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Orgue de tribune / Gallery organ Cavaillé-Coll, 1862
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Orgue de choeur / Chancel organ Cavaillé-Coll, 1861
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L'histoire de la cathédrale de Bayeux remonte en l'an 360, lorsque saint Exupère bâtit une première église en bois à l'emplacement d'un temple gallo-romain. La reconstruction, en pierre, de la cathédrale, décidée par l'évêque Hugues II, débute en 1047 et sera poursuivie par le nouvel évêque Eudes (Odon) de Conteville. Le 14 juillet 1077, Guillaume le Conquérant, devenu roi d'Angleterre, et la reine Mathilde assistent à la dédicace du nouvel édifice à peine achevé. De cet édifice, incendié en 1105, il ne reste que la crypte, la premier niveau de la nef et les tours de façade.
À partir de 1150, l'évêque Philippe de Harcourt entreprend de grands travaux. Mais il ne démolit pas, il adapte. Du roman, il garde involontairement la crypte qui est murée. En revanche, les deux tours de la façade et les piliers de la nef sont modifiés. Il réalise une véritable prouesse technique, qui consiste à consolider la tour centrale en la reprenant en sous-oeuvre, au lieu de la démolir. Les piliers de la nef sont renforcés afin de pouvoir soutenir des voûtes plus hautes. Il conserve également les superbes décorations sculptées des murs de la nef, splendeur de la cathédrale d'aujourd'hui.
Dans la première moitié du XIIIe siècle, le choeur est entièrement repris, ainsi que le haut de la nef et une partie du transept. Au XIVe siècle, les chapelles latérales sont ajoutées entre les piliers de la nef, ce qui oblige à doubler la portée des arcs-boutants, afin de consolider la nef.
Lors de la guerre de Cent Ans, la cathédrale, sujette à de permanentes attaques anglaises, se transforme en forteresse abritant une solide garnison. Mais les travaux continuent. En 1412, la crypte romane est redécouverte. Au-dessus des voûtes est érigé un étage octogonal de style gothique flamboyant. La tour-lanterne, endommagée par la foudre en 1425, est restaurée par l'évêque Louis d'Harcourt. En 1486, la flèche est achevée.
En 1562, les huguenots s'acharnent sur l'édifice, pillant le trésor, arrachant les statues, les autels, les vitraux, détruisant les reliquaires. Puis les embellissements se succèdent. En 1713, la tour centrale est coiffée d'un dôme de pierre. Ce qui avait échappé à la fureur protestante tombe, en 1793, aux mains des révolutionnaires. La cathédrale devient alors le temple de la Raison et de l'Être suprême.
En 1850, de graves menaces d'éboulement pèsent sur l'édifice. Viollet-le-Duc veut démolit la tour centrale. Après de longues tractations, elle est sauvée par l'ingénieur Lebas. En juin 1944, Bayeux retient son souffle. Bien que située à une quinzaine de kilomètres (dix milles) des plages du débarquement, la ville sort indemne de la guerre, échappant à la tourmente comme sa tapisserie avait esquivé les ravages de la Révolution.
La longueur de l'édifice est de 96 mètres (315 pieds), sa hauteur sous-voûte dépasse 23 mètres (75 pieds); la nef principale, de 10 mètres (33 pieds) de large et formée de six travées auxquelles s'ajoutent les deux travées occidentales situées entre les tours, est flanquée de bas-côtés larges de 6 mètres (20 pieds), bordés eux-mèmes de chapelles profondes de 5 mètres (26 pieds). La largeur du transept est de 37 mètres (88,5 piedes) et la hauteur du carré de 25 mètres (82 pieds). Quant au choeur, il est formé de quatre travées droites et d'un hémicycle à cinq pans. Le transept nord n'a pas de portail et est percé d'une fenêre du XIVe siècle; le portail du transept sud date de la fin du XIVe siècle. La façade principale, mutilée au XVIIIe siècle, est flanquée de deux tours romanes surmontées de flèches pyramidales hautes de 75 mètres (246 pieds). Sur le carré du transept s'élève une tour centrale octogonale, construite au XIVe au XVIe siècle. Elle est assise sur une plate-forme carrée, dominant de 10 mètres (32 pieds), le faîte de l'édifice. Cette plate-forme est entourée d'une galerie surmontée de douze clochetons ornés de sculptures chimériques.
À l'intérieur, le choeur abrite des stalles de la fin du XVIe siècle ainsi qu'un maître-autel du XVIIIe siècle décoré par Caffiéri.
La tapisserie
La tapisserie de Bayeux, longue de 70 mètres (230 pieds), retraçant les luttes qui opposaient le roi Harold II et Guillaume de Conquérant, fut longtemps conservée à la cathédrale. Il s'agit d'une broderie de laine qui raconte, en soixante-dix-neuf tableaux, l'histoire de la mémorable conquête de l'Angleterre en 1066. Cette attribution relève les faveurs dont a bénéficié ce siège au Moyen Âge. Sauvée en 1793, elle est exposée au Centre Guillaume-le-Conquérant, situé non loin de la cathédrale, dans l'ancien grand séminaire datant du XVIIIe siècle.
L'orgue
L'orgue de tribune
Un premier instrument, dont on ignore tout, était vraisemblablement installé en nid d'hirondelle du côté gauche de la vieille nef romane où il est facile d'apercevoir le support. Cet instrument fut reconstruit sur un jubé puis sur la tribune du fond de la nef. Il a été détruit par les Huguenots en 1562.
