| Description [Français / English] |
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Orgue de tribune / Gallery Organ Des Oliviers, 1532 / Cosyn, 1827 / Danion-Gonzalez, 1979
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Orgue de choeur / Chancel Organ Ducroquet, 1850 / Gutschenritter, 1943
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La cathédrale de Beauvais est le symbole même d'une ambition démesurée qui n'atteignit pas son but. Elle n'en est pas moins extrêmement impressionnante et intéressante. Prévue pour être la plus grande cathédrale du monde, elle est aujourd'hui une des plus inachevées. Pourtant ce qui existe actuellement - le choeur et le transept - est suffisamment impressionnant pour qu'on n'ose imaginer ce qu'eût été le projet achevé.
Une tradition légendaire attribue à saint Lucien la fondation de l'évêché de Beauvais au IIIe siècle, mais le premier évêque connu par un document, datant de 632, est Maurinus.
Au XIIe siècle, Beauvais, sise à 60km (37 miles) au nord de Paris, est au faîte de sa puissance. L'évêque Milon de Nanteuil, homme audacieux, décide, en 1225, de construire la plus haute et vaste église du royaune suite à l'incendie de la cathédrale Notre-Dame (connue sous la vocable de « Basse Oeuvre ») qui avait été bâtie dans la seconde moitié du Xe siècle et achevée au début du XIe siècle; elle a été endommagée, une première fois, par le feu en 1180 et, une seconde fois, en 1225.
Le choeur et le bas-côté oriental du transept sont achevés en 1272. Douze ans plus tard, le 28 novembre 1284, les parties hautes des travées droites du choeur s'effondrent. La reconstruction débute en 1322 et se poursuit jusqu'au milieu du XIVe siècle, puis les travaux s'arrêtent pendant la guerre de cent ans. En 1499, on décide de poursuivre la construction avec l'adjonction du transept et de la nef. Les travaux sont réalisés essentiellement par l'architecte Martin Chambiges. Cette nouvelle campagne s'acheva en 1550 par la réalisation du transept sud.
De 1563 à 1569, on érige, à la croisée du transept, une immense flèche de 153 mètres (502 pieds) de hauteur, au lieu de construire une nef qui permettrait de consolider le monument. Alors que les maçons se préparent à consolider les supports de la flèche, celle-ci s'écroule le 30 avril 1573.
En 1600, on débute la construction de la nef. Seule la première travée (16 mètres / 52,5 pieds) fut effectivement réalisée. La palissade qui clôturait le chantier à l'ouest devint définitive.
Privé de nef, l'édifice élancé et massif, mesure 72,5 mètres (237,9 pieds) de longueur pour une hauteur de voûte extraordinaire de près de 48 mètres (157 pieds). Ces voûtes sont les plus hautes de l'histoire gothique.
À l'intérieur, on remarque une volonté d'intégration des volumes, une recherche d'unité spatiale, une volonté de jaillissement vertical et le rôle essentiel de la lumière. Le mobilier quant à lui, a beaucoup souffert. Plusieurs éléments de son décor intérieur ainsi que les statues qui ornaient son portail ont été détruits pendant la révolution. On y retrouve aussi deux horloges remarquables, l'une datant de 1302 et dont le carillon joue les cantiques avant les heures, la seconde étant une horloge astronomique exécutée de 1865 à 1868 par l'ingénieur Auguste Vérité sur le modèle de l'horloge de Strasbourg (52 cadrans, 90,000 pièces, 68 automates).
Au cours des bombardements des 6, 7 et 8 juin 1950, 75% des vitraux, qui n'ont pu être mis de côté, sont notamment brisés.
L'orgue
Les premières mentions d'un orgue à cette cathédrale remontent quelques années avant 1530 puisque, dans l'assemblée capitulaire tenue le 8 juillet 1530, le chapitre décida, en principe, de remplacer les anciennes orgues par de nouvelles. Le contrat fut signé le 6 août 1530 avec deux facteurs lyonnais, les frères Alexandre et François des Oliviers. Des ententes particulières furent conclues avec des artistes beauvaisins, le peintre Scipion Hardouin et un sculpteur non identifié, les 20 février et le 3 juillet 1531 pour la décoration du buffet.
