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Casavant, Opus 93, 1898 / Opus 687, 1916 Providence 1977
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Historique
La réserve indienne de Kahnawake est située dans la région administrative de la Montérégie.
En 1667, une dizaine d'Oneidas, membres de la grande nation iroquoise, joignent quelques familles françaises à Saint-François-Xavier-des-Prés, petite mission que vient de fonder le jésuite Pierre Raffeix, dans la seigneurie de La-Prairie-de-la-Madeleine (aujourd'hui Laprairie). Dans leur langue, ils dénomment l'endroit Kentake, ce qui signifie "à la prairie". En 1673, une quarantaine de Mohawks amenés par les jésuites du village de Kaghnuwage, sur la rivière Mohawk, dans l'état de New York (États-Unis) se joignent à eux.
Pour des raisons de changements économiques, agricoles ainsi que politiques, la communauté est déménagée quatre fois. La première fois, en 1676 près des rapides de Lachine qu'ils nomment Kahnawake ou "aux rapides", pendant que le village iroquois de Saint-Régis est aménagé à l'embouchure de la rivière du Portage. La deuxième fois, en 1680 et renommé Kahnawakon, ou "dans les rapides". La troisième fois, en 1696, où la mission revint "aux rapides", mais à un endroit différent, qu'on nomme Kanatakwente, ou "le village tel que laissé". Enfin, la quatrième fois, à son endroit actuel en 1716 où il prend le nom de Caughnawaga qui est une corruption du mot Kahnawake.
Le 29 mai 1680, une seigneurie, appelée « Le Sault » et adjacente celle de La-Prairie-de-la-Madeleine, est concédée par le roi de France aux Jésuites pour y établir les Iroquois. Celle-ci est agrandie par le gouverneur Frontenac le 31 octobre 1680 qui la nomme « Sault-Saint-Louis ».
Le 19 novembre 1829, les Iroquois (Mohawks) se rendent en Europe pour y soutenir leurs droits à la propriété de la seigneurie du Sault-Saint-Louis. Après l'abolition du régime seigneurial le 18 décembre 1854, le territoire de l'ancienne seigneurie devient la propriété des Iroquois (Mohawks) le 1er décembre 1860.
En 1980, le village adopte le nom de Kahnawake.
L'église
Un presbytère est construit en 1716 et une église est érigée l'année suivante, mais elle ne put servir au culte que deux ans plus tard. En 1720, la décision est prise de fortifier la mission en la clôturant d'une palissade de pieux et en construisant une maison pour abriter un officier et un corps de garde. Ces bâtiments, réalisés en 1725 d'après les plans de Gaspard Chaussegros de Léry, ingénieur militaire, existent encore aujourd'hui.
Après la Conquête, le nombre de Jésuites au Canada étant radicalement réduit oblige ceux-ci à abandonner la mission en 1783. Elle est alors desservie par les prêtres séculiers du diocèse de Montréal, puis par les Oblats de Marie-Immaculée. Les Jésuites reprendront la direction de la mission en 1903 pour ensuite la quitter en 2003 faute de pouvoir fournir un nouveau curé.
Lorsque l'abbé Joseph Marcoux (1791-1857) arrive à la mission en tant que curé en 1819, l'église a besoin de beaucoup de réparations. Il s'affaire à réparer et à achever l'église. En 1831, avec l'aide du Jésuite Félix Martin (1804-1886), il conçoit les plans qui incluent une nouvelle sacristie, une nouvelle tour et le clocher.
La construction de l'église actuelle, élevée sur les fondations de la précédente, debute en 1845 selon les plans de l'abbé Joseph Marcoux et du jésuite Félix Martin. Elle reprend le plan traditionnel, en forme de croix latine avec voûte en arc surbaissé, choeur en saillie, chevet plat, tribune arrière et tribunes latérales, mais innove cependant en disposant une tour-clocher en avancée, dans l'axe de la façade, contrairement à la coutume de déposer une telle structure au sommet du pignon ou encore d'élever deux tours saillantes de chaque côté de la façade. La sacristie loge sur le côté, au-dessus d'un ancien corridor reliant la première église au presbytère.
