Mixtures

No. 24 - Avril 2006

Dans ce numéro:


Éditorial

Par Martin Yelle, Vice-Président, FQAO

L'automne dernier a été marqué par le dépôt, par la FQAO, du mémoire « Orgues et patrimoine religieux du Québec » à la Commission de la culture de l'Assemblée nationale du Québec. Le dépôt de ce mémoire marquait, pour la FQAO, une prise de position auprès des décideurs politiques afin que l'orgue soit vraiment considéré dans les orientations et décisions qui seront prises concernant l'avenir du patrimoine religieux du Québec.

En janvier 2006, j'ai été convoqué par la Commission de la culture pour présenter le mémoire et répondre aux questions des commissaires. Quelques jours avant cette rencontre importante, le Conseil d'administration de la FQAO a tenu une réunion pour bien préparer l'intervention et se mettre d'accord sur ce qu'il serait important de communiquer aux membres de la Commission de la culture. Nous avons choisi, entre autres, de revenir sur l'importance de réaliser, dans les meilleurs délais, un inventaire complet des orgues situés dans les lieux de culte du Québec et de proposer qu'un groupe-conseil formé d'intervenants importants du milieu de l'orgue (dont la FQAO) puisse piloter ce projet et émettre des recommandations au Ministère de la Culture concernant la classification et la conservation des orgues.

Mon impression est que le message transmis par la FQAO a été bien entendu par la Commission de la culture. Pour en témoigner, je voudrais citer quelques réactions de députés lors de l'audition du 26 janvier 2006, tirées du journal des débats de la Commission de la culture :

« Et, moi, je peux vous le dire, là, quand il va s'agir de faire notre rapport puis nos recommandations - puis j'espère que je pourrai convaincre mes collègues, là - l'orgue, ça va être important dans notre rapport. Protéger ce patrimoine, protéger nos orgues, protéger le legs des Casavant, actuel et futur, ça devrait être une grande priorité, lorsqu'il s'agit de préserver, mettre en valeur le patrimoine religieux. Vous l'avez dit, hein, tout à l'heure, vous êtes fiers, et nous devrions être fiers de ce qu'ont fait tous les grands facteurs d'orgues au Québec. Tu sais, on peut être fiers du Cirque du Soleil, là, mais on devrait être aussi fiers de nos facteurs d'orgues et de ce qu'ils ont fait pour le Québec et pour la culture. Et je pense qu'il y a beaucoup de gens qui, dans votre milieu, vont être fiers de nous si on réussit à faire ça. » (Daniel Turp, député de Mercier)1

« Tout compte fait, le Québec n'est pas très populeux, et il l'était encore moins quand on a commencé à construire des orgues, et on a fait des oeuvres extraordinaires. Et maintenant, présentement, on fabrique encore des orgues, chez nous, à Saint-Hyacinthe, pour l'Australie, pour les États-Unis, des orgues absolument splendides, immenses, hein, qui ont une valeur considérable. Alors, c'est une tradition très importante qui va se perdre, si on ne préserve pas le patrimoine. Donc, encore là, je pense qu'il y a quelque chose à faire là, il y a quelque chose à faire aussi probablement en collaboration avec la Fédération québécoise des amis de l'orgue, parce que l'orgue, c'est fait pour être touché, alors ça prend des gens, des spécialistes, et je pense que nos musiciens de l'orgue, là, il faut qu'ils aient leur place dans la société québécoise. » (Léandre Dion, député de St-Hyacinthe)1

Est-il besoin d'en rajouter pour signifier que le message des acteurs de l'orgue au Québec a été bien entendu. Je voudrais souligner aussi que la FQAO n'a pas été seule à présenter un mémoire, soulignons la présence remarquée de Me Antoine Leduc, ancien secrétaire de la FQAO. Remercions également le Festival Orgue et couleurs pour sa présence et pour l'intervention de Régis Rousseau, son directeur artistique.

Le prochain rendez-vous sera le 30 mai 2006 dans les salles et l'église du Gesù pour le congrès de la FQAO sur le thème « Orgues et patrimoine religieux du Québec ». Nous vous convions à cet événement où nous pourrons entendre des personnes nous éclairer sur ce sujet et aussi vous permettre de vous exprimer sur cette question qui touche tous les membres de la FQAO. Le congrès se terminera par un concert sur les orgues du Gesù où le thème du congrès sera exploité d'une façon toute spéciale. Rendez-vous au congrès 2006 de la FQAO, venez nombreux, c'est ensemble que nous avons à porter le présent et l'avenir de l'orgue au Québec.


1 Citations tirées de la version révisée du « Journal des débats ». Commission de la culture, 26 janvier 2006.


Antoine Bouchard (1re partie
par Claude Beaudry
en collaboration avecf Louise Fortin-Bouchard

L'enfance

Né en 1932 à Saint-Philippe-de-Néri, petite paroisse bien sympathique du comté de Kamouraska au Québec, l'organiste et pédagogue Antoine Bouchard a été élevé dans une famille de neuf enfants où la musique régnait en maître. En effet, son père jouait habilement du violon et sa mère était organiste à l'église paroissiale. Également, toute la famille chantait à la maison, particulièrement après le repas du soir, au grand étonnement des voisins qui apercevaient par la fenêtre qu'on y faisait parfois la vaisselle tard en soirée, avant d'aller au lit! Le jeune Antoine a donc été imprégné de musique dès son enfance, entre autres lors des répétitions que sa mère faisait à la maison avec la chorale paroissiale pour préparer les fêtes religieuses, notamment celle de Noël.

Les études

Pendant ses études à l'école locale, il a suivi des cours de piano auprès de madame Yvette Gérard, professeure de piano du village. Son cours primaire terminé, l'abbé Léon Destroismaisons, cousin de la famille, musicien réputé et professeur au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, souhaitait fortement le voir fréquenter cette institution prestigieuse, ayant décelé chez lui un talent musical certain. Malgré cette invitation, il a choisi de suivre le chemin déjà tracé par ses frères aînés Paul et Pierre et s'est inscrit au cours classique chez les Missionnaires du Sacré-Cœur de Beauport, en banlieue de Québec. C'est au cours de cette période qu'à titre de premier élève, Antoine a étudié l'orgue pendant cinq ans auprès de Claude Lavoie, alors revenu de son séjour d'études aux États-Unis, et nouvellement nommé titulaire des orgues de l'église de la Nativité de Beauport.

Après avoir terminé son cours de lettres à 17 ans, à Beauport, il a finalement complété ses deux années de philosophie au Collège de Sainte-Anne, tout en poursuivant ses études en orgue avec l'abbé Léon Destroismaisons. Par la suite, en 1952, Antoine entre au Grand Séminaire de Québec pour y poursuivre des études en théologie en vue de la prêtrise. C'est alors que, pendant ces quatre années d'études couronnées par son ordination en 1956, il a la chance de retrouver son premier maître, Claude Lavoie, sur recommandation du réputé organiste Henri Gagnon, titulaire à la Basilique de Québec et directeur du Conservatoire de musique de Québec.

Le perfectionnement à Paris

Immédiatement après son ordination, l'abbé Antoine est nommé au Collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière pour une période de deux ans. Par la suite, conscients de son talent de musicien, l'évêque de son diocèse et les autorités du collège décident de l'envoyer étudier en Europe afin de se perfectionner et ainsi assurer éventuellement la succession de l'abbé Léon Destroismaisons. Grâce à l'intervention du célèbre père Georges-Henri Lévesque, fondateur de la Faculté des sciences sociales de l'Université Laval, l'abbé Bouchard a pu bénéficier d'une bourse de 2000 $ du Conseil des Arts du Canada, une petite fortune, à l'époque! C'est ainsi qu'en 1958, il s'expatria à Paris pour une période de trois ans. Contrairement à l'habitude, pour les prêtres canadiens envoyés à Paris pour des études, de séjourner à la Fraternité sacerdotale, l'abbé Bouchard a eu la chance, à titre d'artiste en résidence, de s'installer pour la totalité de son séjour à Paris, au presbytère de Saint-Eustache, prenant ainsi la place du compositeur québécois Gilles Tremblay qui avait bénéficié du même service et qui revenait au pays. Il continuait ainsi, à cet endroit, une tradition d'hospitalité dont les frais de séjour et de pension s'élevaient à l'époque à la somme astronomique de…45 $ par mois! Il affirme avoir vécu à cet endroit trois années de bonheur, au cœur de Paris, côtoyant les six prêtres de la paroisse et une dizaine de professeurs de l'Institut catholique et de la Sorbonne qu'il aimait bien taquiner et qui le lui rendaient bien!

Étant installé à Saint-Eustache, il eût été sans doute normal pour le jeune abbé de s'inscrire comme élève auprès du réputé maître André Marchal, alors titulaire du grand orgue de cette paroisse. Pourtant, le père Émile Martin, directeur de la chorale de Saint-Eustache, lui conseilla fortement d'aller plutôt rencontrer un autre professeur déjà très estimé, en la personne de Gaston Litaize. Suivant ce conseil, dès septembre 1958, l'abbé Antoine sollicite une entrevue auprès de monsieur Litaize. Immédiatement, en quelques minutes, le maître l'accepte et met au point son programme d'études : il le prend comme élève d'orgue, le confie à Simone Plé pour l'écriture et à Antoine Reboulot pour le piano.

Ces trois années à Saint-Eustache de Paris furent pour lui une période de rêve dont il garde un souvenir impérissable. En effet, tout en se sentant un peu de la famille, il avait l'occasion d'entendre régulièrement André Marchal à l'orgue et les Chanteurs de Saint-Eustache qui possédaient un répertoire d'au moins cent messes polyphoniques. Mais surtout, il a eu la chance de nouer des liens d'amitié bien sentis avec son maître Gaston Litaize, un personnage "droit comme l'épée du roi", selon ses dires, franc et direct, qui lui a fait comprendre que « pour bien jouer de la musique ancienne, il fallait développer un toucher apte à donner à chaque note son caractère sur le plan du rythme et de l'intensité ».