L'orgue fut construit pendant que l'érection de la cathédrale se poursuivait. La construction de l'orgue dura deux ans: au mois de septembre 1532, l'instrument était entièrement terminé, et le 6, eût lieu sa réception par deux experts choisis par le chapitre, le chanoine Mouton et un organiste venu avec lui de Paris. L'orgue est installé à l'angle du déambulatoire et du transept sud dans la chapelle des fonts baptismaux.
Au mois d'août 1540, les orgues furent endommagées par la chute sur l'instrument de matériaux que les ouvriers occupés à la construction du transept méridional laissèrent échapper. Le 16 août, un facteur d'orgues vient d'Amiens pour se rendre compte de l'étendue du désastre; mais on jugea prudent de surseoir aux réparations jusqu'à ce que les piliers voisins des orgues fussent entièrement achevés et on résolut, au mois de novembre, d'avoir de nouveau recours à François des Oliviers. Les travaux se déroulèrent du mois d'avril au mois de septembre.
La perte des registres capitulaires, détruits par un incendie en 1940, nous laisse dans la plus grande ignorance concernant la composition de cet orgue, fameux à l'époque, dit-on, durant plus de deux siècles. Il possédait, sans doute, trois claviers et un pédalier.
Pendant la révolution, les commissaires du district examinèrent l'orgue: ils trouvèrent que les jeux étaient bons et, malgré le style gothique du buffet qui n'avait rien de recommandable, ils conclurent à la conservation de l'instrument que l'on pourrait utiliser pour les fêtes nationales.
En 1823, l'horloger Gorin, qui était chargé de l'entretien de l'orgue, signala l'état de délabrement du grand orgue ce qui décida le Conseil de fabrique à demander, le 6 avril 1825, un devis à Pierre-François Dallery. Le Conseil de fabrique n'ayant pas donné suite à ce devis, évalué à 15 000 francs, consulta un autre facteur, M. Delille qui présenta deux projets, le 10 août 1825. Le premier, d'une valeur de 8 200 francs, excluant les réparations au buffet et un second qui se bornait à effectuer seulement des réparations urgentes (2 500 francs), des réparations au buffet (400 francs) et d'ajouter un clairon (400 francs). Ce deuxième projet fut accepté et une fois l'instrument démonté, il constata, qu'en raison de leur vétusté, les tuyaux et pièces étaient inutilisables et annonça qu'il n'était pas en mesure de réaliser les travaux.
C'est alors que le Conseil de fabrique décida de demander conseil à Pierre-Marie Hamel, un magistrat de Beauvais et facteur d'orgues à ses heures, qui accepta de s'occuper de la restauration. Il prit contact avec Cosyn, facteur d'orgues de l'École Royale de Musique à Paris, qui prépare, le 27 novembre 1825, un devis estimé à 26 700 francs. Il y eut alors un projet de déplacement de l'orgue au fond de la cathédrale comme en témoigne la lettre adressée le 4 septembre 1826 par le Préfet au Ministère des Affaires Ecclésiastiques mais le projet a été abandonné parce que les frais d'une nouvelle tribune eussent été trop considérables et que l'orgue serait exposé à des dégradations plus fréquentes que dans l'emplacement qu'il occupe actuellement.
Le projet de Cosyn est jugé, à prime abord, comme excessif et est référé à une commission présidée par l'organiste de Notre-Dame-des-Victoires et professeur d'orgue et d'harmonie de la Maison royale de Saint-Denis pour étude et recommendations. Ce rapport sera remis le 20 août 1827. Pendant ce temps, le devis, tel que présenté, sert de base pour obtenir une réparation extraordinaire de 27 000 francs que propose le préfet, dans une lettre du 16 avril 1826 au Ministre des Affaires Ecclésiastiques. L'autorisation officielle est datée du 8 mai 1828.
Dans un devis daté du 16 août 1826, Landon, architecte du département de l'Oise, décrit les divers travaux à effectuer en réparations à faire en charpente, menuiserie pour consolider la tribune de l'orgue. Il précise, en préambule, que « la tribune qui supporte l'orgue a été placée au milieu du XVIe siècle aux dépens d'une chapelle située à droite de l'entrée principale actuelle. Sa construction est en charpente et de plus, elle est en mauvais état et présente à la vue un aspect désagréable ». Ce devis se monte à 3 455 francs.
