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L’actuelle église Saint-Hilaire le Grand de Poitiers se compose de remarquables vestiges d’une collégiale romane et d’une nef partiellement restituée à la fin du XIX° siècle sur les fondations de l’édifice antérieur ruiné à la Révolution.
Desservie par des chanoines réguliers, ce fut d’abord une église de pèlerinage, située sur la route de Compostelle. Son inscription par l’UNESCO parmi les monuments du patrimoine mondial rappelle le rôle majeur de cette étape sur le chemin vers le tombeau de Saint-Jacques.
Historique
Des fouilles conduites sur un terrain proche de l'actuelle église Saint-Hilaire le Grand ont mis au jour une nécropole paléochrétienne. Ce serait, donc, autour de la tombe de saint Hilaire, évêque de Poitiers de 352 à 368, que s'est développé un complexe funéraire et religieux à partir du IVe siècle comprenant une basilique, des édifices annexes et un cimetière. En 412, le site est détruit par les Vandales et en 453 par les Huns. Une nouvelle basilique est construite, mais les dimensions et l'emplacement ne sont pas connus même si son existence est attestée. Des fragments de mosaïques ont été trouvés en 1856 au cours de fouilles sous la nef de l'église actuelle.
L'ensemble basilical devient une collégiale dès le VIIIe siècle. Durant cette période, le site est dévasté d'abord, par les musulmans conduits par Abdiraman en 732, puis en 863 et en 865 par les Vikings. Par crainte de nouvelles incursions, les moines emportent les ossements de saint Hilaire en sécurité au Puy-en-Velay. En 935, les comtes de Poitou deviennent abbés laïcs de la basilique, un titre qui sera transmis en 1204 aux rois de France. En 939, afin de mieux la protéger contre les attaques, la basilique est fortifiée.
La construction de l'édifice actuel débute au XIe siècle par le clocher-porche puis le transept probablement non voûté et se poursuit par la nef sans les voûtes et les collatéraux. Elle se termine par le chevet et le déambulatoire. La consécration a lieu le 1er novembre 1049.
À l'origine, l'église ne possède pas de collatéraux et le clocher est séparé de l'édifice. Vers 1060-1070, la charpente de bois couvrant la nef est remplacée par une voûte en pierre pour éviter les incendies. Afin d'en supporter le poids, les architectes doivent construire des piliers intermédiaires pour réduire la largeur de la nef centrale. De plus, des arcs sont édifiés entre les piliers et les murs pour consolider l'ensemble.
En 1074, le pape Grégoire VII place l'abbaye sous la protection du Saint-Siège et, en 1078, une charte limite à 60 le nombre de chanoines de la basilique. Le portail flamboyant est construit en 1474. La protection royale pour cette église est de nouveau confirmée en septembre 1481 par lettres patentes émises par Louis XI.
Lors des guerres de Religion, en 1562, l'église est pillée par les protestants et subit d'importants dommages, notamment le clocher qui s'écroulera quelques années plus tard, en 1590. Il est restauré à l'identique en 1592. La basilique demeure un haut lieu de dévotion jusqu'à la Révolution.
Pendant la période révolutionnaire, en 1793, l'église est de nouveau vandalisée. Elle sert de carrière puis à loger les chevaux. En 1799, devenue bien national, elle est vendue au citoyen Roy, dit Cassandre, mais comme celui-ci n'acquitte pas la somme demandée, l'État récupère le bâtiment en 1800. Il ne subsiste plus à cette époque que le chœur, le transept, le clocher-porche et une partie de la dernière travée de la nef sans sa voûte sur les cinq premières travées.
Après la tourmente révolutionnaire, en 1804, une paroisse est érigée et l'édifice est restitué au culte, mais c'est une masure et le coût des restaurations à entreprendre repose entièrement sur les paroissiens. La décision est prise d'abandonner, pour le moment, la partie occidentale de l'édifice pour se concentrer sur la partie orientale. La façade et les premières travées de la nef sont démolies. Les charpentes manquantes sont remplacées par une épaisse couche de terre tandis que les voûtes des absides et des collatéraux sont couvertes de tuiles. Une voûte en brique est construite en 1810 sur l'unique travée restante de la nef. Une façade provisoire est aménagée en réutilisant les restes du portail gothique du XVe siècle.