La carrière à l'Université Laval : professeur et administrateur

Peu avant son retour d'Europe, l'École de musique de l'Université Laval, à la recherche de nouveaux professeurs de musique, avait déjà jeté un œil sur ce jeune abbé formé par les plus grands maîtres français de l'époque. Dès sa rentrée au pays en 1961, en plus de sa tâche d'organiste et de professeur de piano et d'orgue au Collège de la Pocatière, où il succède à l'abbé Léon Destroismaisons, il se retrouve également en charge des classes d'orgue et de chant choral à l'Université Laval, à titre de chargé d'enseignement. Cependant, en 1966, la tâche devenant trop lourde, il doit faire un choix : il quitte alors le Collège de la Pocatière et devient titulaire de la classe d'orgue de l'École de musique, fonction qu'il occupera pendant trois décennies, jusqu'à sa retraite en 1997. Pendant cette période, il préparera à la maîtrise une bonne trentaine d'étudiants dont la plupart se sont distingués depuis en tant qu'interprètes, professeurs ou même facteurs d'orgues.

En 1977, le poste de directeur de l'École de musique devient vacant. Personnalité dévouée envers l'institution dont il est membre actif depuis plus de dix ans, Antoine Bouchard accepte généreusement d'en prendre la direction pour un terme de trois ans, avant de retourner avec bonheur à sa carrière de professeur. Voici, en quelques phrases, comment il commente cette période :

« En 1977, après consultation auprès des professeurs de l'École de musique, effectuée par le doyen de la Faculté des Arts, j'ai été nommé directeur de l'École de musique pour un terme de trois ans, succédant à Lucien Brochu qui avait été pendant une quinzaine d'années l'admirable maître d'œuvre d'une croissance presque exponentielle des programmes et activités de l'institution.

À mon arrivée en fonction, au sortir d'une grève de plusieurs mois, tout était en mouvement, même le déménagement de l'École, de la Tour des Arts vers le Pavillon Casault où nous devions partager avec d'autres l'accès à un auditorium, première version non achevée de l'actuelle Salle Henri-Gagnon. Il fallait aussi obtenir, pour les chargés de cours, plus d'une vingtaine de postes de professeur, de façon à assurer la qualité, la stabilité et la cohérence de nos programmes. C'est aussi à ce moment que nos étudiants et professeurs du niveau collégial ont été incorporés juridiquement au Collège de Sainte-Foy.

Je n'aurais jamais pu mener ces tâches à bien sans la collaboration généreuse du corps professoral et l'assistance particulière de certains collègues, notamment Yves Bédard, Joël Pasquier et Gilles Simard. Sans eux, j'aurais conservé un bien mauvais souvenir de ce qui a été pour moi une dure épreuve, et c'est avec joie que j'ai vu arriver mon successeur : Pierre Thibault.

Les concerts

Antoine Bouchard a eu l'occasion de se faire entendre à de nombreuses reprises au Québec pendant sa carrière, où il a, entre autres, inauguré une trentaine de nouveaux instruments. Il a également été invité en Ontario, au Nouveau-Brunswick, dans les états de New York, du Massachusetts et de Washington. En Europe, il a eu le bonheur de faire sonner les grandes orgues de Saint-Séverin et de Notre-Dame de Paris. On a pu l'entendre également sur les ondes de la Société Radio-Canada à pas moins de trente-huit reprises, sans compter les vingt-et-une émissions radiophoniques résultant d'une série d'enregistrements sur des instruments anciens réalisée lors d'une tournée européenne.

(à suivre)


Aline Letendre
par Louis Cyr, s.j.

En hommage à Madame Aline Letendre qui a été titulaire des grandes orgues du Gesù pendant 48 ans (1957-2005)

« Aujourd'hui, c'est une histoire d'amour dont je veux vous faire part. Cette histoire, elle commence en 1957, lorsque Madame Aline Letendre signe son premier contrat comme organiste titulaire des orgues du Gesù… Nous soulignons, ce soir, 48 ans d'amour, d'attachement et de services fidèles, non seulement à l'orgue mais aussi à l'œuvre du Gesù, dont elle a vécu les nombreuses transformations et évolutions avec un grand sens de l'adaptation pendant toutes ces années qui furent si fertiles en de nombreux changements… »

C'est par ces propos que le 19 octobre dernier le Père Bernard Bélair, S.J., directeur de Mission au Gesù - Centre de créativité, introduisait l'inauguration officielle d'un tout nouvel espace sacré et spirituel aménagé à l'arrière de la nef de l'église du Gesù et dédié précisément à celle qui, dix jours plus tard, après un ultime récital du midi et un dernier weekend de service, prenait définitivement congé de la tribune des grandes orgues. Parents et amis, collègues et anciens élèves s'étaient réunis nombreux ce soir-là pour lui témoigner encore une fois toute leur affection et leur amitié et se remémorer, sous les doigts de Lucienne et Gaston Arel, artistes invités-surprise, quelques unes des multiples résonances qu'Aline avait suscitées de l'instrument qui lui avait été confié pendant presqu'un demi-siècle. Elle dépassait ainsi de beaucoup le nombre d'années de service de chacun de ses illustres devanciers à la même tribune : Dominique Ducharme, Arthur Letondal et Hervé Cloutier.

Ce fut en effet une longue histoire d'amour, à plusieurs niveaux d'ailleurs. Amour d'abord de son professeur et compagnon de vie, Conrad Letendre, qu'elle avait épousé quinze ans auparavant et qui devait vivre encore vingt ans (jusqu'en 1977), poursuivant jusqu'à la fin son œuvre de pédagogue, de théoricien, d'organiste et de compositeur. Quelle joie Aline lui a procurée en assurant, non seulement une place à ses œuvres (créées d'ailleurs pour l'orgue du Gesù) partout où elle touchait l'orgue, mais encore leur publication : L'œuvre d'orgue (en trois tomes, les éditions Jacques Ostiguy, 1982) ainsi que celle, plus récente, de ses principaux écrits : Dictège et Solfège (co-auteurs Aline & Conrad Letendre, Les Éditions Consonance, 1997, 55p), et chez Les Éditions de l'Écureuil Noir, Le cours d'harmonie I (2005, 142p) et II (2006, 284p), Le contrepoint par des exemples (2004, 136p), et De la forme en musique (avec deux introductions, la première d'Aline remontant à 1982, la seconde de Jean Chatillon) (2005, 137p).

Et pendant ces mêmes années Aline s'acharnait en vain à trouver un éditeur pour les quatre volumes manuscrits de l' « opus maximum » de son professeur Gabriel Cusson : Exercices de l'audition, de lecture chantée, de dictée musicale (en sous-titre « Éducation de l'oreille : sens rythmique, tonal, harmonique; analyse »). Elle fut d'ailleurs son assistante au Conservatoire de Musique de Montréal pendant treize ans (1955 à 1968) avant d'être nommée au Conservatoire de Chicoutimi où elle enseigna pendant trois ans, suite à quoi elle reprit ses cours au Conservatoire de Montréal jusqu'à sa démission en 1994. Car Aline était également très attachée à l'enseignement. Presque deux générations d'élèves lui doivent une fière chandelle pour ses cours d'audition musicale selon les théories nouvelles de ses maîtres. Cela lui laissait évidemment peu de temps pour donner des leçons de piano et d'orgue dont se souviendront quelques rares élèves et étudiants reconnaissants.

De l'amour pour l'orgue et la musique d'orgue, de toutes les époques, Aline en avait évidemment à revendre, et pas seulement pour les orgues du Gesù. En témoignent les nombreux récitals qui émaillent toute sa carrière, comme soliste tout autant qu'accompagnatrice, à Montréal, au Québec et à l'extérieur. Les quatre murs d'une des pièces chez-elle sont tapissés des affiches des programmes de plusieurs de ces concerts. Par ailleurs, avant d'arriver au Gesù elle avait occupé trois postes en tant qu'organiste titulaire aux églises montréalaises Saint-Irénée, Saint-Édouard et Saint-Eusèbe. Elle était certainement dans les coulisses lorsque le Casavant du Gesù (1901) fut soumis à une première restauration en 1954 sous la direction de son époux et de Raymond Daveluy. Et elle fut entièrement partie prenante du projet de la nouvelle restauration de l'instrument en 1986 par les soins du facteur Guilbault-Thérien. Heureusement que sa collaboration avec le trompettiste Michel Rondeau d'Ottawa de 1979 à 1986, qui faisait souvent le voyage aller-retour en fin de semaine, nous a valu huit volumes d'enregistrements stéréo de musique baroque et de la renaissance (le premier volume sur disque vinyle, les sept autres sur cassettes, étiquette Arcadia). Mieux encore : à ces vestiges de l'orgue deuxième manière on peut comparer à loisir le « nouvel instrument » troisième manière de 1986, puisqu'on a conservé avec bonheur sur cassette l'enregistrement du concert inaugural qu'Aline y donnait le 1er mars 1987. Le contraste en est on ne peut plus saisissant! C'est d'ailleurs elle-même qui devait inaugurer, le 8 décembre 1991, le petit orgue (8 jeux) de Elliot-Mitchell-Forté (1866) restauré de nouveau par les soins de Guilbault-Thérien, dont le Gesù avait été tristement privé pendant plus de 25 ans. Là encore Aline avait soutenu sans réserves et avec cœur le projet de son « retour au bercail ».

Enfin, en dépit des nombreux bouleversements survenus depuis Vatican II, l'amour d'Aline pour la prière liturgique de l'Église ne s'est pas démentie d'un iota! Quand on pense que jusqu'à tout récemment elle soutenait musicalement la prière des fidèles lors de quatre Eucharisties chaque week-end au Gesù, on en a le souffle coupé! Elle a connu le dernier maître-de-chapelle jésuite au Gesù ainsi que les nombreuses chorales invitées qui y firent le pont, lors d'occasions spéciales, jusqu'en 1980, lorsque fut créée la chorale du Gesù (dirigée par Patricia Abbott), laquelle célébrait en 2005 ses 25 ans d'existence. Tout cela représente une fidélité exemplaire.