Dans un rapport au Ministre du 21 août 1826, le préfet écrit que l'orgue de la cathédrale et la tribune qui le supporte sont dans un état de délabrement qui exige des réparations extraordinaires pour prévenir leur ruine. L'autorisation d'exécuter les travaux de restauration de la tribune est datée du 25 mai 1828 et ce, pour une somme de 6 809 francs.
De tous ces documents et ces dates, nous ne pouvons rien assurer. Nous supposons que bien des documents manquent et, qu'en conséquence, il faut penser que des travaux ont dû débuter avant l'agrément officiel, tant sur l'orgue que sur son buffet. Puis, petit à petit, on a décidé de démonter l'ancien buffet vermoulu et trop petit, qui fut vendu le 12 août 1828, pour le remplacer par une tribune solide et spacieuse et comme il fallait aller à l'économie, le buffet fut réduit au strict minimum dans son ornementation.
Le 24 septembre 1829, le Conseil de fabrique procédait à la réception de l'orgue: ils entendirent successivement plusieurs organistes distingués de la capitale qui mirent à l'épreuve tous les jeux d'une manière détaillée.
Le 2 janvier 1844, M. Hamel remet à Mgr. l'Évêque un long rapport sur l'état de l'orgue de la cathédrale dans lequel il recommande de procéder à un relevage. La maison Daublaine-Callinet prépare le devis des réparations et estime le coût des travaux à 9 850 francs. Ce rapport est rejeté le 27 juin 1844 et il faudra attendre plus de deux ans pour reparler de ce devis.
L'Évêque de Beauvais (28 décembre 1847) et le Préfet (18 janvier 1848) demandent au Ministre de la Justice et des Cultes un secours de 9 850 francs pour la réparation du grand orgue. Dans sa lettre de mars 1848, le Ministre provisoire de l'Instruction Publique et des Cultes, Hippolyte Carnot, rappelant que son prédécesseur avait déjà refusé ce crédit à cause des sommes importantes affectées à la construction du séminaire de Bauvais, confirme que, pour le moment, il refuse également ce crédit en arguant le manque de fonds, que trop d'entreprises sont à aider et que de toutes manières la maison Daublaine-Calliner ayant cessé d'exister, le devis est non avenu.
L'Évêque de Beauvais avait déjà demandé, le 12 février 1840, la construction d'un orgue d'accompagnement dans le choeur, précisant que les cérémonies remettant à l'honneur la musique vocale religieuse, on était obligé de construire, sous le grand orgue, un podium pour accueillir plus de deux cents choristes, ce qui n'était ni pratique, ni esthétique, provoquant même des dommages au grand orgue. Cet orgue de choeur, construit par M. Ducroquet, successeur de Daublaine-Callinet, fut reçu par Hamel le 27 février 1850; il comportait trois claviers et un pédalier qui ont été ramenés à deux claviers et un pédalier lors de sa reconstruction.
Le 10 avril 1866, M. Hamel présenta un rapport sur l'état de la soufflerie du grand orgue, dans lequel il proposait le remplacement de la première soufflerie construite selon l'ancien système par une soufflerie à plis compressés et à pression rigoureusement constante, selon un devis présenté par MM. Barker et Verschneider, facteurs à Paris. Ces travaux coûtèrent 4 000 francs. On en profita pour faire un relevage de l'orgue sous la direction de M. Hamel.
L'orgue de la cathédrale ne subit pas d'autres modifications jusqu'en 1922; date qui voit la transformation de la pédale de 24' en 16' pour les jeux d'anches de 1827, ainsi que la suppression du cinquième clavier.
Au cours des bombardements des 6,7 et 8 juin 1940 qui dévastèrent Beauvais, quelques bombes tombèrent sur la cathédrale; l'une d'elles, au souffle puissant, disloqua complètement les grandes orgues qui restèrent muettes, lamentablement pantelantes, pendant plus de trente années! Comme si cet irréparable malheur n'était pas suffisant, des malfaiteurs se laissèrent enfermer un soir en 1942 dans la cathédrale et volèrent une grande partie des tuyaux du positif, riches en étain.
