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Tuau, 1647 / Herland, 1837 / Dunand, 1982
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La ville de Tréguier se blottit sur la colline, dans une courbe située presqu'au fond de la vallée du Jaudy, à une douzaine de kilomètres (six milles) de la Manche. Tugdual, un des nombreux moines gallois et l'un des sept saints fondateurs de Bretagne qui, fuyant leur patrie ravagée par les pillages, arrivent en l'an 535 à l'antique Tric'Horn (trois angles, en breton). L'origine de ce nom vient des cours d'eau, le Jaudy et le Guindy, qui se rejoignent à Tréguier pour former la rivière qui en porte le nom. Bretonne jusqu'aux confins de son histoire et de ses légendes, la fondation de la cité est déjà l'aboutissement d'une première légende qui veut que Tugdual, pour y fonder son monastère, dût d'abord chasser le dragon qui hantait la région. Son aura était telle que l'épiscopat dont il fut l'initiateur devint l'un des centres religieux les plus en vue de la Bretagne.
Tugdual est consacré évêque de Landreger vers 542. De son existence, nous ne savons en réalité que peu de choses, même pas la date précise de sa mort survenue un 30 novembre en 553, 559 ou 564. L'église, primitivement dédiée à saint André Apôtre et probablement en bois, n'a laissé aucune trace; on suppose qu'elle était située à peu près au même emplacement que la cathédrale actuelle. En 848, Nominoë, roi de Bretagne, en fait de cet évêché-abbaye un évêché séculier. Située sur les hauteurs, la ville constitue un centre névralgique et, peu de temps après, surviennent les premières invasions normandes commandées par Hastings. Après l'avoir conquise et détruite, ils fortifient la place alors qu'elle est abandonnée par la population. Vers 970, l'édifice est rebâti en style roman et dédié à saint Tugdual par un dénommé Gratianus ou Gratias; époque dont il ne subsiste que la tour appelée "Tour d'Hasting" à l'extrémité du croisillon nord. Réalisée en la pierre de Caen, le fort pilier central soutient deux arcs en plein cintre très surhaussés, les chapiteaux et les socles de colonnes décorés de motifs celtiques : entrelacs, fleurs stylisées, et chevrons emboîtés.
Souvent arrêtée par la Guerre de Cent ans et la Guerre de Succession de Bretagne, la construction se déroule par étapes, entre 1339 à 1432. Le chantier de la cathédrale gothique est entrepris en 1339 en remplacement de la cathédrale romane par l'évêque Richard du Poirier ou du Perrier. La reconstruction débute par la nef et ses bas-côtés. Interrompus, en 1345, au niveau de la troisième travée de la nef, les travaux reprennent de 1363 et se poursuivent jusqu'en 1371 sous l'impulsion de l'évêque Yves Begaigon permettant d'achever les quatre dernières travées de la nef. Une troisième campagne de construction, de 1380 à 1425, sous l'impulsion de l'évêque Pierre Morelli, permet la réalisation du choeur et de son déambulatoire. La tour centrale, dite du Sanctus, surmontée de son clocheton, le clocher avec sa flèche de plomb et son porche sont réalisés par l'évêque Pierre Pédru entre 1420 et 1432. L'évêque Jean de Ploeuc orne la cathédrale de fresques et de vitraux. En 1450, il fait commencer la construction du cloître en style gothique flamboyant, qui sera achevé en 1468 et restauré en 1507. Le clocher de la cathédrale est abattu par un ouragan le 15 janvier 1579.
Entre 1589 et 1592, la ville de Tréguier est ravagée par les Ligueurs. Cette période de l'histoire de la Bretagne est synonyme de guerre de religion entre catholiques radicaux (soutenus par les Espagnols et dirigée par le duc de Mercoeur) et protestants (soutenus par le roi de France et l'Angleterre). Tréguier se rangea du côté des royalistes. La ville est pillée à plusieurs reprises et finalement, elle est incendiée en 1592. La fin de cette guerre en 1598 aboutit à la reddition de Mercœur et par la proclamation du fameux édit de Nantes.
Le 6 septembre 1632, un incendie se déclare dans la sacristie et détruit une partie du trésor d'argenterie et des archives.
La flèche de plomb de la tour sud est remplacée en 1785 sous l'épiscopat d'Augustin Le Mintier et édifiée à partir des plans de François Anfray. Cette nouvelle flèche surplombe toute la ville à plus de 60 mètres de hauteur tout en gardant une légèreté due sans doute aux motifs originaux qui l'ajourent. Ayant été gravement endommagée lors des tempêtes de décembre 1999, elle a été restaurée en 2002.
