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Casavant, Opus 70, 1896
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Saint-Alexandre-d'Iberville est une municipalité dans la municipalité régionale de comté du Haut-Richelieu et la région administrative de la Montérégie. Elle est située à environ 56 km (35 milles) au sud-est de Montréal.
Historique
Le territoire qu'occupent la paroisse Saint-Alexandre et les paroisses avoisinantes fait partie de seigneuries concédées par l'intendant (1729-1748) Gilles Hocquart (1694-1783), le 4 avril 1733, à Clément de Sabrevois de Bleury (1702-1781) pour celle de Bleury et à son frère, Charles (1699-1771), pour celle de Sabrevois. Comme ils ne les exploitent que pour obtenir du bois de construction et négligent leur peuplement, les seigneuries sont réunies au Domaine du roi en 1741. Ils retrouvent la possession de leurs seigneuries en 1750 et font confirmer les titres de propriété par le roi l'année suivante. Après la conquête, Charles retourne en France. Le 2 août 1764, Clément vend les deux seigneuries à Gabriel Christie (1722-1799) et Moses Hazen (1733-1800). Un premier groupe d'anglophones, Anglais et Irlandais pour la plupart, commencent à défricher le territoire vers 1770, alors que les francophones n'arrivent qu'en 1838.
Une municipalité de paroisse est constituée le 13 janvier 1851 puis, après l'abolition du régime seigneurial le 18 décembre 1854, confirmée le 1er juillet 1855. Le 14 septembre 1915, une partie du territoire de la paroisse est constituée en municipalité de village. Ces deux entités se regroupent le 17 septembre 1988.
L'église
Comme la population francophone augmente, ceux-ci se plaignent de la distance qui les sépare des églises les plus proches. En réponse à leur demande, le 8 novembre 1850, Ignace Bourget (1799-1885), évêque (1840-1876) de Montréal, érige canoniquement la paroisse qu'il dédie à Saint-Alexandre. Pourquoi cette dédicace? La paroisse est dédicacée ainsi parce qu'elle est voisine de celle de Saint-Athanase. On sait que saint Athanase (328-373) succéda à saint Alexandre (313-328) sur le trône épiscopal de la ville d'Alexandrie. Le territoire de la paroisse est détaché des paroisses de Saint-Athanase d'Iberville, Saint-Georges de Henryville et de Saint-Grégoire-le-Grand de Mont-Saint-Grégoire.
Une chapelle-presbytère en bois pièce sur pièce est construite au coin du rang des Irlandais (aujourd'hui rang Sainte-Marie) et du Chemin de la Grande-Ligne. Le 1er janvier 1851, l'abbé Isidore Gravel (1816-1881), curé (1843-1851) de Saint-Athanase d'Iberville y célèbre la première messe. Jusqu'à 1854, le service religieux est assuré par le curé Gravel et ses successeurs. Une première élection de marguilliers a lieu le 23 février 1851 et, en juin 1851, Onésime Généreux et Olivier Morin sont chargés de commencer la construction d'une église et d'un presbytère. Mgr Jean-Charles Prince (1804-1860), premier évêque (1852-1860) de Saint-Hyacinthe, vient bénir cette église le 2 juillet 1854 et ce n'est que le 22 septembre suivant qu'un premier curé-résident est nommé, l'abbé Olivier Désorcy (1827-1903). Il restera en poste jusqu'en 1876. L'édifice de pierres est rectangulaire avec choeur en saillie et abside à pans coupés. Les murs intérieurs sont de plâtre et la voûte, en arc brisé, est recouvert de toiles marouflées.
Le territoire de la paroisse s'agrandit le 21 septembre 1857 d'une partie de la paroisse Sainte-Brigide et l'année suivante, le 26 décembre 1858, d'une autre portion de territoire provenant de la paroisse de Saint-Grégoire-le-Grand. Toutefois, à l'érection de la paroisse de Sainte-Sabine, en 1888, une partie de la paroisse est cédée à cette nouvelle paroisse.