En 1945, l'archiprêtre de la cathédrale, Mgr. Tesson, reprenant le projet de 1826, demande à la Commission des Beaux-Arts le transfert de l'orgue au fond de la cathédrale. La suggestion est accueillie favorablement mais le projet semble tomber dans l'oubli. En 1959, la Commission des Beaux-Arts annonce que les travaux doivent commencer incessamment mais les promesses restent sans effets.
En 1966 naît l'Association des Amis des Grands Orgues de la Cathédrale de Beauvais pour prendre en mains la restauration des orgues. Malgré les nombreuses démarches et initiatives, il faudra encore attendre treize nouvelles longues années jusqu'à l'inauguration de 1979.
Pendant trois années, de 1966 à 1969, rien de constructif n'aboutit et l'évêque de Beauvais, Mgr. Desmazière, intervenant lui-même, reçoit, le 10 décembre 1969, une lettre du Ministère des Affaires Culturelles indiquant qu'il a décidé d'inscrire la restauration de l'orgue de Beauvais en priorité sur la liste de 1971, en précisant qu'à la suite de la réunion de la Commission des Orgues du 24 juin, l'emplacement à donner à l'orgue a été décidé: il ne sera plus dans la chapelle latérale, mais sur le mur de fond de la cathédrale. En novembre 1970, le démontage et l'inventaire de l'orgue commençe par les soins du facteur Danion-Gonzalez.
À la suite de longues discussions, il fut décidé, sur le projet de J.-P. Paquet, puis de Y. Boiret, architectes des Monuments Historiques, de reconstruire l'orgue au fond de la cathédrale, sa place normale, d'y adjoindre onze nouveaux jeux le portant ainsi à soixante-dix-sept jeux, tout en conservant les jeux en état d'être réutilisés, et de le doter d'une traction mécanique.
Même si l'orgue ne devait pas être placé au fond de la cathédrale, d'énormes travaux d'architecture furent nécessaires à la première travée de la nef existante. Pendant ce temps, le facteur Danion-Gonzalez commençe, dans ses ateliers de Rambervillers, la restauration de l'instrument. Dès avril 1978, après que la tribune fut terminée, l'orgue fut monté sur place puis harmonisé. Les facteurs se chargèrent également de doter l'orgue d'un buffet en chêne d'un très bel effet dans cette cathédrale si élevée.
Cet orgue imposant est en parfait équilibre et bien proportionné par rapport aux cinquante mètres (cent soixante-quatre pieds) de hauteur de l'édifice; de véritables 32 pieds encadrent l'ensemble; l'ut 32' mesure 11,7 mètres (38,4 pieds) avec un diamètre de 40 centimètres (1,3 pieds); des tuyaux de 32', énormes à transporter lors de leur arrivée à la cathédrale, sont en réalité bien à leur place, bien en proportion avec le reste de l'orgue et des piliers de la cathédrale.
L'inauguration de ces grands orgues eût lieu le dimanche 20 mai 1979 avec le prestigieux concours de Pierre Cochereau et de deux cents choristes en présence d'une foule de six mille personnes enthousiastes. Ce fut un moment d'intense émotion après près de quarante années de silence!
Le tout est remarquable: la beauté des fonds, la clarté des mixtures, la finesse des jeux de détail, l'éclat et la puissance des nombreuses et magnifiques anches emplissent majestueusement les voûtes séculaires. La richesse des timbres, la variété extraordinaire des divers plans sonores qui ont chacun leur personnalité et qui se fondent parfaitement dans le tutti général de l'orgue qui est d'une clarté exceptionnelle, d'une puissance saisissante mais sans excès, font l'admiration des vrais mélomanes et font honneur à la facture française d'orgues.
En outre, où que l'on se place dans la cathédrale, les sonorités sont parfaitement ressenties puisque cette cathédrale n'est ni trop longue, ni trop large (elle est déjà si haute!); l'écho y est raisonnable et on ne s'aperçoit pas de l'éloignement comme en tant d'autres grandes églises, lorsque l'on se trouve loin de l'instrument.