La Révolution voit disparaître l'évêché de Tréguier le 12 juillet 1790 (décret du 14 novembre 1789) et le dernier des évêques, Mgr Le Mintier, s'enfuit à Jersey (Angleterre) en 1791. Au cours de l'hiver 1794, le bataillon des volontaires d'Étampes met à sac tous les monuments religieux de la ville : ainsi disparurent presque tout le mobilier, la statuaire, l'orfèvrerie, les vitraux, etc. La cathédrale sert alors d'écurie et est tellement saccagée qu'elle ne peut servir au culte imposé de l'Être Suprême. Ce culte s'opposait au culte de la Raison instauré par Chaumette en 1793. La cathédrale est rendue au culte le 29 novembre 1801 mais elle est rattachée au diocèse de Saint-Brieuc et Tréguier.
Prosper Mérimée y engage de grands travaux de restauration en 1841. Le 26 février 1848, un ouragan cause d'importants dommages à la cathédrale.
La cathédrale, en forme de croix latine, mesure 75 mètres de longueur et 17,4 mètres de largeur, avec une hauteur des voûtes sous clef de 18 mètres. Elle comprend une nef formée de sept travées de longueurs inégales allant de 3 mètres à 5,7 mètres et avec collatéraux, un transept saillant, ainsi qu'un choeur formé de trois travées droites terminé par un hémicycle à cinq pans et entouré d'un collatéral sur lequel s'ouvrent onze chapelles, de plan polygonal pour trois d'entre celles qui entourent l'abside. Certains piliers sont ronds, d'autres sont de forme octogonale alors que les piliers du choeur sont des faisceaux de colonnettes. Trois porches donnent accès dans l'édifice : le porche de la façade occidentale, le porche du peuple qui s'ouvre sur la cinquième travée du collatéral sud et qui date de 1356, et le porche des cloches à l'extrémité sud du transept. La façade occidentale est précédée d'un porche voûté et comprend, au dessus du portail, trois rosaces.
À l'intérieur, la partie inférieure de la nef date de 1339 tandis que que les voûtes du chœur sont de la fin du XIVe siècle,et les chapelles du chœur, de 1425. Le chevet date, semble-t-il, des années 1400. Le retable du maître-autel, en bois sculpté, date du XVe siècle et représente les scènes de la Passion alors que la chaire date de la fin du XVIIe siècle. Les 46 stalles en chêne du choeur, datant de 1508-1511 et remaniées en 1648, sont l'oeuvre de Gérard Dru et Tugdual Kergus. Les fonts-baptismaux datent du XIVe siècle.
Comme tous les vitraux d'origine ont tous été détruits à la Révolution, les vitraux actuels sont de date récente et exécutés par la maison Sainte-Marie, de Quintin. Ceux du bas-côté nord représentent des scènes de l'Ancien Testament alors que ceux du bas-côté sud représentent des scènes du Nouveau Testament et ceux du Chevet, des scènes de la vie des saints.
Un autre ecclésiastique est à l'origine de la renommée de la ville : Yves de Kermartin, le saint patron des avocats, né en 1253 à Minihy et mort en 1303. Il a été canonisé en 1347. Plusieurs vitraux relatant la vie de saint Yves ont été exécutés, entre 1934 et 1937, par Raphaël Larmande, de Paris, et offerts par différents barreaux et avocats de plusieurs pays.
L'orgue
La présence d'orgues dans la cathédrale est attestée dès le XVe siècle et elles étaient placées dans le transept nord jusqu'en 1665.
Comme les orgues ont été détruites lors de la Révolution par le bataille d'Etampes, les autorités de la cathédrale achètent, en 1831, un instrument proviennant de l'ancienne Abbaye cistercienne de Bégard et qui avait été construit par Pierre Tuau de 1647 à 1649. L'instrument est déménagé et restauré par Herland de 1835-37.
Le buffet, en bois sculpté du XVIIe siècle, est classifié par la Commission des Monuments Historiques en février 1972.
L'instrument est restauté par le facteur Dunand en 1982 qui le fait passer de 20 jeux répartis sur deux claviers manuels et pédalier à 31 jeux répartis sur trois claviers manuels et pédalier.
