| Description [Français / English] |
Composition sonore Stop List |
Références References |
Retour Return |
![]() |
Orgue de tribune / Gallery Organ Suret 1867 / Danion-Gonzalez 1973
|
|
![]() |
Orgue de choeur / Chancel Organ Abbey 1880? / Danion-Gonzalez 1970
[click on the image or here to obtain a larger picture] |
La basilique Saint-Denys est une église catholique située à Argenteuil dans le département du Val-d'Oise où est conservée une relique unique pour le culte catholique : une tunique réputée selon la tradition être celle portée par le Christ lors de la Passion. L'édifice est situé à proximité du centre historique regroupant les vestiges classés de l'abbaye Notre-Dame, la chapelle Saint-Jean et une cave dimère réhabilitée pour les spectacles musicaux.
Historique
Argenteuil accueille, dès l'époque mérovingienne, un monastère de femmes. Détruit par les invasions des Vikings, celui-ci n'est reconstruit qu'au XIe siècle et passe un siècle plus tard aux moines bénédictins de Saint-Denis qui en chassent les religieuses. Comme la guerre de Cent Ans affecte fortement le prieuré, une première église paroissiale est construite en 1449. Étant devenue vétuste au fil des siècles au point de présenter un réel danger pour les fidèles, la décision est prise en 1852 de la remplacer par un nouvel édifice. Les travaux sont confiés à l’architecte Théodore Ballu, architecte en chef des travaux de la Ville de Paris pour les édifices consacrés au culte. La première pierre est posée le 27 août 1861. La nouvelle église de style néo-roman est achevée au printemps 1864 et consacrée le 22 avril 1866 par Mgr Jean-Pierre Mabile, évêque de Versailles. Au cours de la Seconde Guerre mondiale, l'église est victime des bombardements et ses vitraux sont totalement détruits. Ceux-ci sont remplacés après 1950 par les maîtres-verriers Max Ingrand et Jean Barillet, fils de Louis Barillet.
Architecture
La basilique est une église néo-romane précédée d'un triple porche monumental dont le clocher imposant s'élève à 57 mètres (187 pieds) de hauteur. L'édifice est orienté nord-sud et ce, dû à la nature du terrain ne permettait pas l'orientation classique est-ouest. Grâce à un financement en partie public, la devise républicaine « Liberté – Égalité – Fraternité » est inscrite sur le fronton, avant les lois de séparation de l’église et de l’État en 1905.
Son plan est celui d'une croix latine avec grande nef centrale composée de six travées d'ogives et de deux bas-côtés éclairés de vitraux qui se prolongent autour du chœur par un déambulatoire sur lequel débouchent trois chapelles rayonnantes. Il présente une triple élévation : de grandes arcades,un triforium qui court à mi-hauteur et une partie supérieure de fenêtres hautes largement vitrées de grisailles.
Le chœur comporte deux croisées et se termine par un sanctuaire en demi-cercle clos au niveau du sol par un banc de communion. Jadis garni de stalles, actuellement déposées dans la chapelle de la Sainte-Tunique, le chœur accueille, depuis la réforme de Vatican II, un podium soutenant un autel tourné face aux fidèles. Il est entouré de deux salles annexes, celle située à l'est sert de sacristie et celle située à l'ouest est aménagée en chapelle d'hiver.
Les ailes du transept sont occupées chacune par une chapelle monumentale à chevet plat percé chacun de deux vitraux et d'une grande rosace. L'aile droite est consacrée à la chapelle de la Sainte-Tunique qui en héberge le reliquaire dans un autel en lave de 1866. La Sainte Tunique est roulée sur elle-même, et les visiteurs n’en voient qu’un petit morceau à travers une petite vitre ronde.
Mobilier
Élevée au rang de basilique mineure le 23 août 1898 par le pape Léon XIII, l'église abrite une série importante d’objets d’art religieux classés au titre des Monuments historiques :
Les orgues
L'orgue de tribune
Dans l'église primitive, il y avait un orgue du XVIIIe siècle de 22 jeux répartis sur deux claviers et pédalier auquel un troisième clavier (Positif) est ajouté en 1841.
