Mixtures

No. 19 - Décembre 2003

Dans ce numéro:


Éditorial
Un changement de garde

Par Gérard Mercure, nouveau Président de la FQAO

Succéder au fondateur d'une association et qui plus est d'une fédération est tout un défi. Surtout quand cet organisme a été dirigé pendant près de dix ans par un président aussi dévoué à la cause. Avant d'accepter de prendre la succession, le soussigné a consulté Mixtures pour faire sien l'esprit et les objectifs énoncés dans les éditoriaux, la plupart signés de la main de son président monsieur Gaston Arel. Quant au programme d'action il est également déjà bien tracé. Il s'agira d'établir les priorités dans la limite du temps et des moyens dont disposent les nouveaux administrateurs de la Fédération. Mais le nouveau président est rassuré car il sera bien entouré. Lors de l'assemblée générale du 18 juillet 2003, ont été élus ou réélus les membres suivants : Gérard Mercure, représentant des Amis de l'orgue de Rimouski, Gilles Rioux et Michèle Quintal représentants de Pro Organo Mauricie, Robert Poliquin et Claude Beaudry, représentants des Amis de l'orgue de Québec, Réal Gauthier, représentant des membres associés, Martin Yelle, représentant des Amis de l'orgue des Bois-Francs et Jean-François Downing, représentant des membres individuels. Il reste à nommer le représentant des Amis de l'orgue de Montréal. Ce nouveau conseil d'administration s'est réuni une première fois le 7 septembre dernier. Il a attribué les postes de président à Gérard Mercure, de vice-président à Gilles Rioux, tandis que Réal Gauthier, trésorier et Jean-François Downing, secrétaire ont été confirmés dans leurs fonctions respectives..

Lors de cette première réunion, les membres du nouveau conseil ont dressé la liste des divers dossiers impliquant une réflexion ou d'exigeant un suivi. L'un des objectifs de la Fédération étant de donner une voix aux organismes qui font la promotion de l'orgue, les relations extérieures constituent un élément capital de représentation auprès des fédérations analogues, RCCO, FFAO, des organismes consultatifs comme le Conseil québécois de la Musique, le Conseil des arts et de la culture du Québec et la Fondation du patrimoine, ou d'intervention auprès d'organismes gouvernementaux. Il est important que les organistes se fassent entendre autrement que par la voix puissante de leur instrument.

La FQAO, dans un effort de regrouper tous les organismes associés de près ou de loin à l'orgue, compte rejoindre aussi les sociétés ou artistes qui offrent des concerts de façon ponctuelle, dans le cadre de festivals, de concerts d'été ou de concerts du midi. La première initiative dans ce sens du conseil d'administration est de produire un dépliant pour faire connaître la Fédération et ses services à d'éventuels nouveaux membres. Monsieur Jean-François Downing en proposera une esquisse à la prochaine réunion. La FQAO tentera aussi de rejoindre les anciens membres des Amis de l'orgue du Saguenay-Lac-Saint-Jean pour soutenir leur intérêt pour la cause de l'orgue.

Le projet de site Web est relancé. Le site sera hébergé par l'Université du Québec avec la complicité des Amis de l'orgue de Québec. L'un de ses représentants au conseil, monsieur Robert Poliquin, concepteur et webmestre du site bien connu et bien fréquenté « Orgues et organistes », en sera le maître d'œuvre.

Monsieur Martin Yelle a repris le flambeau que tenait bien haut madame Lucie Beauchemin comme animatrice de l'émission Présence de l'orgue, tous les dimanches après-midi, à l'antenne de Radio Ville Marie. Des démarches ont été faites auprès de Radio Galilée pour qu'une entente entre les deux diffuseurs puisse permettre également l'écoute de cette émission dans la région de Québec.

Monsieur Claude Beaudry a accepté d'assurer la relève à la rédaction de Mixtures. Il a dû malheureusement interrompre la préparation du présent numéro en raison de la maladie subite de son épouse. Monsieur Arel a repris le dossier en main le temps de parer au plus urgent. Nous lui en savons gré et le remercions d'avoir bien voulu accueillir sous son toit cet enfant chéri qui avait pourtant déjà quitté la maison. Quant à Mixtures en bref, regroupant les calendriers des concerts d'orgue au Québec, monsieur Réal Gauthier en a fait la compilation dès septembre dernier. C'est là un des services appréciés qu'une fédération de sociétés de concerts peut offrir à ses membres. Ce calendrier offre une vue panoramique des activités de concerts à travers tout le Québec.

Parmi les autres projets que le conseil devra examiner, il y a l'idée lancée en 2002 de convoquer des États généraux de l'orgue sur l'avenir de l'orgue et sur celui de la FQAO. L'organisation d'un prochain congrès ou d'un événement soulignant le 10e anniversaire de la Fédération sera aussi à l'ordre du jour d'une prochaine réunion. Enfin, il tentera de ressusciter le groupe de travail proposé lors de l'assemblée générale de 2002, chargé d'explorer les sources de financement et d'identifier les programmes de subventions afin de permettre à la Fédération de mener à terme ses projets et de se doter d'un secrétariat permanent. C'est là un rêve quelque peu audacieux, mais dont la réalisation assurerait un développement durable de la Fédération.


Johann Pachelbel
par Antoine Bouchard

Suite à la publication sur disques de son Intégrale des œuvres d'orgue de Pachelbel, Antoine Bouchard a été invité à parler du compositeur et de sa musique aux Amis de l'orgue de Québec et, de Montréal, de même qu'aux participants du récent congrès à Ottawa du C.R.C.O. Ses propos étaient accompagnés d'extraits de son Intégrale. Pour le bénéfice des lecteurs de Mixtures, l'abbé Bouchard nous apermis de reproduire le texte de sa conférence.

La vie de Pachelbel

Johann Pachelbel est né à Nuremberg le 1er septembre 1653. On sait peu de choses sur ses premières années, sinon qu'il manifesta très tôt beaucoup d'intérêt pour les études et un remarquable talent pour la musique. D'abord initié aux rudiments de cet art dans sa ville natale, il entre à quinze ans à l'université d'Altdorf et devient en même temps l'organiste de l'église paroissiale St. Lorenz. L'année suivante, faute de ressources financières suffisantes, il quitte l'université et poursuit ses études à Ratisbonne (Regensburg), au Gymnasium Poeticum dont il devient boursier et où il est accueilli malgré que sa présence crée un surnombre. Pour cet étudiant extrêmement doué, on accepte encore une autre entorse au règlement en lui permettant de poursuivre sa formation musicale avec un professeur non rattaché au Gymnasium.

Ce professeur, Kaspar Prentz, est un protégé du célèbre Johann Kaspar Kerll. C'est sans doute Prentz qui initiera d'abord notre Johann à la musique italienne, et c'est probablement à son instigation aussi que, trois ans plus tard, à vingt ans, le protestant Pachelbel arrive à Vienne pour devenir assistant-organiste à la Cathédrale catholique Saint-Étienne. Kerl, lui aussi, vient de se fixer à Vienne. On ne sait rien des rapports du grand maître avec le jeune Pachelbel durant les quatre années qu'il passera à Vienne, mais tous les commentateurs affirment que l'illustre disciple de Carissimi a beaucoup influencé l'écriture de Pachelbel.

En mai 1677 (il a alors 24 ans), Johann est engagé comme organiste à la cour d'Eisenach. L'année suivante, il accepte un poste beaucoup plus intéressant à l'église des Dominicains, la Predigerkirche d'Erfurt. Il y officiera pendant douze ans sur un bel orgue de vingt-sept jeux. C'est à Erfurt qu'il écrit une grande part de ses œuvres d'orgue, notamment des choral-préludes et des variations de choral qui confirment sa notoriété et lui attirent beaucoup d'élèves. En 1690, sans doute en vue d'améliorer les conditions de vie de sa famille, Pachelbel accepte un poste à la Cour de Württemberg, à Stuttgart. Il n'y sera que deux ans, devant se réfugier dans sa ville natale pour éviter une invasion des troupes françaises. Heureusement, il peut bientôt revenir en Thuringe, à Gotha, pour y occuper le poste d'organiste municipal qu'il préfère à ses anciennes fonctions à la cour de Stuttgart, ou, encore, à un poste d'organiste qu'on lui offre à Oxford, en Angleterre. Trois ans plus tard, en 1695, Nuremberg rapatrie son illustre fils pour lui confier, en vertu de sa notoriété, le poste très prestigieux d'organiste de Saint-Sébald, qu'il occupera jusqu'à sa mort, le 9 mars 1706, à cinquante-deux ans et six mois. Johann s'était marié en 1681. Hélas! deux ans plus tard, sa femme et leur bébé furent emportés par une épidémie de peste. Il se remarie l'année suivante avec Judith Drommer. Ils mettront au monde cinq garçons et deux filles.