En 1840, Prosper Mérimée, inspecteur général des Monuments historiques, passe à Poitiers et visite l'église. Il écrit à Ludovic Vitet, président de la Commission des Monuments historiques, dans une lettre datée du 28 juillet 1840 qu'il faut restaurer cette église qui appartient encore à ce style byzantin élancé si commun dans le Poitou. En 1847, l'église est classée « monument historique ».
Les travaux de restauration se poursuivent avec la reconstruction des toitures et des absidioles. L'architecte Charles Joly-Lanterme commence une restauration ou plutôt une reconstruction complète de l'édifice à partir de 1855. Il faut reconstruire la partie ouest de la nef abandonnée en 1804. Il s'attaque d'abord, au chevet pour lui rendre son élévation primitive en rétablissant la confession qui avait été transformée en 1762. En 1858, la rosace du croisillon nord, percée en 1570, est bouchée et le portail gothique du côté nord de l'église est supprimé.
En 1859, le cardinal Louis-Édouard Pie, évêque de Poitiers, encourage la reconstruction de la nef, mais l’édification d’une rue et de maisons sur l’ancienne emprise de l’église ne permet pas de donner à la nef sa longueur primitive, elle sera amputée de deux travées. Les travaux de reconstruction des deux premières travées de la nef et ceux de l'édification des coupoles reprenant le dessin de la coupole de la croisée du transept se déroulent de 1869 à 1875 tandis que la construction de la façade qui ne sera terminée qu'en 1884.
La tribune est achevée en 1881. Les mosaïques du chœur sont posées en 1882 tandis que le maître-autel et les grilles ne le seront qu'en 1885.
En 1949, l'étage inférieur du clocher est rouvert.
Extérieur
L'église actuelle est une construction romane du XIe siècle. Elle est du XIIe siècle en ce qui a trait au chœur, au transept, à la première travée de la nef et au clocher du côté nord. À partir de la deuxième travée orientale de la nef, la construction est différente. Elle correspond, en effet, aux reconstructions du XIXe siècle. Pour se représenter l'église dans sa grandeur d'origine, il faut lui rajouter une travée et demie vers l'ouest. Le long du flanc sud de l'église, un enfeu roman est accompagné d'inscriptions latines.
La façade occidentale comporte un portail unique entouré de deux arcades aveugles. Au niveau intermédiaire, une baie cintrée est entourée de deux arcades aveugles. Le même modèle est reproduit en miniature sur le pignon.
Le clocher à trois niveaux est situé au-dessus du bras nord du transept. Sa base est un carré parfait de 11,6 mètres (38 pieds) de côté. Le clocher comptait jadis une porte vers l'intérieur du sanctuaire. La façade occidentale est néo-romane et est divisée verticalement par de minces pilastres. Elle a été construite de 1869 à 1884.
Le chevet est remarquable par sa succession de niveaux : le niveau des quatre chapelles rayonnantes et des deux chapelles du transept, le niveau du déambulatoire, le niveau du cul-de-four de l'abside et le niveau du carré du transept.
Aujourd'hui, la largeur de la nef est de 34 mètres (111,5 pieds) de large, incluant les collatéraux, et de 15,55 mètres (50,9 pieds) dans la nef centrale. Sa longueur est de 59 mètres (193,6 pieds).
Intérieur
L'édifice s'écarte du schéma classique de l'école poitevine et accuse l'influence de différents foyers artistiques. La disposition intérieure est complètement irrégulière à cause des multiples remaniements liés au passage d'une charpente en bois à une voûte de pierre. L'alternance de piliers et de colonnes s'inspire des édifices normands. Les quatre absidioles sont un emprunt au modèle auvergnat.
