants. Nous avons par exemple pu apprécier l’orgue qu’il avait livré en 1990 à la chapelle du Grand Séminaire de Montréal, un 4 claviers dans le plus pur style français. Notre ami Gaston Arel nous a aussi parlé du très réussi 2 claviers construit en 1995 pour l’église Saint Léon, permettant de faire sonner avec authenticité aussi bien la musique française qu’italienne ou espagnole. Les travaux de Guy Thérien étaient très appréciés également aux Etats Unis, entre autres par Keith Toth, organiste titulaire de la Brick Church de New York, qui lui a commandé en l’an 2000 un immense instrument de plus de 100 jeux ! (plus grand que Saint Sulpice !)

Didier Crouzet et Philippe d’Anchald, adhérents de l’Association des Amis de l’orgue de Versailles, ont eu l’occasion de rencontrer Guy Thérien en 1999, lors du Congrès OHS au Canada. Avec ces deux amis, nous avons eu le plaisir de rencontrer à nouveau Guy Thérien lors du Congrès OHS à Boston en 2000, lors duquel je m’étais joint à eux. Nous avons alors été en étroit contact et fait ainsi plus ample connaissance avec lui. Ces instants très agréables restent gravés dans nos mémoires. En toute simplicité et pour notre plus grand plaisir il nous a fait beaucoup de commentaires sur les instruments que nous voyions. Je garde en particulier en mémoire les explications savoureuses qu’il a données sur un des écueils dans lequel on peut tomber lors de l’harmonisation d’un nouvel orgue : rendre trop sonores les jeux de 16 et 8 pieds, par lesquels on commence et donc lorsqu’ils sont encore seuls à se faire entendre, car on serait ensuite obligé de forcer les 4 pieds, puis les 2 pieds et ainsi de suite.., pour aboutir, en fin de course, à un orgue assourdissant et par conséquent devoir recommencer le travail « da capo » !

Après sa première hospitalisation, Guy nous a envoyé un e-mail pour nous donner rendez-vous au Congrès FFAO de cette année, en Alsace, où nous comptions bien lui rendre les multiples invitations dont il nous avait comblés…

C’est un homme chaleureux et un artiste de valeur qui nous quitte. Nous exprimons nos profonds sentiments de sympathie à sa famille. Nous souhaitons aussi tout le succès possible et qu’elle mérite à l’entreprise Guilbault-Thérien, Inc., qui poursuit ses activités sous la direction d’Alain Guilbault, harmoniste et partenaire depuis de nombreuses années.

Jean-Claude Quint, Versailles (France)
avec la collaboration de Didier Crouzet et Philippe d'Anchald


Nous avions pu apprécier son accueil chaleureux, sa patience infinie pour expliquer à des amateurs curieux, et un peu perdus loin de leurs racines européennes, mille et un points d'histoire ou de technique, son amitié qui se traduisait par de longues soirées bien arrosées où nous refaisions, chaque soir, cent fois le monde de l'orgue.

Ce qui nous avait aussi séduit, c'était son appétit pour la vie. Il aimait la bonne, et même très bonne cuisine, les bons vins, il était sensible aux beautés de la nature, de l'architecture. Par-dessus tout, il aimait les gens pour autant qu'ils se conduisent correctement.

Cependant, ce que nous admirions également, c'était son extraordinaire faculté à passer de cette réelle passion amicale et totalement gratuite à son rôle commercial de chef d'entreprise qui ne laissait jamais passer une occasion de présenter son entreprise pour tenter d'obtenir un contrat.

Nous autres Français, nous avions été particulièrement sensibles à l'évocation de son père qui avait débarqué en Normandie, à son amité profonde pour des organistes français qu'il regrettait de ne pas avoir eu l'occasion de revoir depuis plusieurs années, au souvenir de quelques tribunes qu'il avait fréquentées et dont il gardait un souvenir très précis.

Philippe d'Anchald (France)


Aurèle Laramée, f.m. (1927-2001)

A l’instar de son fondateur, saint Marcellin Champagnat, le frère Laramnée savait que « le vrai moyen de persévérer, c’est de se donner sans réticence ». Combien de fois, dans la poussière « historique » d’un buffet, d’orgue à restaurer ou en la « victoire » d’une réussite à consigner n’a-t-il pas son OUI : d’un cœur ferme, ardent et généreux ?

Selon le dicton connu, « Dieu écrit droit avec des lignes courbes ». Au plan divin proposé, le frère mariste offrit un aval sans mesure : le sien ! Car, en son quotidien, il ne manquait jamais d’appliquer, par un hochement naturel du chef, la sentence évangélique qui lui convenait : « Faites tout ce qu’il vous dira » : là encore, pour évangélique qui lui convenait : « Faites ce qu’Il vous dira » : là encore, pour mieux renouveler son FIAT d’engagement personnel, sans autre précédent du genre, je crois. C’est pourquoi, avec une générosité qui laisse pantais, il faut bien l’avouer, Aurèle Laramée fut « un frère à tout faire pour le Royaume de Dieu ».

Et parce qu’avec fierté, il se déclarait ouvertement « petit frère de Marie », il n’a jamais cessé de se répéter à lui-même : « LE SEIGNEUR FIT POUR MOI DES MERVEILLES ». Et nous l’avons cru ! Grâces te soient rendues, Seigneur, pour cet être exceptionnel que tu nous as permis de découvir et d’aimer; pour ce qu’il fut, sa vie durant : en TOI !

Gilbert Lévesque


Georges Robert

Au moment d’aller sous presse, nous apprenons le décès de l’organiste et compositeur français George Robert survenu le 7 novembre dernier, dans sa 74e année.

Organiste titulaire du Grand orgue de Notre-Dame de Versailles pendant plus d’un demi siècle, il était président de l’Association des Amis de l’orgue de Versailles et de sa région, chevalier de l’ordre de Saint-Grégoire le Grand, chevalier des Arts et Lettres, officier des Palmes Académiques.

La cérémonie religieuse eut lieu le 14 novembre à Notre-Dame de Versailles. De larges extraits du Requiem de Duruflé y furent exécutés.

M. Robert vint au Québec la première fois en 1991, lors du congrès FFAO tenu dans nos murs. Par la suite, il fut invité, par nos différentes associations d’Amis de l’orgue et Pro Organo, à se produire en récital à Jonquière, Rimouski, Québec, Trois-Rivières, Saint-Hyacinthe et Montréal. Il joua également à l’Oratoire Saint-Joseph dans le cadre des Concerts Spirituels.


Entrevue avec Rachel Laurin, compositrice
par Sylvain Caron

Rachel Laurin, comment votre goût de la composition s’est-il développé ?

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours eu envie de créer. Quand j’étais petite, je faisais du dessin et j’aimais beaucoup les arts plastiques, tout comme les arts en général. J’ai toujours aimé inventer, jouer avec la matière, qu’elle soit musique, dessin ou peinture. Encore aujourd’hui, je m’adonne aux arts plastiques, bien que moins fréquemment, en raison des exigences de la vie professionnelle. Ce que j’aime de l’expression artistique, c’est que je peux sentir que l’objet vient de moi, qu’il manifeste ma personnalité.

En ce qui concerne la musique, mon apprentissage s’est fait progressivement et naturellement. Ma mère, organiste à l’église paroissiale de Saint-Benoît pendant près de 30 ans, a été mon premier professeur de piano. Après quelque temps, voyant que j’avais envie d’inventer des pièces, elle m’a aidé à écrire les airs qui me venaient à l’esprit, m’enseignant ainsi les rudiments de la composition sans que je m’en aperçoive.

Cette manière de considérer la formation musicale comme un tout est d’ailleurs l’une des constantes de votre cheminement.

En effet. Lorsque j’ai été admise en orgue au Conservatoire de musique de Montréal, je me suis inscrite aux cours d’harmonie au clavier dans la classe de Raymond Daveluy. À l’instar des grands maîtres symphoniques français, comme Franck, Vierne ou Dupré, monsieur Daveluy ne considérait pas l’écriture, l’improvisation, l’interprétation et l’harmonisation comme des entités séparées. Il croyait en la nécessité de former un musicien complet, aussi à l’aise dans un domaine que dans l’autre. Cela allait dans la continuité de l’éducation musicale que j’avais reçue.

Il était donc normal que mon perfectionnement en harmonie au clavier passe aussi par l’étude de la composition. Après quelque temps, il est toutefois devenu nécessaire d’étudier la composition de manière plus soutenue. Je ne me suis pas inscrite dans les classes officielles de composition du conservatoire parce que je n’étais pas à l’aise avec le genre de musique qui s’y pratiquait. J’ai besoin d’un cadre qui respecte mes convictions stylistiques, basées sur un système tonal et mélodique auquel je m’identifie.

Au début de ma formation, j’ai écrit une série de variations sur Shop Sticks. Trouver des idées musicalement étoffées à partir d’un modèle aussi simple a été une expérience très formatrice. Stravinsky ne disait-il pas que la véritable créativité est celle qui transcende la contrainte ? Par après, j’ai fait de nombreux arrangements de pièces folkloriques pour chœur. J’y ai beaucoup appris, car l’écriture pour voix est une excellente école du contrepoint, et les différentes formations vocales - hommes, femmes ou mixtes - posent des contraintes d’écriture qui permettent justement l’acquisition d’un métier, tout en étant directement appliquées à la réalité musicale. Écrire un accompagnement de piano indépendant des parties vocales me semble plus utile que de faire du contrepoint d’école, et faire des arrangements de pièces folkloriques offre des possibilités réelles d’être joué fréquemment.