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The city of Tréguier nestles on the hill, in a curve located almost in the bottom of the valley of Jaudy, in a dozen kilometres (six milles) of the English Channel. Tugdual, one of numerous welsh monks and one of seven founder saints of Brittany who, escaping their fatherland devastated by depredation, arrive in year 535 at ancient Tric' Horn (three angles, in Breton).The origin of this name comes from watercourses, Jaudy and Guindy, who meet in Tréguier to form the river which carries the name. Breton up to boundaries of its history and its legends, the foundation of the city is already the culmination of a first legend which wants Tugdual, to found the monastery there, to be first dispelled the dragon who haunted the region. His aura was such as the episcopacy of which it was the originator became one of the religious centres most with the aim of Brittany.
Tugdual is consacrated bishop of Landreger towards 542. Of his existence, we do not know many things, not even the exact date of the death which happened on November 30th in 553, 559 or 564. The church, originally dedicated to Saint Andrew the Apostle, and probably made of wood, left no trace; it is assumed that it was located on the same site as the actual cathedral. In 848, Nominoë, king of Brittany, establishes this bishopric-abbey as a secular bishopric. Located on heights, the city constitutes a sensitive centre and, shortly after, the first Norman invasions occurred led by Hastings. Having won it and destroyed, they fortify the place while the population flees. Towards 970, the building is rebuilt in Romanesque style and dedicated to Saint Tugdual by one called Gratianus or Gratias; an era from which only the tower called "Hasting's Tower" is left at the end of the north transept. Built in stone from Caen, the strong central pillar supports two semi-circular highly raised arches, capitals and plinths of columns are decorated with Celtic motives: traceries, stylized flowers, and stacked rafters.
Often suspended by the Hundred Years War and the Brittany Succession War, construction takes place stage-by-stage, between 1339 in 1432. The construction site of the Gothic cathedral is undertaken by Bishop Richard du Poirier or Perrier in 1339 to replace the Romanesque cathedral. Reconstruction starts by the nave and its side aisles. Interrupted, in 1345, at the level of the nave's third bay, work resumes of 1363 and continues until 1371 at the instigation of Bishop Yves Begaigon allowing to finish the nave's last four bays. A third construction campaign, from 1380 till 1425, at the instigation of Bishop Pierre Morelli, allows the completion of the chancel and its ambulatory. The central tower, called "Sanctus", topped with its little pinnacle turret, the bell-tower with its lead steeple and its porch are built by Bishop Pierre Pédru between 1420 and 1432. Bishop Jean de Ploeuc adorns the cathedral of frescoes and stained glass windows. In 1450, he starts the construction of the cloister, in flamboyant Gothic style, which will be finished in 1468 and restored in 1507. The steeple of the cathedral is slaughtered by a hurricane on January 15, 1579.
Between 1589 and 1592, the city of Tréguier is devastated by Ligueurs. This period of the history of Brittany is synonymous with war of religion between radical Catholics (supported by the Spanish and aimed by the duke of Mercoeur) and Protestants (supported by the king of France and England). Tréguier sided with royalists. The city is ransacked again and again and finally, it is burned down in 1592. The end of this war in 1598 leads to the capitulation of Mercœur and by the proclamation of the famous decree of Nantes.
On September 6, 1632, a fire breaks out in the sacristy and destroys part of the treasure of silver plate and archives.
The lead steeple of the south tower is replaced in 1785 under the episcopacy of Augustine Le Mintier and built from plans prepared by François Anfray. This new steeple overhangs the city at more than 60 metres high while keeping a lightness probably due to the original design. Badly damaged during December 1999 storms, it was restored in 2002.
The diocese of Tréguier is eliminated by the Revolution on July 12, 1790 (November 14, 1789 decree) and the last bishop, Mgr Le Mintier, flees to Jersey (England) in 1791. In the course of the winter 1794, the group of volunteer soldiers of Étampes plunders all religious monuments of the city: so disappeared almost all furnishings, sculptures, silver, stained glass windows, etc. The cathedral is used as a stable and is so largely vandalized that it cannot be used for the imposed worship of the Supreme Being. This cult is opposed to the Reason cult instituted by Chaumette in 1793. The cathedral is returned to worship on November 29, 1801 but it is attached to the bishopric of Saint-Brieuc and Tréguier.
Prosper Mérimée launches large restoration works in 1841. The cathedral is heavily damaged by a hurricane on February 26, 1848.