Le plan intérieur comprend une nef à quatre travées précédée d'un narthex. Il possède une particularité unique en France, celle d'avoir une nef encadrée par trois collatéraux, qui, de chaque côté, longent le vaisseau central, donnant ainsi un ensemble de sept nefs d'allure majestueuse. L'élévation de la nef est sur deux niveaux : de grandes arcades cintrées sont divisées par un pilier intermédiaire alors que le niveau supérieur est composé de deux baies géminées.
Toute la voûte originale en berceau avec doubleaux de la nef et une grande partie des murs de celle-ci ont été détruites au moment de la Révolution. Lorsque la décision est prise, dans la seconde moitié du XIXe siècle, de reconstruire la nef, on pensa que sa voûte avait consisté en une file de coupoles.
Des coupoles sur trompes voûtent la majorité des travées. La travée orientale et le collatéral sud sont voûtés d'arêtes alors que du côté nord, le collatéral est voûté d'ogives. La croisée du transept est voûtée d'une coupole octogonale. Les bras des transepts, sur lesquels s'ouvrent des absidioles voûtées en cul-de-four, sont voûtés en berceau.
Dans l'angle du croisillon nord et de la nef, la base du clocher roman forme une salle carrée datée du XIe siècle possédant de beaux chapiteaux archaïques. Les voûtes sont extrêmement curieuses : les quatre travées soutenues par un énorme pilier central, sont surmontées chacune, en diagonale, de deux arcs rectangulaires en plein cintre qui se croisent à angle droit, l'un traversant l'autre. La nef est séparée du transept par une galerie transversale aboutissant de part et d'autre aux escaliers qui montent au transept.
Le transept a la particularité d'être surélevé de 2,3 mètres (7,5 pieds) par rapport à la nef. Le transept, comme le chœur, recouvre la confession, c'est-à-dire le lieu où fut inhumé saint Hilaire. Le transept mesure 7,5 mètres (24,6 pieds) de large et 42 mètres (137,8 pieds) de long. Les chapiteaux datent du XIe siècle et comptent parmi les plus anciens témoins de cette forme d'art en Poitou.
Un fait original : il n'y pas de chapelle axiale. Le vitrail dans le chœur se trouve dans le mur qui rejoint les deux chapelles absidiales les plus proches de l'axe de la nef.
Voûté en cul-de-four, le chœur s'ouvre sur son déambulatoire par d'étroites arcades rehaussées. Des restes de fresques ornent le cul-de-four: elles représentent un cycle court de l'Apocalypse. Le chœur avec déambulatoire et chapelles rayonnantes trouve son origine dans les cryptes annulaires du début du Moyen Âge. Cette configuration obéissait à une contrainte pratique : assurer le service de la messe tout en permettant le flux des pèlerins et le culte des reliques qui se développe à cette époque. Cet ensemble est remarquable par l'équilibre des volumes. Comme, pour le transept, le chœur et le déambulatoire sont, et pour les mêmes raisons, surélevés de 2,3 mètres (7,5 pieds) par rapport au sol de la nef. Ce choix architectural devait faciliter les processions des pèlerins autour des reliques. Le déambulatoire s'ouvre sur quatre chapelles rayonnantes voûtées d'arêtes et ornées de peintures murales romanes du XIe siècle dont il reste d'importants fragments. Le chœur est fermé par huit colonnes de 6 mètres (19,7 pieds) de haut et alignées en un demi-cercle.
L'église possède plusieurs tableaux intéressants : une l'Adoration des Mages, datant du XVIIe siècle, aux armes de Flandrine de Nassau, abbesse de l'abbaye Sainte-Croix; une peinture sur bois datant du XVIe siècle provenant de l'abbaye de la Trinité représentant la Trinité où Dieu le Père soutient son Fils mort; et enfin une Adoration des Mages peint par Étienne Cesi datant du début du XVIIe siècle.