Comme l'église devient rapidement trop petite, elle est agrandie en 1858 et une sacristie est ajoutée, le tout au coût de 900 livres. Plus tard, le 7 mars 1869, le clocher, qui menace de tomber en ruines, est reconstruit. Mgr Louis-Zéphirin Moreau (1824-1901), évêque (1875-1901) de Saint-Hyacinthe, vient consacrer l'église le 5 octobre 1882. Les trois cloches actuelles, coulées par la firme Paccard, d'Annecy-le-Vieux (France), sont bénites par Mgr Alexis-Xiste Bernard (1847-1923), évêque(1905-1923) de Saint-Hyacinthe, le 17 septembre 1912.
En 1927, l'église subit un grand nettoyage en vue des célébrations du 75e anniversaire de la paroisse. En 1930, l'électricité est installée dans l'église. En 1953, comme le clocher menace de crouler à cause de l'effritement du ciment qui soutient les pierres, une charpente intérieure de poutres de fer est installée.
Le clocher et la façade sont l’œuvre de Victor Bourgeau (1809-1888). L’église représente un bel exemple d’architecture néogothique, à l’exemple de ce qui se fait aux États-Unis. Par ses voûtes en ogive, ses colonnes, ses flèches élancées et ses contreforts purement décoratifs, elle s’inspire directement de l’époque médiévale. L'édifice représente également un exemple d’église urbaine construite dans un milieu rural. L’intérieur de l’église, également conçu par Victor Bourgeau, contient encore presque tous les éléments du décor originel, et ce, malgré quelques restaurations. Les remarquables vitraux proviennent de la maison Hobbs, de Montréal.
Actuellement, la paroisse fait partie de la région pastorale du Sud et de l'unité pastorale des Seigneuries du Lac avec les paroisses Saint-Georges d'Henryville, Sainte-Anne de Sabrevois, Saint-Sébastien, et Saints-Martyrs-Canadiens de Venise-en-Québec.
L'orgue
Le 9 février 1896, la fabrique se dote d'un orgue au coût de 2 000 $ de la maison Casavant Frères, de Saint-Hyacinthe. Comme l'électricité est encore inconnue au moment de sa construction et de son installation, son soufflet est activé manuellement.
Originalement, l'orgue est installé dans le renforcement du clocher, mais il est ultérieurement avancé à la suite de la chute d'une cloche. Le rapport de cet incident n'est qu'oral; aucune trace écrite n'est trouvée dans les archives de la paroisse. Toutefois, au moment du démontage, lors de la restauration de 2010 exécutée par les facteurs Juget-Sinclair, de nombreux marquages confirment le démontage de l'instrument ainsi qu'une tuyauterie hétéroclite très endommagée et des gravures du sommier du Grand-Orgue pleines de gravats. L'état de conservation de l'instrument, à l'exception de la tuyauterie de métal, est excellent. Le buffet est en pin blanc et tilleul avec une finition faux-chêne.
Le portrait qui se dégage de cet instrument est celui d'une conception bien structurée où tout semble tomber à sa place. Beaucoup de pièces de mécanique, en particulier pour le fonctionnement des pompes qui sont en fonte, signe d'une méthode et d'une production bien établie chez le facteur. L'agencement intérieur est traditionnel tel que retrouvé dans tous les orgues mécaniques de la période victorienne. Le soubassement est occupé par un grand réservoir et ses pompes. Au-dessus, deux traverses relient l'avant du buffet au dos de l'orgue sur lesquelles sont posés les claviers et toutes les mécaniques. La tuyauterie de tous les plans sonores est au même niveau. Le Grand-Orgue et le Récit sont en enfilade derrière la façade, ceinturés de chaque côté par la Pédale. Cet agencement est un exemple parfait d'une organisation horizontale, en profondeur, qui génère un son diffus, accentué par un buffet sans toit.
Les claviers sont recouverts avec de l'ivoire. L'instrument est muni d'une pédale d'expression. Une décennie auparavant, on retrouvait encore la cuillère traditionnelle. Les tirants de jeux sont en terrasse avec des boutons de registres obliques et les inscriptions gravées sur de l'ivoire. Le système de combinaison, particulièrement intéressant du point de vue musical, est opéré par trois pédales d'une bonne maniabilité.