C’est justement cette application directe de votre apprentissage à la réalité musicale qui a été à l’origine d’une première exécution publique.

Le quatuor Arioso a chanté trois folklores, dont j’avais fait l’arrangement pour voix d’hommes et piano. Ce premier concert où j’ai été jouée a été donné au Ritz Carlton en 1982. C’est un événement important pour moi, puisque c’est à ce moment que j’ai pris conscience que le métier de compositeur n’était pas quelque chose d’ésotérique, mais une réalité tangible à laquelle j’accédais au fur et à mesure que ma formation progressait.

L’année suivante, j’ai composé une Messe pour les fêtes solennelles (op. 4) pour chœur, petit ensemble instrumental et orgue. C’était une commande de Jacques Boucher, alors organiste à la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes à Verdun. C’est avec cette messe que j’ai commencé à écrire pour l’orgue, bien que celui-ci n’y joue pas un rôle de premier plan.

Pourquoi vous a-t-il fallu un certain temps avant que vous ne composiez véritablement pour l’orgue ?

Bien que j’avais déjà fait du piano depuis plusieurs années, je n’étais pas encore très avancée à l’orgue. L’instrument me causait beaucoup d’insécurité, plus particulièrement en raison de l’emploi du pédalier. De plus, je n’avais pas encore suffisamment entendu de musique d’orgue ; le répertoire symphonique m’était presque inconnu. Il m’a fallu un certain temps avant de comprendre à fond un instrument aussi complexe.

Un jour, pourtant, monsieur Daveluy m’a conseillé d’écrire une suite liturgique pour orgue, y voyant une utilité immédiate dans le cadre de mes fonctions dominicales. J’ai donc composé deux suites, que j’ai provisoirement nommées Suites liturgiques. Les quatre mouvements correspondent aux moments d’intervention soliste de l’orgue à la messe : entrée, offertoire, communion et sortie. La partie de pédale y est fort simple. J’ai pu y mettre en application mes études sur l’harmonie modale, dans la lignée des théories harmoniques enseignées par Raymond Daveluy.

Par la suite, vous avez écrit des œuvres à plus grand déploiement ?

J’avais déjà esquissé les thèmes d’une grande sonate pour orgue en 1984, mais j’ai dû en interrompre la composition à cause de mes études. Un an plus tard, je me suis remise à la table, et j’ai travaillé pendant neuf mois à ce qui est devenu ma Sonate en fa. Créée par Jacques Lacombe en 1985, lors des fêtes du 25e anniversaire de titulariat de monsieur Daveluy à l’Oratoire Saint-Joseph, elle représentait pour moi une étape importante. J’avais acquis le métier nécessaire pour écrire une œuvre où se manifestaient à la fois ma personnalité musicale, ma compréhension des ressources de l’instrument et le souci de perpétuer à ma manière la tradition séculaire de l’orgue symphonique.

Pourtant, si je peux me permettre un commentaire rétrospectif, je dirais que je ne composerais plus tout à fait de cette manière aujourd’hui. Dans la perspective éventuelle d’une publication, je souhaiterais réécrire le premier et le dernier mouvement ; pas les thèmes comme tels, mais surtout les développements. Sinon, je considère que c’est une œuvre d’envergure dont je suis fière.

Malgré le succès de la Sonate, vous avez dû faire preuve de patience avant de connaître vos premières publications ?

Oui, mais ma patience a été bien récompensée. Ce sont les commandes d’éditeurs qui ont motivé la composition de plusieurs pièces qui ont suivi la Sonate. Cela a commencé en 1988, lorsque mes deux suites ont été publiées aux éditions Europart-Music, soit quatre ans après leur composition. À cette occasion, j’ai révisé les titres afin d’en permettre une diffusion plus large que celle du strict cadre liturgique. Pour moi, la musique d’orgue liturgique ne diffère pas fondamentalement de la musique de concert. La convenance réside dans le caractère, qui doit répondre au cadre où la musique est jouée. Que l’on appelle une pièce « méditation » ou « communion » ne change rien à la nature de la musique.

Les éditions Europart-Music sont dirigées par l’abbé Armand Ory. J’ai fait la connaissance de l’abbé Ory à Épinal, lors des étés où j’y ai donné des cours d’improvisation. Perché dans les Vosges, ce petit village pittoresque m’a inspiré les pièces d’orgue du prochain opus, les Scènes vosgiennes (1989). Ces pièces sont non seulement évocatrices, mais reprennent aussi des cantiques de Pierre Doury chantés à Épinal. Écrites à la manière d’improvisations libres, elles font souvent entendre un thème très bref, comme la mélodie d’une prière universelle ou d’un alléluia. Par contre, Dialogue et Procession dans la cité des images (au XIXe siècle, la ville d’Épinal était renommée mondialement pour sa production d’images populaires) font entendre des mélodies plus longues. Ainsi, Dialogue est une pièce sectionnelle où se répondent en imitation les différentes phrases d’un chant d’anamnèse, tandis que Procession dans la cité des images énonce d’abord le thème de Peuples de la terre en cantus firmus, à la pédale, puis le présente de manière plus fragmentée, avec les chamades, pour suggérer la solennité croissante de la procession.

Avec le recul, je constate que l’écriture des Scènes vosgiennes fait le pont entre les Suites de l’opus 6 et les Variations sur un noël lorrain. Il faut dire que les transcriptions pour orgue et les compositions destinées aux autres instruments m’ont permis d’évoluer vers un style plus personnel et plus idiomatique. En 1994, l’abbé Ory me demande de faire six ou sept variations sur un noël inconnu ici mais très populaire en Lorraine : Nuit sombre. Je me mets à la table de travail avec l’intention de respecter des dimensions modestes, mais les idées jaillissent d’elles mêmes avec tant de facilité que j’écris 13 variations. La mélodie est entendue notamment en cantus firmus, en octaviations multiples, en fanfare avec écho, en gigue, en canon. Elle se renouvelle par la forme miroir, le rythme et les timbres employés. J’ai exploré avec fébrilité les multiples textures pouvant être rendues par l’orgue. En raison de l’envergure de l’œuvre, j’ai voulu la conclure brillamment par une Fugue et toccata. J’étais fière du travail accompli, car j’avais enfin trouvé une écriture et un langage véritablement personnels ; j’étais parvenue à exprimer éloquemment ce que je voulais.

Qu’est ce qui distingue l’écriture pour orgue de celle des autres instruments ?

Chaque instrument se distingue ; de ce point de vue, l’orgue n’est pas un instrument à part. Par exemple, si je compose pour vibraphone, je conserve mon langage habituel tout en ayant des idées adaptées à la nature de l’instrument. Or, l’essence de l’orgue me semble symphonique ; elle procède par plans sonores et par des formules qui, sans trop de déplacement de main, permettent de créer du mouvement. La polyphonie est aussi intrinsèquement liée à l’instrument à cause de la nature soutenue des sons. En outre, l’orgue permet une superposition de plans sonores. L’indépendance du pédalier et des claviers, la large variété des timbres et la répartition spatiale de l’instrument en favorisent l’individualisation. Enfin, l’orgue produit des contrastes de nuance beaucoup plus marqués que les autres instruments, allant de l’extrême douceur à la puissance la plus colossale.

Sur la question des timbres, vous savez que plusieurs compositeurs contemporains se sont tournés vers la recherche du singulier, et que vos compositions demeurent relativement conventionnelles de ce point de vue.

Vous avez raison. Je ne cherche pas du tout à inventer des timbres jamais entendus. J’ai une conception de l’orgue plutôt orchestrale, au sens classique du terme. Je ne suis pas attirée par les explorations sonores. Je ne jouerai pas avec les mutations pour évoquer des chants d’oiseaux, par exemple. Je ne me servirai pas de l’orgue pour évoquer des choses extérieures à lui-même. L’exploration n’est pas une fin en soi mais plutôt un moyen d’expression. La fin est indicible. J’ai quelque chose à exprimer, et je passe par l’orgue en tant que médium. Quand je fais de la peinture - toujours figurative - mon but n’est pas de reproduire ce que je vois, mais d’exprimer ma vision personnelle des choses. Cela ne peut pas se traduire en mots, tant pour la peinture que pour la musique. L’expression de l’indicible est la principale caractéristique de toute forme d’art. Le médium se fusionne avec le message.

Pourtant, lorsqu’on compose une forme de musique pure, comme une fugue ou une sonate, qu’advient-il de l’expression personnelle à travers ces formes qui sont, par définition, impersonnelles ?

La forme peut être impersonnelle, mais on ne peut pas composer, même quelques notes, sans être personnel. C’est là mon point de vue le plus profond. Prenez par exemple l’émission de Bernard Pivot. À chaque semaine, on voit ce qui s’écrit encore aujourd’hui, toujours dans la même langue et la même syntaxe. Le médium reste le même, mais on dit toujours quelque chose de nouveau à travers lui. Ce langage est personnel. En musique, on distinguera toujours un aria de Händel d’un aria de Pergolèse, et l’on reconnaîtra le style de Bach même dans des formes aussi abstraites que celles de l’Art de la fugue.

Pourtant Stravinsky disait que la musique n’exprime rien d’autre qu’elle-même, qu’elle n’est pas l’expression personnelle d’un compositeur.