Les orgues
L'orgue de tribune
En 1866, la paroisse achète de la cathédrale Saint-Louis de La Rochelle un orgue construit par John Abbey en 1835 et l'installe dans le transept nord. Plutôt que de transférer cet orgue sur la tribune de l'église restaurée, la paroisse décide d'acheter un orgue neuf. Celui-ci a été construit par le facteur Georges Wenner, de Bordeaux, entre 1881 et 1883. Il a été installé en tribune entre juillet et octobre 1884 par Gaston Maille, successeur de Wenner.
Instrument de trois claviers et pédalier, il comportait 11 jeux d'anches sur un total de 30. Mis à part le dessus de Cornet, aucun jeu de mixture ou de mutation n'était présent, mais tous les fonds de 8 pieds souhaitables à cette époque y étaient. Il ne se trouvait, comme c'est encore le cas aujourd'hui, aucun jeu plus aigu que le 4 pieds.
En 1892, l'entretien de l'instrument est confié à Louis Debierre qui, entre 1901 et 1902, exécute un relevage. Les apports de Debierre ont constitué essentiellement à réduire le nombre de jeux d'anches de l'orgue qu'il trouvait « trop bruyant » et à déplacer certains jeux d'un clavier à un autre.
C'est ainsi qu'ont été supprimés la batterie d'anches (16,8,4) à la Pédale, et le Hautbois du Récit, remplacé par un Cornet remanié, en provenance du Grand-Orgue, à la place duquel un Octavin 2' a été installé. L'Euphone à anche libre au Grand-Choeur a été remplacé par un Plein-Jeu progressif I-III rangs. Enfin, le Basson 8' au Récit a été remplacé par un Clairon 4' et une Flûte 4' a remplacé le Salicional 8' du Grand-Choeur déplacé au Grand-Orgue. Le Quintaton 16', initialement au Grand-Orgue, est passé au Récit à la place de la Flûte traversière 8' qui a été supprimée.
D'une construction robuste, l'instrument traverse un siècle sans devoir subir de notables réparations. En raison de son intérêt, l'orgue est classé « monument historique » le 29 décembre 1987 pour la partie instrumentale, oeuvre de Georges Wenner.
En 1991, un relevage de la mécanique est exécuté par le facteur local Jean-Pascal Villard.
En prévision d'une éventuelle restauration, une étude est réalisée par Philippe Bachet, technicien-conseil pour les orgues historiques. Ce rapport sert de base, en 2001, pour l'approbation du projet de restauration qui sera confié, par appel d'offres, au facteur Gérard Bancells, de Rabastens (Tarn). L'orgue est totalement démonté en juillet 2003 et ne revient qu'au cours de l'année 2005.
Le but du projet de restauration est de restituer la quasi-totalité des jeux supprimés par Debierre. Les anches de la Pédale, qui sont en fait des copies de celles de l'orgue Wenner de l'église Saint-Martial de Montmorillon, sont revenues à leur place. Il en est de même pour le Hautbois du Récit aussi réalisé en copie de l'orgue de Montmorillon. Le Cornet V rangs a été recomposé et est revenu au Grand-Orgue dans sa composition d'origine. Seul, l'Euphone n'a pas été reconstitué. Un Plein-Jeu progressif III-VI rangs remplace celui posé par Debierre (III rangs).
L'instrument se retrouve aujourd'hui très proche de l'origine, mais tenant compte de quelques apports de l'intervention de Louis Debierre.
L'orgue de choeur
L’orgue de chœur est un orgue de série de type « polyphone », conçu et fabriqué par le facteur Louis Debierre et livré à la paroisse le 19 mai 1913. Il comporte trois jeux complets, coupés en basses et dessus (entre le SI et le DO central), complétés par deux demi-jeux de dessus.
L'orgue de tribune et celui du choeur peuvent dialoguer, car ils sont au même diapason et au même tempérament, un cas unique à Poitiers.
L'instrument a été entièrement révisé en 2002 par Jean-Pierre Conan qui l'a doté d'une soufflerie électrique discrète et efficace.
À la suite d'un rapport de la part de Marina Tchebournika daté du 1er octobre 2015, l'instrument a été inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques le 18 avril 2016.