Le fils aîné, Wilhelm Hieronymous, qu'on a dit le plus brillant des nombreux élèves de son père, lui succédera à Saintt-Sébald. Un autre, Karl Theodore émigre en Nouvelle-Angleterre où il connaîtra une brillante carrière musicale. Quant à Johann Michael, il excelle en facture instrumentale à Nuremberg et, plus tard, en Jamaïque. Une fille, Amalia, eut du succès comme peintre et graveur. Rêvons qu'on retrouve un jour un portrait ou une gravure due à son talent et qui nous restituerait les traits, encore totalement inconnus à notre époque, de son illustre père. Voilà, esquissés brièvement les principaux éléments factuels de la vie de Johann Pachelbel.

L'influence du pédagogue

Avant d'en venir à son œuvre de compositeur, arrêtons nous un moment sur son influence à titre de pédagogue. Toute sa vie, Pachelbel a eu beaucoup d'élèves dont l'histoire a souvent retenu les noms. Il leur enseignait à jouer, à improviser et à composer. On écrivait donc autour de lui beaucoup de musique et il nous est resté de tout cela de nombreux manuscrits dont la paternité ne peut pas toujours s'appuyer sur une signature fiable. Cette recherche est d'autant plus complexe qu'à ce jour, le seul autographe, identifié d'ailleurs comme partiellement de Pachelbel, est une tablature ayant appartenu à un de ses élèves. Ce qu'on peut dire, en tous cas, c'est qu'autour de Pachelbel s'est développé un foyer de production des plus remarquables, comparable à certains égards à ce qui s'était passé cent ans plus tôt à Amsterdam autour de Sweelinck.

Parmi tous ces disciples, nous retiendrons un nom, celui de Johann Christoph Bach. On sait que Johann-Ambrosius Bach, le père de Jean-Sébastien, admirait Pachelbel au point de lui avoir demandé d'être le parrain de sa fille Johanna Juditha et le professeur de son fils aîné, ce Johann Christoph. À la mort d'Ambrosius, Jean-Christophe devint le tuteur et le mentor de son petit frère, Jean-Sébastien, alors âgé de dix ans. Pendant cinq ans, le génial enfant va pouvoir développer sa technique instrumentale et acquérir les bases de l'écriture contrapuntique à même la fréquentation des œuvres des maîtres où Pachelbel figure alors au premier rang.

Les œuvres de Pachelbel

Venons-en aux compositions de celui que Gilles Cantagrel qualifie de « figure européenne dominante de la musique pour clavier dans le dernier quart du XVIIe siècle... » Il est vrai que Pachelbel a composé surtout pour le clavier, et nous y viendrons. Mais on ignore parfois qu'il a beaucoup écrit pour les voix : 26 motets à quatre ou cinq voix et, la plupart du temps pour double chœur, 19 airs spirituels pour une ou deux voix et petit ensemble, 12 motets pour le début des vêpres et 13 Magnificat pour quatre ou cinq voix et orchestre de chambre. Pour de petits ensembles aussi, il a écrit une douzaine de concerts spirituels à plusieurs instruments. Les six sonates pour deux violons et basse, publiées en 1695, sont à peu près les seules, hélas!, dont on puisse trouver un enregistrement sur disque. Espérons qu'en cette année du 350e anniversaire de la naissance de Pachelbel, on puisse enfin entendre ses œuvres vocales, dont on a pu écrire dans le dictionnaire Grove qu'elles « démontrent une maîtrise des styles et structures puisées dans la tradition de Schütz, et faisant appel à une gamme de moyens expressifs encore plus large que celle qu'il déploie dans ses pièces d'orgue. » Pour le clavecin ou le clavicorde, Johann nous a laissé 21 Suites marquées d'inspiration française probablement dues au contact des œuvres de Froberger. On croit que ces suites ont été écrites avant qu'il n'ait trente ans.

Les œuvres d'orgue

Passons maintenant aux œuvres d'orgue. Chez les anciens, comme vous le savez, la discrimination entre ce qui est destiné à l'orgue, au clavecin ou au clavicorde, est loin d'être toujours évidente. D'autant plus que certaines œuvres sont tout à fait jouables sur l'un ou l'autre de ces instruments. Il en va de même pour le partage entre les œuvres liturgiques et celles dites profanes, notamment en pays protestants où le choral n'était pas réservé au temple mais imprégnait aussi la vie du foyer familial. Lorsqu'il s'agit, par exemple, d'une toccate avec de longues tenues à la basse, on comprend que cette pièce est destinée à l'orgue. De la même manière, pour un prélude construit sur un choral traité en cantus firmus, il va de soi que l'orgue, avec ses jeux solistes, rend beaucoup mieux compte de la structure de l'œuvre. Les musicologues ont donc dressé des listes attribuant à l'orgue telle ou telle pièce de clavier. En se fondant sur d'autres critères, ils ont été en mesure de départager aussi ce qui est nettement destiné à la liturgie.

Quand, en 1996, j'ai commencé mes travaux pour l'intégrale d'orgue Pachelbel, la source la plus fiable dont nous disposions, faute de catalogue, était la liste de ses oeuvres dans l'édition de 1980 du Grove. Cette liste est d'ailleurs demeurée presque la même dans la récente réédition de l'ouvrage. C'est sur cette base que nous avons enregistré 255 oeuvres. C'est considérable! Même en retranchant de ce nombre une dizaine d'œuvres dont l'attribution est contestée, le corpus Pachelbel fait, par exemple, plus que le double des 115 oeuvres du corpus d'orgue de Buxtehude. Parmi ces 255 œuvres, 170, donc exactement les deux-tiers, sont considérées comme liturgiques. Et, dans l'autre tiers, la plupart des oeuvres sont d'une qualité d'écriture et d'un caractère qui les habilitent à rehausser dignement la prière, aussi bien au temple qu'à la maison familiale. Au plan de l'écriture, Pachelbel utilise principalement trois techniques: 1) la phrase libre, faite de gammes et de traits, d'accords brisés ou arpégés pour les toccatas, préludes et fantaisies; 2) la variation, faite de diminutions mélodiques et de variantes métriques pour les chaconnes, chorals ou airs variés; 3) le style fugué - sûrement le préféré de notre auteur - non seulement pour quelque 125 fugues et 3 ricercare mais pour la presque totalité de ses choral-préludes.

Les formes d'écriture des œuvres d'orgue

Pachelbel a écrit 75 préludes de choral, et il a été le premier à en écrire autant, sans doute stimulé à le faire par une circonstance dont il faut dire un mot. Johann a 25 ans quand il est engagé à Erfurt. Son contrat stipule qu'il devra préluder au chant du choral avec une pièce basée sur l'air du choral. C'est-là une exigence classique à l'époque. Mais à Erfurt, on précise que ce prélude doit être préparé et non pas improvisé. Rétrospectivement, disons merci à ces marguilliers de la paroisse des Frères-prêcheurs. Sans eux, ces merveilles auraient-elles été achevées à ce point et si soigneusement notées? Johann doit écrire; il va écrire. Coulant ses préludes de choral tantôt dans des formes anciennes, tantôt contemporaines (bicinium, chanson polyphonique allemande ou fugatos divers), tantôt dans un moule nouveau qu'il créée et que Max Seiffert nommera choral combiné, où il distillera son écriture la plus achevée et souvent la plus inspirée. Du vivant du compositeur ne parurent que huit de ses choral-préludes, publiés à Nuremberg, en 1693, sous le titre de Acht Choräle zum Praeambulieren. Le choral lui inspirera aussi sept chorals avec variations, reprenant-là avec bonheur une formule estimée depuis longtemps dans la tradition germanique du sud aussi bien que du nord.