Il s’agit selon moi d’une boutade. Il voulait au fond qu’on écoute la musique en elle-même et qu’on cesse de lui prêter une expression précise ou prédéterminée. J’apprécie les opéras de Wagner même sans en comprendre le texte. C’est pourquoi, lorsqu’on me demande d’expliquer une de mes œuvres avant son exécution, je suis tentée de dire : « écoutez-la, ressentez-la pour elle-même, et par après je pourrai vous donner d’éventuelles explications. » Il y a souvent des gens qui, après l’écoute d’une de mes œuvres, me disent qu’elle leur a fait penser à quelque chose en particulier, mais ce quelque chose est différent d’une personne à l’autre. Je me réjouis de cette différence de réception, que ma musique éveille des résonances différentes selon les sensibilités. Contrairement à d’autres compositeurs, je ne veux pas expliquer mes intentions de manière détaillée; je trouve important de laisser à chaque auditeur la possibilité de se laisser habiter par les images personnelles qu’éveille chez lui ma musique.

Quel lien faites-vous entre improvisation et composition ? Est-ce que vous commencez par vous mettre à la table ou par improviser lorsque vous commencez une pièce ?

Je dirais qu’il y a un peu des deux, et que cela dépend des situations. Lorsque j’ai composé ma sonate pour violon et piano, j’ai passé deux mois à étudier l’instrument et à réfléchir sans qu’aucun thème ne me vienne à l’oreille. J’étais de plus en plus inquiète à l’approche de l’échéance. Or, un bon matin, je me suis mise au piano et j’ai improvisé quelques enchaînements d’accords. Je me suis ensuite obligée à écrire à partir de ces enchaînements pour trouver mes idées et la mélodie principale de la sonate. Dans ce cas, même si l’idée était issue d’une improvisation, c’est en rationalisant que je suis parvenue à la mélodie.

D’autres fois, il me vient des idées plus précises en improvisant, que je tente de noter par la suite. Par exemple, à la fin d’un concert-hommage à Marcel Dupré, j’ai voulu improviser en employant des procédés typiques du maître. J’étais très heureuse de cette improvisation, qui a été enregistrée. Je pourrais m’en servir comme point de départ pour une composition ultérieure. Je précise toutefois qu’il devrait y avoir un important travail de réécriture. Notamment, les formules d’accompagnement d’une improvisation sont beaucoup moins élaborées que dans une composition ; la structure est plus simple et la transposition métrique d’une improvisation est souvent difficile à noter. Enfin, l’improvisation demeure une forme d’expression mois précise et plus spontanée que la composition. C’est un matériel brut qui demande à être raffiné.

Pour revenir à la composition pour orgue, quelle pièce a suivi les Variations ?

Ma pièce d’orgue suivante s’intitule tout simplement Prélude, opus 24. Il s’agit d’une pièce fort simple et brève, une sorte de complainte qui peut être jouée à la communion ou comme pièce douce en concert. Elle est écrite en deux versions, l’une avec pédalier, l’autre simplifiée et sans pédalier.

Toutefois, la pièce majeure qui succède aux Variations est plutôt Quatre pèlerinages en Lorraine, opus 30. L’abbé Ory voulait représenter sa région au salon Musicora par quatre pièces d’orgue évoquant un pèlerinage dans l’un des quatre grands sanctuaires de la Lorraine. Les délais étaient très serrés, je devais lui faxer les pièces aussitôt complétées ; la création a eu lieu un mois seulement après le dernier envoi ! Les contraintes imposées étaient non seulement d’ordre temporel, mais aussi du point de vue des thèmes et de formes. Loin de me décourager, ces exigences m’ont stimulée et enthousiasmée. Le cadre se résume comme suit : 1- Cathédrale de Metz : Procession sur le Gloria de la messe XV; 2- Sactuaire Notre-Dame-de-Sion : Invocation sur les litanies de Lorette ; 3- Basilique de Domremy : Fileuse sur l’alléluia de la fête de Saint Michel Archange; 4- Verdun, centre mondial de la paix : Marche pour la paix sur le répons Da pacem, Domine.

Mes plus récentes œuvres d’orgue sont les Trois préludes et fugues, op. 31. Leur composition s’étend sur plusieurs années. On m’avait demandé de faire des pièces sans pédale, qui pourraient aussi bien se jouer à l’orgue qu’au piano. On voulait aussi que ce soit dans un style baroque. Ce sont ces contraintes qui expliquent le caractère inhabituellement classique du premier Prélude et fugue en si mineur. Ce fut pour moi un exercice de discipline. Le second, la Toccata et fugue sol majeur, m’a demandé un effort pour m’abstenir de pédalier. La fugue « à la gigue » me semble près de l’expression baroque. Enfin le dernier volet du triptyque, la Chaconne et fugue en mi mineur, a été commencée sans pédalier. Mais je me suis rapidement rendu compte que cette limitation m’empêchait d’écrire ce que j’entendais, de sorte que j’ai recommencé le tout avec pédalier, et en quittant le cadre trop restrictif de l’expression baroque. C’est ce qui explique que le début soit très simple et conservateur, et que peu à peu l’écriture évolue vers plus de complexité technique et harmonique, de sorte que lorsque la fugue arrive, le langage devient plus près de Reger que de Bach.

En parallèle de ces compositions, vous avez transcrit plusieurs œuvres pour orgue. Pourriez-vous expliquer pourquoi les transcriptions ont tant d’importance dans votre travail de compositeur ?

La transcription possède à mes yeux une valeur artistique indéniable, mais à condition de répondre à certains critères. La pièce ne doit pas déjà avoir fait l’objet d’une transcription très réussie pour orchestre. C’est pourquoi je suis perplexe face aux transcriptions pour orgue des Tableaux d’une exposition de Moussorgksy. Ces transcriptions sont incontestablement excellentes en elles-mêmes, mais je reste toujours sur ma faim lorsque je les compare à l’orchestration magistrale qu’en a faite Ravel.

Je ne transcrirais pas non plus des pièces trop associées à un timbre précis. Par exemple, la sonorité de l’Adagio de Barber est tellement dans l’essence des cordes que la transcription pour orgue lui enlève quelque chose. Ce qui fait l’intensité du grand crescendo de Barber n’est pas la nuance elle même, mais plutôt le timbre particulier que prennent les cordes dans une nuance forte.

Enfin, je ne verrais pas l’utilité de transcrire pour l’orgue une Symphonie de Mozart. Il y a suffisamment de répertoire original pour orgue sans qu’il soit nécessaire de faire des transcriptions qui n’apportent rien d’intéressant musicalement par rapport à l’original.

Par contre, il est pertinent de transcrire des pièces pour piano qui ont en germe une sonorité orchestrale ou organistique. Pour ces raisons, une œuvre comme la Sonate en si mineur de Liszt a tout de suite retenu mon attention. Ses sonorités tantôt soutenues, tantôt puissantes me font penser à Ad nos, ad salutarem undam. D’autre part, l’écriture très chargée des Variations et fugues sur un thème de Händel convient tout à fait à l’orgue, car le pédalier peut avantageusement jouer les nombreuses octaves graves de la partition de piano.

Ne pourrait-on pas dire à la suite de Rimsky-Korsakov qu’orchestrer, c’est composer ?

Il est certain qu’on peut faire autre chose de la pièce originale que ce qu’en a pensé le compositeur. Je ne m’oppose pas à cette vision bien que je ne la partage pas, probablement parce que je suis moi-même compositeur. Quoi qu’il en soit, même si je cherche à arranger des pièces dont la forme originale se prête naturellement à l’orgue, je considère qu’il y a un réel travail de création lorsque je fais de la transcription. Dans la Sonate de Liszt, j’ai dû chercher beaucoup avant de trouver une solution satisfaisante. Les formules pianistiques ne peuvent se transposer textuellement à l’orgue.

Dans le cas du Bach, il me semblait intéressant de mettre en rapport les sonorités de la Fantaisie chromatique et fugue avec celles développées plus tard par Reger. J’entendais les versions pour clavecin ou pour piano, et je me disais qu’il serait possible d’aller plus loin dans l’interprétation de cette pièce avec une transcription pour orgue. C’est une pièce romantique avant l’heure, au même titre que la grande Fantaisie et fugue en sol mineur, BWV 542. Dans la Fantaisie chromatique, la plénitude des registrations et l’ajout de la pédale ont donné le caractère que je cherchais. Quant à la fugue, j’ai dû l’orchestrer d’avantage en mettant en évidence les entrées du sujet et en bâtissant un grand crescendo, à la manière de Reger dans ses fugues.

Quels sont vos projets de composition pour l’avenir ?

Je songe éventuellement à transcrire pour l’orgue la Toccata pour piano opus 7, de Schumann. Elle commence avec une formule d’où émerge ensuite un thème, un procédé très près de celui des grandes toccatas symphoniques. De plus, j’aimerais composer une suite symphonique pour orgue. J’ai déjà des mouvements en tête : un grand prélude, un mouvement perpétuel, une cantilène puis une brillante toccata. Je ne sais pas quand cela va aboutir, car il faut dire que je reçois beaucoup de commandes pour d’autres instruments que l’orgue, notamment pour cordes. Enfin, j’aimerais écrire de la musique pour un conte d’enfant, et même en dessiner les illustrations. Cela me permettrait de renouer avec le type de vie artistique très intégré qui a nourri ma jeunesse.