Et pour comble, l'amour d'Aline pour le Gesù tout court, à travers toutes ses métamorphoses, même depuis de sa transformation en « Gesù - Centre de Créativité » depuis 1992, n'a pas été pris au dépourvu, bien au contraire : son affection indéniable pour les artistes peintres qui y évoluaient désormais, s'est manifestée par sa présence fréquente à de nombreux événements « Art sacré » et vernissages d'expositions. Combien de jeunes artistes en herbe qui y faisaient leurs premiers pas vers le grand public n'a-t-elle pas discrètement encouragés par l'achat de quelques unes de leurs toiles toutes fraîches.

Vraiment, Aline, cette longue histoire d'amour pourrait se poursuivre sans fin. La relève est assurée en tout cas par François Zeitouni, élève de Raymond Daveluy, qui fut votreassistant ces cinq dernières années. S'y ajouteront à coup sûr les expériences de tous les artistes qui évolueront désormais dans cet espace sacré qui vous est dédié à juste titre : sur deux des colonnes qui l'entourent on peut voir désormais une plaque commémorative de cet hommage dont l'inscription figure comme titre ci-haut. Merci d'avoir accompagné de votre grand cœur d'artiste musicienne tant de beauté. Vous avez certes beaucoup reçu, mais vous avez aussi beaucoup et davantage donné en retour. Que le Dieu que vous avez prié - et nous avez fait prier - par la musique vous le redonne au centuple! Bonne et consolante retraite bien méritée!


Léonce de Saint-Martin
organiste de Notre-Dame de Paris (1937-1954)
(2e partie)


par François Widmer
(Texte publié avec l'autorisation de l'auteur)

En la cathédrale d'Albi, un orgue célèbre pour un talent précoce

Le 31 octobre 1886, au château de Fonlabour près d'Albi, naît un petit Léonce, fils du comte et de la comtesse de Saint-Martin de Paihla, d'une vieille famille s'étant illustrée dans la magistrature et l'armée. En cette même année, Marcel Dupré était né à Rouen le 3 mai, et Franz Liszt avait rendu le dernier soupir le 31 juillet à Bayreuth. Manifestant d'évidents dons musicaux précoces, l'enfant est dès ses quatre ans initié au piano par sa mère. Son goût pour la musique est ensuite cultivé par ses études scolaires dans une institution religieuse. Et voici qu'à l'âge de neuf ans, et pour la première fois, il pose ses mains sur les quatre claviers de l'orgue de la cathédrale-forteresse Sainte-Cécile à Albi, l'instrument célèbre aux quatorze tourelles de Christophe Moucherel (1734-1736)13. Le pianiste de Fonlabour est transfiguré. Semée dans cette cathédrale, une vocation est née, et désormais seule la musique, le piano et l'orgue l'intéresseront. Fruit d'un travail fervent, la nomination comme organiste suppléant de Sainte-Cécile survient en 1900. C'est aussi dès l'âge de quatorze ans que Joseph Bonnet, futur organiste de Saint-Eustache à Paris, avait occupé la tribune de Saint-Michel à Bordeaux.

Une vocation doublement contrariée

Personne ne peut s'abstraire de ses origines, et Léonce, gentilhomme albigeois, sent sur lui le poids de la tradition ancestrale qui le destine à la magistrature, ce d'autant que son père est totalement indifférent à la musique. Il ne peut donc être question de conservatoire ou de carrière musicale. Se pliant à la volonté paternelle, le jeune homme obtient alors une licence en droit en 1906 à Montpellier, un diplôme considérable à l'époque. Mais avec la complicité de sa mère, il y avait poursuivi ses études musicales, publiant même ses premières compositions. Noble authentique et vrai patriote, il ne se dérobe pas ensuite à deux ans de service militaire. À son retour, il se marie, et ne peut plus résister davantage à sa véritable vocation.

Bravant assurément les avis paternels, il renonce donc à la carrière d'avocat et s'installe à Paris14, sans doute à l'instigation de son compatriote Adolphe Marty (1865-1942), élève de César Franck et organiste aveugle de Saint-François-Xavier (où Gaston Litaize fut également titulaire dès 1946). Marty est de plus professeur à l'Institut National des Jeunes Aveugles, où il a eu notamment comme élève Vierne, Barié, Marchal, et plus tard Litaize. Saint-Martin travaille avec lui l'orgue et la composition. Hélas trop âgé pour entrer au Conservatoire de Paris, Saint-Martin doit donc se former en « élève libre ». Il le fera en dehors de toute influence d'école, à l'ombre des maîtres qu'il s'était choisis, et qui ont sauvegardé l'originalité et la spontanéité de son inspiration. On comprend donc ce bienveillant commentaire d'Alexandre Cellier (titulaire au Temple de l'Étoile), une des personnalités de l'orgue à Paris dans la première moitié du 20e siècle : « Un self-made man assurera désormais [1937] la mission de décorer musicalement la première basilique de France. Si, pour ce faire, il importe qu'il ait l'oreille du clergé, il n'importe pas moins qu'il ait celle des musiciens professionnels ». Cette seconde condition, hélas, ne fut pour l'essentiel jamais remplie.

Voilà qu'en 1914 éclate le cataclysme mettant fin à la Belle Époque, que s'engage ce suicide collectif de l'Europe, la Première Guerre mondiale. Il faut savoir qu'en quatre ans d'une tragédie sans nom (contrairement à l'idée qui ne nous fait voir en « la guerre de 14 » qu'un lointain folklore), les souffrances des combattants dépassèrent l'imaginable, encore davantage qu'en 1939-1945. Léonce de Saint-Martin gagne le front comme artilleur, car il n'est pas un « embusqué" » (comme on désignait les astucieux capables d'échapper à la conscription). Il n'est pas engagé à l'arrière, comme Charles Tournemire (son aîné de seize ans), et il aura plus de chance que René Vierne (frère cadet de Louis et organiste de Notre-Dame-des-Champs, sur le Boulevard Montparnasse), dont on ne retrouvera nulle trace le 29 mai 1918, après un tir de l'artillerie ennemie. Sorti vivant de quatre ans d'enfer, titulaire de la Croix de Guerre, Saint-Martin est devenu officier. Il a 32 ans et la passion de la musique est toujours aussi vive. Mais il ne sera en fait démobilisé qu'au printemps 1919, et parlera plus tard de « cinq années de glorieuse inactivité artistique ».

Le retour à Paris

Sera-t-il possible de rattraper le temps perdu ? Louis Vierne pense que oui, et lui dispense son enseignement. Saint-Martin étudie également le contrepoint, la fugue et la composition avec Albert Bertelin, second Grand Prix de Rome en 1902, un nom aujourd'hui oublié. En 1919, il est nommé organiste titulaire de l'église de Notre-Dame des Blancs-Manteaux, dans le quartier du Marais à Paris (où il sert un 3-claviers Merklin), et se lie bientôt d'amitié avec Marcel Dupré, son exact contemporain, qui l'introduira dès 1920 à Notre-Dame, comme déjà mentionné ci-dessus15. En quelque sorte, la voie est tracée... C'est aussi Dupré qui inaugure son orgue personnel (19 jeux) en son appartement au 20, Place des Vosges, le 10 juin 1922. Non seulement il l'inaugure, mais il l'utilisera bientôt comme instrument de travail.

Les péripéties de la succession de Louis Vierne ont déjà été exposées plus haut, et il n'y a donc pas lieu ici de les répéter. En 1939, Saint-Martin envisage une tournée aux États-Unis, mais la déclaration de guerre fait échouer ce projet, et dès mai-juin de l'année suivante, le pays est entraîné dans les « années glaciales » de l'Occupation. Le temps n'est plus à la recherche des gloires artistiques, et dès lors Saint-Martin ne se veut plus que le modèle des organistes liturgiques, le « serviteur de Notre-Dame ». Il en chante, en poète, en croyant, la ferveur des pierres séculaires. Après l'allégresse triomphante de la Toccata de la Libération (août 1944) s'élabore ensuite l'épanouissement des dernières œuvres : la Symphonie dominicale, la Symphonie mariale, le Cantique spirituel (inspiré de saint Jean-de-la-Croix), le Magnificat, et tant d'autres.

La paix revenue, Saint-Martin peut enfin entreprendre quelques tournées à l'étranger (notamment en Angleterre, en Italie et en Afrique du Nord). Dès le début des années 1950, il est peu à peu atteint dans sa santé. Il tient l'orgue de Notre-Dame pour la dernière fois le 6 juin 1954, dimanche de la Pentecôte. Quatre jours plus tard, il s'éteint à son domicile de la Place des Vosges, entouré des siens et de quelques amis qui ne l'oublieront pas. Dans les milieux musicaux « officiels », cet événement ne suscita aucun des commentaires auxquels on aurait pu s'attendre. Il est vrai que nul artiste ne vécut plus que Saint-Martin retiré de l'arène et plus indifférent à tout ce qui n'était pas la musique. Mais tous ses amis gardèrent, au plus cher du souvenir, l'image de cet artiste fervent.

* * * * *

Un dénigrement orchestré ?