Les sept préludes que nous a laissés Pachelbel sont des pièces brèves et d'écriture libre et, hormis pour une exception, n'ont pas de lien défini avec une fugue qui en serait la suite. Quant à ses six fantaisies et ses 15 toccatas, il s'agit-là de pièces d'écriture libre et de caractère contrasté, un style qui se prête à la virtuosité aussi bien qu'à l'expression de divers états d'âme. Rappelons que, chose amusante, pendant ses 12 années à Erfurt, Pachelbel état tenu, par contrat, de démontrer ses progrès à l'orgue et en composition au cours d'un concert qu'il donnait, chaque année, dans l'après-midi de la Saint-Jean Baptiste. Sans doute puisait-il alors dans ce répertoire plus fantaisiste, parmi l'une ou l'autre de ses six admirables chaconnes, ou encore dans ses dix arias avec variations. Rappelons que six de ces arias variées ont d'abord été publiées à Nuremberg, en 1699, sous le titre d'Hexachordum Apollinis, et portant une dédicace de l'auteur à deux collègues qu'il vénérait, Richter en poste à Vienne et Buxtehude à Lübeck.

Par ailleurs et, comme nous l'avons signalé plus haut, l'écriture fuguée domine dans tout ce que Pachelbel a écrit pour l'orgue et les pièces intitulées « fugue » comptent pour la moitié de ses 255 oeuvres. Le recueil des 95 fugues pour le Magnificat contient trois double-fugues. Chez Pachelbel, le terme double-fugue désigne une séquence de trois fugues; la première et la deuxième ont chacune leur sujet; la troisième conjugue ces deux sujets. Signalons enfin qu'en contrepoint rigoureux, il nous a aussi laissé trois admirables ricercare.

Quelques remarques sur les partitions et l'interprétation de Pachelbel

Disons un mot des éditions. On trouve facilement et à peu de frais la plus grande partie de l'œuvre d'orgue dans les deux volumes édités aux Etats-Unis par la maison Dover. Complétez cela en recourant, pour 24 pièces, aux éditions Bärenreiter. Pour le reste (soit neuf titres), comme je l'ai indiqué dans le livret accompagnant les disques, chaque fois que vous voyez une référence à D1 ou D 2 (Denkmäler der Tonkunst in Bayern), recourez à une grande bibliothèque. Quant à la fiabilité de ces éditions, je pense que les erreurs de notes y sont rares. Je conteste seulement l'authenticité de doublures du cantus firmus à la basse de certains chorals combinés. Pour ce qui est des altérations, il y a souvent des corrections à faire pour éviter certains tritons considérés comme durs, à l'époque.

Quant à l'ornementation, on sait qu'en cette fin du XVIIe siècle, elle était laissée principalement à l'initiative de l'interprète. J'ai joué tous les ornements qu'on trouve dans les partitions et en ai ajouté beaucoup, notamment lors des reprises de sections et à chaque fois qu'ils me paraissaient naturels au déroulement expressif du discours. Quant aux trilles, je crois, suivant l'opinion de Frederick Neumann, qu'il faut les commencer par la note réelle.

L'édition discographique

Disons d'abord que je ne me serais lancé dans ce projet sans la suggestion de Jacques Boucher et une subvention de démarrage obtenue du « Fonds d'aide à la création » de l'Université Laval. Pour l'intégrale, nous avons tenu cinq séances d'enregistrement, d'une ou deux journées chacune, entre octobre 1996 et mai 1999. J'ai eu le privilège de jouer un orgue, le Casavant de Saint-Pascal de Kamouraska, d'une inspirante beauté. Privilège aussi de travailler avec Jacques Boucher et André Archambault, une équipe particulièrement expérimentée pour la prise de son de l'orgue. Et j'ai eu la chance que la prestigieuse maison Dorian prenne le risque de publier cette longue série de 11 disques, et qu'un musicologue de la stature de Gilles Cantagrel rédige la notice historico-esthétique du livret.

Signalons enfin qu'à défaut de l'existence d'un catalogue des œuvres de Pachelbel, j'ai été forcé d'en créer un sous le sigle amusant POP - Pièces d'orgue de Pachelbel - pour permettre aux auditeurs d'identifier facilement les partitions dont je me suis servi. Depuis, le musicologue japonais Hideo Tsukamoto a dressé un catalogue, non seulement de toutes les œuvres de Pachelbel, mais aussi des enregistrements sonores disponibles actuellement. On retrouve ce catalogue sur le site internet qu'il a créé et auquel il a ajouté mon propre catalogue pour les œuvres d'orgue, de même qu'un second catalogue complet dressé récemment par l'américaine Kathryn Jane Welter.

J'aimerais aussi vous expliquer la séquence que nous avons suivie dans l'ordonnance des pièces. Nous avons cru bon de faire en sorte que chaque disque se présente comme un récital montrant les différentes formes d'écriture de Pachelbel. Vous aurez peut-être remarqué aussi que chaque disque commence par des œuvres profanes et se termine par des œuvres liturgiques. Quant aux chorals, il nous est apparu normal d'essayer de les regrouper suivant la succession des temps ou des thèmes liturgiques, puisqu'ils ont été écrits pour ce cadre. Dans le cas des œuvres éditées suivant la même séquence, par exemple les sept chorals avec variations, les huit tons des fugues du Magnificat ou les six arias de l'Hexachordum, nous avons presque toujours suivi la numérotation de l'édition. Ainsi, le Quatrième volume contient le 4e choral varié, la 4e aria et les fugues du 4e ton. Par ailleurs, plutôt que d'enchaîner tous les préludes, toutes les fantaisies, toutes les toccates, toutes les fugues etc, nous avons souvent rapproché deux ou trois pièces qui nous paraissaient avoir certaines affinités tonales et offrant aussi un contraste assez heureux pour former un diptyque ou triptyque : « prélude, fantaisie ou toccata et fugue » comme Bach l'a fait si souvent. D'après les éditions, Pachelbel n'a fait cela que deux fois. Nous nous sommes livrés, sans prétention, à des libertés que l'auditeur appréciera à sa juste valeur.

En terminant, si j'essayais de résumer ma perception de l'art de Pachelbel, je dirais que ce grand maître cache souvent son incroyable maîtrise de l'écriture savante sous les dehors joyeux d'une fraîcheur presque enfantine. Ou bien encore, il « nous invite à entendre, sous sa réserve naturelle, le pudique frémissement d'une âme mélancolique », comme l'a écrit si admirablement Gilles Cantagrel.


Edith Beaulieu,
une méconnue

par Jean-Claude Rivard


Une véritable boîte à surprises que cette Édith Beaulieu que le journaliste montréalais Claude Gingras a découverte, en août 2001, pour la porter aux nues, après l'exécution, à l'Oratoire Saint-Joseph, de « sa » fameuse Symphonie pour orgue no 1 qu'elle doit présenter à Québec, sous les auspices des Amis de l'Orgue, le 26 avril.

Petit bout de femme sans prétention, avec de grands yeux perçants et interrogateurs sertis dans une tête abondamment chevelue, petit nez retroussé et superbe sourire d'ange qu'il faut savoir gagner, Édith se fond généralement dans la foule. Pour la trouver, il faut la chercher, au risque de la confondre avec sa jumelle, Solange, avec qui elle a, en commun, un passé de pianiste duettiste et un présent de professeure de musique chez les Ursulines.

Derrière son apparente méfiance, Édith cache une femme hypersensible qu'un rien, une prévenance ou la moindre attention comblent de joie. Par contre, un manque d'égard ou une critique malveillante lui font horriblement mal.

Discrète et effacée, avec un brin d'apparente tristesse, Édith devient toute autre quand elle monte au jubé de « l'église au clocher penché », Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, pour commander les quatre claviers et le pédalier de son historique Casavant 1913 opus 519 de 52 jeux. Elle y révèle alors son talent fou, un talent méconnu de la majorité, y compris d'elle-même!

Mystique à ses heures, elle veut conduire les gens aux frontières du beau, du grand et du sacré. C'est ainsi que, pendant que s'envolent au grand orgue, en toccatas, en fugues et en canons, des volutes de notes et d'arpèges, Édith initie les fidèles des messes du samedi après-midi et du dimanche matin à la beauté des œuvres de grands maîtres : Bach, Buxtehude, D'Aquin, Dandrieu, Balbastre, Schumann, Franck, Gigout, Boëllmann, Widor, Vierne, etc. Des auteurs contemporains comme Arthur Letondal, Gaston Litaize, Jean Langlais ainsi que Denis Bédard, un ancien maître, ont aussi leur place dans son répertoire. Elle éprouve cependant de la réserve pour les œuvres d'auteurs dits « modernes » dont certains, d'après leur « fourre-tout musical », semblent mal maîtriser les principes fondamentaux de la composition.

Édith Beaulieu a toujours eu un penchant pour la composition. Elle a commencé à écrire des œuvres pour piano, dès son enfance. À l'approche de la vingtaine, la passion pour la musique d'orgue l'a gagnée. Elle étudia alors avec Noëlla Genest, ayant fait le choix définitif de vivre de l'orgue. Parmi ses multiples passions, allant de la médecine à l'histoire de l'art en passant par la biologie, la musique l'a emporté!