Liste des œuvres pour orgue ou avec orgue

  • Messe pour les fêtes solennelles, op. 4 (1983), pour chœur à voix mixte, orchestre de chambre et orgue
  • Suite brève, op. 6 n° 1 (1984)
  • 1. Prélude - 2.Intermezzo - 3.Méditation - 4.Carillon
  • Suite brève, op. 6 n° 2 (1984)
  • 1. Prélude - 2.Intermezzo - 3.Romance - 4.Toccata
  • Sonate en fa, op. 7 (1984-1985)
  • 1. Introduction et allegro 2. Intermezzo 3. Scherzo 4. Adagio 5. Final
  • Cantate « Veni creator », op. 10, pour soprano et orgue (1987)
  • Transcription pour orgue des Variations et fugue sur un thème de Händel, de Brahms, op. 11 (1988)
  • Hommage à Lucien Daveluy, op. 13 (1988)
  • Messe de louange, op. 15 (1988) pour chœur à voix mixtes, chantre, assemblée et orgue
  • Scènes Vosgiennes, op. 16 (1989-1990)
    • 1. Évocation d’Épinal - 2. Improvisation - 3. Dialogue - 4. Fugue - 5. Office à Longchamp - 6. Procession dans la cité des images
  • Transcription pour orgue de la Sonate en si mineur de Liszt, op. 20 (1991)
  • Prélude, op. 24 (1993)
  • Variations sur un noël lorrain, op. 26 (1994)
  • Quatre pèlerinages en Lorraine, op. 30 (1996)
  • 1. Procession - 2. Invocation - 3. Fileuse - 4. Marche pour la paix.
  • Transcription pour orgue du concerto en ré mineur, BWV 1052, de J. S. Bach, op. 30-B (1996)
  • Transcription pour orgue de la fantaisie chromatique et fugue en ré mineur, BWV 905, de J. S. Bach, op. 30-C (1996)
  • Trois préludes et fugues, op. 31
  • Prélude et fugue en si mineur (1997)
    Toccata et fugue en sol majeur (1998)
    Chaconne et fugue en mi mineur (2000)

Discographie des œuvres pour orgue

  • Rachel Laurin : œuvres pour orgue. Association Jeanne-d’Arc, DJA 95, 1995 (op. 6 n° 1 et 2, op. 16 et op. 26).
  • Éternel Bach. Musicus, MCD 331192, 1998 (op. 30-B et 30-C).
  • Rachel Laurin joue Liszt et Brahms. Motette, CD 12621, 1999 (op. 11 et op. 20).


Inauguration du nouvel orgue de Saint-Félix de Cap-Rouge

Description
par Claude Girard, organiste à Saint-Patrice de Rivière-du-Loup et technicien chez Guilbault-Thérien

Dans un temps où il est souvent question de fermeture d’églises et de vente d’orgues, l’acquisition d’un orgue neuf par contre est un fait rare au Québec et suscite toujours un vif intérêt dans le milieu organistique. Et c’est précisément le cas de la paroisse Saint-Félix de Cap-Rouge où la firme Guilbault-Thérien, facteur d’orgues de Saint-Hyacinthe, vient de terminer l’installation d’un orgue à traction mécanique dans une charmante petite église en bois. Située à quelques kilomètres à l’ouest de Sainte-Foy, la communauté paroissiale a accueilli à bras ouverts ce nouvel arrivant comme « un jeune couple attend la naissance du nouveau-né »! D’un commun accord avec le Conseil de Fabrique, il a été décidé que cet instrument serait construit selon les grandes traditions françaises du XVIIIème siècle. Cette entente fut signée au printemps 2000 et fut aussi une des dernières sous la responsabilité de Guy Thérien avant sa maladie.

L’instrument comprend 18 jeux répartis sur 2 claviers et pédalier pour un total de 1063 tuyaux. Les principales caractéristiques sont: une console en fenêtre, des tirants de registres en ébène qui sont situés de chaque côté de la console avec « inscriptions sur parchemin », une traction mécanique « suspendue », des claviers de 54 notes plaquées en os pour les touches naturelles et en ébène massif pour les feintes, un pédalier de 30 notes en chêne pour les touches naturelles et en plaqué ébène pour les feintes (concave-parallèle), l’accouplement « par tiroir » du Petit clavier au Grand-Orgue, un soufflet cunéiforme « à la française », une tuyauterie d’étain martelé (75%) pour les principaux et les anches, et d’étain martelé (20%) pour les flûtes; une tuyauterie coupée « au ton » et harmonisée à vent contrôlé (pression de 3 1/4 pouces); un accord réalisé au tempérament égal (La 438) .

Autres détails intéressants : les anches sont de type Dom Bédos avec un double-noyau ; le type de bois utilisé est le peuplier (Bourdon 8’) et le chêne (Flûte 8’). L’orgue possède aussi 2 tremblants, fort et doux, un anti-secousse fonctionnel seulement pour la pédale lorsqu’on utilise le tremblant doux et finalement un rossignol qui «chante » dans un récipient d’huile minérale qui s’évapore moins vite que l’eau. Le buffet de chêne rouge est l’oeuvre de l’ébéniste artisan Jocelyn Carignan et l’harmonisation a été réalisée par Jean-Félix Bellavance et Alain Guilbault.

L’inauguration officielle a eu lieu les 19, 20 et 21 octobre avec la participation des artistes suivants : Pierre Bouchard, Kenneth Gilbert, Louis Larouche (trompettiste) et Sylvain Doyon, ainsi que Danny Belisle.


Premières impressions
par Irène Brisson

Enfin un orgue classique à la française dans ce qui sera bientôt la nouvelle ville de Québec ! Dans une région où les instruments à traction mécanique sont rares (le Wilhelm de Saint-Ambroise de Loretteville étant malheureusement sous-utilisé), le testament artistique de Guy Thérien vient apporter une touche d’originalité : ce joyau tout à fait à sa place dans cette très jolie église permet, avec ses dix-huit jeux, de recréer le son des orgues du Grand Siècle : non pas celui des somptueux instruments qui trônent dans les grandes cathédrales françaises, mais celui des orgues des églises “normales” de Paris et de la province et, se plaît-on à rêver avec Elisabeth Gallat-Morin et Kenneth Gilbert, de Québec et de Montréal à l’époque de la Nouvelle-France.

J’ai assisté au concert donné le 20 octobre par Kenneth Gilbert, qui a choisi en première partie des oeuvres faites pour ce genre d’instrument : Raison, Nivers, Boyvin et quelques pages du Livre d’orgue de Montréal. Dans un style irréprochable, l’organiste invité a permis aux auditeurs d’apprécier toutes les facettes typiquement françaises de l’instrument : pureté du plein jeu, anches ne versant pas dans le genre criard, nazard très chantant, flûtes exquises, belle palette sonore de la tierce en taille et même un pittoresque rossignol! En deuxième partie, Kenneth Gilbert a expérimenté l’orgue de Saint-Félix dans des œuvres du XVIIème siècle d’inspiration italienne : il convient manifestement très bien aux toccate, aux canzoni et aux ricercari de Frescobaldi et de son disciple Froberger. Le concert a pris fin avec la Fantasia ou Pièce d’orgue en sol majeur de Bach, seule incursion dans le domaine du “grand orgue” allemand et de son plein jeu tellement différent de l’esthétique française. En utilisant très peu la pédale, et en jouant sur les échos et la diversité des articulations, Kenneth Gilbert a donné un aperçu de la virtuosité qu’il est possible de démontrer sur cet instrument.

Par son choix de répertoire, Kenneth Gilbert s’en est donc tenu essentiellement à une approche historique, respectant ce pour quoi Saint-Félix a été conçu, ce qui m’a laissée un peu songeuse quant à son utilisation future, tant sur le plan liturgique que pour le concert : ne faut-il pas craindre pour les paroissiens une rapide saturation de musique baroque française? Les concertistes s’en tiendront-ils à la musique antérieure aux grandes oeuvres de Bach et aux suites et messes d’orgue françaises des XVIIème et XVIIIème siècles, à grand renfort de pleins jeux, de récits ornés, d’anches et de cantus firmus à la pédale? Les programmes des autres organistes participant à l’inauguration apportent un tout autre éclairage : en plus des incontournables Marchand, Boyvin ou de Grigny, voici Bach, Mendelssohn et Lefébure-Wély avec Danny Belisle; Claude Lavoie, Denis Bédard avec Sylvain Doyon et Louis Larouche et même Vierne et Messiaen pour Pierre Bouchard! N’ayant pu assister à ces concerts, je remercie Serge Laliberté pour son complément d’information.

Premières impressions
par Serge Laliberté, organiste à Trinity Church (Sainte-Foy)

J’ai eu le plaisir d’assister au concert inaugural donné par Pierre Bouchard le 19 octobre dernier. Au programme figuraient des oeuvres de Marchand, de Grigny, Bruhns, Böhm, Bach, Messiaen et Vierne.

De prime abord, on peut être surpris par l’éclectisme des oeuvres proposées, et se demander ensuite comment sonneraient Bach, Messiaen et Vierne sur un tel instrument? J’ai d’abord été touché par la beauté des différents timbres. Sur cet instrument, les oeuvres de Marchand et de Grigny sonnent d’une façon admirable. Plein jeu, tierce en taille, basse de trompette ou de cromorne y trouvent toute leur saveur.

Cet orgue pouvait-il parler allemand? Assurément ... Les oeuvres des maîtres germaniques interprétées par Pierre Bouchard m’en ont convaincu. Le plein-jeu du grand clavier, par exemple, a fort bien mis en relief, sans artifices, la Toccata et fugue en ré mineur de Bach. Les flûtes des deux claviers ont contribué, quant à elles, à une mémorable interprétation de la sonate en trio en mi mineur du même compositeur, empreinte d’équilibre, de clarté et d’éloquence.

Je sais gré à Monsieur Bouchard d’avoir proposé un programme aussi varié, lui permettant d’explorer toutes les ressources sonores de ce nouvel orgue. Ce n’est certes pas le médium idéal pour la musique symphonique, bien que l’oeuvre de Vierne, Les cloches de Hinckley, jouée en fin de programme, constituât une expérience musicale qui valait la peine d’être tentée, ne fût-ce que pour constater, non sans un certain humour, les limites d’un instrument de facture aussi typée.