La biographie Louis Vierne. La vie et l'œuvre, publiée en 1943 chez Albin Michel par Bernard Gavoty (et rééditée depuis), est un ouvrage assurément bien écrit, et fidèle pour l'essentiel à l'image que gardaient de Vierne ceux qui l'avaient connu. Gavoty lui-même l'avait rencontré pour la première fois en 1929, et avait été son élève jusqu'en 1934. Les Mémoires inédits de Vierne (à ne pas confondre avec les Souvenirs publiés en un volume en 1939 par Desclée de Brouwer) constituent une trame importante de l'ouvrage de Gavoty, en plus de ses souvenirs propres. Mais la valeur historique de certains passages peut être mise en doute. Fort de sa réputation et de son influence16, Gavoty ne respectait guère l'exigence d'objectivité qui devrait guider tout biographe. Et en particulier, de nombreuses phrases perfides ont parfaitement survécu à la réédition, dénigrant le « gentilhomme amateur d'orgue » (Saint-Martin). Et souvent, en public, Bernard Gavoty a sciemment ignoré la simple existence du « chantre de Notre-Dame17 », ou alors parlait - lorsqu'il y était obligé - d'un « interrègne sans aucune gloire », ne concédant au successeur de Vierne que son « extrême courtoisie ». Remarquons toutefois qu'une phrase odieuse de la première édition (en p. 168, où était évoquée la titularisation de Saint-Martin) ne se retrouva plus dans la seconde : « Il est beau d'être organiste de Notre-Dame de Paris, mais on imagine qu'à certaines heures, quand la nuit envahit la cathédrale, une grande ombre, géniale et douloureuse, vient hanter la tribune et qu'une apostrophe railleuse, jaillie de l'ombre, accuse le poids d'un héritage bien lourd à recueillir... » Il n'en reste pas moins (et c'est de notoriété publique) que Bernard Gavoty fut le premier responsable du mal fait à Léonce de Saint-Martin, de la longue ignorance de l'« officialité organistique » à l'égard de sa personne et de son œuvre, des bêtises et des calomnies répandues à son sujet. Saint-Martin souffrit douloureusement des très graves torts tant moraux que matériels qui en résultèrent, mais en silence et sans jamais exprimer quelque amertume que ce soit. Paraphrasant Vierne, il écrivit même ceci : « Je leur ai pardonné de tout cœur l'immense chagrin qu'il me firent alors » (les paroles de Vierne18), et il conclut : « Faisons de même. N'avons-nous pas toujours été du plus grand cœur prêt à entendre ses leçons ? Tout le reste est silence. ». Face à l'injustice, avec droiture et une modestie distinguée, il resta parfaitement digne, bien que la blessure lui fût toujours vive. Son propre successeur Pierre Cochereau (1924-1984) fut nommé « par chance » dans les tout derniers jours de décembre 1954 (par le cardinal Feltin en personne), sans avoir lui-même fait acte officiel de candidature19. Il avait été accueilli noblement l'année précédente par le titulaire, et il avait été seul parmi ses pairs à vouloir effectuer cette visite. Pierre Cochereau a toujours honoré la mémoire et la musique de Saint-Martin. Officiellement, en particulier, par un concert le 10 juin 1955, premier anniversaire du décès. Disparu lui-même le 6 mars 1984, il préparait un récital pour le 30e anniversaire. Et l'on sait que Saint-Martin souhaitait que Pierre Cochereau (alors organiste à Saint-Roch) lui succède, certains de ses proches partageant cet avis ! Ils agirent en conséquence, et au début janvier 1955 le nouveau titulaire entrait en fonction.

Pour en revenir à Bernard Gavoty, voici ce que lui écrivit Pierre Cochereau tout juste installé (20 janvier 1955) : « Lorsque je suis entré à la classe d'orgue, j'ai fait comme tout le monde, c'est-à-dire que j'ai proclamé bien haut que le titulaire de Notre-Dame n'était pas à sa place. Je le connaissais peu, n'étant monté à sa tribune que trois fois. Par la suite, il m'a été donné une impressionnante quantité d'enregistrements pris au cours des offices, et il ne me reste qu'à souhaiter que tous les organistes qui l'ont attaqué soient capables - seulement - de jouer comme lui, ces pièces que je souhaiterais vous faire entendre. » Mais cela ne semble pas avoir convaincu Bernard Gavoty. La vie étant faite de compromis, Pierre Cochereau, ensuite, ne rechigna pas d'être dédicataire (avec André Fleury), de la réédition de la biographie de Vierne du même Gavoty, guère purgée de ses attaques perfides et de ses sarcasmes.

(à suivre)


Notes:

13
Sa dernière restauration fut effectuée par Barthélémy Formentelli en 1981, dans le respect de l'esthétique du 18e siècle.
14
Il avait évidemment déjà un solide acquis musical, mais faute d'avoir pu y consacrer tout le temps nécessaire, il lui faut maintenant fournir un effort exceptionnel, avec patience et énergie.
15
Ils s'étaient rencontrés pour la première fois à la tribune de Notre-Dame, un dimanche de 1917, lors d'une permission du front.
16
Organiste titulaire de Saint-Louis des Invalides, il était surtout connu comme critique musical. Ses ennemis - car il en avait - se plaisaient à le qualifier, par un jeu de mots facile, d'« invalide des organistes ». Les moyens médiatiques dont il disposait le rendaient pratiquement intouchable, mais son respect des personnes et des faits n'était pas à la hauteur de l'autorité qu'il s'accordait.
17
C'est ainsi que le nomma le chanoine Gaston Roussel, maître de chapelle de la cathédrale de Versailles.
18
Vierne faisait référence aux intrigues qui lui coûtèrent en 1911 la succession d'Alexandre Guilmant à la tête de la classe d'orgue du Conservatoire de Paris (c'est Eugène Gigout qui emporta la mise).
19
La chance portait un nom propre : Saint-Martin. En effet, si le successeur de Vierne avait été l'un des jeunes loups de la génération des Duruflé, Langlais et Litaize, jamais Cochereau n'aurait été organiste de Notre-Dame, simplement pour des raisons d'âge. Les carrières humaines sont menées par bien des hasards.


Un orgue pour l'église Sainte-Geneviève, à Québec
par Robert Poliquin

L'église Sainte-Geneviève, construite en 1965, fait partie, depuis le 1er janvier 2000, avec quatre autres églises du centre-ville de l'arondissement Sainte-Foy, à Québec, de la grande paroisse Notre-Dame-de-Foy. Depuis sa construction, l'église Sainte-Geneviève utilisait un instrument électronique de marque Allen (3 claviers, 42 jeux).

Lorsque j'ai joint la chorale Sainte-Geneviève, dans la section des ténors, en novembre 2000 en vue de la messe de minuit, j'ai remarqué l'instrument et quelques uns des problèmes : certaines notes étaient muettes, l'équilibre entre certains jeux laissait à désirer, cornements, etc. Au cours de visites effectuées par les techniciens de la firme Allen, ceux-ci ont été incapables de régler les problèmes, principalement à cause de la vétusté de la technologie utilisée, laquelle remonte aux années 60. Dès novembre 1998, l'organiste titulaire Jeannot Turcotte et le chef de chœur Pierre Grondines co-signaient un document décrivant l'état de l'instrument. Ce document était destiné aux membres du conseil de fabrique dans le but de permettre une prise de décision sur la solution à envisager pour remédier à la situation. Toutefois, aucune suite ne fut donnée au rapport et l'organiste devait utiliser l'instrument du mieux qu'il pût.

En 2002, au cours d'une soirée sociale organisée pour les membres de la chorale, le sujet vint sur le tapis. Tous déploraient la situation et étaient à la recherche d'un compromis. C'est alors que je leur suggérai tout simplement de remplacer l'instrument par un orgue à tuyaux usagé, comme ceux provenant, pour la plupart, d'églises aujourd'hui fermées, que l'on pourrait se procurer à un prix abordable. Je leur présentai certains exemples récents de telles démarches dans notre région : l'orgue de l'église Saint-Vincent-de-Paul rendu à l'église Saint-Mathieu, celui de l'église Notre-Dame-du-Chemin rendu à l'église Sainte-Ursule, celui de la chapelle du Grand Séminaire de Québec rendu à l'église Saint-Denys, celui de la chapelle des Frères des Écoles Chrétiennes rendu à l'église Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle, etc. Une approche informelle auprès du curé est mise de l'avant pour connaître son opinion. Surprise, il supporte notre solution à la condition que le financement provienne d'une souscription spécifique.

Un comité ad hoc de cinq membres est mis sur pied par la chorale pour pousser plus à fond le projet. Je suis chargé de faire savoir aux facteurs d'orgues notre désir de nous porter acquéreurs d'un orgue usagé de taille modeste, préférablement un orgue de chœur, car l'église ne possède pas de tribune arrière. De même, les services du diocèse de Québec sont informés de nous tenir au courant si des informations concernant des orgues usagés à vendre leur étaient communiquées. Au cours des mois qui suivirent, la disponibilité de cinq instruments fut portée à notre attention : certains étaient trop petits, d'autres trop volumineux pour l'espace disponible et ce, jusqu'à l'orgue de l'église Sainte-Croix de Shawinigan qui nous fut proposé en septembre 2004. Il s'agit d'un orgue à traction mécanique, 12 jeux, et pouvant se classifier comme orgue de chœur. Les membres du comité, accompagnés de l'organiste titulaire, se rendent sur place et, à la grande surprise de tous, l'instrument répond à toutes nos exigences : taille, versatilité, état mécanique et aspect visuel de l'instrument, prix demandé, disponibilité immédiate d'un organier pour le démontage et le remontage, etc.

Il s'agit d'un instrument construit en 1973 par le facteur Orgues Providence, de Saint-Hyacinthe, dans les derniers mois où cette firme opérait sous ce nom avant de devenir Guilbault-Thérien. Le petit cachet français que l'on retrouve dans la sonorité de cet instrument est certainement une marque de la participation de Guy Thérien à sa conception.

Comme l'orgue est dans une église qui est fermée depuis l'été 2004 et qu'il doit être vendu avant l'hiver 2004, puisque la fabrique ne prévoit pas chauffer le bâtiment durant les mois d'hiver, il nous faut agir vite. Deux facteurs importants apparaissent : la nomination d'un nouveau curé qui se montre moins réceptif à notre projet et le fait que le conseil de fabrique de notre paroisse ne se réunit qu'une seule fois par mois. Il nous faudra convaincre le nouveau curé et attendre à la fin du mois d'octobre pour leur soumettre notre projet. La crainte de se faire devancer par un autre acheteur, en attendant la réponse de notre conseil de fabrique, pousse les membres du comité à acheter l'instrument, à titre personnel et par contrat et à verser l'acompte requis. Afin de profiter du prix abordable, le contrat stipule que l'instrument sera emménagé en l'église Sainte-Geneviève. La permission de l'évêque des Trois-Rivières est obtenue parce que l'instrument change de diocèse. Début novembre, l'instrument est démonté et entreposé à l'arrière de l'église Sainte-Geneviève. Il est donc permis d'espérer que l'instrument soit disponible pour Noël.