Dans ses œuvres pour orgue de plus en plus nombreuses, elle manifeste un attachement particulier pour le classicisme. Sa Symphonie no 1 est de cet acabit et on y sent clairement l'influence de Widor, de Franck, de Gigout et de Vierne, notamment dans la Toccata. « Quand j'écris de la musique, je cherche d'abord à toucher, à émouvoir et à surprendre, explique-t-elle. En musique, c'est comme en rhétorique ou en littérature. Une œuvre doit avoir une structure bien définie avec un préambule présentant un thème, un noeud où tout s'enchaîne et enfin une conclusion porteuse d'impression et de message. »

À cet égard, elle dit apprécier l'écriture de l'organiste de Saint-Isidore, Jean-François Gariépy, maintenant domicilié dans l'Outaouais, qui lui a confié plusieurs de ses œuvres musicales.

Bien entendu, jouer et écrire de la musique d'orgue, c'est beaucoup de travail, surtout quand les orgues « enrhumés » de nos hivers ne chantent pas au goût des organistes, à cause de la sécheresse de l'air dans les églises. C'est pourquoi Édith a presque toujours à portée de la main, l'accordoir reçu en cadeau du facteur allemand Karl Wilhelm. Gare, si jamais un tuyau délinquant lui irrite l'oreille. Sans hésiter, elle soulève la trappe du plancher, rampe comme un chat sous la charpente du buffet et grimpe comme un écureuil dans les échafaudages pour atteindre le sommier où se trouve le tuyau fautif. Et toc, toc, toc, à coups d'accordoir sur la clé d'ajustement!

« Mi bémol central, second clavier! » lance-t-elle à son « René Angelil » de Paul Saccà qui n'est jamais bien loin. Et toc, toc, une autre fois. Toc, toc, toc encore. « Bon, ça devrait aller », soupire-t-elle en surgissant dans le carreau, précédée d'un jet d'air frais. « Va falloir en parler au curé : il y a une fuite dans le réservoir d'air comprimé! »

L'arrivée relativement récente de Paul dans la vie d'Édith est en train de relancer une carrière musicale qui risquait de devoir stagner. Mélomane averti, Paul a pressenti le potentiel méconnu de l'artiste, en se rendant, un jour, tout bonnement, assister à une messe du dimanche matin. Puis, d'une banale conversation à bâtons rompus avec la musicienne est née une histoire de vie à deux.

Paul sait maîtriser les techniques de la publicité, de l'électronique et de l'informatique. Édith a donc maintenant sa maison d'édition musicale La Dulciane et un site Internet qui la fait connaître à travers le monde, notamment en Angleterre et en France. Vouant un véritable culte aux prouesses de sa compagne (c'est-à-dire jeu époustouflant de pédalier et accords dévastateurs), Paul enregistre presque tout sur magnétophone, surtout les improvisations. Il insiste pour que des manuscrits soient dressés et conservés, comme ce fut récemment le cas pour une simple mélodie de messe dominicale (Le Seigneur est tendresse et pitié, psaume 102, P. Vallée, Alpec) qui s'est merveilleusement transformée en partition d'un canon à deux voix. Édith s'est elle-même familiarisée avec l'informatique; un logiciel approprié et un clavier électronique MIDI facilitent maintenant la mise en forme finale et l'édition.

« J'aimerais bien faire de l'improvisation à l'orgue. Ça me tente » avoue-t-elle, en parlant de l'admiration qu'elle porte aux performances dans le domaine de Marc D'Anjou et de Dany Wiseman. « Il y a longtemps que je n'en ai pas fait. J'aurai sûrement besoin de pratique ».

Au sujet de la « pratique », à priori, pas de problème. L'orgue de « l'église au clocher penché » lui est accessible en soirée. Édith possède, au surplus, depuis l'été dernier, dans une chambrette de son logis du quartier Saint-Roch (chut! ne le dites pas aux journalistes!), un authentique Casavant de 1939, opus 1610, d'environ 300 tuyaux, provenant du monastère des Augustines de l'Hôtel-Dieu. Un orgue qui a originellement appartenu à l'École de musique de l'Université Laval, à la belle époque du Quartier latin et de la vie d'étudiant en musique du président des Amis de l'orgue de Québec, Claude Beaudry. Le collègue Paul Grimard (organiste à Notre-Dame-de-la-Garde) a personnellement aidé au déménagement, au remontage et à l'accordement de l'instrument, pièce par pièce, tuyau par tuyau!

Au fait, s'il est pratique pour Édith Beaulieu d'avoir cet orgue de trois jeux continuellement à portée de la main, vaut-il mieux que celui de l'église? Pas nécessairement. Notamment parce qu'Édith a le malheureux défaut de faire parfois « sauter » les fusibles du système électrique qui, un jour, n'a pas résisté au démentiel accord de 14 notes avec dix doigts à la mesure 207 de la toccata de sa Symphonie.

Soit dit en passant, le récent Festival des Musiques sacrées de Québec a présenté, le 1er novembre, à Notre-Dame-de-Jacques-Cartier, la « Missa brevis » d'Edith Beaulieu, une œuvre commandée en 1983 par la Ville de Québec dans le cadre des fêtes de son 350e anniversaire. Cette œuvre, plus exactement nommée « Messe brève no 1, opus 2 » a été présentée par un chœur mixte de 40 voix, l'Ensemble vocal Mosaique, dirigé par Luc Létourneau, l'auteure occupant elle-même la console de son bon vieux Casavant 1913. La « Missa brevis » d'Edith Beaulieu sera reprise à Saint-Thomas-d'Aquin, à Sainte-Foy, le 30 novembre, à l'occasion de la fête du Christ-Roi. On pourra la réentendre, ultérieurement à Notre-Dame-de-Foy. Il convient de noter que le nom d'Edith Beaulieu figure dans la programmation 2003-2004 de L'Orgue en fête à Iberville.


La famille Girard
Une tradition d'organistes, à Saint-Patrice,
titulaires du grand-orgue de 1927 à 2002

par Claude Girard
organiste titulaire de Saint-Patrice de Rivière-du-Loup

Le 24 novembre 2002, je donnais un concert spécial soulignant le 75e anniversaire de la famille Girard comme titulaire des orgues de l'église Saint-Patrice de Rivière-du-Loup depuis 1927. À cette occasion, j'avais choisi des œuvres que mon oncle Willie et mon père Adrien avaient interprétées maintes et maintes fois. Notons : Sœur Monique de Couperin, la Toccata et fugue en ré mineur de Bach, O Salutaris de Saint-Saëns, le 1er mouvement de la Symphonie no 6 en sol mineur de Widor et la Toccata en si mineur de Gigout. En ce début d'hiver, une foule impressionnante s'était rassemblée pour se remémorer de nombreux souvenirs à l'écoute de cet orgue Casavant (1895-1922) complètement renouvelé par la firme Guilbault-Thérien (1989-1995).

Comme on le sait, le Québec est réputé, depuis 1879, pour la qualité de sa facture d'orgues et la compétence reconnue de ses organistes. Pendant très longtemps, la religion catholique a été puissante et a occupé une place importante au niveau social. Des facteurs tels Warren, Déry, Mitchell, Brodeur puis Casavant Frères ont su profiter de leurs relations pour installer de nombreux instruments. De là s'est développée une passion pour l'orgue à tuyaux qui a vu paraître des générations qui se succéderont partout au Québec. Citons, par exemple, les familles Gagnon, Bernier, Daveluy, Lagacé, Poirier.

Saint-Patrice ne fut pas en reste puisqu'elle peut s'enorgueillir d'avoir eu comme titulaires des grandes orgues, des musiciens renommés tels des familles Vallières et Girard qui ont marqué l'histoire musicale régionale et québécoise pendant plus d'un siècle :

  • 1895-1924 : Eugène Vallières
  • 1924-1927 : Henri Vallières
  • 1927-1942 : Willie Girard
  • 1942-1979 : Adrien Girard
  • depuis 1979 : Claude Girard

Faisons un retour dans le passé... Nous sommes en 1924 : Rose-Anna Giguère, veuve d'Arthur Girard, demeure depuis quelques années dans la paroisse Saint-Charles de Limoilou à Québec et vit des moments difficiles avec ses trois fils Willie (1909-1995), Maurice (1910-1978) et Adrien (1912-2000). Voyant cela, sa sœur Yvonne, mariée à Lucide Bertrand et propriétaire du Théâtre Princesse à Rivière-du-Loup, les invite à déménager définitivement dans le Bas Saint-Laurent dans le but précis de leur donner de meilleures conditions de vie. Sans se douter de la portée de son geste, elle aura été la grande instigatrice de l'évolution culturelle de sa région.