Orgues dans les Bois-Francs:
Congrès FQAO 2001

par Robert Ducharme

Les 7 et 8 juin 2001 se tenait le septième congrès national annuel de la Fédération québécoise des Amis de l’Orgue (FQAO) en collaboration avec les Amis de l’Orgue des Bois-Francs (AOBF); cette rencontre à Victoriaville permettait de faire connaître cette nouvelle association d’amis de l’orgue et surtout de rendre hommage à monsieur Raymond Daveluy c.m., le plus célèbre musicien issu de cette région. L’éminent organiste, improvisateur, compositeur et pédagogue dont on a souligné les cinquante ans de carrière en 1996, les quarante ans de titulariat aux grandes orgues de l’Oratoire Saint-Joseph en 2000, célébrera cette année son soixante-quinzième anniversaire de naissance ; mais ce n’est pas encore l’heure des bilans puisque malgré des problèmes de santé il est toujours aussi actif comme organiste liturgique, récitaliste et compositeur.

Une soirée pré-congrès, le 6 juin, nous permit d’entendre Michelle Quintal à l’orgue récemment restauré de l’église Saint-Paul de Chesterville (Casavant 1901, 2 claviers, 21 jeux) qui possède au Grand Orgue un jeu de 8’ au curieux nom de Kéraulophone. Martin Yelle nous fit l’historique de l’instrument que l’organiste invitée illustra avec un répertoire de la Renaissance (Palestrina) à aujourd’hui; comme d’habitude, Michelle Quintal consacra une partie de son programme aux musiciens d’ici : Gustave Gagnon, Denis Bédard et évidemment Raymond Daveluy. Après le récital, un vin et fromage nous permit de goûter les remarquables chèvres de la région.

Le congrès proprement dit commençait le 7 juin avec l’assemblée générale des membres de la FQAO. Rachel Alflatt, qui doit nous quitter avec son mari Denis Bédard pour Vancouver, eut droit à des remerciements chaleureux pour la tâche ingrate de trésorière qu’elle a longtemps assumée. Un hommage fut rendu au facteur d’orgues Guy Thérien, membre bienfaiteur de la FQAO, décédé quelque temps avant le congrès.

L’après-midi, le récital d’ouverture fut donné par Danny Bélisle à l’église des Saints-Anges de Ham-Nord (orgue Casavant 1899, 17 jeux, restauré par la maison Létourneau en 1999). L’artiste de Québec sut mettre en valeur cet instrument avec un programme varié (Bach, Boëly, Franck, Widor, Brahms etc.) incluant deux chorals de Raymond Daveluy.

Dans la soirée avait lieu l’événement principal de ce congrès, soit le concert hommage à Raymond Daveluy c.m., en l’église Sainte-Victoire de Victoriaville où son père, le regretté Lucien Daveluy, fut organiste et maître de chapelle pendant cinquante-quatre ans. On peut maintenant voir à l’arrière de la nef une plaque commémorative rendant hommage aux Daveluy père et fils, installée à cette occasion par les Amis de l’Orgue des Bois-Francs.

Ce concert se devait d’illustrer les différentes facettes de la personnalité musicale de Raymond Daveluy, les maîtres qui l’ont influencé, les oeuvres qu’il a écrites, l’enseignement qu’il a prodigué, la tradition qu’il a transmise. Le concert commença donc par des oeuvres du maître de Raymond Daveluy, le regretté Conrad Letendre, jouées par sa femme Aline Letendre : la Berceuse modale, dédiée à Raymond Daveluy, et la Suite “Alme Pater”, dédiée à Aline Letendre, pages brèves et savantes avec canons, fugues, écriture inverse ou en miroir, témoignant de l’enseignement du maître dont Raymond Daveluy se réclamera toujours; il eut l’occasion d’entendre sa pièce préférée, l’Élévation de la Suite “Alme Pater”, à ses yeux un véritable modèle d’écriture.

Après les oeuvres de son père spirituel venaient celles du maître lui-même, jouées par son ancienne élève Lucienne L’Heureux-Arel qui ne pouvait que choisir la monumentale Troisième sonate d’ailleurs dédiée à Lucienne et Gaston Arel; la structure de l’oeuvre fait largement appel aux procédés d’écriture inverse à la Letendre; on réentend toujours avec plaisir le deuxième mouvement, la magnifique « Chaconne », sûrement la page la plus fréquemment jouée de Daveluy.

Après la pause, Sylvain Caron, autre élève de Raymond Daveluy, jouait des oeuvres de Louis Vierne, le compositeur de prédilection du maître Conrad Letendre et de son disciple; entre autres, on eut l’occasion d’entendre les trop rarement jouées Cloches de Hinckley, pièce que le maître aimait beaucoup faire travailler à ses élèves.

C’est à Rachel Laurin, véritable disciple de Raymond Daveluy, que revenait l’honneur de terminer cette soirée; après l’interprétation de quelques pages des Daveluy père et fils, elle illustra l’une des caractéristiques les plus originales de l’art de son maître, l’improvisation; en 1959, Raymond Daveluy fut le premier organiste nord-américain lauréat du concours international d’improvisation de Haarlem (Hollande); par son rayonnement pédagogique, on peut affirmer qu’il est à l’origine de la tradition québécoise de l’improvisation qu’illustrent aujourd’hui de nombreux jeunes organistes; un bel exemple nous en fut donné par Rachel Laurin en développant des thèmes que son maître avait choisis, soit des fragments de l’office grégorien de la Pentecôte et un thème original. La boucle est bouclée, mais ouverte sur l’avenir; les traditions d’harmonie, d’écriture, d’interprétation et d’improvisation des Vierne et Letendre se trouvent transmises aux générations suivantes par l’oeuvre originale de Raymond Daveluy.

Cette mémorable soirée ne mettait cependant pas un terme à notre congrès. Le lendemain, nous étions conviés à une conférence de Martin Yelle s.c. sur le musicien Arthur Charlebois (1896-1952) et ses disciples à la chapelle des Frères du Sacré-Coeur. Il est reconnu que des villes telles Québec ou Trois-Rivières ont depuis longtemps des traditions musicales de très haut niveau; Martin Yelle nous a montré qu’Arthur Charlebois, par son enseignement et ses activités dans les domaines de l’orgue, du chant et même de l’oratorio, était à l’origine d’une tradition semblable dans les Bois-Francs; on eut l’occasion de découvrir un répertoire méconnu mais de belle venue à travers cinq oeuvres interprétées à l’orgue par Lucie Beauchemin. L’auteur de la dernière pièce, Yves Granger s.c., était présent.

On se dirige ensuite vers l’église Saint-Christophe d’Arthabaska (orgue Casavant de 1940, 3 claviers, 32 jeux, restauré par Létourneau en 1991) pour un récital des organistes duettistes Sylvie Poirier et Philip Crozier dans un programme allant des fugues ou sonates les plus austères aux toccatas et danses les plus délirantes; on entendit deux oeuvres commandées par le couple d’organistes, la Sinfonietta (1993) de Denis Bédard et Dance Suite for Organ Duet (1997) de Jacobus Kloppers.

Le congrès s’est terminé par un banquet en présence des autres membres de la famille Daveluy et du maire de Victoriaville. Aussi attendue que le concert hommage de la veille était la causerie de Raymond Daveluy sur le thème « la vie musicale à Victoriaville durant les années de ma jeunesse ». Heureux ceux qui ont eu la chance d’assister à une conférence de Raymond Daveluy ou, à défaut, de l’entendre simplement raconter une histoire; l’ironie tantôt douce tantôt mordante, la verdeur du verbe, une vaste culture, l’art de mettre en relief les aspects les plus signifiants d’une anecdote, la persévérance des honnêtes gens et la mesquinerie des médiocres en font un grand conteur qu’on ne se lasse pas d’écouter; on souhaite que ses mémoires, écrits ou dictés, soient un jour publiés : son père Lucien, véritable Stadtmusikus, c’est-à-dire musicien municipal, pendant plus de cinquante ans organiste, maître de chapelle, directeur de la fanfare et chef d’orchestre, le petit Raymond près de son père à l’orgue durant les offices ou assistant aux répétitions de la chorale et apprenant ainsi la langue musicale, ses racines nous sont ainsi révélées; et en évoquant tous ces foyers où avant la radio et la télévision on pratiquait la musique « vivante », Raymond Daveluy se demande si ce n’est pas plutôt aujourd’hui « la grande noirceur ». Ses auditeurs auront remarqué un véritable leitmotiv dans tous ses propos, soit le désenchantement pour ne pas dire la douleur de ce musicien élevé dans la tradition du chant grégorien soudainement mis au rancart pour faire place à la médiocrité du chant liturgique d’aujourd’hui.