Cet orgue colossal, l'un des dix plus grands de France, le seul à montrer une façade d'étain descendant réellement à l'ut de 32 pieds. Il possède le plus grand buffet d'orgue jamais construit en France depuis celui de l'église Saint-Sulpice et a été entièrement réalisé dans les ateliers du facteur Georges Danion-Gonzalez.
Jacques Berna
Président
Association des Amis des Grandes Orgues
Cathédrale Saint-Pierre de Beauvais
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The Beauvais cathedral is the symbol of unbounded ambition that never reached its goal. Nevertheless it is extremely impressive and interesting. Designed to be the world's largest cathedral, it is today one of the still unfinished. The existing chancel and transept are impressive enough to be able to imagine what the whole project would have like when completed.
A legendary tradition ascribes the founding of the Beauvais diocese to St. Lucien in the third century, but the name of the first bishop mentionned in a document is Marinus in year 632.
The city of Beauvais, located 37 miles (60 km) north of Paris, was at the pinnacle of its power in the 12th century. Bishop Milon de Nanteuil, a bold man, decided, in 1225, to build the highest and largest church in the kingdom following the burning of the Notre-Dame cathedral (known as "Lower Works") which was built between the second half of the 10th century and the first half of the 11th century; it has been damaged by fire a first time in 1180 and again in 1225.
The chancel and the lower part of the east transept were completed in 1271. Twelve years later, on November 28, 1284, the top section of the chancel's straight bays collapsed. The rebuilding started in 1322 and went through mid-14th century when the construction was suspended during the Hundred Years' War. In 1499, it is decided to pursue the construction with the addition of the transept and the nave. These works were supervised by architect Martin Chambiges. This construction drive ended in 1550 when the south transept was completed.
Instead of building a nave that would strengthen the building, a huge 502-foot (153-meter) high spire was raised, from 1563 to 1569, at the transept crossing. On April 30, 1573, the spire collapsed while masons were busy preparing the strengthening of its supports.
In 1600, the construction of the nave began. Only the first bay (52.5 feet / 16 meters) was built. The west fence used to enclose the building site became definitive.
Without its nave, the streamlined and bulky building is 237.9 feet (72.5 m) long and the extraordinary height of its vaults comes close to 157 feet (48 m). These vaults are the highest in Gothic architecture.
Inside, there is a will to integrate volumes, a quest for spatial unity, a will for vertical outburst and the essential role of light. The furnishings suffered a lot. Many elements of its interior decoration and the outdoor statues that decorated its portal were destroyed during the Revolution. There are also two noteworthy clocks, the first one dating from 1302 and whose carillon plays hymns before the hours, and the second one being an astronomical clock, built between 1865 and 1868, by engineer Auguste Vérité based on the model of the Strasbourg's clock (52 dials, 90,000 pieces, 68 automatons).
Following the June 6,7 and 8, 1940 bombings, 75% of the stained glass windows that had not been put away, were broken.
The Organ
The first documentation about the presence of an organ in the cathedral goes back a few years before 1530 according to the minutes of the Chapter meeting held on July 8, 1530 when its members decided to replace the old organ by a new one. The contract was awarded to two organbuilders from Lyon, Alexandre and François des Oliviers, and signed on August 6, 1530. Special contracts were awarded for the ornementation of the organcase to artists from Beauvais, painter Scipion Hardouin and an unnamed sculptor, on February 20 and July 3, 1531.
The organ was being built while the construction of the cathedral was going on. The construction of the organ went on for two years: on September 1532, the organ was completely finished and on the 6th, the acceptance was carried out by two experts chosen by the Chapter, Canon Mouton and an organist coming with him from Paris. The organ was installed at angle of the ambulatory and the south transept in the Baptismal Font chapel.
In August 1540, the organ was damaged by the fall of construction materials being used by masons for the building of the south transept. On August 16, an organbuilder from Amiens came to assess the damages but it was decided to delay the repairs until the adjoining pillars were completed. In November, François des Oliviers was called in to execute the repairs that were carried out from April till September.