En 1864, au moment où les travaux de la nouvelle église achèvent et au moment de démolir l’ancienne, le facteur Louis Suret, présente un devis pour la construction d’un grand orgue neuf composé de 31 jeux répartis sur trois claviers de 54 notes et un pédalier de 25 notes. Dans sa présentation, il précise qu'après un examen complet de l’orgue actuel, seule une partie de la tuyauterie pourra être réutilisée. Le mécanisme, les sommiers, les claviers ainsi que la menuiserie ne valent pas la peine d'être restaurés. En fait, 10 jeux de l'instrument original sont conservés incluant la Trompette du Positif datant de 1841 et qui devient la 2e Trompette du Grand-Orgue. L'instrument est placé dans un buffet à cinq tourelles et quatre plates-faces de style Henri II avec Positif de dos à deux tourelles encadrant une grande plate-face en forme de mitre.
L'inauguration de l'instrument a lieu le 8 septembre 1867 par Auguste Bazille, organiste de l’église Sainte-Élisabeth à Paris. Malheureusement, au cours de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, l’orgue est endommagé le 1er décembre 1870, par un obus tiré de Courbevoie et tombé sur le clocher. Le facteur Suret effectue les réparations.
En 1908, après qu'aucune réparation n’ait été effectuée depuis 40 ans, Auguste Suret, le fils de Louis, effectue d’importants travaux. À cette occasion, une description complète et précise de l’instrument y est faite. On y retrouve la composition originale de Suret père, excepté le nombre de tuyaux qui passe de 1739 à 1762. L’inauguration de l’orgue rénové a lieu le 17 janvier 1909.
Ayant souffert des bombardements durant la Seconde Guerre mondiale, l’instrument est remis en état par le facteur Jules Bossier en 1945.
Lorsqu'en 1971, une demande de classement est déposée, la Commission supérieure des Monuments historiques ne juge pas opportun d'y donner une suite favorable. La même année, une reconstruction totale de l'instrument est confiée au facteur Danion-Gonzalez qui ne conserve que le buffet et 29 jeux de l'ancien instrument (7 jeux du XVIIIe siècle, 1 jeu de 1841 et 21 jeux de Suret). Le nombre de jeux passe de 31 à 43 par l'addition de 14 jeux neufs. Deux jeux du XVIIIe siècle réutilisés par Suret disparaissent (Nasard et Plein-Jeu III rangs du Grand-Orgue) pour faire place à un grand Plein-Jeu IX rangs. Un grand Récit néoclassique de 13 jeux est construit avec six jeux de Suret augmentés d'une des gambes de l'ancienne Grand-Orgue et de six jeux neufs. L'harmonisation est confiée à Jean Costa. L'étendue des claviers est portée à 56 notes et à 32 notes pour la Pédale. La mécanique est entièrement refaite et le tirage est jeux est électrifié. Le travail est terminé et reçu en 1973.
Malheureusement, ces modifications se révèlent non fiables et l’orgue souffre, au début des années 2000, de plusieurs défaillances. En 2007, une nouvelle restauration est mise en chantier. Celle-ci comprend un nettoyage complet de l’instrument, le renouvellement de la mécanique de traction des claviers et des jeux ainsi qu'une réharmonisation. Les tuyaux des façades supérieures, enlevés en 1973, sont réinstallés.
Cet instrument est l’un des plus importants du Val-d’Oise et l’un des deux grands instruments construits par le facteur Louis Suret.
L'orgue de choeur
Cet orgue a manifestement été construit à la fin du XIXe siècle (vers 1880) par E. (Edwin) & J. (John Albert) Abbey, pour une destination inconnue et dans un autre buffet. Son installation dans un nouveau buffet dans le chœur de la basilique se fait à une date inconnue (probablement en 1923). L'orgue est en deux parties, la console prenant place au milieu, face à la nef.
En 1970, la firme Danion-Gonzalez exécute un relevage au cours duquel le Salicional du Grand-Orgue est remplacé par un Plein-Jeu III rangs. À cette modification près, l'orgue est dans son état d'origine.