Orgue polyphone
Selon la publicité de l'époque, le polyphone est un orgue à tuyaux très compact (à l’allure d’un très gros harmonium) construit en série. Il comprend de 3 à 7 jeux en général et est amovible.
L'invention du tuyau « polyphone » permet la compacité de l’instrument : les tuyaux les plus graves – donc les plus longs et volumineux - sont munis d’un, deux ou trois clapets (un peu comme les clefs des notes graves du saxophone). Ainsi, un seul tuyau permet de jouer autant de notes que de clapets (deux ou trois) alors que dans un grand orgue, à chaque note fait sonner un seul tuyau. L'économie d'espace (et d’argent) est ainsi garantie par cet ingénieux système.
Le 18 août 1882, le facteur Louis Debierre dépose le brevet n°150638, pour l’invention des tuyaux d’orgue à notes multiples. Sur cet instrument, certains accessoires peuvent comprendre le clavier transpositeur (système breveté de l’abbé Émile Clergeau), la préparation de jeux par rotation du tirant, la genouillère d’expression manoeuvrant les jalousies horizontales au-dessus du buffet, et l’octavieur, commandé par une glissière, qui permet de jouer une note et son octave supérieure simultanément.
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The actual St. Hilaire-le-Grand (St. Hilary the Great) Church in Poitiers is built on the remains of a Romanesque collegiate church and of one partly restored 19th-century nave built on the foundations of a previous building ruined during the Revolution.
Served by regular canons, it was first a pilgrimage shrine, located on the pilgrims' way to Compostela. Its certification by UNESCO among worldwide heritage monuments reminds the major role played by this shrine on the Way to St. James.
History
Archeological findings in the ground close to the actual church uncovered an early Christian necropolis. Therefore, it would be around the tomb of St. Hilary, bishop of Poitiers from 352 to 368, that a 5th-century funeral and religious complex took shape consisting of a basilica, additional buildings and a graveyard. In 412, the site was destroyed by the Vandals and in 453 by the Huns. A new basilica was built, but its dimensions and site are not known even if its existence is certified. Mosaic fragments were found in 1856 while archeological studies were carried out under the nave of the actual church.
The basilica became a collegiate church in the 8th century. During that period, the site was first devastated, by the Muslims led by Abdiraman in 732, then in 863 and in 865 by the Vikings. In fear of new invasions, the monks took St. Hilary's remains in security to Puy-en-Velay. In 935, the Counts of Poitou became the basilica's laic abbots, a title that will be transmitted in 1204 to the Kings of France. In 939, to protect it against further invasions, the basilica was fortified.
The construction of the actual building started in the 11th century with the bell tower-porch and was followed by the probably unvaulted transept and then by the nave without archways nor side-aisles. The chevet and the ambulatory were the last elements to be built. Consecration took place on November 1st, 1049.
Originally, the church had no side-aisle and the bell tower was separated from the building. By 1060-1070, the nave's wooden framework was replaced with a stone vault to protect it from fire. To support its weight, architects had to erect intermediate pillars to reduce the width of the central nave. Moreover, archways were added between the pillars and the walls to consolidate the whole.
In 1074, Pope Gregory VII put the abbey under the direct protection of the Holy See and, in 1078, a charter set the limit number of the basilica canons to 60. The flamboyant portal was built in 1474. The royal protection for this church was confirmed in September 1481 by letters patent issued by Louis XI.
In 1562, during the wars of Religion, the church was ransacked by the Protestants and suffered important damage, mainly to the bell tower which will collapse some years later, in 1590. It was restored to original in 1592. The basilica remained a shrine until the Revolution.
In 1793, during the revolutionary period, the church was once more vandalized. It first became a quarry and then used to lodge horses. In 1799, now a national asset, it was sold to citizen Roy dit Cassandre, but since he could not pay the purchase price, the State recovered the building in 1800. From this period, the only elements left are the chancel, the transept, the bell tower-porch and part of the last bay of the nave without its vault on the first five bays.