The loss of the Chapter's archives, in a fire in 1940, leaves us without reference about the composition of this organ, known to be famous for more than two centuries. It was probably a three-manual and pedal instrument.
During the Revolution, district stewards examined the organ: they found that the stops were good and notwithstanding the Gothic styled organcase that was not to be commended, they decided to preserve the instrument that could be used for national holidays.
In 1823, clockmaker Gorin, who was in charge of the maintenance of the organ, reported about the dilapidated state of the instrument. This report inclined the Chapter to tender, on April 6, 1825, for a new organ to organbuilder Pierre-François Dallery. He submitted a project with costs estimated at 15,000 francs. The Chapter while not accepting Dallery's project decided to tend to another organbuilder, M. Delille who presented two projects, on August 10, 1825. The first one, estimated at 8,200 francs, excluding repairs to the organcase, and a second one that would take care of emergency repairs (2,500 francs), repairs to the organcase (400 francs) and the addition of a clarion (400 francs). The second project was accepted. After the instrument has been dismantled, the organbuilder discovered that the pipeworks and pieces were useless because they were decayed and he gave notice that he would not be able to carry out the contract.
Then, the Chapter decided to ask Pierre-Marie Hamel, a Beauvais magistrate and would-be organbuilder, to supervise the organ restoration. He asked Cosyn, organbuilder at the Royal School of Music in Paris, to submit a proposal. The project is presented on November 27, 1825 at the estimated cost of 26,700 francs. There was at that time a project to move the organ from its present location to the far end of the cathedral as mentioned in a letter sent on September 4, 1826 by the Prefect to the Minister for Ecclesiastical Affairs but the project was dropped because of the high cost of building a new gallery and the fact that the instrument would be subject to more frequent damages than at the location where it is now.
The Cosyn project was considered, at first sight, too expensive and was referred for study and recommendations to a commission presided by the Notre-Dame-des-Victoires organist and organ professor at the St. Denis Royal House. The report was submitted on August 20, 1827. In the meanwhile, in a letter dated April 16, 1826, the Prefect asks the Minister of Ecclesiastical Affairs for a 27,000 francs extraordinary repair subsidy based on the project, as presented. The official approval is dated May 8, 1828.
Based on a plan dated August 16, 1826, Landon, an architect from the Oise department, describes the required structure and carpentry works to be carried out in order to strengthen the organ gallery. He states, in the introduction, that "the organ gallery, built in mid-14th century, at the expense of a chapel located at the right of the actual main entry. Its framework is in bad condition and presents an unpleasant sight". The repair cost is estimated at 3,455 francs.
In a report to the Minister, dated August 21, 1826, the Prefect states that the organ and the gallery are in bad condition and require extraordinary repairs in order to prevent their collapse. On May 25, 1828, the repairs to the organ gallery are authorized for an amount of 6,809 francs.
From all these documents and dates, nothing can be ascertained. It is supposed that many documents are missing and as a result, it is believed that works on the organ and on the organcase began before the official authorizations were received. Gradually, it was decided to dismantle the old worm-eaten organcase that was sold on August 12, 1828 and to build a new spacious and solid gallery. In order to reduce the costs, the decoration of the organcase was reduced to a strict minimum.
On September 24, 1829, the Chapter accepted the organ: the members successively heard many renowned organists from the capital testing all stops in great detail.
On January 2, 1844, Mr. Hamel submitted a long report to the Bishop concerning the condition of the organ and in which he recommended to initiate a restoration. The organbuilding firm Daublaine-Callinet prepares the specifications for the repairs and the costs are estimated to 9,850 francs. The report is rejected on June 27, 1844, and two more years will be required before the report resurfaces.
The Bishop of Beauvais (on December 28, 1847) and the Prefect (on January 18, 1848) requested from the Ministry of Justice and Religions an immediate subsidy of 9,850 francs to repair the organ. In his March 1848 letter, the acting Minister of Public Education and Religions, Hippolyte Carnot, recalling that his predecessor had rejected an earlier similar request on account of large sums of money involved in the building of the seminary in Beauvais, confirms that, for the moment, he also refuses the request on account of lack of money, too many businesses are in need of help and in any case, since the organbuilding firm Daublaine-Callinet no longer exists, the specifications are no longer valid.