À son assemblée suivante, le conseil de fabrique accepte de se porter acquéreur de l'orgue et un nouveau contrat est signé entre les membres du comité et le conseil de fabrique pour en transférer les titres de propriété. Reste une question : l'emplacement et l'installation de l'orgue. Afin d'assurer une bonne sonorité de l'orgue dans l'église, le projet, tel qu'envisagé par les membres du comité, de concert avec l'organier, nécessite le déplacement de l'autel de la sainte réserve d'un côté à l'autre du sanctuaire, ce à quoi le curé s'objecte. Des spécialistes de l'art sacré du diocèse de Québec sont appelés à se prononcer sur le projet et leur rapport confirme la position prise par le curé. De plus, ils soulèvent le fait que la présence de la chorale dans le chœur est non souhaitable et hors normes. Les membres de la chorale et le nouvel orgue devraient être placés dans une fosse hors du choeur. Ces exigences sont refusées d'emblée par les membres et, malgré certaines concessions, l'aménagement préconisé par le curé semble immuable. Pendant tout ce temps, l'orgue demeure entreposé sous les couvertures.

Noël vint et passa… On espère pour Pâques mais Pâques vint et passa…

En août 2005, alors que tous les intervenants au projet semblent exaspérés par la situation, revirement soudain, le curé remet sa démission et un successeur est nommé. Amateur de chant et de musique, le nouveau curé est emballé par notre projet. En moins de quelques jours, le plan, préconisé par les membres du comité et de l'organier, est accepté ; alors s'enchaînent l'élaboration des détails d'installation et la mise sur pied d'un comité de financement. Une assemblée des paroissiens entérine le projet d'achat de l'orgue et approuve le fait que les premiers montants recueillis par la compagne de financement soient consacrés à l'installation de l'orgue. Les services de l'organier Jean-François Mailhot sont retenus pour réaliser l'installation et la réharmonisation qui débutent au début du mois d'octobre. En moins de deux semaines et avec le concours de bénévoles de la paroisse, l'installation est complétée. Coût total : 40 000$ incluant le prix d'achat, le démontage, le transport, le remontage, les quelques réparations et la réharmonisation.

La bénédiction de l'orgue a eu lieu, au cours de la messe dominicale du Premier dimanche de l'Avent, le 27 novembre 2005, par Mgr. Jean-Pierre Blais, ancien curé de Sainte-Geneviève et maintenant évêque auxiliaire de Québec.

L'inauguration de l'orgue a été faite le 17 décembre 2005 lors d'un grand concert de Noël. Il mettait en vedette la paroissienne Johanne Bellavance, soprano, et l'organiste titulaire, Jeannot Turcotte, auxquels se sont joints la saxophoniste Julie Bellavance, la bassoniste Joanie Simard, les chorales des différentes églises de la paroisse Notre-Dame-de-Foy dirigées par Pierre Grondines et le chœur d'enfants Les Choricimes de Beauport sous la direction de Louise-Marie Desbiens.

Un dénouement heureux et à la satisfaction de tous.


L'orgue en fête
La fin d'une série de vingt-cinq années de concerts
sur l'orgue Aurèle-Laramée
en la chapelle des Frères Maristes à Iberville

par Normand Cloutier, f.m.s.1

Les Frères Maristes, congrégation enseignante d'origine française, sont arrivés au Québec en 1885 à Iberville-sur-le-Richelieu, à la demande de l'évêque de Saint-Hyacinthe. Ils y ont érigé en 1928 leur maison provinciale qui allait abriter jusque dans les années '70 un Juvénat (secondaire I et II) et un Scolasticat affilié à l'Université de Montréal et dispensant le baccalauréat en pédagogie et le brevet d'enseignement de classe A. Depuis, la maison a été cédée à ce qui est devenu l'École Secondaire Marcellin-Champagnat.

À l'époque, la chapelle fut dotée d'un orgue Casavant tubulaire de huit jeux nettement insuffisant pour une chapelle de plus de deux cents places et pour accompagner un choeur d'environ cent cinquante voix (cent voix d'enfants et cinquante voix d'hommes) disposant d'une heure de chant par jour et pendant plusieurs années d'un petit orchestre à cordes.

En 1945, un instrument fut acheté d'une église épiscopalienne de New-York auquel on ajouta des jeux provenant d'un instrument d'une paroisse de Cornwall. Casavant nous offre alors une console de quatre claviers. Cet instrument possède alors quarante et un jeux réels, pour soixante-dix registres, totalisant deux mille trois cent dix-sept tuyaux. En 1970, la communauté acquiert la console de la basilique Saint-Patrick de Montréal. Le frère Aurèle Laramée entreprend alors, sur les devis de Guilbault-Thérien, la construction d'un orgue de concert.

En 1980, l'orgue comporte soixante-dix jeux, quatre-vingt-un rangs auquel on ajoutera un combinateur, un séquenceur et un système MIDI. On atteint un total de quatre mille six cent trente-sept tuyaux. La soufflerie a été renouvelée de même que tous les sommiers; les touches sont aussi transistorisées.

Le concert inaugural a eu lieu le 19 avril 1980 donné par M. Antoine Reboulot. En novembre de la même année, madame Réjane Desautels donnait le premier concert d'une série qui allait durer jusqu'au 27 novembre 2005. À date, deux cent quatre concerts ont été donnés par des organistes québécois et trente-sept par des Européens. Cinq CD ont été enregistrés sur l'orgue Aurèle-Laramée de même que quarante-six émissions de Radio-Canada, réalisation de monsieur Jacques Boucher. L'entretien a été assuré par Guilbault-Thérien et a été entièrement financé, de même que toutes les activités artistiques autour de l'orgue, par la communauté des Frères Maristes. Même si au Québec on le reconnaît trop peu souvent, la contribution des communautés religieuses à la culture québécoise a été immense, assurée qu'elle a été par des personnes impliquées de tout leur être, souvent sans salaire ou avec une rémunération indécente. C'est un choix que nous avons assumé avec joie et qui, comme toute bonne chose, doit aboutir à une fin. Les communautés vieillissantes doivent redéployer différemment leurs forces et leurs moyens qui diminuent. À d'autres de prendre le flambeau des concerts d'orgue à tuyaux. Pour ma part, je demeure optimiste à la vue des nombreux missionnaires de l'orgue au Québec.


1
Responsable de la série l'« Orgue en fête ».


Congrès CRCO: Festival d'orgue 2005
par Robert Poliquin

Le congrès annuel du Collège royal canadien des organistes (RCCO/CRCO) s'est tenu, sous une chaleur torride, du 18 au 25 juillet 2005 dans la ville de London, en Ontario. Ayant décidé de m'y rendre par train, j'ai dû voyager le vendredi 15. Comme à tout malheur, il y a un bon côté, j'ai pu assister à la prestation des six candidat(e)s aux semi-finales du concours d'orgue qui se sont déroulées le samedi, le 16, en l'église Unie First-St. Andrew's.

Le concert inaugural a pris la forme de quatre mini-récitals donnés par l'organiste-titulaire de chacune de quatre églises du centre-ville. Formule intéressante qui permit une première rencontre avec quatre instruments Casavant issus de différentes époques et qui seront utilisés plus tard au cours du congrès.

Le congrès comportait deux séries de concerts : une série midi et les grands concerts en soirée. Parmi les concerts-midi, il faut noter la performance de Jonathan Oldengarm à la cathédrale Anglicane St. Paul (Casavant 1953/1976, IV/61/74) qui, avec fougue et précision, nous a offert une superbe prestation dans un programme comprenant des œuvres de Karg-Elert, Healey, Alain, et Escaich ; celle de David Palmer à la basilique St. Peter (Casavant 1926, III/62/65) dans un programme d'œuvres du 20e siècle ; celle du Duo Majoya formé de Marnie Giesbrecht et Joachim Segger, tous deux professeurs à l'Université de l'Alberta qui, à l'orgue et au piano en l'église Unie Wesley-Knox (Casavant 1908/Guilbault-Thérien 1996, III/56/57), ont conquis l'auditoire avec leur complicité et la perfection de leur performance qui comprenait, entre autres, une Suite pour piano et orgue de Denis Bédard ; que dire de celle de Rachel Laurin à la basilique St. Peter, qui fut tout simplement époustoufflante dans sa transcription d'un concerto de Bach, sa propre composition Étude héroïque (pièce imposée au Concours d'orgue de Québec en 2004), des mouvements de la Symphonie #6 de Vierne, et pour couronner le tout, la Toccata de la 6e Sonate pour orgue de Raymond Daveluy, en présence du compositeur.

Les grands concerts, en soirée, nous ont fourni des prestations quelque peu inégales quant au niveau du programme présenté : d'abord, une déception avec Peter Planyavsky, organiste titulaire à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne (Autriche) qui, à l'église Unie First-St. Andrew's (Casavant 1968, III/36/50) malgré une technique impeccable, nous a présenté un programme qui manquait de vigueur et de panache mais qui tout de même mettait en valeur les belles couleurs sonores de l'instrument ; ensuite, une demi-déception avec Peter Richard Conte, organiste du magasin Wanamaker de Philadelphie, sur l'orgue hybride de l'église Luthérienne Trinity (Casavant 1953/Walker Technical 2000) qui contient plus de jeux électroniques que de jeux à tuyaux, dans un programme axé sur des transcriptions à saveur théâtrale ; enfin, un concert magistral - concert de clôture - de Neil Cockburn à l'orgue de la cathédrale St. Paul et l'orchestre à cordes Festival Strings dirigé par Brian Jackson dans un superbe programme qui mettait bien en évidence le rôle de l'organiste et qui incluait, outre une Sinfonia de Mendelssohn, un Concerto pour orgue et cordes de Gerald Bales, une Sérénade d'Elgar, des Adagios de Albinoni et Barber, la première d'un Concerto pour orgue et cordes composé par John Cook qui était organiste à la cathédrale St. Paul.

La programmation du congrès comportait aussi trois concerts vocaux : le chœur Arcady, sous la direction de Ronald Beckett, nous a offert une magnifique prestation du Te Deum de Mendelssohn et de la cantate Jepthe de Carrisimi ; le chœur Schuessler Singers, sous la direction de Karen Ann Schuessler, a grandement conquis son auditoire avec la Missa Gaia/Earth Mass de Paul Winter ; enfin, le chœur d'enfants St. Mary's, sous la direction de Eilen Baldwin.