Lorsqu'ils habitaient Québec, les trois frères Girard et leur mère assistèrent à un concert qui allait laisser des traces dans la famille : le réputé Joseph Bonnet inaugura, le 21 mai 1920, l'orgue Casavant (opus 817, 45 jeux) de Saint-Charles de Limoilou. Willie et Adrien, alors âgés respectivement de onze ans et huit ans, gardèrent un souvenir impérissable de cet événement qui influença grandement leur future carrière d'organistes et de musiciens.

À la mort d'Eugène Vallières (1870-1924), son fils Henri (1902-1993) lui succède à Saint-Patrice et occupera le poste jusqu'à son départ pour l'Europe, en 1927. À son retour, il deviendra organiste à l'église Notre-Dame-du-Chemin (1930 à 1972) et professeur à l'École de musique de l'Université Laval. En 1927, le curé Philias Roy engage donc le jeune Willie Girard qui sera secondé de son frère Adrien.

Oncle Willie suit des cours avec l'abbé Léon Destroismaisons au Collège Sainte-Anne-de-la-Pocatière puis, vers 1927-1929 à Québec, avec Joseph-Arthur Bernier, organiste à l'église Saint-Jean-Baptiste et Omer Létourneau (piano et harmonie). Finalement, il obtient deux diplômes de l'Université Laval, dont un baccalauréat en musique, et veille à transmettre son savoir à son jeune frère qui obtiendra à son tour un diplôme de Lauréat en orgue (1932). Willie quitte son poste en 1942 et on le retrouve, plus tard, comme maître de chapelle puis organiste-titulaire à l'église Saint-François-Xavier de Rivière-du-Loup (1952 à 1984). De son côté, Adrien devient successivement organiste-titulaire à Saint-Patrice (1942) et, simultanément, directeur de l'Harmonie de la ville (1943-1973). En 1979, après trente-sept ans de loyaux services, il prend sa retraite et laisse sa place à son fils Claude.

Avec la complicité de Maurice, Willie et Adrien Girard auront animé la vie musicale louperivoise pendant plus d'un demi siècle : au Théâtre Princesse en tant que directeurs artistiques, acteurs, comédiens et pianistes-accompagnateurs. Ils se démarquèrent comme interprètes aussi bien à l'orgue qu'au piano, en plus de se vouer à la composition et à l'enseignement de la musique.

Sur le plan familial, Willie a eu trois fils dont Jacques, qui a étudié l'orgue avec Claude Lavoie à Québec. Installé à Black Lake, il y fut organiste pendant une quinzaine d'années mais y a surtout œuvré dans l'enseignement musical au niveau secondaire. Pour sa part, Adrien a eu cinq enfants et tous ont appris la musique. L'aîné, Robert, et le cadet, Claude, font carrière comme musiciens et organistes professionnels depuis plus de trente d'ans, ce qui est digne de mention : Robert a obtenu un Premier Prix d'orgue dans la classe de Claude Lavoie au Conservatoire de musique de Québec; Claude a obtenu, à l'Université Laval, une Maîtrise en interprétation sous la direction de l'abbé Antoine Bouchard et d'Antoine Reboulot. Robert est organiste à Saint-Dominique de Québec depuis 1964 et enseigne au Conservatoire de musique du Québec depuis 1973 (d'abord à Chicoutimi, puis à Québec).

Je ne saurais terminer cet article sans dire quelques mots au sujet de Claude Lavoie (né en 1918). Natif de la paroisse Saint-Patrice et cadet d'une famille de neuf enfants, Claude a sûrement hérité ses dons de sa mère qui était une excellente pianiste. Vers la fin des années 1920, il était tout jeune et faisait « la pluie et le beau temps » dans les salons de la ville. En fait, c'était le jeune prodige, l'étoile montante de la nouvelle génération. Doué d'un talent exceptionnel, il jouait tout à l'oreille et ce dans n'importe quel ton. Voyant cela, on demanda à l'oncle Willie de lui donner ses premiers cours de musique « à la note » sur un vieil harmonium à deux claviers et pédalier. Au moment où mes parents ont acheté leur maison sur la rue Du Rocher, les deux familles se sont rapprochées, puisqu'elles demeuraient sur la même rue! Plus tard, Claude Lavoie quittera définitivement la région pour aller se perfectionner au Collège de Lévis avec l'abbé Alphonse Tardif. Après avoir remporté le Prix d'Europe en 1942, il posera sa candidature comme organiste à Saint-Patrice. Toutefois, elle ne sera pas acceptée et on préférera poursuivre la tradition déjà bien établie en engageant Adrien Girard pour succéder à son frère Willie. Ce fut un mal pour un bien car cela a changé tout le profil de sa brillante carrière dont nous connaissons la suite.


Congrès RCCO/CRCO
Ottawa, 2003

par Robert Poliquin


Le congrès annuel du RCCO/CRCO s'est tenu cette année, du 20 au 25 juillet, à Ottawa. Pour plusieurs membres des Amis de l'orgue de Québec, la destination d'Ottawa rappelle certainement des moments intéressants puisque notre excursion culturelle annuelle de 2002 s'est déroulée dans cette région.

Les instruments

Aux instruments déjà visités et entendus en 2002 (basilique/cathédrale Notre-Dame, chapelle du couvent Bruyère, St. Matthew's Anglican Church, église Saint-François-d'Assise) se sont ajoutés d'autres instruments tout aussi intéressants : Christ Church Anglican Cathedral (Casavant 1932/1997), Knox Presbyterian Church (Casavant 1933/Gober 1996/Raudsepp 2001), église Sainte-Anne (Casavant 1912/1988), St. Peter's Lutheran Church (Casavant 1977), Rideau Park United Church (Guilbault-Thérien 1989), St. John the Evangelist Anglican Church (Kney 1977) et surtout le Flentrop 1973 du Centre national des arts, instrument donné par la communauté canado-hollandaise pour souligner le rôle qu'a joué le Canada lors de la libération de la Hollande en 1945. Aux dires des résidants de la région d'Ottawa, cet instrument est un trésor méconnu de la capitale car il est très peu utilisé (une seule fois au cours des cinq ou six dernières années). Il est installé sur une plate-forme laquelle est avancée sur scène lorsque l'orgue est utilisé pour être ensuite remisée dans un placard.


Les concerts

Quatre récitals d'orgue ont marqué ce congrès. Le premier, donné par l'Allemand Ludger Lohmann au Knox Presbyterian Church, comportait un programme axé principalement sur la musique d'inspiration germanique. Le deuxième, donné par le Belge Jean Ferrard à l'église Saint-François-d'Assise, nous a introduits à la musique belge composée au cours des quatre derniers siècles. Le troisième concert était donné à la basilique/cathédrale Notre-Dame par l'Américain Frederick Swann qui, après une carrière de 60 ans comme musicien d'église et concertiste, en était à sa dernière tournée de concerts. Il nous a offert un programme de musique symphonique d'auteurs allemands, américains, français, et canadiens. Enfin, le quatrième, donné par la Québécoise Catherine Todorovski à St. Peter's Lutheran Church, était consacré à la musique baroque.

Deux concerts mixtes ont été présentés : d'abord au Centre national des arts avec l'organiste et directeur Thomas Annand et le groupe Capital BrassWorks (ensemble de cuivres) et, en toute fin de la semaine, à l'église Knox avec l'organiste Danielle Dubé et le Quintette à vents Bel Canto, dans un programme de musique d'auteurs contemporains.

Le concours d'orgue

Le congrès annuel est aussi l'occasion pour présenter la finale du concours d'orgue ouverts aux jeunes canadiens. Elle s'est déroulée en l'église Sainte-Anne et présentait trois candidats. Chacun devait inclure dans son programme, une œuvre majeure de J. S. Bach, une œuvre du XXe siècle, et une œuvre, au choix du candidat, dans un style différent de l'œuvre du XXe siècle choisie précédemment. Cette compétition est de très haut calibre et les trois candidats ont offert des prestations époustouflantes. Le gagnant fut Andrew Henderson, un Ontarien natif de Thorold, qui étudie au niveau du doctorat au Julliard School of Music de New York tout en étant assistant-organiste à l'église St. Ignatius Loyola. En seconde place, l'Albertain Gary Tong, étudiant au niveau de la maîtrise à l'Université de l'Alberta à Calgary, et enfin, l'Ontarien Geoffrey Ward, né à Brampton, qui étudie au niveau du doctorat à l'Université du Kansas.