The Bishop of Beauvais had already requested, on February 12, 1840, the building of a choir organ, specifying that since vocal religious music are brought back into liturgical services, a podium had to be built, under the organ gallery, in order to accommodate two hundred choir members. This situation, neither practical nor esthetical, could cause damages to the organ.
This choir organ, built by Mr. Ducroquet, successor to Daublaine-Callinet, was accepted by Mr. Hamel on February 27, 1850. It was a three-manual and pedal instrument but was reduced to a two-manual and pedal instrument when restored.
On April 1866, Mr. Hamel submitted a report concerning the air supply system of the organ. The report proposed to replace the first blower unit built according to the old system by a compressed folded blower with steady wind pressure according to specifications prepared by MM. Barker and Verschneider, organbuilders in Paris. These works cost 4,000 francs. At the same time, a restoration was carried out under the supervision of Mr. Hamel.
The organ was not subject to any modification until 1922 when the pedal pipework was converted from 24' to 16' for the 1827 reeds and the fifth manual was suppressed.
During the June 6,7 and 8, 1940 bombings, a few bombs hit the cathedral; one of them, with a powerful blast, completely dismantled the organ that remained silent, miserably out of breath, for more than thirty years! To add to this irreparable misfortune, criminals locked themselves up in the cathedral one night in 1942 and stole a large portion of the pipeworks, rich in tin, from the Positif division.
In 1945, the archdeacon of the cathedral, Mgr. Tesson, recalling the 1826 project, requested the Beaux-Arts Commission to approve the transfer of the organ to the far end of the cathedral. The request is favourably received but nothing further happened. In 1959, The Beaux-Arts Commission announces that works will begin shortly but again the project seems to fall into oblivion.
In 1966, the Association des Amis des Grandes Orgues de la cathédrale de Beauvais (Association of the Friends of the Beauvais Cathedral Organ) was created to revive the organ restoration project. In spite of numerous steps and initiatives, thirteen more years will be necessary before the 1979 inauguration.
For three years, from 1966 to 1969, nothing happened and the Bishop of Beauvais, Mgr. Desmazière, after a personal intervention, received, on December 10, 1969, a letter from the Ministry of Cultural Affairs stating that the restoration of the organ in Beauvais was put on the 1971 works priority list and specifying that, following a meeting of the Organ Commission on June 24, the location of the organ has been determined: it will no longer be located in a side chapel but against the rear wall of the cathedral. In November 1970, the dismantling and the inventory of the organ started under the supervision of organbuilder Danion-Gonzalez.
After lengthy discussions, it was decided, based on J.P. Paquet's project and then on the one from Y. Boiret, architects with Historical Monuments Commission, to rebuild the organ against the rear wall of the cathedral, its normal location, as a mechanical key action instrument and to add eleven new stops bringing the total to seventy-seven stops, while preserving all reusable pipeworks.
Even if the organ was to be located at the rear of the cathedral, extensive architectural works were required in the first bay of the non-existant nave. While these were carried out, organbuilder Danion-Gonzalez was working, in his workshops in Rambervillers, on the restoration of the instrument. In April 1978, when the gallery was completed, the organ was erected and then voiced. The organbuilders were also responsible for building a very nice looking organcase made of oak in this so-tall cathedral.
This impressive organ is in perfect balance and is well proportioned to the 164 feet (50 m) height of the building; real 32-foot pipes frame the whole instrument; the 32-foot C is 38.4 feet (11.7 m) high with a 1.3 feet (40 cm) diameter; these 32-foot pipes, very large to move when they arrived in the cathedral, really fit well and are in good proportions with the rest of the instrument and the pillars of the cathedral.
The organ was inaugurated on Sunday, May 20, 1979 by renown organist Pierre Cochereau and two hundred choir members in presence of six thousand enthousiast persons. It was a moment of pure emotion after nearly forty years of silence!
Everything is beautiful: the beauty of the foundation stops, the brightness of the mixtures, the subtlety of solo stops, the sparkling and the power of the numerous and wonderful reeds majestically filling the centuries-old vaults. The richness of the sound and the extraordinary variety between the different sound divisions, each with its own personality that perfectly blends together in a general tutti that is exceptionally bright and with striking power but without being excessive, are being admired by true music lovers while doing justice to French organbuilding.