Le concours d'orgue a couronné Ryan Jackson, de Toronto, comme gagnant. Les deuxième et troisième places ont été accordées à Ryan Enright - gagnant du Concours d'orgue de Québec 2004 - et Isabelle Demers, tous deux de Montréal. Les performances, en finale, ont été superbes et les juges n'ont pas eu la partie facile pour déterminer le gagnant.

Le congrès comportait aussi plusieurs ateliers sur des sujets aussi variés que les techniques vocales baroques avec Christopher Jackson, la musique d'Olivier Messiaen avec David Palmer, les grandes œuvres vocales et antiennes avec Malcolm Archer, la technique Alexander pour organistes et chefs de chœur avec Monica Gray, la musique d'orgue autrichienne avec Peter Planyavsky, les techniques pour les répétitions chorales avec Karen Ann Schuessler, l'improvisation avec Peter Planyavsky. Tous les ateliers auxquels j'ai participé étaient bien structurés et comportaient beaucoup de conseils pratiques.

En résumé, une belle semaine toute en musique dans une ville où presque tous les lieux de concert étaient à distance de marche de l'hôtel.

Le prochain congrès aura lieu à Halifax, en Nouvelle-Écosse, du 23 au 27 juillet 2006.


IIe Symposium de l'Organ Historical Society
par Louis Brouillette1

Du 25 au 28 mai 2005 se déroulait la deuxième édition du colloque biannuel de l'Organ Historical Society intitulé « Impressions of the Organ », ce symposium avait lieu dans la charmante ville de New Brunswick, au New Jersey. Ces quatre journées d'études ont permis aux participants venus des États-Unis, d'Angleterre, du Brésil et du Canada d'échanger sur les centres d'archives, les récentes recherches en orgue dans le domaine de la musicologie historique, les projets de facture d'instruments d'envergure et l'avenir des publications.

Fondée en 1956, l'Organ Historical Society (OHS) s'est donné le but de préserver et documenter l'héritage de la facture d'orgue aux États-Unis. L'association comporte maintenant trois sections régionales, des membres de différents pays et un centre d'archives à Princeton, New Jersey.

Situé à l'intérieur de la bibliothèque Talbott du Westminster Choir College, Rider University, l'« American Organ Archives » de l'OHS est le plus grand centre international de recherche sur l'orgue. Il regroupe entre autres 14 500 monographies, 475 titres de périodiques, 2000 items promotionnels de facteurs d'orgue et 25 collections de manuscrits. En fait, ce centre d'archives désire posséder un exemplaire de tous les livres du monde sur l'orgue. Durant le symposium, Stephen L. Pinel, nommé cette année archiviste à temps plein, a d'ailleurs transmis aux participants une liste, par pays, des monographies que le centre ne possède pas et qu'il désire acquérir. Le catalogue complet des ouvrages du centre d'archives peut être consulté par l'entremise du site de la Talbott Library : www.library.rider.edu/talbott.

Un centre d'archives similaire devrait voir le jour d'ici trois ou quatre ans en Angleterre. Andrew McCrea, éditeur en 2004 du Journal du British Institute of Organ Studies (BIOS), a présenté le projet lors du colloque. Ce centre international de documentation sur l'orgue serait situé à Birmingham et il agirait en étroite collaboration avec le British Museum.

Parmi les douze conférences du colloque, regroupées en trois sessions - La Renaissance et le Baroque, le XIXe siècle et J.S. Bach et l'orgue -, trois d'entre elles ont particulièrement retenu mon attention. Il s'agit premièrement de la présentation de David Schulenberg sur les problèmes de chronologie et d'attribution des œuvres de jeunesse de J.S. Bach. En première partie d'exposé, Schulenberg a fait une analyse comparative entre la Sonate en si mineur op.1, no 8 de Tomaso Albinoni et la Fugue en si mineur BWV 951 de J.S. Bach. La conférence de David S. Knight, à la fois sérieuse et humoristique, portait sur les enregistrements de 1926 à 2005 d'arrangements pour orchestre des œuvres pour orgue de J.S. Bach. Enfin, Sarah Davies a parlé de l'orgue à l'époque de la Renaissance allemande, en particulier des traités d'interprétation et de théorie, des tablatures ainsi que de l'intégration du cantus firmus dans la musique de 1400 à 1480.

D'autres conférences, tenues par des membres du conseil d'administration de l'OHS, étaient présentées en dehors des trois sessions. Par exemple, Michael D. Friesen, président de l'OHS et doctorant à l'University of Colorado, a parlé de ses recherches sur les premiers artistes américains, qui n'étaient pas des organistes professionnels, mais qui entretenaient certaines relations avec l'orgue à tuyaux.

Entre deux sessions de conférences, une table ronde sur les périodiques d'orgue a eu lieu. Parmi les invités de ce panel se trouvaient Barbara Owen et Peter Williams, deux figures marquantes de la musicologie organistique. Une des questions soulevées concernait la visibilité des recherches sur l'orgue : est-il préférable de publier des articles dans les périodiques spécialisés ou dans les revues de musicologie générale ? Au terme du débat, la conclusion se formula bien simplement : continuons de publier dans les revues destinées aux organistes, tout en envoyant quelques fois des articles sur notre instrument aux périodiques plus généraux.

Une deuxième table ronde s'intitulait « Recent Remakable Organs ». Il s'agissait en fait d'un panel rassemblant trois facteurs américains, Dobson Pipe Organ Builders, C.B. Fisk et Quimby Pipe Organs, qui ont dernièrement construit des orgues gigantesques. Le représentant de C.B. Fisk a exposé les difficultés éprouvées par sa compagnie dans l'installation de leur opus 120 (5 claviers, 111 jeux, 2003) à la Cathédrale de Lausanne, qui était d'ailleurs leur premier contrat hors des États-Unis. Suite aux présentations des trois invités, les questions de Barbara Owen ont animé le débat. Pourquoi les facteurs d'orgue d'aujourd'hui rencontrent-t-ils encore tant de difficultés, même après plusieurs siècles de facture ? Vaut-il la peine de construire un gigantesque orgue dans une salle de concert qui sert seulement quelques fois durant l'année ? Les réponses des invités furent positives, mais aussi réalistes. Owen a par la suite demandé aux trois facteurs présents quelles seraient les restaurations à apporter dans quelques années à leur mastodonte respectif et elle ajouta : « Est-ce que votre compagnie va faire une soumission pour l'entretien ? ». Les réponses, toujours empreintes de réalisme, s'avérèrent également positives.

Ponctué de deux concerts par jour, le colloque a également permis aux participants d'entendre différents orgues historiques de la ville hôte de l'événement, dont l'opus 1230 de Geo Jardine & Son (2 claviers, 21 jeux, 1896).

En somme, le deuxième symposium de l'OHS fut un réel succès, reflétant la qualité et la profusion des activités organistiques nord-américaines. La centaine d'organistes présents ont pu échanger sur différents sujets concernant l'orgue : de sa facture aux recherches musicologiques tout en passant par le domaine de l'interprétation. L'OHS, société d'abord américaine, s'ouvre de plus en plus vers l'international. Une partie de ses membres ne sont pas américains et la revue The Tracker, publiée quatre fois l'an, inclut à l'occasion des articles sur des sujets européens, bien que l'accent soit donné à l'histoire de l'orgue américain du XVIIIe siècle à aujourd'hui, de sa musique et de ses facteurs. Enfin, l'OHS espère tisser plus de liens avec le milieu organistique québécois. Ma conférence « The Organ Manuscript of the Anglican Cathedral of Quebec City : Mysteries and Revelations », qui est le sujet de ma thèse de doctorat, a par ailleurs été chaleureusement accueillie.

Pour de plus amples informations sur l'OHS, visitez leur site : www.organsociety.org.


1
Doctorant en musicologie à l'Université de Montréal « loubrouillette@yahoo.ca ».


Nouvelles des régions

Québec
par Irène Brisson

    Les amateurs d'orgue de Québec ne savent plus où donner de la tête depuis l'automne :

  • Que ce soit aux Amis de l'orgue de Québec, aux Concerts Notre-Dame présentés à la Basilique de Québec ou à Notre-Dame-de-la-Victoire à Lévis, ou dans le cadre des activités pédagogiques du Conservatoire et de la Faculté de musique de l'Université Laval, les activités abondent et attirent un public toujours aussi enthousiaste. Aux Amis de l'orgue, la saison, entamée par un concert portes ouvertes le 17 septembre, s'est poursuivi avec le récital fort apprécié de Robert Gosselin à l'église Saint-Roch (16 octobre) et celui, plein de raffinement, du duo orgue et flûte à bec de Sylvain Barrette et de Lucie Laneville présenté à l'église Saint-Félix de Cap-Rouge (26 novembre).
  • C'est avec beaucoup de tristesse que les amateurs d'orgue de la région de Québec ont appris le 6 janvier dernier que l'église Christ-Roi de Lévis avait été sérieusement endommagée par un violent incendie et que l'orgue Casavant de 1917 (3 claviers, pédaliers, une trentaine de jeux), que la paroisse avait acquis en 2004 et inauguré le 20 novembre de la même année semble être irrécupérable : une perte de quelques 750 000 dollars…
  • Pour souligner l'année Mozart, les Amis de l'orgue proposeront à leur public une conférence d'Irène Brisson (5 mars) et un concert de Louise Fortin-Bouchard (19 mars) qui aura lieu à l'église Sainte-Geneviève de Sainte-Foy. Cette église a acquis en octobre 2004 l'orgue Providence (1973, traction mécanique, 15 jeux sur 2 claviers et pédalier) qui se trouvait auparavant à Sainte-Croix de Shawinigan, qui est fermée depuis avril 2004. Installé par Jean-François Mailhot, l'instrument a été béni solennellement le dimanche 20 novembre.
  • De son côté, le Festival des Rivières consacrera sa première édition à l'enfant prodige de Salzbourg et présentera le 3 mai à 20 heures à Sainte-Monique des Saules les organistes Claude Lemieux et Nathalie Gagnon dans des œuvres de Mozart et de ses contemporains.(Schnitzer, W.F. Bach).
  • Le concert des professeurs du Conservatoire (Saints-Martyrs-Canadiens, 3 avril à 20 heures), le concours d'orgue du réseau des conservatoires (Saint-Martyrs-Canadiens, 7 avril après-midi et soir), le Printemps de Saint-Roch (les mercredis en mai à 12 h 10) et celui de Saint-Sacrement (les dimanches de mai à 15 heures) et les deux derniers concerts des Amis de l'orgue aux Saints-Martyrs-Canadiens (29 avril à 20 heures, Mélanie Barney; 27 mai à 20 heures, Marc D'Anjou et le Quintette de cuivres de l'Université Laval) complèteront ce panorama on ne peut plus diversifié.