Après cette conférence que tous auront trouvée trop brève, Raymond Daveluy, qui ne compte plus les décorations et les honneurs reçus au fil des ans (entre autres, de l’Ordre du Canada), fut nommé membre honoraire de la Fédération québécoise des Amis de l’Orgue; pour cette nomination, ses collègues organistes reçurent des remerciements très émouvants et d’une étonnante humilité de la part de ce maître musicien dont le critique Claude Gingras écrivit dans La Presse du 2 août 2001, au lendemain d’un récital mémorable à l’Oratoire Saint-Joseph : « N’ayons pas peur des mots : voici, très certainement, le plus grand organiste qu’ait produit le Canada. »

Ce congrès restera longtemps dans la mémoire de tous les participants; les principaux événements se sont déroulés dans les magnifiques églises patrimoniales de la région, où sonnent des instruments anciens récemment restaurés (deux orgues centenaires et trois sexagénaires). En plus, le soleil était de la partie et nous permit de jouir du paysage uni au nord de Victoriaville mais, au sud, agréablement vallonné. Cependant c’est surtout à l’organisation des Amis de l’Orgue des Bois-Francs qu’on doit le succès de ce rassemblement. Nos félicitations et notre gratitude vont aux nombreux bénévoles dont la participation a rendu possible cette réussite, et en particulier au président des AOBF, Martin Yelle, qui agit comme organisateur, guide, présentateur, conférencier, qui a assisté des organistes, conduit des autobus et même servi les fromages. On peut dire, sans jeu de mots, que ce congrès mémorable s’est déroulé sans fausse note.


Nouvelles de Québec
par Irène Brisson

Activités

Rappelons d’abord que le concert que devait donner Kenneth Gilbert le 10 juin dernier pour les Amis de l’orgue de Québec a été reporté, à la demande de l’artiste, à une saison ultérieure, et qu’il a été remplacé le 3 juin par un concert d’adieux de Denis Bédard et de Rachel Alflatt. Cet événement qui a eu lieu en l'église Saint-Roch de Québec, dont Denis Bédard était l’organiste titulaire, a attiré un public très nombreux et enthousiaste, qui a apprécié la diversité du programme que se partageaient les deux organistes, en solo ou à quatre mains. Un hommage leur a été rendu par la directrice artistique Noëlla Genest.

La 34ème saison des Amis de l’orgue s’est terminée le samedi 16 juin dernier avec la traditionnelle excursion culturelle qui a conduit 55 amis de l’orgue à la découverte (ou la redécouverte) des orgues de Saint-Pascal de Kamouraska et d’Edmunston au Nouveau-Brunswick, en compagnie des organistes Marc D’Anjou, Claude Girard et Danny Belisle.

Le 14 juin, un public de connaisseurs et d’organistes professionnels se pressait aux Saints-Martyrs-Canadiens pour entendre la quatrième édition du Concours d’orgue de Québec. L’instrument, à peine remis des travaux d’installation d’un combinateur électronique, a connu quelques ratés, ce qui n’a pas empêché les cinq candidats retenus de confirmer l’excellence de l’enseignement de l’orgue au Québec. Deux concurrents prometteurs encore aux études, Frédéric Roberge (Québec) et Peter Butler (Montréal) ont eu à rivaliser avec trois jeunes organistes professionnels remarquables : Dany Wiseman (Québec) qui, étant le premier à se faire entendre, mit d’emblée la barre très haute, Dominique Gagnon (Québec), toujours aussi fougueux et brillant et Erik Reinart (Montréal), le plus âgé des candidats, qui s’est présenté avec un curriculum vitae montrant un solide bagage et une grande expérience du concert et des concours. Le premier prix a été décerné à Erik Reinart qui a démontré tout au long de son récital un sens artistique évident. Il a également remporté le prix de la meilleure interprétation de l’oeuvre d’Alain Gagnon composée spécialement pour le concours. Il se fera entendre aux Amis de l’orgue le 28 avril 2002. C’est Dominique Gagnon, qui s’est déjà distingué au précédent Concours d’orgue de Québec, qui a obtenu le deuxième prix. Toutes nos félicitations aux deux lauréats. Nous souhaitons aux cinq participants une brillante carrière déjà bien amorcée.

La saison 2001-2002 des Amis de l’orgue a commencé sous le signe des changements : en raison des attentats du 11 septembre et des cérémonies religieuses qui ont eu lieu dans plusieurs grandes villes d’Amérique du Nord, l’organiste torontois, Christopher Dawes s’est vu dans l’impossibilité de donner le concert inaugural du 15 septembre aux Saints-Martyrs-Canadiens. C’est Gilles Rioux qui, à trois jours d’avis, a bien voulu le remplacer, avec un programme consacré à Clérambault, Bach, Thalben-Ball, Elgar, Schubert et Liszt. Ce concert « portes ouvertes » présenté avec écran géant a fait l’unanimité auprès du public. Au moment où vous lirez ces lignes, Jacquelin Rochette se sera fait entendre à l'église Notre-Dame de Lévis le 28 octobre, tandis que le 25 novembre, Esther Clément, qui succède à Denis Bédard aux grandes orgues de l'église Saint-Roch de Québec, aura donné son concert inaugural.

Conseil d'administration

Les Amis de l’orgue de Québec ont tenu le 26 octobre dernier leur assemblée générale annuelle, à l’issue de laquelle les membres suivants ont été élus pour former le prochain conseil d’administration :

Claude Beaudry, président; Richard Paré, vice-président, Michel Boucher, trésorier; Monique Dupuis, secrétaire; Noëlla Genest, directrice artistique; Suzanne Boulet, Irène Brisson, Louise Fortin-Bouchard, Paul Grimard, Geneviève Paradis, Robert Poliquin, Louise Provencher, Paul Sacca, Stéphane Saint-Laurent, Réal Vézina, conseillers.


Nouvelles de Montréal
par Louis Allard

Depuis le début de l'année 2001, les amateurs d'orgue montréalais se sont vu proposer quelques événements. Que ce soient les concerts soulignant le quarantième anniversaire de l'installation de l'orgue Beckerath de l'église de l'Immaculée-Conception, l'Académie d'orgue de McGill, la trentième saison des Concerts spirituels de l'Oratoire Saint-Joseph ou encore les différents concerts offerts dans la région montréalaise. De toutes ces activités sortent de l'ordinaire.

    L'AOM fête ses dix ans

    Le 20 avril dernier, les Amis de l'orgue de Montréal ont célébré, de brillante façon, leur dixième anniversaire de fondation en proposant au public de la métropole un concert qui fera date dans les annales musicales. Pour cette occasion, 24 organistes montréalais de toutes les générations se sont succédés à l'orgue Wilhelm de la Cathédrale Christ Church de Montréal (dont on fêtait cette année le vingtième anniversaire de l'installation) pour un concert-marathon d'une durée de 24 heures! Chaque musicien invité a proposé un programme de 45 minutes où les différentes époques du répertoire organistique se sont côtoyées. De plus, nous avons pu assister à la création d'oeuvres d'organistes montréalais telles que le Nocturne de Jean LeBuis et les quatre Préludes et Fugues de Domonique Lupien.

    Le public a été au rendez-vous peu importe le moment. Imaginez, un concert d'orgue au plein milieu de la nuit! Cela ne fait aucun doute, cet événement fut un succès. Certains organistes qui ont participé disent avoir aimé tellement l'expérience qu'ils sont prêts à recommencer.

    Un match d'improvisation

    Prenez deux orgues (ceux de l'église du Très-Saint-Nom-de-Jésus). Regroupez autour de ces instruments six organistes improvisateurs. Ajouter à cela un arbitre, un maître de cérémonie, des juges de ligne et des cartes avec des titres, des catégories, des durées. Mélangez le tout et vous obtiendrez un match d'improvisation. C'est ce à quoi le public montréalais était invité à assister le 2 octobre dernier dans le cadre du Festival Orgue et couleurs.

    Deux équipes s'affrontaient au cours de cette soirée. Elles étaient formées d'un côté de Mélanie Barney, Philippe Bournival, Dominique Lupien et de l'autre, de Louis Allard, Éric Beaudoin et Justin Desmarais. Tous ces jeunes organistes ont bénéficié de l'enseignement d'improvisateurs de renom tels Raymond Daveluy, Rachel Laurin, Raymond Perrin et Jean LeBuis. Un arbitre veillait au bon déroulement de la partie. Pour l'occasion, Raymond Perrin tenait ce rôle redoutable.

    La partie était divisée en deux périodes de 40 minutes. Pour chaque demie, une équipe occupait l'orgue de la tribune et l'autre, l'orgue de choeur. Le public a eu droit à des improvisations virtuoses. Imaginez, une improvisation mixte mettant en scène les deux orgues de Très-Saint-Nom-de-Jésus et ayant des titres comme Don Quichotte contre les moulins à vent ou Sonneries de téléphone. Ou encore une improvisation comparée dans le style d'un choral orné avec un thème musical ou encore une autre improvisation comparée à deux joueurs ayant pour titre Triptyque lunaire. Les improvisateurs ont fait preuve d'imagination et d'écoute afin d'offrir au public des prestations de qualité.

    Pour chacune des improvisations, les quelque 150 personnes présentes lors de cette soirée étaient invitées à voter pour l'équipe ayant offert la meilleure prestation. Même qu'à l'occasion, le public réagissait fortement à ce qu'il entendait créant ainsi une atmosphère conviviale. Comment réagiriez-vous si vous entendiez lors d'une improvisation ayant pour thème Et tombe l'automne quelques mesures de la célèbre chanson Les feuilles mortes chantée par Yves Montand?

    Cette soirée officialisait la tenue de ces matchs d'improvisation. Deux autres soirées avaient eu lieu précédemment et avaient remporté le même succès. Ce projet, créé par les organisateurs du Festival Orgue et couleurs, a suscité la curiosité d'un public qui ne fréquente pas régulièrement les concerts d'orgue; mission importante pour le milieu artistique québécois qui se doit de réévaluer ses liens avec la population.

    Déjà trotte dans la tête des organisateurs du Festival l'idée de créer une ligue regroupant des organistes improvisateurs de tous les coins du Québec. À suivre...


Anniversaires en musique
par Irène Brisson

Alors que 2001 tire à sa fin, voici deux compositeurs à ne pas oublier dans notre série d’anniversaires : Abraham van den Kerckhoven (v.1618-1701) et Pierre Du Mage (v.1676-1751).