In 1804, after the Revolution, a parish was established and the building was restored to worship but it was a hovel and the restoration costs were to rest entirely on the parishioners. It was decided to leave out the western part of the building and to concentrate the first restoration works on the eastern part. The facade and the first bays of the nave were demolished. The missing framework structures were replaced with large piles of sand while the vaults of the apse and of the side-aisles were covered with tiles. A brick vault was built in 1810 on the only remaining nave bay. An interim facade was erected by reusing what was left from the 15th-century Gothic portal.
In 1840, Prosper Mérimée, general inspector for the Historical Monuments Commission, went to Poitiers and visited the church. He wrote to Ludovic Vitet, president of the Historical Monuments Commission, in a letter dated from July 28th, 1840, that this church must be restored since it belonged to the Byzantine style commonly found in the Poitou region. In 1847, the church was classified as a « historical monument ».
Restoration works continued with the reconstruction of the roofing and of the apse chapels. Architect Charles Joly-Lanterme began a restoration or rather a full reconstruction of the building in 1855. It was necessary to rebuild the western part of the nave, which was abandoned in 1804. He started with the chevet where the original elevation was restored since it had been modified in 1762. In 1858, the rose window, installed in 1570 in the north side aisle, was sealed off and the church's north Gothic portal was closed.
In 1859, Louis-Édouard Cardinal Pie, bishop of Poitiers, supported the reconstruction of the nave, but the construction of a street and houses on the church's former land did not permit to restore the nave to its original length, two bays will have to be amputated. Reconstruction of the first two bays of the nave and the erection of the domes based on the drawings of the transept crossing dome went on from 1869 to 1875 while the construction of the facade is completed only in 1884.
The gallery was completed in 1881. The mosaics in the chancel were installed while the main altar and the gates will be installed only in 1885.
In 1949, the lower floor of the bell tower was reopened.
Exterior
The actual church is an 11th-century Romanesque building. The chancel, the transept and the first bay of the nave and the bell tower on the north side are from the 12th century. From the second eastern bay of the nave, the construction is different. It corresponds, in fact, to the 19th-century reconstructions. To imagine the church in its original size, it is necessary to add one and a half bay westward. Along the south side of the church, a Romanesque crypt is present with Latin inscriptions.
The western facade includes a unique portal surrounded with two blind archways. At the intermediate level, a vaulted bay is surrounded with two blind archways. The same model is reproduced in miniature on the gable.
The three-level bell tower is located above the north arm of the transept. Its foundation is a 38-foot (11,6-metre) aside perfect square. The bell tower used to have a door leading to the shrine. The western neo-Romanesque facade is vertically divided by slim pilasters. It was built from 1869 till 1884.
The chevet is remarkable for its succession of levels: the level of the four radiant chapels and two transept chapels, the level of the ambulatory, the level of the apse semi-dome and the level of the transept square.
Today, the nave is 111.6 feet (34 metres) wide, including the side aisles and 50.9 feet (15.55 metres) in the central nave. The nave length is 194.6 feet (59 metres) long.
Interior
The building moves away from the classical schema of the Poitevin school and shows influences from different artistic schools. The internal layout is totally irregular because of the numerous modifications made when the wooden framework was replaced with a stone vault. The alternation of pillars and columns comes from Norman buildings. The four apse chapels are from models in Auvergne.
The interior layout calls for one four-bay nave preceded by a narthex. It presents a unique feature in France: one nave surrounded by three side aisles, each one following the central nave, giving to the whole a majestic seven-nave look. The nave elevation has two levels: large vaulted archways divided by an intermediate pillar while the upper level shows two double bays.
All original barrel vaults with double archways of the nave and a large part of the walls have been destroyed at the Revolution. When it was decided, in the second half of the 19th century, to rebuild the nave, it was believed that its vault was a series of domes.
Domes on squinches vault most bays. The eastern bay and south side aisles are groin vaulted while on the north side, the side aisle is pointed ribbed vaulted. The transept crossing is vaulted by an octagonal dome. The transept arms, leading to quarter-sphere vaulted apse chapels, are barrel vaulted.