Mauricie
par Michelle Quintal

  • Orgue et compagnie
    « Il y a, il y a, un orgue oublié dans chaque gorge nouée. » (Jean Laprise)

    Philippe Bournival (orgue, arrangements et improvisation), Magali Lemieux (voix, poésie et narration), François Toutant (violoncelle), Sébastien Deshaies (guitare) interprètent Bach, Piché, Franck, Saint-Saëns, Bizet, Rodrigo faisant ainsi connaître les orgues Casavant de Saint-Narcisse, Sainte-Flore, Champlain, Louiseville, Pointe-du-Lac, Saint-Stanislas, Sainte-Anne-de-la-Pérade.

    Bénéficiant d'une subvention du Conseil des Arts et des Lettres du Québec ainsi que d'une aide de certains commanditaires privés, ces jeunes musiciens enthousiastes offrent, les dimanches après-midi de 2005 et 2006, des concerts gratuits où alternent musique et textes inédits des poètes Yves Boisvert, Réjean Bonenfant, Carl Lacharité et Jean Laprise (commande de Magali Lemieux). Menu éclectique, jeu avec le public, improvisation, que d'idées originales qui permettent d'expérimenter de nouvelles formules de contact avec le public.

    Mentionnons que depuis janvier 2006, l'organiste Philippe Bournival est directeur musical à la Basilique et au Sanctuaire Notre-Dame-du-Cap aux Trois-Rivières.

  • Gilles Rioux

    De Gilles Rioux, « Cantate québécoise » pour soprano, trompette et orgue, a été créée le 10 avril 2005 par l'auteur, Marielle Fortier-Landry, soprano et André Godbout, trompette à la chapelle Kermaria des Filles de Jésus aux Trois-Rivières (Concert Pro Organo-Mauricie).

    Utilisant des textes des chansonniers Daniel Lavoie, Claude Léveillée, Félix Leclerc et Gilles Vigneault, " Cantate québécoise " a été reprise à Rimouski, Drummondville et même à Tracadie-Sheila au Nouveau-Brunswick (orgue Casavant, 3 claviers, réharmonisé récemment par Jean-François Mailhot).

    Soulignons que Gilles Rioux, membre fondateur de la Fédération québécoise des Amis de l'orgue, titulaire des orgues de la basilique Notre-Dame-du-Cap de 1989 à 2004, est non seulement organiste-concertiste-compositeur-improvisateur mais aussi chef des chœurs de l'Université du Québec à Trois-Rivières et de l'Orphéon.


Drummondville
par Francis Gagnon

    Sans vouloir faire de mauvais jeux de mots, je dirais que les orgues de St-Frédéric ne manquent pas de souffle. Plusieurs activités ont eu lieu et seront présentées en cette église au cours de l'année. Permettez-moi de vous témoigner de cette vitalité autour de l'orgue à Drummondville.

  • Amis de l'orgue de Drummond

    Pour la série 2005-2006, quatre concerts ont été organisés à l'église St-Frédéric. Francis Gagnon a eu le plaisir de participer au concert de Noël avec Michel Blackburn, basse chantante. À cette occasion, une œuvre de Gilles Fortin, pour orgue et voix, comprenant des chants de Noël traditionnels québécois, a été interprétée. Une nouvelle œuvre de Gilles Fortin a aussi été interprétée le 27 novembre dernier.

    Les projets ne manquent pas au sein du comité des Amis de l'Orgue Drummond, à partir de la prochaine saison de l'AOD, ils organiseront des concerts en région et cela afin de faire découvrir d'autres instruments aux mélomanes de musique d'orgue.

  • Bourse de perfectionnement AOD

    Dans notre région, nous avons peu d'organistes classiques formés. Afin de pallier à cette lacune, les AOD ont instauré une bourse de perfectionnement à l'orgue. Cette année, la bourse a été remise à Karine Bonin. Karine est bachelière en chant - interprétation, de l'Université Laval et elle a fait de sérieuses études en piano. Elle avait le goût d'approfondir la technique et le répertoire de cet instrument depuis de nombreuses années. En accord avec le conseil de fabrique de la paroisse Saint-Frédéric, les cours seront offerts à cette église par messieurs Gilles Fortin et Francis Gagnon.

  • Prix hommage

    La Conférence régionale des élus du Centre-du-Québec a décerné à Gilles Fortin le Prix Hommage lors du GalArt 2005 qui a eu lieu à Victoriaville l'automne dernier. Ce prix se veut une reconnaissance pour l'ensemble de son implication au niveau de la musique dans la MRC Drummond et plus particulièrement en tant que fondateur des Amis de l'Orgue Drummond. Nos sincères félicitations pour cette reconnaissance.

  • Une « Messe de Requiem » composée par un jeune de 17 ans

    Jocelyn Lafond est un jeune de 17 ans qui termine présentement ses études secondaires dans le Programme d'éducation internationale. Il étudie le piano au conservatoire de Trois-Rivières et il est organiste à la paroisse de Saint-Eugène, près de Drummondville. Afin de satisfaire aux exigences de ce programme bien particulier, l'étudiant doit remettre un projet personnel. Jocelyn a décidé de composer ni plus ni moins une « Messe de Requiem ». C'est le samedi 25 mars 2006 qu'à eu lieu la création de cette œuvre de Jocelyn Lafond. Le jeune compositeur a accompagné lui-même, à l'orgue de tribune de l'église Saint-Frédéric, le chœur d'une quarantaine de personnes. Nous sommes fiers de ce jeune de notre région et nous l'encourageons à poursuive ses études musicales.

  • Concerts sous le clocher St-Frédéric

    Il y a un an, un comité de réflexion a été mis sur pied afin de réfléchir sur la possibilité d'une mission à caractère culturel pour l'église St-Frédéric. De ces rencontres, qui regroupaient plusieurs intervenants du milieu culturel de Drummondville, est né les Concerts sous le clocher. Deux projets principaux ont été retenus : les Concerts pendant le Mondial des cultures et les Dimanches en musique et chant sacré.

    Les membres du comité sont très enthousiastes et partagent ce désir de faire découvrir aux gens de Drummondville et de l'extérieur les beautés, les richesses de ce lieu. L'orgue de tribune étant bien sûr un de nos trésors. J'aimerais ici mentionner la grande collaboration que nous avons du conseil de fabrique qui veille à l'entretien des deux orgues de l'église et accepte de faire les réparations lorsque cela est nécessaire, ce qui nous permet de garder ces instruments en très bon état.

    Nous sommes présentement à la préparation des activités été-2006 des Concerts sous le clocher. Pour cette série estivale à venir, nous pouvons compter sur un tout nouveau partenariat avec l'Orchestre symphonique de Drummondville. Ainsi, des musiciens de l'orchestre participeront aux différents concerts ou célébrations au cours de l'été, l'orgue ayant toujours une place de choix. Signalons que cette année, nous célébrons le 150e anniversaire de la fondation de la paroisse Saint-Frédéric, ce partenariat avec l'OSD nous permettra d'avoir un air de fête.

    Les Concerts pendant le Mondial des cultures se dérouleront du lundi 10 juillet au vendredi 14 juillet à 11h00.

    Les dates à retenir pour les Célébrations en Musique et Chant sacré, sont les 6-13-20 et 27 août à la messe de 10h00.

    Pour ces deux événements, nous retrouverons autour de l'orgue, la voix, les cordes, les cuivres, le hautbois, la flûte à bec et bien plus. La programmation officielle sera annoncée au mois de mai prochain.


Rimouski
par Gérard Mercure

    Le Festival international d'orgue et de clavecin de Rimouski ainsi que son académie auront lieu du 8 au 12 juillet 2006. À cette occasion, le Conservatoire de musique de Rimouski ouvrira ses portes et mettra ses locaux à la disposition des élèves de cette école d'été. L'académie accueillera comme professeurs invités Blandine Verlet, pour l'enseignement du clavecin et Jean-Guy Proulx, pour l'orgue romantique et symphonique. Josée April, Luc Beauséjour et Olivier Fortin offriront des ateliers de formation en clavecin et en basse continue. À l'occasion de cette onzième édition du festival et de son académie, le public pourra entendre en récital Blandine Verlet et Jean-Guy Proulx, et en concert, Josée April, Lysiane Boulva, Luc Beauséjour, Olivier Fortin et Rémi Martin, auxquels pourront se joindre d'autres artistes. Une invitation à placer Rimouski dans son itinéraire de vacances et le Festival, dans son programme musical!


Anniversaires en musique
par Irène Brisson

D'accord, c'est l'année Mozart! Des T-shirts aux intégrales kilométriques en passant par les chocolats à l'effigie du Wunderkind de Salzbourg et les sonneries de téléphones cellulaires réglées sur la symphonie en sol mineur, passerons-nous à travers cette année 2006 sans mozartite suraiguë? Le 250ème anniversaire de notre divin prodige préféré risque d'en occulter plusieurs autres, pourtant respectables, par exemple le tricentenaire de la mort de deux excellents organistes baroques : Johann Pachelbel (1653-1706) et de son contemporain exact Jacques Boyvin (1653-1706) et d'Andreas Werckmeister (1645-1706) organiste et artisan du tempérament égal dont un des premiers adeptes fut Johann Caspar Ferdinand Fischer né il y a 350 ans (1656-1746). Bach tenait en haute estime l'Ariadne Musica de Fischer, parue en 1702. Ce recueil comprend en effet 20 courts préludes et fugues dans presque tous les tons, qui sont en quelque sorte les prototypes du Wohltemperierte Clavier du Cantor de Leipzig.