Le toucher de l'orgue est confortable, très égal en poids de la basse au dessus. Les facteurs ont employé un système de soupape brisée qui allège grandement l'effort sous les doigts et permet une alimentation généreuse en vent. Les équilibres sonores sont basés sur une esthétique en demi-teinte. Ce n'est pas un instrument puissant. Les fonds et les anches sont bien représentés. Principaux, Gambes et Flûtes apportent une grande variété de timbres et d'intensités : de la toute petite Dulciane à l'opacité de la Mélodie ou au lyrisme romantique de la Clarinette. La relation des harmoniques supérieures est surprenante. Plus on monte dans la pyramide harmonique, plus l'intensité sonore diminue.
Cette restauration a permis d'avoir une meilleure compréhension du travail que faisaient les facteurs à cette date, car toute cette tradition va se perdre au début du XXe siècle en faveur de l'orgue pneumatique et électropneumatique. Le renouveau de l'orgue mécanique qui a eu lieu dès la fin des années 1950 au Québec avec son esthétique néo-baroque a jugé ces instruments avec un peu de dédain.
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St. Alexandre-d' Iberville is a municipality in the Haut-Richelieu County Regional Municipality and in the Montérégie administrative region. It is located at about 35 miles (56 km) southeast of Montréal.
History
The territory now occupied by the St. Alexandre and the neighboring parishes are part of the Sabrevois and Bleury seigneuries granted by treasurer (1729-1748) Gilles Hocquart (1694-1783), on April 4th, 1733, to Clément de Sabrevois de Bleury (1702-1781) for Bleury and to his brother, Charles (1699-1771), for Sabrevois. As they exploited them only to extract wood for construction and neglected the settlement condition, the seigniories were reverted in the King's Domain in 1741. They regained possession of their seigniories in 1750 and their title deeds were confirmed by the king the following year. After the conquest, Charles went back to France. On August 2nd, 1764, Clément sold both seigniories to Gabriel Christie (1722-1799) and Moses Hazen (1733-1800). A first group of mostly English-speaking British and Irish settlers began clearing the territory by 1770, while the French-speaking settlers arrived only in 1838
A parish municipality was established on January 13th, 1851, and, after the abrogation of the seigniorial regime on December 18th, 1854, confirmed on July 1st, 1855. On September 14th, 1915, part of the parish territory was established as a village municipality. These two entities regrouped on September 17th, 1988.
The Church
As the French-speaking population increased, they complained about the distance they had to travel to get to the nearest churches. In reply to their request, on November 8th, 1850, Ignace Bourget (1799-1885), bishop (1840-1876) of Montréal, canonically established the parish which he dedicated to St. Alexandre. Why this dedication? The parish was so dedicated because it was neighboring St. Athanase parish. It is known that St. Athanase (328-373) succeeded St. Alexandre (313-328) at the Alexandria episcopal see. Its territory was taken from St. Athanase-d'Iberville, St. Georges de Henryville and from St. Grégoire-le-Grand of Mont-Saint-Grégoire parishes.
A log chapel presbytery was built on the corner of the Irish Road (now St. Marie) and Grande-Ligne Road. The first mass was celebrated on January 1st, 1851, by Fr Isidore Gravel (1816-1881), parish priest (1843-1851) in St. Athanase-d'Iberville. Until 1854, church services will be presided by Fr Gravel and his successors. A first churchwarden’s election took place on February 23rd, 1851, and, in June 1851, Onésime Généreux and Olivier Morin were entrusted to start building a church and a presbytery. Jean-Charles Prince (1804-1860), first bishop (1852-1860) of St. Hyacinthe, came to bless the church on July 2nd, 1854, and the first residing parish priest, Fr Olivier Désorcy (1827-1903), was appointed only on September 22nd. He will stay on until 1876. The stony building is rectangular with a protruding chancel and a canted apse. The interior walls are covered with plaster and the pointed vault is covered with pasted paintings.
The parish territory was extended on September 21st, 1857, with part of St. Brigide parish and the following year, on December 26th, 1858, with part of St. Grégoire-le-Grand parish. Nevertheless, when St. Sabine parish was erected in 1888, part of the parish territory was transferred to the new parish.
Soon the church became too small, it was enlarged in 1858, and a sacristy was added, at a total cost of 900 pounds. Later, on March 7th, 1869, the bell tower, which threatened to fall, was rebuilt. Louis-Zéphirin Moreau (1824-1901), bishop (1875-1901) of St. Hyacinthe, came to inaugurate the church on October 5th, 1882. The actual three bells, cast by Paccard, of Annecy-le-Vieux (France), were blessed by Alexis-Xiste Bernard (1847-1923), bishop (1905-1923) of St. Hyacinthe, on September 17th, 1912.