At the north transept arm and nave angle, the foundation of the Romanesque bell tower forms a square room dating from the 11th century housing nice archaic capitals. The vaults are very interesting: the four bays supported by a huge central pillar are each topped, in diagonal, by two semicircular archways that cross each other at right angles, one going though the other. The nave is separated from the transept by a transverse gallery leading on either side to staircases going up to the transept.
The transept lies 7,5 feet (2.3 metres) above the nave floor. The transept and the chancel have d the confession, which is the location where St. Hilary was buried. The transept is 24.6 feet (7.5 metres) wise and 147.8 feet (42 metres) long. Capitals date from the 11th century and are among the most ancient witnesses of this form of art in Poitou.
A special feature: there is no axial chapel. The stained glass window in the chancel is in the wall joining the two nearest apse chapels to the nave axis.
Quarter-sphere vaulted, the chancel opens to its ambulatory through narrow raised archways. Fragments of frescoes adorn the cul-de-four: they represent a short cycle of the Revelation. A chancel with ambulatory and radiant chapels finds its origin in the annular crypts from the beginnings of the Middle Ages. This layout was an answer to a practical constraint: ensure the service of mass while allowing the flux of pilgrims and the worship of the relics which developed at that time. As, for the transept, the chancel and the ambulatory are, and for the same reasons, located 7.5 feet (2,3 metres) above the nave floor. This architectural choice was to ease the flux of pilgrims around the relics. The ambulatory opens to four groin vaulted radiant chapels adorned with Romanesque 11th-century wall paintings of which important fragments remain. The chancel is closed by eight 19.7-foot (6-metre) high columns lined up in a semicircle.
The church houses several interesting paintings: an Adoration of the Magi (17th century) with Flandrine de Nassau' coat of arms, abbess of St, Croix Abbey; a painting on wood dating the 16th century coming from the Trinité Abbey representing the Trinity where God the Father supports his dead Son; and finally an Adoration of the Magi painted by Étienne Cesi dating from the beginning of the 17th century.
The Organs
The Gallery Organ
In 1866, the parish purchased from the cathedral Saint-Louis of Rochelle and organ produced by John Abbey in 1835 and installed it in the north transept. Rather than transferring this old organ on the gallery of the restored church, the parish decided to buy a new organ. This new one was built by the organbuilder George Wenner, of Bordeaux, between 1881 and 1883. It was installed on the gallery between July and October 1884 by Gaston Maille, successor of Wenner.
A three-manual and pedal instrument, it includes 11 reed stops on a total of 30. Aside the Cornet, there is no mixture stop, but all desirable 8' flue stops of the time are there. There was, as it is still the case today, no higher-pitched stop than 4 feet.
In 1892, the maintenance of the instrument was entrusted to Louis Debierre who, between 1901 and 1902, carried out a restoration. Debierre's contributions were mainly to reduce the number of reed stops because he found the organ 'too loud' and to move stops from one division to another.
That is how were removed the reed battery (16,8,4) in the Pedal, and the Hautbois in the Récit replaced by a modified Cornet, from the Grand-Orgue, who was replaced by an Octavin 2'. The Euphone (a free reed stop) in the Grand-Choeur was replaced with a progressive Plein-Jeu I-III ranks. Finally, the Basson 8' in the Récit was replaced with a Clairon 4' and a Flute 4' replaced the Salicional 8' of the Grand-Choeur who moved to the Grand-Orgue. The Quintaton 16', initially in the Grand-Orgue, was moved to the Récit replacing the Flûte traversière 8' which was removed.
Strongly built, the instrument crosses a century without major repairs. Owing to its status, the organ was classified as a 'historical monument' on December 29th, 1987, for the instrumental part, George Wenner's work.
In 1991, the action was restored by Jean-Pascal Vilalrd, a local organbuilder.
In anticipation of a possible restoration, a study was carried out by Philippe Bachet, advisor for historical organs. This report acted as a reference, in 2001, for the restoration project which was entrusted, by calls for tender, to organbuilder Gérard Bancells, of Rabastens (Tarn). The organ was completely disassembled in July 2003, and its return was only in 2005.