Une partie du maître-autel est réalisée par Paul Labrosse ou par Gilles Boivin au XVIIIe siècle. Vincent Chartrand, de l'école Quévillon, complète l'œuvre au XIXe siècle puis réalise les trois retables et les tabernacles latéraux. Les retables se détachent sur un mur nu et sont plutôt traités comme des pièces de mobilier, sans souci d'intégration à un décor intérieur plus développé. Très peu développé, le décor intérieur, même s'il fut réalisé vers le milieu du XIXe siècle, nous donne une excellente idée de ce qu'était l'ornementation intérieure des églises sous le Régime français et après la Conquête.
La voûte est plus tardive et ses peintures représentent des scènes du Nouveau Testament et de la tradition catholique. Elles ont été réalisées par le peintre et verrier italien Guido Nincheri entre 1924 et 1928. Le grand crucifix suspendu au-dessus du maître-autel et datant du début des années 1930 est un don des résidents en hommage aux trente-cinq ouvriers mohawks qui périrent en août 1907 lors de l'effondrement d'une travée du pont de Québec alors en construction.
La sacristie abrite un autel dont le retable ressemble beaucoup à celui qui se trouvait dans la vieille église des Jésuites à Québec (fin des années 1600). Son tabernacle, attribué au sculpteur François Guernon dit Belleville (1740-1817), date au début du XIXe siècle.
L'église abrite le sanctuaire Kateri-Tekakwitha où l'on vénère le souvenir de la jeune Amérindienne convertie au christianisme au début de la Nouvelle-France. Elle est la première Autochtone à être canonisée en 1980 par le pape Jean-Paul II. Son tombeau, en marbre de Carrare, a été béni par Mgr Gérard-Marie Coderre, évêque de Saint-Jean-Longueuil, le 17 décembre 1972.
L'église est désignée « lieu historique national » par le gouvernement du Canada le 16 octobre 1966.
Le presbytère original (1716) est maintenant aménagé en musée où l'on peut admirer des vases sacrés anciens, de vieux livres de prières, quelques manuscrits et objets ethniques autochtones. Le nouveau presbytère (1725), précédemment le mess des officiers, abrite aujourd'hui les bureaux de l'église.
Trésors
Parmi les trésors que contient l'église, on note :
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History
The Kahnawake Indian reserve is located in the Montérégie administrative region.
In 1667, a dozen Oneidas, members of the great Iroquois nation, joined a few French families in the small St. François-Xavier-des-Prés mission newly founded by Jesuit Pierre Raffeix, in the La-Prairie-de-la-Madeleine seigneury (now Laprairie). In their own language, they named the place Kentake, meaning "in the prairie". In 1673, some forty Mohawks brought in by the Jesuits from the Kaghnuwage village, on the Mohawk River, in New York State (United States) joined them.
Due to economic, agricultural as well as political reasons, the community moved four times. The first time, in 1676 near the Lachine rapids they named Kahnawake meaning "near the rapids", while the St. Regis Iroquois village was set up at the entrance of Portage River. The second time, in 1680 and named Kahnawakon meaning "in the rapids". The third time, in 1696, when the mission returned near its original location they named Kanatakwente meaning "in the village we originally left". Finally, the fourth time, to its actual location in 1716 they named Caughnawaga which is a corruption of the Kahnawake name.
On May 29th, 1680, a seigniory, named "Le Sault" and next of La-Prairie-de-la-Madeleine, was granted by the king of France to the Jesuits for the Iroquois to settle. it was enlarged by Governor Frontenac on October 31st, 1680, who named it "Sault-Saint-Louis".
On November 19th, 1829, Iroquois (Mohawks) went to Europe to support their rights to the ownership over the Sault-Saint-Louis seigniory. After the abrogation of the seigneurial regime on December 18th, 1854, the former seigniory territory was granted to the Iroquois (Mohawks) on December 1st, 1860.
In 1980, the village was renamed Kahnawake.
The Church
A presbytery was built in 1716 and a church was erected the following year, but it could be of use for worship only two years later. In 1720, decision was made to fortify the mission by building a pile fence and by erecting a house for the commanding officer and a guardroom. These buildings, built in 1725 according to plans prepared by Gaspar Chaussegros de Léry, a military engineer, are still extant.