Les conférences

Au cours de la semaine, plusieurs séminaires et conférences ont été offerts avec traduction simultanée. Les sujets traités allaient de la vocation du musicien d'église, la sélection de la musique pour une liturgie vivante, l'articulation dans la musique romantique allemande, les éléments rhétoriques dans les œuvres de J. S. Bach, les compositions liturgiques canadiennes, les pédagogues de l'école d'orgue belge, une introduction à l'improvisation durant un service religieux, et une présentation de l'œuvre d'orgue de Johann Pachelbel par l'abbé Antoine Bouchard à laquelle les Amis de l'orgue ont déjà eu le plaisir d'assister au cours de la dernière année.

Les services religieux

Le congrès est aussi une occasion d'assister à différents services religieux : la prière du soir (Evensong) à la Christ Church Anglican Cathedral (Casavant 1932/1997), la prière du matin à la First Baptist Church (Casavant 1966) et St. Alban's Anglican Church (Warren 1882/Casavant 1937) où la musique chorale polyphonique et le chant d'hymnes étaient à l'honneur. Un service œcuménique s'est déroulé en la chapelle du couvent Bruyère au cours duquel Rachel Laurin a créé deux œuvres canadiennes, l'une de Gilles Maurice Leclerc et l'autre de Deirdre Piper alors que le chœur Seventeen Voices créait le motet The Gift of Water de Frances MacDonnell. Ces œuvres avaient été spécialement commandées pour le congrès et tous ces auteurs résident dans la région d'Ottawa.

En résumé, une semaine remplie d'activités très bien planifiées et toutes aussi intéressantes les unes que les autres dans une région magnifique malgré quelques jours de pluie. Il faut souligner le travail remarquable des membres du comité organisateur, sous la direction de Gilles Maurice Leclerc, et de plusieurs bénévoles qui ont assuré le bon déroulement des activités du congrès.

Sur le plan personnel, je me suis offert un voyage en train - oui, je n'avais jamais voyagé en train auparavant - et je l'ai beaucoup apprécié. Comme certains repas étaient laissés à la discrétion des participants, j'ai découvert de petits restaurants sympathiques dans le secteur du vieux marché ou dans rue piétonnière Sparks où bonne bouffe, bon vin, bonne bière étaient dégustés en bonne compagnie. J'en ai aussi profité pour recueillir plusieurs photos d'instruments qui seront, au cours des semaines à venir, intégrées au site Internet que je diffuse.

L'an prochain... à Winnipeg. Comme le dit une chanson de Pierre Lalonde datant des années 1970, « À Winnipeg, les nuits sont longues... » Peut-être pourra-t-on prouver le contraire au cours du congrès de 2004?


L'orgue sur le web
par André Côté

À l'approche du temps des Fêtes, il est toujours de circonstance d'offrir (ou de s'offrir) un bon CD. Comme les ressources des disquaires sont souvent limitées dans le domaine de l'orgue, je vous propose ci-dessous quelques adresses qui pourraient vous aider à découvrir la pièce tant recherchée ou tout simplement faire de nouvelles découvertes.

À part quelques listes intéressantes mais de présentation plutôt dépouillée telle celle de "International Pipe Organ Discography"

http://www.tatton.demon.co.uk/orgcdsaa.htm

figurent évidemment de nombreuses discographies d'organistes ou des listes d'enregistrements effectués sur un instrument particulier.

Pour mener une recherche plus poussée, il est nécessaire de consulter les sites de compagnies de disques spécialisées:

  • Priory Records Ltd
    http://www.priory.org.uk/

    présente un imposant catalogue de musique d'orgue ou pour chœur.
  • The Gothic Catalog Store
    http://gothicrecords.com/
  • Ethereal Recordings
    http://www.etherealrecordings.com/

    bien que plus générale, cette page mérite d'être consultée par les passionnés d'orgue.
  • Naxos
    http://www.naxos.com

    présente, elle aussi, quelques bons titres. Voici la façon la plus directe de retrouver le répertoire d'orgue dans cette interface moins conviviale: Labels and series -> Series -> Organ Encyclopaedia.

Pour des enregistrements de quelques artistes québécois, on pourra effectuer une recherche sur le mot « orgue » sur le site de Atma:

http://www.atmaclassique.com/

Il est à noter que la majorité de ces sites offrent une fonction de recherche, l'achat en ligne et, dans bien des cas, la possibilité d'écouter des extraits.

S'il vous est nécessaire d'effectuer une recherche sur une étiquette particulière, cette page de « Classical.Net » vous épargnera sûrement du temps en vous donnant accès à des liens directs vers les principales compagnies de disques.

http://www.classical.net/music/links/commercial/musiclabel.html

Finalement, les incontournables sites suivants:


Nouvelles de Québec
par Irène Brisson

Aux Amis de l'orgue de Québec

  • Conseil d'administration
    • Le 31 octobre dernier a eu lieu l'assemblée générale des Amis de l'Orgue de Québec, à l'issue de laquelle ont été élus ou réélus les membres suivants :

      Claude Beaudry, président; Richard Paré, vice-président, Michel Boucher, trésorier; Paul Saccà, secrétaire; Noëlla Genest, directrice artistique; Suzanne Boulet, Irène Brisson, Jean-Charles Castilloux, Esther Clément, Louise Fortin, Geneviève Paradis, Robert Poliquin, Louise Provencher, Jean-Claude Rivard, Stéphane St-Laurent.

  • Concerts
    • La saison 2002-2003 s'est terminée brillamment deux concerts : celui d'Édith Beaulieu (26 avril, Saints-Martyrs-Canadiens) et celui de Josée April et du flûtiste Richard Lapointe (31 mai, Saint-Félix de Cap-Rouge).

      Succédant à des pages baroques (Pieter Cornet, Nicolas de Grigny et Bach) la très attendue Symphonie no1 (op.3 no 1) d'Édith Beaulieu a répondu aux attentes de l'auditoire. Cette oeuvre en cinq mouvements renoue avec le souffle grandiose de Widor et de Vierne et ce, dans un langage délibérément postromantique français, avec des touches d'impressionnisme et des réminiscences wagnériennes. L'auteure possède un sens très assuré de l'écriture et du développement thématique, une prodigieuse virtuosité qui se combine à un lyrisme généreux. Impressionnant de voir cette organiste si frêle et si discrète au quotidien se déchaîner avec tant de passion et d'autorité dans sa musique!

      Belle connivence entre la flûte de Richard Lapointe et l'orgue de Josée April. Beaucoup de vigueur, d'aplomb et de personnalité du côté de l'organiste invitée, avec un répertoire diversifié combinant des pages françaises (Marchand et Couperin) tour à tour martiales et très expressives, et des oeuvres baroques espagnoles moins connues mais toujours intéressantes à redécouvrir (Correa de Arauxo). Musicalité et sensibilité du côté de Richard Lapointe et de belles réparties entre la flûte et l'orgue dans la sonate en si bémol majeur de Carl Philipp Emanuel Bach, élégance et fraîcheur d'une sonate d'un tout jeune Mozart (K.13) et grande classe dans la sonate en sol mineur de Bach. On aura apprécié le brio et le sens du dialogue des deux partenaires et leur solide métier.

  • Excursion culturelle
    • Que serait une saison des Amis de l'orgue sans la traditionnelle excursion culturelle. Confiée comme il se doit à Gilles Carignan, celle du 19 mai a conduit deux autobus complets (110 personnes) à Montréal, et a permis aux participants d'apprécier la diversité et la qualité des instruments présentés par leurs titulaires : Régis Rousseau (Saint-Nom-de-Jésus), Philippe Bélanger (Oratoire Saint-Joseph), Lucienne Arel (Saint-Léon de Westmount), Pierre Grandmaison (Notre-Dame), John Grew (Salle Redpath de l'Université McGill). Ces remarquables interprètes nous ont offert un parcours musical diversifié et très démonstratif, allant de Sweelinck à Bengt Hambraeus, avec un détour par Nicolas de Grigny, dont on souligne cette année le tricentenaire de la mort, Bach, Brahms, Franck, Jehan Alain, etc. Le nouveau titulaire de l'orgue Beckerath de l'Oratoire a de plus impressionné l'auditoire par une improvisation riche en surprises. Fidèles à la coutume, les Amis de l'orgue ont permis à deux étudiants en orgue de Québec (Robert Gosselin et François Grenier) de se faire entendre. Enfin, Marc-André Doran brossa durant le souper un saisissant tableau de la vie musicale montréalaise.