Le premier, Abraham van den Kerckhoven, est issu d’une famille de musiciens flamands active de la fin du XVIème siècle aux années 1750. Il fut durant presque 70 ans organiste à Sainte-Catherine de Bruxelles, ayant commencé sa carrière dès 1633, soit vers l’âge de 15 ans! Il occupa durant de nombreuses années, toujours à Bruxelles, le poste d’organiste de l’archiduc Leopold Wilhelm d’Autriche, gouverneur des Pays-Bas, succédant en cela vers l’âge de 30 ans à Johann Caspar Kerll. Ayant composé exclusivement pour son instrument, il appartient à la génération suivant celle de Sweelinck et de Pieter Cornet. Ses nombreuses pièces d’orgue s’apparentent tour à tour à l’esthétique italienne (fugues et fantaisies contrapuntiques rappelant Froberger) et française (plein-jeux, fantaisies de type solo orné pour cornet, cromorne ou dessus de tierce), le tout avec une richesse harmonique et une expansion évoquant parfois Buxtehude et l’école nord-allemande. Ses oeuvres ont été publiées par Watelet en 1933 dans la deuxième parution de la collection Monumenta musicae Belgicae. On en trouve également quelques-unes dans Les maîtres anciens néerlandais (incluant son imposant Prélude et fugue en ré mineur) et l’Anthologia pro organo de Flor Peeters (vol. I et III). Un disque révélateur de la diversité de son langage musical (14 pièces) a été enregistré en 1995 par François Houtart à l’orgue de la cathédrale de Luxembourg (Pavane, ADW 7381). De la musique à découvrir et à jouer absolument!

Contemporain de Clérambault et de Bach, Pierre Du Mage, est originaire de Beauvais. Fils d’un musicien, il fit ses études à Paris auprès de l’illustre Louis Marchand. Nommé grâce à Lebègue organiste à Saint-Quentin au début des années 1700, il composa pour son instrument, signé Robert Clicquot, son célèbre Premier livre d’orgue, publié en 1708. Deux ans plus tard, il devint organiste de la cathédrale de Laon, mais il démissionna de ses fonctions en 1719, se consacrant dès lors à des tâches administratives. On sait qu’il fit paraître en 1712 un second recueil de pièces d’orgue, malheureusement considéré comme perdu. Ses huit pièces du Premier livre se situent dans la lignée de celle de ses contemporains français et, comme le souligne Félix Raugel dans la préface de son édition de 1952 (Éditions musicales de la Schola Cantorum), « ce sont des pages élégamment écrites où la marche tonale est toujours bien déterminée. Il n’y est fait aucune allusion au chant grégorien, l’auteur semblant vouloir faire ses preuves en traitant l’orgue dans un style brillant et décoratif ».


L'orgue sur le web
par André Côté

On reconnaît généralement au réseau Internet deux caractéristiques quasi paradoxales : la possibilité d’y retrouver de l’information précise et objective sur presque tous les sujets imaginables mais également, il faut l’avouer, l’occasion de traiter de sujets qui tiennent plutôt de la curiosité, voire de l’excentricité.

Je vous propose en cette chronique de faire une incursion dans cette deuxième catégorie avec des sujets qui sauront provoquer l’étonnement.

L'orgue de bambou

  • Lorsqu’on parle de facture d’orgues, on admet généralement l’utilisation des matériaux suivants : bois, métaux (plomb et étain) et cuir. Le qualificatif « insolite » colle alors très bien à l’orgue de bambou de Las Piñas aux Philippines …

    http://www.geocities.com/laspinascity/facts/index.htm
    http://bamboo.diegocera.com

    … car cet instrument construit en 1816 par le père Diego Cera et restauré en 1973 par un facteur allemand comprend 1031 tuyaux dont 902 sont de bambou.

    En plus du International Bamboo Organ Festival qui se tient annuellement, des enregistrements sur disques compacts permettent de prendre contact avec cet orgue unique au monde:

    http://www.divine-art.com/md3136info.htm

L'orgue de pierre

L'orgue en ligne

    Pour le moins étonnant ! Toujours dans le domaine des sujets insolites, que dire du concept de l’ « Orgue en ligne » des facteurs J. F. Dupont …

    http://www.jf-dupont.com/orgue_en_ligne.htm

    Il s’agit de donner la possibilité de jouer à distance l’orgue de l’église Saint-Pierre de Caen à partir d’une console électrique totalement indépendante de l’instrument et pouvant être utilisée à un endroit distant où se tiendrait un concert. La transmission des données numériques et analogiques se ferait par l’intermédiaire d’ordinateurs et de lignes haute-vitesse, le tout en temps réel.

Pour terminer, une devinette : Savez-vous comment sonne un jeu de « Stammentinpfeife » ? Pour connaître la réponse, et en savoir plus sur des centaines de jeux aux noms souvent très particuliers, il faudra consulter l’Encyclopedia of Organ Stops.

http://www.organstops.org


Un organiste oublié: Georg Reutter
par Irène Brisson

La collection musicologique des monuments de la musique autrichienne (Denkmäler der Tonkunst in Österreich) comprend des partitions très diversifiées, allant du motet de la Renaissance aux opéras et aux symphonies du classicisme viennois. Quelques organistes trouvent leur place dans ces nombreux volumes parus au début du XXème siècle et réimprimés en fac-similé une cinquantaine d’années plus tard. C’est ainsi que le volume 27, intitulé Wiener Klavier- und Orgelwerke aus der zweiten Hälfte des 17. Jahrhunderts est consacré aux oeuvres de clavecin des compositeurs de la cour impériale Alessandro Poglietti (mort en 1683), Ferdinand Tobias Richter (1649-1711) et Georg Reutter l’ancien (1656-1738). Les deux premiers étant représentés par des oeuvres pour clavecin (pièces pittoresques ou narratives dans le cas de Poglietti, suites de danses et toccata dans celui de Richter), restent quelques pages pour clavecin ou orgue de Reutter. Organiste puis maître de chapelle impérial de la cathédrale de Vienne, il aurait été l’élève de Johann Kaspar Kerll, l’un des respectables organistes autrichiens de la deuxième moitié du XVIIème siècle, lui-même disciple de Froberger. Il jouait également du théorbe et était un excellent accompagnateur aux claviers. Son fils, Georg Reutter le jeune, lui succédera à l’orgue puis à la tête du choeur de la cathédrale et comptera dès 1740 parmi ses petits chanteurs l’apprenti Joseph Haydn qu’il congédiera en 1749.

Les oeuvres pour clavier publiées dans le DTÖ remontent aux années 1696-1698 et consistent en six caprices, deux canzone, une fugue, un ricercar et une toccata. Deux caprices, une canzone exploitant un thème de choral et le ricercar ne seraient peut-être pas de lui, le choral étant attribué à Nicolaus Adam Strungk, déjà présenté dans un précédent Mixtures (no12). Les pièces qui restent montrent clairement la filiation Froberger-Kerll-Reutter et s’apparentent à certaines oeuvres du même genre de Pachelbel qui fut lui aussi organiste à Vienne avant de s’installer en Allemagne. Le tout est limpide, élégant, parfois archaïsant et les sujets fugués exploitent les conventionnelles formules arpégées, syncopées ou encore les notes répétées. La toccata, un peu plus élaborée est cependant loin des grandes fresques composées à la même époque par Georg Muffat! Quoi qu’il en soit, Reutter fut en son temps un musicien très apprécié et reconnu pour sa polyvalence.