No matter where one stands in the cathedral, the sound is perfectly balanced because this cathedral is neigher too long, nor too wide (it is already so high!); reverberation is reasonable and no remoteness can be felt as it is the case in so many large churches when one is located far from the instrument.
This huge organ, one of the ten largest in France, is the only one to have a tin façade really going down to 32-foot C. It is the largest organcase ever built in France since the one in St. Sulpice church. In was completely built in the workshops of organbuilder Georges Danion-Gonzalez.
Jacques Berna
President
Association of Friends of the Great Organ
St. Pierre Cathedral, Beauvais
I. Positif |
II. Grand-Orgue |
|||
|---|---|---|---|---|
| Montre | 8' | 1Montre | 16' | |
| Bourdon | 8' | 1Bourdon | 16' | |
| Flûte | 8' | 1Montre | 8' | |
| 1Gambe | 8' | 1Bourdon | 8' | |
| Flûte | 4' | 1Flûte | 8' | |
| Prestant | 4' | 1Gambe | 8' | |
| Nasard | 2 2/3' | Gros Nasard | 5 1/3' | |
| Doublette | 2' | 1Prestant | 4' | |
| Tierce | 1 3/5' | Flûte | 4' | |
| Larigot | 1 1/3' | Grosse Tierce | 3 1/5' | |
| Piccolo | 1' | Nazard | 2 2/3' | |
| Cornet | V | Quarte | 2' | |
| Fourniture | III | Doublette | 2' | |
| Cymbale | II | Tierce | 1 3/5' | |
| 1Trompette | 8' | Grosse Fourniture | III | |
| 1Cromorne | 8' | Fourniture | V | |
| 1Basson | 8' | Cymbale | IV | |
| 1Clairon | 4' | 11re Trompette | 8' | |
| 12e Trompette | 8' | |||
| 1Clairon | 4' | |||
| Grand Cornet | V | |||
III. Récit - Écho |
IV. Bombarde |
|||
|---|---|---|---|---|
| Principal | 8' | 1,2Grand Cornet | V | |
| 1Flûte harmonique | 8' | 1Bombarde | 16' | |
| 1Bourdon | 8' | 1Trompette de Bombarde | 8' | |
| 1Salicional | 8' | 1Clairon de Bombarde | 4' | |
| 1Quintadène | 8' | |||
| Voix céleste | 8' | |||
| Principal | 4' | |||
| Flûte | 4' | |||
| Doublette | 2' | |||
| Plein-Jeu | V | |||
| Cymbale | IV | |||
| Bombarde | 16' | |||
| 1Cor anglais | 16' | |||
| Trompette | 8' | |||
| 1Hautbois | 8' | |||
| 1Voix humaine | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
Pédale |
|
|---|---|
| Principal | 32' |
| Soubasse | 32' |
| 1Flûte | 16' |
| 1Bourdon | 16' |
| Principal | 16' |
| 1Contrebasse | 8' |
| 1Flûte | 8' |
| Principal | 8' |
| 1Flûte | 4' |
| Principal | 4' |
| 1Quinte | 2 2/3' |
| Flûte | 2' |
| Fourniture | VI |
| 1Bombarde | 16' |
| 1Trompette | 8' |
| 1Clairon | 4' |
| 1Dermogloste | |
| 1 | Ancien jeu réutilisé / Reused old stop | |
| 2 | du second SOL / From tenor G |
I. Grand-Orgue |
II. Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Bourdon | 8' | |
| Montre | 8' | Flûte | 8' | |
| Bourdon | 8' | Gambe | 8' | |
| Flûte | 8' | Voix céleste | 8' | |
| Prestant | 4' | Principal | 4' | |
| Doublette | 2' | Nasard | 2 2/3' | |
| Fourniture | ?? | Cornet | V | |
| Trompette | 8' | Basson | 16' | |
| Clairon | 4' | Cromorne | 8' | |
| Cor anglais | 8' | |||
Pédale |
|
|---|---|
| Bourdon | 16' |
| Bourdon (GO) | 8' |