  • 37e saison
    • Pour débuter la 37ème saison, les Amis de l'orgue de Québec ont invité, le 13 septembre aux Saints-Martyrs-Canadiens, l'organiste Robert-Patrick Girard et le trompettiste de l'OSQ, Geoffrey Thompson. Soirée de grande classe, avec un programme comprenant des oeuvres pour grand public, (Toccata et fugue en ré mineur jouée avec passion, fugue en sol mineur délicieusement registrée, choral du veilleur (Wachet auf) de Bach, Noël de Daquin, Toccata de Widor), dont certaines figurent sur son nouvel enregistrement, tandis que brillant soliste de l'OSQ explorait un répertoire inattendu, combinant des oeuvres originales pour son instrument ou adaptées pour la circonstance (choral Komm, heiliger Geist de Buxtehude, Romanze de Reger, motet Asperges me de Bruckner).

      Toujours aux Saints-Martyrs-Canadiens, le concert du 19 octobre fut l'occasion de redécouvrir Dom Richard Gagné dans un concert exclusivement consacré à l'improvisation, au cours duquel l'organiste invité a d'abord improvisé une suite folklorique en neuf mouvements à partir de thèmes proposés par l'auditoire (V'là le bon vent; Ah! si mon moine voulait danser; Alouette, gentille alouette; J'ai du bon tabac; Sur le pont d'Avignon, etc.). Un prélude très aérien et une fugue reposant sur le Noël huron Jesous Ahatonia ont servi de pont à une symphonie en quatre mouvements exploitant des thèmes essentiellement grégoriens. Ses improvisations sont « une incessante invention s'alimentant à un riche terreau harmonique et contrapuntique », nous dit l'abbé Antoine Bouchard. Dom Gagné s'est forgé un langage essentiellement d'esthétique « française », oscillant entre Messiaen, Duruflé, Alain ou Vierne, avec des clins d'oeil discrets à Bach et aux organistes baroques français. Richard Paré, le titulaire des grandes orgues, a été « très impressionné par l'imagination constante sans essoufflement dont il a fait preuve tout au long de ce concert, sans parler de son grand art de faire sonner à merveille un grand instrument ». Pour Marcel Cloutier, ce fut « un superbe feu d'artifice de créativité contrôlée, une cascade d'idées musicales aussi brillantes les unes que les autres, une magistrale performance de l'invité et une profonde leçon d'humilité pour ceux qui voudraient l'imiter ».

      Au moment de la parution de ces lignes, les Amis de l'orgue auront accueilli le 2 novembre Élisabeth Gallat-Morin dans une conférence sur l'orgue en Nouvelle-France et, le 22 novembre, jour de la Sainte-Cécile, dans le cadre du colloque-célébration du centenaire du Motu proprio tenu à l'Université Laval, Hélène Dugal aura donné un concert aux Saints-Martyrs-Canadiens.

    Autres activités

  • Saison estivale
    • La saison estivale a été féconde en concerts d'orgue et en messes en musique dans la région de Québec, que ce soit à la basilique, à Saint-Dominique, à Chalmers-Wesley, tandis que des festivals ont fait rayonner l'orgue à Sainte-Marie de Beauce et à East-Broughton. De plus, grâce à l'initiative de Marc D'Anjou, la basilique de Québec présente désormais un récital d'orgue le premier dimanche de chaque mois à 15 h 30. Enfin, l'automne et l'hiver seront chauds en ce qui concerne les activités impliquant l'orgue : plus d'une douzaine de concerts seront en effet présentés dans la Capitale entre novembre et février!

  • Inauguration
    • Autre moment très attendu de la rentrée à Québec, le concert d'inauguration de l'orgue restauré de Notre-Dame-de-l'Annonciation de l'Ancienne Lorette a eu lieu le 18 octobre. L'instrument, un Casavant de 1910, avait largement fait son temps et fut restauré par la compagnie Guilbault-Thérien. Ce qui est remarquable, c'est le peu de temps qu'il a fallu à la collectivité de l'Ancienne Lorette (paroissiens, ville, entreprises) pour récolter les 200 000 dollars nécessaires à pareille démarche : un an s'est en effet écoulé entre le début de la campagne de souscription et l'inauguration de l'instrument! C'est à Robert-Patrick Girard que revenait l'honneur d'inaugurer l'instrument rénové, aux côtés de son ancien élève et titulaire de l'orgue, Martin Gravel. Pour ne pas avoir entendu le vieux Casavant avant sa transformation, je dois me fier aux commentaires enthousiastes recueillis le soir du concert : les organistes et les paroissiens s'entendaient pour déclarer que c'était « le jour et la nuit »! L'orgue à deux claviers et pédalier est passé de 29 à 35 jeux et, s'il n'a pas le coloris proprement baroque, il sait être convaincant dans le répertoire romantique et contemporain, comme l'a brillamment démontré Robert-Patrick Girard dans des oeuvres de Boëly, Widor (Toccata) et Langlais Te Deum). La beauté du lieu et l'acoustique très claire de l'église nous laissent espérer que Notre-Dame-de-l'Annonciation figure désormais sur la route des orgues de Québec!

  • Concours d'orgue de Québec
    • C'est le 17 juin prochain qu'aura lieu la cinquième édition du concours d'orgue de Québec. La date limite des inscriptions est le 1er mars 2004 et, parmi les conditions à remplir pour être admissible au concours, les candidats doivent être citoyens canadiens et domiciliés au Québec depuis au moins deux ans à la date limite de l'inscription, et être nés après le 1er juillet 1968. Les renseignements sont disponibles à l'adresse postale suivante :

      Concours d'orgue de Québec
      Case postale 91, succursale Haute-Ville
      Québec (Québec)
      G1R 4M8

      ou sur le net à l'adresse suivante :

      http://www.coq-fondationclaudelavoie.com
  • Publications sur le net
    • Enfin, notre collègue Robert Poliquin, membre du conseil d'administration des Amis de l'orgue et de la FQAO poursuit inlassablement la mise à jour de son site « Musique et musiciens » qui comprend notamment la mise en ligne de tous les bulletins des Amis de l'orgue et les règlements du Concours d'orgue de Québec. Robert Poliquin accomplit maintenant le même exploit en rendant accessible Mixtures sur le net.

      L'adresse de ce site précieux a été simplifiée et se lit désormais comme suit :

      http://www.uquebec.ca/musique/

    Nécrologie

      Le monde de l'orgue de Québec est en deuil, puisque le 13 avril dernier, mourait, des suites d'une longue maladie, Yvon Larrivée (1939-2003). Les précisions suivantes sur sa carrière sont extraites d'un touchant hommage que lui a rendu Simon Couture, chargé de projets et historien chez Casavant dans le Bulletin no92 (mai 2003) des Amis de l'orgue de Québec :

      « Originaire de Sainte-Flavie, à l'est de Rimouski, Yvon Larrivée entreprit sa formation musicale avec l'abbé Léon Destroismaisons au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. En 1971, il obtint une licence de concert à l'École de musique de l'Université Laval, où il étudia auprès d'Antoine Bouchard (orgue), de Bruno Biot (piano), de Kenneth Gilbert (clavecin) et d'Antoine Reboulot (improvisation). Yvon a ensuite poursuivi des recherches sur les instruments de concert mécaniques des XVIIe et XVIIIe siècles en rapport avec les traités de la même époque, et sur le rythme des danses baroques en comparaison avec celui des danses de la musique traditionnelle.

      Yvon a connu une longue et féconde carrière de professeur d'orgue et de clavecin, d'abord à l'École de musique de l'Université Laval, et ensuite au Département de musique du Collège de Sainte-Foy. Organiste de la paroisse Sacré-Cœur de Québec pendant de nombreuses années, Yvon a donné plusieurs concerts au Québec et il a participé à de nombreux enregistrements pour les émissions Récitals d'orgue et Tribune de l'orgue de la Société Radio-Canada. On se souviendra de ses prestations remarquées aux concerts des Amis de l'orgue de Québec, notamment un récital Bach le 11 novembre 2000, qui aura été son dernier concert public. Yvon a participé à l'anthologie Les orgues anciens du Québec, en jouant des pages de Böhm, Cornet, Sweelinck, Froberger, Mendelssohn et Messiaen à l'orgue Déry de l'église paroissiale de Saint-Michel-de-Bellechasse. »


    Congrès FQAO - Québec 2004
    par Gilles Rioux

    L'an 2004 marquera un double anniversaire du monde de l'orgue au Québec : le 125e anniversaire de la maison Casavant Frères et le 10e anniversaire de la Fédération québécoise des Amis de l'orgue.