[cliquer sur l'image ou ici pour obtenir une version agrandie]
St. Denys Basilica is a Roman Catholic church located in Argenteuil in the Val-d'Oise department where a unique relic for the Catholic religion is kept: a renowned tunic, according to tradition, wore by Christ during his Passion. The building is located close to the historical center regrouping classified remains from Notre-Dame Abbey, St. Jean chapel and a dimer cellar rehabilitated for musical shows.
History
Argenteuil received, from the Merovingian era, a monastery for ladies. Destroyed by invasions from the Vikings, it was rebuilt only in the 11th century and, a century later, it was used by Benedictine monks from St. Denis who dispelled the nuns. As the Hundred Years War heavily hit the priory, a first parish church was built in 1449.
Becoming dilapidated over the centuries as to present a real danger for the faithful, it was decided in 1852 to replace it with a new building. Works were entrusted to architect Théodore Ballu, chief architect for worship buildings for the City of Paris. The first stone was laid on August 27th, 1861. The new neo-Romanesque church was completed in the spring of 1864 and was dedicated on April 22nd, 1866, by Bishop Jean-Pierre Mabile, of Versailles. In the Second World War, the church was bombed and its stained glass windows were completely destroyed. These were replaced after 1950 by master glassmakers Max Ingrand and Jean Barillet, son of Louis Barillet.
Architecture
The basilica is a neo-Romanesque church preceded by a triple monumental porch topped by a 187-foot (57-metre) high bell tower. The building has a north-south orientation owed to the fact that the piece of land did not permit the classical east-west orientation. Thanks to a partly public financing and before the 1905 law of separation of the Church and the State, the republican motto « Freedom – Equality – Brotherhood » is inscribed on the pediment.
Its floor plan is a Latin cross with a large six-bay central nave and two side aisles lit by stained glass windows which extend around the chancel by an ambulatory where there are three radiant chapels. It features a triple elevation: large archways, a triforium which runs at the mid-height and the upper section where high windows are mostly glazed by grayness.
The two-bay chancel ends up in a closed semicircular sanctuary at floor level by a communion rail. In the past furnished with stalls, nowadays located in the Holy Tunic chapel, the chancel now features in its center, since Vatican II reform, a podium supporting an altar facing the faithful. It is flanked by two rooms, the one on the east side is used as a sacristy and the one on the west wide is used as winter chapel.
Each transept shoulder features a monumental chapel with a flat apse where there are two stained glass windows and a large rose window. The right side is dedicated to the Holy Tunic where the reliquary in inserted in the 1866 lava altar. The Holy Tunic is rolled on itself, and the visitors can only see only a fragment of it across a small round window pane.
Furnishings
Raised at the rank of basilica on August 23rd, 1898, by Pope Leon XIII, the church houses important objects of religious art classified as Historical monuments:
The Organs
The Gallery Organ
In the first church, there was an 18th-century organ with 22 stops over on two keyboards and pedal to which a third (Positif) keyboard is added in 1841.
In 1864, while the construction works of the new church were being completed and when the old one would be demolished, organbuilder Louis Suret, submitted a proposal for the construction of a large new organ with 31 stops over three 54-note keyboards and a 25-note pedalboard. In his presentation, he mentioned after a careful examination of the existing organ, only part of the pipework will be reused. The action, windchests, keyboards as well as the organcase are not worth trouble to be restored. In fact, 10 stops from the original instrument were kept including the Trompette in the Positif which was added in 1841 and which will become the 2nd Trompette in the Grand-Orgue. The instrument was inserted in a Henri II style organcase which featured five turrets and four flats for the main case and a Positive case with two turrets surrounding a large symmetrical flat.
The inauguration took place on September 8th, 1867, by Auguste Bazille, organist of St. Elizabeth church in Paris. Unfortunately, during the 1870-1871 Franco-Prussian war, the organ was damaged on December 1st, 1870, by a bomb shot from Courbevoie and fallen on the bell tower. Organbuilder Suret repaired the instrument.
In 1908, after no repairs executed for 40 years, Auguste Suret, Louis's son, carried out major works. In this opportunity, a complete and detailed description of the instrument was made. The instrument still featured Suret's original composition, except for the number of pipes which went from 1739 to 1762. The inauguration of the renovated organ took place on January 17th, 1909.
After being damaged by bombings during the Second World War, the instrument was repaired by organbuilder Jules Bossier in 1945.