Revue des revues
compilée par Gaston Arel
La Tribune de l'orgue
REVUE SUISSE ROMANDE
Guy Bovet
CH-1323 Romainmotier, Suisse
  • 53e année, No 2
    Éditorial - " Eine recht grosse und recht schöne Orgel... " - Jouer Bach au 21e siècle - Le quart d'heure d'improvisation - Orgues historiques à Gênes - Les voyages de M. Philéas Fogg - Orgues - Livres, disques, partitions, nouvelles, divers, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts.
  • 53e année, No 3
    Éditorial - La faune des orgues - L'orgue d'Albert Alain - Le quart d'heure d'improvisation - Orgues historiques dans la Riviera del Levante - Les voyages de M. Philéas Fogg - Pierre Pidoux - Orgues - Livres, disques, partitions, nouvelles, divers, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts.
  • L'orgue francophone
    BULLETIN DE LIAISON DE LA FÉDÉRATION FRANCOPHONE DES AMIS DE L'ORGUE,
    35 Quai Gailleton,
    69002 Lyon, France
  • No 29-30 (2001)
    Le billet du président - L'orgue de la chapelle du Château de Versailles : glanes et images (5e partie) - Une famille de facteurs d'orgues : les Dallery - L'orgue de Saint-Jean-de-Losne - Georges Wenner ou le Cavaillé-Coll de l'Aquitaine - Leçon de Michel Chapuis - Le Salon de la Musique 2000 à Parais - L'Aquitaine des orgues en l'an 2000 - Assemblée générale statutaire de la FFAO - Nos associations ont la parole - Actualité de l'orgue - Revue des revues, livres et partitions, compact disques - Chartes des organistes - In memoriam, Pierre Bernier - Le tuyau et la plume.
  • L'orgue francophone en bref
    SUPPLÉMENT DU BULLETIN DE LIAISON DE LA FÉDÉRATION FRANCOPHONE DES AMIS DE L'ORGUE,
    35 Quai Gailleton,
    69002 Lyon, France
  • No 26-27 (mars - juin 2001)
    Concerts - Festivals, semaines de l'orgue, congrès - Routes des orgues, voyages - Propos du Père Sage - Stages, académies, classes de maîtres - Concours - Brèves de tribunes - Compact disques nouveautés - Livres et partitions - Échos - J'aime l'harmonium - Le coin des amateurs de cartes postales -Petites annonces - Salon de la musique.
  • Point d'orgue
    BULLETIN DE LIAISON DE L'ASSOCIATION DES AMIS DE L'ORGUE DE LA VENDÉE,
    3 rue Victor-Hugo,
    85580 Saint-Michel-en L'Herm, France
  • No 96 (35e année / juin 2001)
    L'orgue symphonique Abbey de St-Pierre du Poiré-sur-Vie - Travaux sur l'orgue Cavaillé-Coll de la cathédrale - Revue des revues - Stage improvisation IMV. 5 et 6 avril 2001 - Récital Neville Dilkes àa N.-D de Fontenay-leComte - In memoriam : Maurice Naud - La vie autour des orgues - Concerts et récitals - Auditions d'orgue, cathédrale de Luçon - Autres annonces - Noctures océanes - Bibliographie, discographie.
  • No 97 (35e année - octobre 2001)
    Et si on parlait de l'orgue de l'église Saint-Jean de Fontenay-le-Comte - En hommage à Christian Villeneuve - 8e Académie d'orgue de Chavagnes-en-Paillers - Récital Sophie-Véronique Cauchefer-Choplin à la cathédrale de Luçon - Bibliographie, discographies - Le 40e stages des jeunes organistes de Saint-Laurent-sur-Sèvre - Échos des 4e nocturnes océanes - Auditions d'été à la cathédrale - La musique et ses légendes - La vie autour des orgues - Autres annonces.
  • Bulletin d'information de l'Association des amis de l'orgue de Versailles et de sa région
    20 rue Montbauron,
    78000 Versailles, France
  • No 49 (juuin 2001)
    Éditorial - Assemblée générale du 10 mars 2001 - Le Livre d'orgue (1e partie) - Une visite au Salon de la musique - Décès de Guy Thérien, facteur d'orgue du Québec - Georges Trouvé - Un orgue sous le soleil - Les orgues de la cathédrale Sainte-Cécile d'Albi - L'orgue de Carantec - L'orgue de Bourganeuf - Hommage à Norbert Dufourcq - Concert du 25 mars à Notre-Dame de Versailles - L'organiste, cet inconnu - Festivals, stages, académies, inaugurations d'orgues - Concert en l'église de Monfort-l'Amaury - 27e Festival international d'orgue de Chartres - Disques de musique de musique d'orgue - Construction, restauration et relevage d'orgues.
  • Le Magazine de l'Orgue
    Rue du Trône, 200,
    B-1050 Bruxelles, Belgique
  • No 64 (avril-mai 2001)
    Prélude - 30 CD's classés par compositeurs - Les Folies françoises - 15 CD's récitals, classés par interprètes - Eccho, lieber eccho mein... - XIV questions à Fenner Douglas - 6 livres sur l'orgue - L'orgue dans La Revue et Gazette Musicale de Paris, 1849 --16 partitions d'orgue - Agenda des concerts.
  • No 65 (avril-mai 2001)
    Prélude - 19 CD's classés par compositeurs - XIV questions à Yves Lafargue - 8 CD's récitals, classés par interprètes - 5 livres sur l'orgue - Eccho, lieber eccho mein... - Les lecteurs du M'O nous écrivent - 11 partitions d'orgue -- Agenda des concerts.
  • No 66 (aoüt-novembre 2001)
    Prélude - 12 CD's classés par compositeurs - La boutique du M'O - XIV questions à Olivier Vernet - 9 CD's récitals, classés par interprètes - L'orgue dans La Revue et Gazette Musicale de Paris, 1849 - 6 livres sur l'orgue - Cornements et Voix célestes - Eccho, lieber eccho mein... - 23 partitions d'orgue - Agenda des concerts.
  • * NDLR : Il est possible de s’abonner à cette très intéressante revue qui fait la rensension des dernières nouveautés dans le monde de l’orgue. Le Magazine de l’orgue paraît cinq fois l’an. Pour tout renseignement, s’adresser à la rédaction de Mixtures dont l’adresse apparaît à la page sommaire.

    Le Tuyau
    BULLETIN DE LIAISON DE L'ASSOCIATION «CONNAISSANCE ET PRATIQUE DE L'ORGUE»
    Montpellier, France
  • No 29 (1er semestre 2001)
    La lutte avec l'ange - L'orgue historique de Saint-Guilhem-le-Désert - De la récente restauration à l'inauguration de l'orgue de Saint-Guilhem - Discographie de l'orgue de Saint-Guilhem - Rubrique discographique - Livres et revues - Traces de Jean-Pierre Cavaillé.
  • L'Orgue
    Bulletin des Amis de l'orgue,
    13, av. du Lycée Lakanal
    92340 Bourg-la-Reine, France
  • No 253 (2001-1)
    Orgues et organistes de la cathédrale Notre-Dame-de-L'Annonciation de Bourg-en-Bresse depuis l'édfication de son grand orgue (1683-2000) - Chroniques : Disques, partitions, Livres et brochures, Revue des revues, Informations, Nouveaux instruments, Hommage à Norbert Dufourcq, État de la musique religieuse en France, In memoriam Pierre Desnis, De l'usage des mixtures dans le grand chœur au cours du XIXe siècle.
  • Musica et Memoria
    ASSOCIATION ÉLISABETH HAVARD DE LA MONTAGNE,
    Le Moulin Blanc,
    87300 Bellac, France
  • no 77-80 (numéro spécial, année 2000, 21e année)
    Éditorial - Le mot du Webmestre - In memoriam : Jean Villetard - Minuit Chrétiens, une partition d'Adolphe Adam - Le vocabulaire musicale dans le langage familier - Le vocabulaire musical dans le langage ergotique - Marie Jaëll, pianiste virtuose, compositrice ambitieuse...- Catalogue des œuvres de Marie Jaëll - Revue des revues - Paul Duka, le père de l'Apprenti sorcier - Louis Fourestier, chef d'orchestre - Plaisir d'amour ou petite histoire d'une romance de plus de 200 ans - Le Centre national de préparation au C.A.E.M. - Pierre Petit, fin musicien lettré et indépendant ! - Quelques glances sur la musique à St-Roch au XIXe siècle - Un musicien bien français : Claude Delvincourt - Il y a 20 ans, Élisabeth Havard de la Montagne - Un rival de Gounod, le marquis d'Ivry - Guy de Lioncourt, héritier de la pensée de Vincent d'Indy.
  • No 80-81 (mars-juin 2001, 22e année)
    Obituaire des musiciens, ou derniers regards sur l'année 2000 - Un 150e oublié : Vincent d'Indy (1851-1931) - Catalogue chronologique des œuvres de Vincent d'Indy - Jean-Louis Martinet, musicien de notre temps : notes autobiographies - Maurwice Vanmaccckelberg, historien de l'orgue - Revue des revues - Musica et Memoria et Internet.
  • L'Organiste
    Organe de l'Union Wallonne des organistes,
    25 rue de Romainville,
    4520 Bas-Oha, Belgique
  • no 130 (33e année, 2001-2)
    L'orgue Jaquot-Jeanpierre & Cie de l'église Saint-Hubert à Fouches (1888) - L'orgue de l'église Saint-Armand à Anvaing - Fausse découverte d'un buffet d'orgue d'André Séverin au Musée Curtius à Liège - Nouvelles de l'orgue - Le Carillonneur du jour de marché - Actualité et revues campanaises - Retour - Nivelloisellerie, op. 136 (carillon) - P'tit Quinquinaillerie et Vivat, op. 137 (carillon).
  • Bulletin de l'Association Maurice et Marie-Madeleine Duruflé
    142, rue Ordener,
    F-75018 Paris, France
  • no 1 (Juin 2001)
    Buts de l'Association - Le mot de la présidente - In momoriam Marie-Madeleine-Duruflé - Biographie de Maurice Duruflé - Discographie des Duruflé - Disques à la vente auprès de l'Association - Publications des Duruflé - Comptes-rendus et Annonces.
  • Orgue Canada
    Journal triannuel du Collège royal canadien des organistes (RCCO / CRCO)
  • Juin 2001 (Vol 14, no 2)
    The Paris Diaries - Le coin de la présidente - Welcome James Lee ! - In memoriam : Guy Thérien, Frances Maatgthias, R.Stewart Carter, Stuart Anthony Kolbinson - Newsworthy & Noteworthy - Bach Birthday Bash - Unfinished Business Steed on Dupré - From the Archives - What do we do when we sing Hymns.
  • Septembre 2001 (vol 14, no 3)
    Toronto Organ Festival Review - Le coin de la présidente - Annual Convention Review : Workshps, Recitals - Seeking Peace on the Plains - Newsworthy & Noteworthy - Windsor Wrap-Up : A Year in Review. - Pow! A Smash ! - On Being Temple Keepers.
  • Orgue Alternatives
    The triannual Internet publication.
  • No 34, Summer 2001
    Summer Organ Academis in Canada - Guy Thérien (1947-2001) - Reviews - The Enthusiast's Corner - Peter Nikiforuk - The King in Concert - OrgaNews.
  • Bulletin
    CRCO, CENTRE DE MONTRÉAL
  • Vol 13, No 1, September 2001
    From the President - McGill Summer Academy - Master classes with Marie-Claire Alain - The " Stamp " of an organ ? - Notes from the Executive - Names in the News.