    Depuis sa fondation, la FQAO a contribué, à sa façon, à créer des liens entre les multiples intervenants du monde de l'orgue au Québec. Vous êtes tous et toutes invités à venir célébrer lors du congrès qui se déroulera dans la région de Québec, le vendredi 18 juin 2004. Au lendemain du Concours d'orgue de Québec, une rencontre moins longue s'imposait, et c'est pourquoi le tout débutera en après-midi pour se terminer en soirée.

    Un grand concert donné par M. Gaston Arel qui, comme chacun le sait, a été président de la fédération, de sa fondation à juillet 2003, clôturera cette rencontre. De plus, pour souligner le 125e anniversaire de Casavant, la FQAO a commandé une œuvre que M. Arel interprétera en grande première lors de ce concert. Plus de détails vous seront communiqués dans le prochain numéro de Mixtures.

    Nous vous attendons nombreux à ce rendez-vous annuel !


    Revue des revues
    compilée par Gaston Arel
    La Tribune de l'orgue
    Revue suisse romande
    Guy Bovet
    CH-1323 Romainmotier, Suisse
  • 55e année, No 2
    Éditorial - L'orguer Mooser de Cossonay, une heureuse découverte - La flore des orgues - Chronique du temps jadis - Le quart d'heure d'improvisation - Rétrospective : cinquième année de la TDLO - Les voyages de M. Philéas Fogg - Orgues - Livres, disques, partitions, supplément musical , divers..., revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts - Couverture : L'orgue de la chapelle Sixtine
  • L'orgue francophone en bref
    Supplément du Bulletin de liaison de la Fédération francophone des Amis de l'orgue,
    35 Quai Gailleton,
    69002 Lyon, France
  • No 35 (juin 2003)
    Concerts - Festivals - Route des orgues, congrès - Propos du Père Sage - Stages, académies - Concours d'orgue - Brèves de tribunes - Nouveautés CD - Livres et partitions - Échos - Cartes postales - Vidéo, expositions, @ - J'aime l'harmonium - Avis de recherche - Petites annonces.
  • Point d'orgue
    Bulletin de liaison de l'Association des Amis de l'orgue de la Vendée,
    3 rue Victor-Hugo,
    85580 Saint-Michel-en L'Herm, France
  • No 102 (37e année / juin 2003)
    Découverte : Notre-Dame-de-Bon-Port des Sables-d'Olonne, visite de l'orgue après le relevage - Le Cavaillé-Coll de la cathédrale de Luçon : restauration du Grand Orgue - Portrait : une belle avancée pour un ancien du stage, Thomas Lacôte - La revue des revues - La vie autour des orgues - Rencontre : Organiste à Fontenay-le-Comte, Gwenaël Moreau - Formation : Institut musical de Vendée, l'Académie d'orgue - Cathédrale de Luçon : audition d'orgue d'été - Achats : Bibliographie, discographie.
  • Bulletin d'information de l'Association des amis de l'orgue de Versailles et de sa région
    20 rue Montbauron,
    78000 Versailles, France
  • No 53 (juin 2003)
    Assemblée générale du 29 mars 2003 - In Memoriam : Denise Chirat-Comtet - Annonce d'un hommage à André Fleury - Biographie d'Augusta Holmès - Concert d'orgue en hommage à Augusta Holmès - Jacques de la Presle - Un curieux amateur d'orgue : Albert de l'Espée - Michel Trique - L'orgue de Labruguière dans le Tarn - Devis d'un orgue pour la cathédrale d'Arras - Le Grand Orgue de la cathédrale de Bourges - Présentation de l'orgue de Port-Marly - Des belles orgues et du bon vin - Supplique d'un organiste à son curé - Disques de musique d'orgue - Écouté pour vous - L'orgue cet été dans quelques festivals - Informations.
  • Le Magazine de l'Orgue
    Rue du Trône, 200,
    B-1050 Bruxelles, Belgique
  • No 75 (février-mars 2003)
    Prélude - 9 CD's classés par compositeurs - XIV questions à John Brennan - 21 CD's récitals classés par interprètes - Les Folies françoises - La Boutique du M'O - Voix célestes et Cornements - 17 partitions d'orgue - Agenda des concerts.
  • No 76 (juin-septembre 2003)
    Prélude - 4 CD's hors catégorie - ...et fugue - 5 CD's classés par compositeurs - XIV questions à Jean Ferrard - 3 CD's récital - 2 livres sur l'orgue - La Boutique du M'O - Eccho, lieber Eccho mein... Quelle place pour l'orgue dans la liturgie catholique avant le concile Vatican II ? - Agenda des concerts.
  • Le Tuyau
    Bulletin de liaison de l'Association
    « Connaissance et pratique de l'orgue »
    Montpellier, France
  • No 33 (1er semestre 2003)
    Édito : Jacques Bétoulières - Saint Pons de Thomières : Sa cathédrale et son orgue - Discographie de l'orgue Micot/Formentelli de l'ancienne cathédrale de Saint-Pons - Chronique discographique - Revue des revues : partitions, revues francophones , livres reçus, vient de paraître, parution prochaine - Les maîtres de la tierce en taille - De la symbolique de l'orgue chez nos contemporains iconoclastes.
  • Arte organaria e organistica
    Casa Musicale Edizioni Carrara,
    Via Calepio, 4
    24125 Bergamo, Italia
  • No 45 (novembre-décembre 2002)
    Ai confini del Barocco: La rica produzione dell'organaro svevo Johann Nepomuk Holzhey (1741-1809) - L'estro e la regola: Intervista quasi una fantasia a Padre Theo Flury - Suoni e voci del Giudizio: Il nuovo organo Mathis costruito per la Cappella Sistina. L'organo nella liturgia del Sommo Pontefice. - Un pizzico d'organo: Il claviorgano : un esempio di creaività contemporanea. Intervista a Claudio Brizi - Neri per caso: L'organo della Collegiata di S. Nicolo in Collescipoli (Terni). - Misteri e grandezze di un depresso di genio: Lui Cherubini e la musica per tastiera - Cultura: La carriera di Goffredo Giaarda, concertista internazionale.
  • No 46 (janvier-mars 2003)
    Musica per la fine del tempo: Olivier Messiaen (1908-1992) : la biografia - L'organista della Trinità: Messiaen e l'organo Cavaillé-Coll della Sainte-Trinité di Parigi - Per aspera ad astra: Introduzione al linguaggio musicale di Olivier Messiaen - Maestro di maestri: Un compositore dalle influenze contraddittorie - Il missionario del suono: Intervista a Raffaele Pozzi - Il Presidente degli strumenti: L'organo Francesco La Grassa della Chciesa di S. Pietro in Trapani - Il canto degli uccelli nell' opera organistica di Messiaen: Valenze simboliche e teoligiche - Tra libertà e rigore: L'opera per organo di Olivier Messiaen.
  • L'Organiste
    Organe de l'Union Wallonne des organistes,
    25 rue de Romainville,
    4520 Bas-Oha, Belgique
  • No 138 (35e année, avril-mai-juin 2003)
    Les orgues de l'église St-Christophe à Charleroi - Pierre Thielemans (1825-1898), un organiste belge émigré en Betagne - L'orgue Salomon Van Bever de Vieusart (1903) est centenaire - Nouvelles de l'orgue : Autour des cloches - Actualités campanaire - Passacaille-méditation (Émile Binet) - Vitrail (Émile Binet) - Petite Suite Liégoise op. 143 (Edmond DeVos).
  • Notes d'agrément
    Bulletin de liaison des Amis de l'orgue de Rimouski.
  • Vol 8, no 5, Mars 2003
    Le mot de la rédaction - Retour attendu d'une grande organiste à Rimouski - L'orgue de Saint-Sulpice - Petit glossaire - Nous pensons déjà à la saison prochaine - Retour attendu...
  • Bulletin
    CRCO, Centre de Montréal
  • Vol 14 No 4, May 2003
    From the President - The Launching of a Compact Disc by The Renaissance Singers op Montreal (1956-1967) - Organ Crawl with the RCCO Ottawa Centre - McGill Summer Organ Academy 2003 - Position available - Names in the News.

  • Mots croisés
    par Jean-Claude Sauvé