The cathedral, shaped as a latine cross, is 75 metres in length and 17,4 metres wide, with a height of 18 metres under the vault. There is only one nave formed by seven bays of unequal length going from 3 metres to 5,7 metres and with side aisles, a salient transept, as well as a chancel formed by three straight bays ending with a semicircular five-wall apse and an ambulatory leading to eleven opened chapels, of which three, of polygonal shape, directly surround the apse. Some inside pillars are round, others are octagonal while the ones in the chancel are groups of small columns. The building is accessed via three porches: one in the western facade, the second one, People's Porch dating from 1356, which opens in the fifth bay of the south side aisle, and the third one, the bells porch, in the south end of the transept. The western facade is preceded by a vaulted porch and includes of three rose windows, above the portal.
Inside, the lower section of the nave dates from 1339 while the chancel's arches are from the end of the 14th century, and the chapels around the chancel, from 1425. The apse probably dates from the 1400s. The high altar reredos, a wooden sculpture, dates from the 15th century and depicts scenes from the Passion while the pulpit dates from the end of the 17th century. The chancel's 46 oak stalls, dating from 1508-1511 and altered in 1648, are the work of Gérard Dru and Tugdual Kergus. The baptismal fonts date from the 14th century.
As all original stained glass windows were destroyed during the Revolution, the actual ones are of date recent and were crafted by the firm Sainte-Marie, of Quintin. Those in the north side aisle depict scenes from the Old Testament while those in the south side aisle depict scenes from the New Testament and those in the apse, scenes from the life of the saints.
Another cleric is also at the origin of the city's reputation: Yves de Kermartin, the patron saint of the lawyers, born in 1253 in Minihy and died in 1303. He was canonized in 1347. Several stained glass windows depict the life of saint Yves were executed, between 1934 and 1937, by Raphael Larmande, of Paris, and donated by several bar assocaitions and individual lawyers from several countries.
The Organ
The presence of an organ is attested since the 15th century and it was located, until 1665, in the transept.
As the organ was destroyed during the Revolution by the Étampes batallion, the cathedral purchases, in 1831, an instrument built by Pierre Tuau from 1647 to 1649 and coming from the former Bégard Cistercian Abbey. The organ is moved and installed by Herland in 1835-37.
The 17th-century organcase, a wooden sculpture, is classified, in February 1972, by the Historic Monuments Commission.
The instrument is restored by organbuilder Dunand in 1982. The instrument is enlarged from 20 stops over two manuals and pedal to 31 stops over three manuals and pedal.
II. Grand-Orgue |
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|---|---|---|---|---|
Avant / Before 1982 |
Actuel / Actual |
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| Bourdon | 16' | Montre | 8' | |
| Bourdon | 8' | Bourdon | 8' | |
| Montre | 8' | Prestant | 4' | |
| Salicional | 8' | Flûte | 4' | |
| Voix céleste | 8' | Quintadine | 4' | |
| Prestant | 4' | Nazard | 2 2/3' | |
| Flûte à cheminée | 4' | Doublette | 2' | |
| Nazard | 2 2/3' | Quarte | 2' | |
| Doublette | 2' | Tierce | 1 3/5' | |
| Trompette | 8' | Larigot | 1 1/3' | |
| Cornet | V | |||
| Fourniture | IV | |||
| Cymbale | III | |||
| Voix humaine | 8' | |||
| Trompette | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
I. Positif dorsal / Back Positive |
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|---|---|---|---|---|
Avant / Before 1982 |
Actuel / Actual |
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| Bourdon | 8' | Bourdon | 8' | |
| Montre | 4' | Montre | 4' | |
| Flûte | 4' | Flûte | 4' | |
| Doublette | 2' | Nazard | 2 2/3' | |
| Larigot | 1 1/3' | Doublette | 2' | |
| Basson-Hautbois | 8' | Flageolet | 1' | |
| Clairon | 4' | Tierce sextée | II | |
| Cornet | II | |||
| Fourniture | III | |||
| Cymbale | II | |||
| Cromorne | 8' | |||
III. Récit |
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|---|---|---|---|---|
Avant / Before 1982 |
Actuel / Actual |
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| Cornet | V | |||
Pédale |
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|---|---|---|---|---|
Avant / Before 1982 |
Actuel / Actual |
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| Soubasse | 16' | Bourdon | 16 | |
| Contrebasse | 16' | Flûte | 8' | |
| Trompette | 8' | Trompette | 8' | |