After the Conquest, the number of Jesuits authorized to live in Canada was drastically reduced and they had to leave the mission in 1783. It was then served by the secular priests from the Montréal diocese, then by the Oblates of Mary Immaculate. The Jesuits regained the direction of the mission in 1903 to leave again in 2003 for lack of being able to provide a new parish priest.
When Fr Joseph Marcoux (1791-1857) arrived at the mission as a parish priest in 1819, the church was in need of major repairs. He rapidly repaired and completed the church. In 1831, with the help of Jesuit Félix Martin (1804-1886), he designed the plans for a new sacristy, a new tower and a steeple.
The construction of the actual church, erected on the foundations of the previous one, started in 1845 according to plans prepared by Fr Joseph Marcoux and Jesuit Félix Martin. It features a traditional plan, in the shape of Latin cross with drop arch vault, a protruding chancel, a flat apse, back and lateral galleries, but breaks new ground with a protruding tower steeple in the facade axis, contrary to usage which calls for such structure to be installed at the top of the gable or else to erect two salient towers on each side of the facade. The sacristy is installed on the side, above a former corridor linking up the first church with the presbytery.
Part of the high altar was executed by Paul Labrosse or by Giles Boivin in the 18th century. Vincent Chartrand, from the Quévillon school, completed the work in the 19th century then executed three reredos and the lateral tabernacles. Reredos are free-standing in front of a bare wall and are treated as furnishings with no relation with a more elaborated interior decor. Barely elaborated, the interior decor, even if it was executed towards the middle of the 19th century, gives us a very good idea of what was the interior decorating of churches under the French Regime and after the Conquest.
The vault was completed later and its paintings represent scenes from New Testament and from the Catholic tradition. They were executed by the Italian painter and glassmaker Guido Nincheri between 1924 and 1928. The large crucifix hanging above the high altar and dating from the beginning of the 1930s is a donation of the resident as a tribune to the thirty-five Mohawks workers who died in August 1907 during the collapse of a span of the Québec Bridge then under construction.
The sacristy houses an altar whose retable looks a lot like the one that was installed in the old Jesuit church in Québec City (end of the 1600s). Its tabernacle, attributed to sculptor François Guernon dit Belleville (1740-1817), dates from the beginning of the 19th century.
The church houses the Kateri-Tekakwitha shrine where the memory of the young Native American converted to Christianity at the beginning of New France is commemorated. She is the first Native American saint to be canonized in 1980 by Pope Jean-Paul II. Her tomb, in Carrara marble, was blessed by Bishop Gérard-Marie Coderre, Saint-Jean-Longueuil, on December 17th, 1972.
The church was classified as a "national historical site" by the Government of Canada on October 16th, 1966.
The original presbytery (1716) is now a museum where old sacred vases, old prayer books, some manuscripts and autochthonous ethnic objects can be contemplated. The new presbytery (1725), which used to be the mess of the officers, houses the church offices.
Treasures
Among the treasures housed in the church are:
Grand-Orgue |
Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon (ext) | 16' | Principal | 8' | |
| Montre | 8' | Bourdon | 8' | |
| Salicional | 8' | Viole de gambe | 8' | |
| Mélodie | 8' | Voix céleste | 8' | |
| Prestant | 4' | Flûte harmonique | 4' | |
| Flûte des bois | 4' | Gemshorn | 4' | |
| Quinte | 2 2/3' | Nazard | 2 2/3' | |
| Doublette | 2' | Quarte | 2' | |
| Fourniture | IV | Tierce | 1 3/5' | |
| Trompete | 8' | Plein Jeu | III | |
| Hautbois/Basson | 8' | |||
| Tremblant | ||||
Pédale |
|
|---|---|
| Bourdon | 16' |
| Principal | 8' |
| Bourdon (ext) | 8' |
| Flûte | 8' |
| Octave (ext) | 4' |
| Mixture | III |
| Bombarde (ext) | 16' |
| Trompette | 8' |
| Chalumeau (ext) | 4' |