The aim of the restoration project was to bring back almost all the stops removed by Debierre. The Pedal reeds, which are in fact copies of those found in Wenner's organ in St. Martial church in Montmorillon, returned to their place. The same is true for the Hautbois in the Récit which is a copy from the Montmorillon organ. The Cornet V ranks was rebuilt and returned to the Grand-Orgue in its original composition. Only the Euphone was not reconstructed. A progressive Plein-Jeu III-VI ranks replaced the one installed by Debierre (III ranks).
Today, the instrument is very close to its original tonal structure while taking into account some modifications introduced by Louis Debierre.
The Chancel Organ
The chancel organ is an organ of the « Polyphone » series designed and built by organbuilder Louis Debierre and delivered to the parish on May 19th, 1913. It includes three full stops, divided into basses and treble (between central H and C), and supplemented by two treble half stops.
The gallery organ and the chancel organ can be played together because since they share the same diapason and the same temperament, a unique case in Poitiers.
The instrument was completely revised in 2002 by Jean-Pierre Conan who installed a modest and efficient electric blower.
Following a report prepared by Marina Tchebournika and dated October 1st, 2015, the instrument was added to the additional inventory of historical monuments on April 18th, 2016.
Polyphone Organ
According to advertising of the time, a polyphone is a serially built very compact pipe organ (very similar to a reed organ). Generally, it has from 3 to 7 stops and is movable.
The invention of the « polyphone » pipe allows to build a compact instrument: the lowest pipes – therefore the longest and the largest - are provided with one, two or three valves (a bit like the keys for the lowest notes on the saxophone). So, the single pipe is able to play as many notes as there are valves (two or three) while in a large organ, one pipe plays only one note. The economy of space (and money) is guaranteed by this ingenious system.
On August 18th, 1882, organbuilder Louis Debierre registered the patent n°150638, for the invention of organ pipes with several notes. On this instrument, several accessories can be found: a transposer keyboard (a patented system by Fr Émile Clergeau), the preparation of stops by stopknob rotation, expression knee pads maneuvering horizontal shutters installed on top of the organcase, and an octave player, controlled by a slide, which allows to play a note and its octave at the same time.
I. Grand-Choeur |
II. Grand-Orgue |
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|---|---|---|---|---|
| Flûte harmonique | 8' | 5Bourdon | 16' | |
| Dulciana | 8' | Bourdon | 8' | |
| 1Flûte octaviante | 4' | Montre | 8' | |
| 2Plein-Jeu progressif | III-VI | Kéraulophone | 8' | |
| Boombarde | 16' | Salicional | 8' | |
| Trompette | 8' | Prestant | 4' | |
| Clairon | 4' | 4Cornet | V | |
III. Récit |
Pédale |
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|---|---|---|---|---|
| Quintaton | 16' | Flûte | 16' | |
| Bourdon | 8' | Flûte | 8' | |
| Flûte à pavillon | 8' | Flûte (ext) | 4' | |
| Violoncelle | 8' | 3Bombarde | 16' | |
| Voix céleste | 8' | 3Trompette | 8' | |
| Flûte octaviante | 4' | 3Clairon | 4' | |
| Trompette harmonique | 8' | |||
| 3Hautbois | 8' | |||
| Voix humaine | 8' | |||
| 1Clairon | 4' | |||
| 1 | Jeu de Debierre / Stop by Debierre | |
| 2 | Jeu neuf / New stop | |
| 3 | Jeu neuf copie de Wenner / New stop, copy from Wenner | |
| 4 | À partir du troisième DO / From central C | |
| 5 | Basses de Wenner / Basses by Wenner |
Basses |
Dessus / Treble |
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|---|---|---|---|---|
| Violoncelle | 8' | Bourdon | 16' | |
| Bourdon | 8' | Violoncelle | 8' | |
| Flûte | 4' | Bourdon | 8' | |
| Flûte harmonique | 8' | |||
| Flûte octaviante | 4' | |||