Qui, en cette année mozartienne, aura une pensée émue pour le maître bolognais et ami de Mozart, l'éminent contrapuntiste Padre Martini (1706-1784)? Né cinquante ans avant son émule, il laisse six sonates pour orgue et pour clavecin (1747), et une collection de près d'une centaine de courts Versetti et Toccate pour orgue caractéristiques de l'esthétique italienne héritée de Frescobaldi et de Zipoli. Leur transcription réalisée sur le Web par Jolando Scarpa est disponible en format pdf à l'adresse suivante :

icking-music-archive.org/scores/martini/Versetti_d.pdf

Et qui s'intéressera à la cinquantaine de préludes et au concerto pour orgue et alto de Michael Haydn (1737-1806), le frère cadet du grand Josef, collègue salzbourgeois et ami lui aussi de Mozart?

Pourquoi ne pas profiter de cette année pour savourer les dix Toccate d'Intavolatura d'organo o di clavicembalo de Michelangelo Ross (vers 1601-1656) qui méritent mieux que d'être cataloguées comme de pâles copies de celles de son modèle Frescobaldi, et pour relire les six fugues sur B-A-C-H (1845) de Schumann (1810-1858)?

D'autres oubliés de 2006 risquent bien de continuer à le rester. C'est le cas de Charles (Carolus) Luython (1556-1620), organiste de l'empereur Rodolphe II à Prague, de Thomas Tomkins (1572-1656), organiste à la cathédrale de Worcester puis de la chapelle Royale de Londres, du Liégeois Thomas Babou (1656-1739) dont le livre d'orgue comprenant une dizaine de pièces idéales pour les offices religieux n'est pas dénué de charme, ou de Johann Gottfried Goldberg (1727-1756), cet élève de Bach indirectement associé à certaines variations qui portent son nom…


L'orgue sur le web
par André Côté

Avec le retour des chauds rayons du soleil annonçant l'été à venir, plusieurs organistes voient poindre la saison des académies d'orgue d'été, sources de perfectionnement et d'inspiration auprès des grands maîtres.

Tout près de nous, au Québec, deux événements attirent notre attention :

  • L'Académie estivale d'orgue de McGill
    http://www.music.mcgill.ca/~organ/

    qui a présenté l'an dernier une brochette impressionnante d'organistes de renom n'a toutefois pas encore, au moment de la rédaction de cette chronique, publié sur son site, la programmation de l'édition 2006. C'est à surveiller…
  • La belle région du Bas-Saint-Laurent, n'est pas en reste avec son Festival international d'orgue et de clavecin de Rimouski
    www.rimouskiweb.com/orgue&clavecin/

    Pour sa 11e édition tenue du 8 au 12 juillet, le Festival s'est assuré les services de Blandine Verlet du C.N.R. de Rueil-Malmaison pour le volet musique baroque ainsi que de Jean-Guy Proulx pour le volet romantique et symphonique.

Fière d'une longue tradition, l'Europe présente de nombreuses académies courues par les organistes des cinq continents. Çitons :

De quoi faire rêver tout organiste à de magnifiques rencontres avec des instruments somptueux et des musiciens passionnés et passionnants.


Revue des revues
compilée par Gaston Arel
France
L'orgue francophone en bref
Supplément du Bulletin de l'orgue francophone
21, rue de la Liberté
21170 Saint-Jean-de-Losne, France
  • No 45 (décembre 2005)
    Concerts - Route des orgues - Propos du Père Sage - Stages, Académies - Festivals - Concours - Brèves de Tribunes - Nouveautés CD - Livres et partitions - Revues - Vidéos, CD-Rom - Échos - Expositions, @ - Carnet - Rubrique juridique - Petites annonces.
  • Point d'orgue
    Bulletin de liaison de l'Assocation
    des amis de l'orgue de la Vendée,
    3 rue Victor-Hugo,
    85580 Saint-Michel-en-l'Herm, France
  • no 107 (décembre 2005, 39e année)
    Mot du président -Chavagnes-en-Paillers (85) : 12 Académie d'orgue - Pouzanves (85) concert du 22 mai 2005 - Saint-Laurent-sur-Sèvre (85) : échos du 44e stage des jeunes organistes - Luçon (85) : concert trompette et orgue - Un passionné de l'orgue : Léonard Broussely.

  • Belgique
    Le Magazine de l'Orgue
    Rue du Trône, 200,
    B-1050 Bruxelles, Belgique
  • No 86 (1er trimestre 2006)
    Prélude -1 CD hors catégorie - 17 CD's classés par compositeurs - XIV questions à Martin Gester - La boutique du M'O - 15 CD's récitals classés par interprètes - L'orgue dans la Gazette et Revue Musicale de Paris, 1850 - 3 livres sur l'orgue - 24 partitions d'orgue - Agenda des concerts d'orgue.

  • Suisse
    La Tribune de l'orgue
    REVUE SUISSE ROMANDE
    Guy Bovet
    CH-1323 Romainmotier, Suisse
  • 57e année, No 3 (2005)
    Éditorial - Berlioz et l'orgue - Le quart d'heure d'improvisation - Les orgues du conservatoire de Genève (II) - Les dessins d'Ariane Blanc : « Au Conservatoire » - Friedrich Ladegast et l'orgue de la cathédrale de Schwerin. Errata - Un nouvel orgue Rieger à Menzingen - Rétrospective : Douzième année de la TDLO - Les mémoires de Don Aldo Lanini (VII) - Au sujet de l'orgue de Montreux - Oser quelque chose de nouveau : Wabern - Les voyages de M. Philéas Fogg - Actualité : Disques, partitions, livres, divers, chronique du temps jadis, courrier, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, calendrier des concerts, communications de l'AOR.
  • 57e année - No 4 - (2005)
    Éditorial - Berlioz et l'orgue - Le quart d'heure d'improvisation - La restauration de l'orgue Goll de St-Saphorin - Le tempérament de Bach - Orgues démodés…ou pas ? - « Ce que jouent nos organistes » un sondage de 1937??? - Les mémoires de Don Aldo Lanini (VIII) - Orgues nouvelles, restaurées : Teneriffe, Obersaxen (Gr.) - Les voyages de M. Philéas Fogg - Actualité : Partitions, sites internet, divers, revue de presse, cours, concours, congrès et académies, les dessins d'Ariane Blanc, calendrier des concerts.
  • L'orgue / Revue indépendante
    François Widmer
    4, chemin de la Criblette
    CH-1091 Grandvaux, Suisse
  • No 1 (mars 2005)
    Ils protestaient…Quelques réflexions de Georges Cattin - Courrier des lecteurs - Solution du concours de mots croisés No 59 - Et si nous parlions de l'orgue du Court ? Une présentation de Georges Cattin - Ouvrez la cage aux tuyaux ! Quelques réflexions de Jean-François Mingot - L'orgue de Dante Granato - Le dictionnaire des mots de la musique de Jacques Sion - Hommage à Joseph Reveyron (1917-2005) - L'orgue historique de Baulmes VD.
  • No 2 (juin 2005)
    Hommage à André Luy - Courrier des lecteurs - La chronique discographique - Frank Martin en DVD - Portrait d'orgue…et d'organistes - L'orgue Goll (1897-1914) du temple de Travers NE - De la suppression d'un demi-poste d'organiste titulaire… - La facture d'orgues lombarde au 19e siècle.
  • No 3 (septembre 2005)
    Mélange sur fond de papauté… - Le centenaire de la naissance de Pierre Pidoux - La neuvième édition du Festival Bach de Lausanne - L'extinction de l'acoustique de l'église catholique de Montier JB - L'orgue Kuhn (1946) de l'église Saint-Marie de Berne - Les musiciens occasionnels de Gland VD : état de la situation Bon anniversaire ! Pour les 40 ans de l'orgue Metzler de la cathédrale de Genève - Le nouvel orgue de Saint-Vincent à Montreux VD.
  • No 4 (décembre 2005)
    Le billet d'Anne-Marie Heiniger - Notices hymnologiques - L'orgue Goll (1910) de la chapelle Sainte-Anne à Zurich - Anniversaires en musique - Rien de plus qu'un petit orgue de village ? Festival Bach de Lausanne - La chronique discographique et littéraire - Des sources d'inquiétude ? - Les 80 ans de l'organiste-compositeur Claude Dubuis.

  • Canada
    Organ Canada / Orgue Canada
    Journal trimestriel du Collège royal canadien des organistes (RCCO/CRCO)
  • volume 18, no 3 (September 2005)
    Canadian Organ Concertos Festured at the London Organ Festival - Guidelines for Designation - President's Message - From the Organ Builders - Positions Available - Pipes by the Sea - Sixteenth Notes - An Address to Convocation - Hindsight - An Organ Miniature - First Godfrey Hewitt Scholarship Awarded to Craig Humber - Review.
  • volume 18, no 4 (December 2005)
    Casavant Organ of Church of Our Lady, Guelph, Receives Historic Designation - President's Message - Sixteenth Notes - Halifax Organ Festival - An Organ Miniature - Hindsight - Making a Difference : Planned Charitable Giving - The Casavant Organ of Church of Our Lady, Guelph - Thomas Trotter at Deer Park United Church - Orgues Létourneau Affected by Workshop Fire : Normal Operations Resume Immediately - Reviews.
  • Bulletin
    Bulletin de liaison des Amis de l'orgue de Québec
  • no 104 (novembre 2005)
    Échos de nos derniers concerts - Chaises musicales et nominations - Du nouveau sur le web - Lu pour vous - Écouté pour vous - Discographie - Nécrologie - De choses et d'autres - Casavant se distingue à New York - Mot de la fin.
  • no 105 (mars 2006)
    Nouvelles des Amis de l'orgue - Nouvelles brèves - Concerts d'orgue à venir - L'orgue unifié (1935-1960) chez Casavant Frères - Nouveautés discographiques - Mot de la fin.
  • Notes d'agrément
    Bulletin de liaison des Amis de l'orgue de Rimouski
  • volume 11, no 1 (octobre 2005)
    Un beau dimanche - L'orgue sinistré - Une saison sous le signe de la convivialité.
  • volume 11, no 2 (novembre 2005)
    Carte blanche à Mylène Bélanger - En lien avec notre en-tête rajeunie - Curiosité organistique : l'orgue virtuel - Notre belle saison conviviale continue sur sa lancée - À votre agenda.