In 1927, to celebrate the parish's 75th anniversary, the church was thoroughly cleaned. In 1930, electricity was installed in the church. In 1953, as the bell tower threatened to collapse due to the disintegration of cement supporting the stones, an internal iron framework was installed.
The church facade and bell tower were designed by Victor Bourgeau (1809-1888). The church is a fine example of neo-Gothic architecture, like it was generally used in the United States. With its ogival vaults, its pillars, its high spires and its purely decorative buttresses, the building recalls the medieval era. The building is also typical of an urban church built in a rural environment. The church interior, also designed by Victor Bourgeau, still contains almost all its original elements in spite of some restorations. The remarkable stained glass windows were produced by the Hobbs firm, of Montréal.
Nowadays, the parish is part of the South pastoral region and a member of the Lake Seigniories pastoral unit along with surrounding parishes of St. Georges d'Henryville, St. Anne de Sabrevois, St. Sébastien, and Sts. Martyrs-Canadiens in Venise-en-Québec.
The Organ
On February 9th, 1896, the church acquired an organ, at the cost of $2,000, from Casavant Frères, of St. Hyacinthe. As electricity was not available at the time, its bellows were manually operated.
Originally, the organ was installed in the fortifications of the bell tower, but it was later moved forward following the fall of a bell. The report about this incident only exists orally; no written report has been found in the parochial archives. Nevertheless, when the instrument was dismantled, during the 2010 restoration by organbuilders Juget-Sinclair, numerous markings confirmed that the instrument had been moved as well as the presence of very damaged heterogeneous pipework and rubble in the Grand-Orgue division windchest engravings. The conservation of the instrument, except for the metal pipework, is very good. The organcase is made of white pine and lime wood with a false oak finish.
The portrait which emerges from this instrument is one of a well-structured designed instrument where everything seems to fall right in place. The presence of many mechanical elements, mainly for the functioning of the cast-iron pumps, is a sign of well-established work methods and production activities at the workshops. The internal layout is traditional and similar to all mechanical organs built in the Victorian era. The lower section of the organcase houses a large reservoir and its pumps. Above, two crosspieces link up the front of the organcase to its back end and on which manuals and all the mechanical action rest. All the pipework is laid out on the same level. The Grand-Orgue and Récit pipework is in enfilade behind the facade, surrounded on each side by the Pedal. This layout is a perfect example of a horizontal layout, in depth, which generates a diffuse sound, accentuated by an open-roofed organcase.
Keyboard notes are covered with ivory. The instrument has an expression pedal. A decade before, the traditional ventil would have been used. The stop drawknobs are laid out in terraces with slanting buttons and inscription engraved on the ivory. The combination system, quite interesting from a musical point of view, is operated via three easily manageable pedals.
The touch is comfortable, very equal in weight all the way from the basses to the trebles. The organbuilder used a broken valve system which greatly lightens the effort under the fingers and allows a generous wind supply. Tonal equilibrium is based on a halftone aesthetic. It is not a powerful instrument. Foundations and reeds are well represented. Principals, Gambas and Flutes bring a wide variety in tone and intensity: from the very small Dulciane to the opaqueness of the Mélodie to the romantic lyricism of the Clarinet. The upper harmonics relation is amazing. The more going up in the harmonic pyramid, the more the sound intensity diminishes.
This restoration allowed to have a better understanding of the work executed by organbuilders of that time, because all this tradition got lost at the beginning of the 20th century in favor of the pneumatic and electro-pneumatic action organ. The resurgence of the mechanical organ which took place from the end of the 1950s in Québec with its neo-baroque aesthetics has judged these instruments with some contempt.
Grand-Orgue |
Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Principal | 8' | |
| Montre | 8' | Gambe | 8' | |
| Mélodie | 8' | Céleste | 8' | |
| Dulciane | 8' | Bourdon | 8' | |
| Principal | 4' | Flûte harmonique | 4' | |
| Doublette | 2' | Hautbois | 8' | |
| Mixture | III | |||
| Trompette | 8' | |||
Pédale |
|
|---|---|
| Bourdon | 16' | Flûte | 8' |