When in 1971, a request for classification was submitted, the Historical Monuments Commission did not consider appropriate to grant it. The same year, the complete reconstruction of the instrument was entrusted to organbuilding firm Danion-Gonzalez who kept only the organcase and 29 stops from the former instrument (7 stops from the 18th century, one stop from 1841 and 21 stops from Suret). The number of stops increased from 31 to 43 by adding 14 new stops. Two 18th-century stops reused by Suret disappeared (Nasard and III-rank Plein-Jeu in the Grand-Orgue) to make room for a large IX-rank Plein-Jeu. A 13-stop large neoclassical Récit was created with 6 stops from Suret on top of one of the gambas from the former Grand-Orgue and six new stops. The voicing was entrusted to Jean Costa. The manual compass was increased to 56 notes and to 32 notes for the Pedal. The key action is entirely new and the stop action was electrified. Works were completed and accepted in 1973.
Unfortunately, these modifications turn out not to be dependable and, early in the 2000s, the organ suffered from several faults. In 2007, a new restoration was undertaken. This operation included a complete cleaning of the instrument, new action for manuals and stops as well as a revoicing. Pipework in the upper facade, taken away in 1973, was re-installed.
This instrument is one of the most important in Val-d'Oise department and one of two large instruments built by Louis Suret.
The Chancel Organ
This organ was apparently built at the end of the 19th century (circa 1880) by E. (Edwin) and J. (John Albert) Abbey, for an unknown destination and in another organcase. Its installation date in a new organcase in the chancel of the basilica is unknown (probably in 1923). The organ is in two parts with the console in the middle and facing the nave.
In 1970, the organbuilding firm Danion-Gonzalez carried out a restoration during which the Salicional in the Grand-Orgue was replaced with a III-rank Plein-Jeu. Apart from this modification near, the organ is its original condition.
I. Positif de dos |
II. Grand-Orgue |
|||
|---|---|---|---|---|
| 3Montre | 8' | 3Montre | 16' | |
| 1Bourdon | 8' | 3Montre | 8' | |
| 3Prestant | 4' | Principal | 8' | |
| 1Nasard | 2 2/3' | 3Gambe | 8' | |
| 1Doublette | 2' | 1Bourdon | 8' | |
| Tierce | 1 3/5' | 1Prestant | 4' | |
| Plein-Jeu | IV | Flûte | 4' | |
| 3Trompette | 8' | 1Doublette | 2' | |
| 3Cromorne | 8' | 1Cornet | V | |
| Plein-Jeu | V | |||
| Cymbale | IV | |||
| 3Trompette-Bombarde | 8' | |||
| 22e Trompette | 8' | |||
| 3Clairon | 4' | |||
III. Récit |
Pédale |
|||
|---|---|---|---|---|
| Quintaton | 16' | Soubasse | 16' | |
| 3Flûte | 8' | 3Flûte | 16' | |
| Bourdon | 8' | 3Flûte | 8' | |
| 3Gambe | 8' | Flûte | 4' | |
| 3Voix céleste | 8' | 3Bombarde | 16' | |
| 3Flûte | 4' | 3Trompette | 8' | |
| Principal | 4' | Clairon | 4' | |
| Principal | 2' | |||
| Plein-Jeu | V | |||
| 3Trompette | 8' | |||
| 3Basson-Hautbois | 8' | |||
| 3Voix humaine | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
| Tremolo | ||||
| 1 | Jeu du XVIIIe siècle / 18th-century pipework | |
| 2 | Jeu de 1841 / 1841 pipework | |
| 3 | Jeu de Suret 1865 / 1865 Suret pipework |
Grand-Orgue |
Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Flûte harmonique | 8' | |
| Montre | 8' | Viole de gambe | 8' | |
| Bourdon | 8' | Voix céleste | 8' | |
| Prestant | 4' | Flûte octaviante | 4' | |
| Doublette | 2' | Trompette harmonique | 8' | |
| Plein-Jeu | IV | Basson-Hautbois | 8' | |
| Tremolo | ||||
Pédale |
|
|---|---|
| Bourdon (GO) | 16' |
| Basse (GO) | 8' |