En 1597, un orgue de 36 jeux répartis sur 4 claviers et pédalier, de style classique, est construit dans un buffet de Jacques Lefebvre. En 1712, un relevage a été effectué par Martin Ingout, de Caen. L'instrument traverse le XVIIIe siècle et la Révolution sans grands dommages et reprend du service dès la présence d'un évêque. L'état de cet orgue ne changera pas, sans doute, jusqu'en 1838, date des premières demandes de travaux, sauf probablement quelque dépoussiérage ou relevage sans modification de jeux. Le 12 mai 1838, messieurs de Noyville, de Cussy et Thomine-Desmazures, chargés par le Conseil de la fabrique, de faire la visite de l'orgue, exposent que « l'orgue a le plus grand besoin de réparations, qu'ils l'ont trouvé dans un état déplorable et que si l'on n'y apporte remède, il est impossible de le conserver ». Ils rapportent aussi « qu'au cours du mois de mars précédent, l'un des frères Claude, facteurs d'orgues à Paris, est venu à Bayeux et qu'après avoir examiné l'instrument, il présenta un devis et évaluait à 10 500 francs la dépense occasionnée pour effectuer les réparations et augmentations nécessaires de l'orgue ».
Dès le 21 mai 1838, l'évêque transmet le devis et une demande de subvention au préfet et au ministre. Un deuxième devis est demandé au facteur local Luce, inconnu dans le monde de la facture d'orgues. Le devis proposé est plus important et semble d'autant plus retenir l'attention de l'évêque qu'il est plus modique. Pour le même montant, il propose d'en réaliser plus. Le 4 mai 1841, l'évêque réclame que les travaux de l'orgue soient confiés non aux Frères Claude mais au facteur Luce. Devant cette situation, le ministre décide d'envoyer sur place monsieur Simon, organiste de Notre-Dame-des-Victoires et de Saint-Denis, à Paris, pour y apporter son expertise. Dans son rapport du 1er novembre 1841 et présenté au ministre le 8 janvier 1842, il recommande qu'entre un projet insuffisant et un facteur incapable, la difficulté doit être tranchée par l'appel d'un autre facteur plus habile. C'est alors qu'il suggère de faire appel à John Abbey. Celui-ci se rend à Bayeux en février 1843 et soumet son devis le 20 février 1843 pour un orgue de 38 jeux répartis sur 3 claviers et pédalier et dont le coût s'élève à 26 915 francs. Le projet est approuvé par toutes les parties le 29 juin 1843.
Malgré l'opposition des chanoines, l'orgue est démonté au cours de l'été 1843. Concernant le buffet, lors du devis passé avec Abbey, personne n'a songé aux frais d'agrandissemenet du buffet nécessité par l'augmentation du nombre de jeux. Or, de cet important travail, va découler toute la suite des ennuis. Le menuisier et le facteur vont s'accuser mutuellement de retarder le travail de l'autre, si bien que le buffet étant terminé en 1849 seulement. Les coûts d'agrandissement du buffet, estimés par Louis Le Breton, menuisier à Caen, à 3 410 francs ne seront approuvés que le 6 mars 1846. Quant à l'orgue lui-même, les travaux seront d'abord arrêtés par Abbey, ensuite par sa faillite en 1850, en partie en raison des conséquences de la Révolution de 1848, et ne seront complétés qu'en 1863.
En 1844, le comité archéologique désirant profiter de l'occasion qui s'offrait, pour faire disparaître l'arc surbaissé qui soutient le plancher de l'orgue et dont la forme lourde et disgracieuse fait un contraste choquant avec l'architecture de l'église, engagea monsieur Verroles, architecte, à présenter un projet. Pendant que ce projet est à l'étude, les travaux de Abbey et du menuisier sont suspendus. Le ministre refuse d'approuver le devis concernant la réédification de la tribune. La même année, la fabrique procèse à la vente de matériaux (bois et métal) jugés irrécupérables par Abbey. Le bénéfice tiré de cette vente permet de faire installer un petit orgue de choeur, de facteur inconnu. Il sera refait en 1863 par Cavaillé-Coll.
Le 28 janvier 1850, le préfet annonce au ministre que le facteur Abbey est en faillite. Cet état de chose va durer deux ans et c'est seulement alors qu'on va procéder à la liquidation. En effet, le 1er décembre 1852 le syndic de la faillite annonce que la restauration de l'orgue de Bayeux serait et demeurerait résilié. Le 15 septembre 1853, le ministère informe l'évêque qu'Abbey s'est entendu avec le facteur Stoltz pour achever l'orgue. Le 23 novembre 1853, le projet de Stoltz est refusé car il possède tous les défauts de celui d'Abbey. Pendant ce temps, le facteur Ducroquet soumet deux devis pour terminer l'instrument. Ils resteront sans effet. Pendant les six années suivantes, seule la boiserie vide se dresse au fond de la nef, tout est arrêté.
En 1858, le nouvel évêque, Mgr Charles Didiot (1856-1866) demande à Aristide Cavaillé-Coll de préparer un devis pour compléter l'orgue de la cathédrale. Celui-ci soumet, le 24 novembre 1858, un estimé de 53 111 francs réduit à 47 669 francs par le parti que l'on a tiré des objets de l'ancien orgue : les tuyaux subsistant de l'ancien orgue sont évalués à 1 225 francs seulement, les sommiers construits par Abbey sont également conservés avec quelques autres éléments pour un prix de 4 817 francs. L'ensemble du matériel récupéré est compté pour 6 042 francs. Cette somme est à soustraire du montant total de l'opération.
Le 11 février 1859, l'évêque informe le ministre, que suite aux déboires avec le facteur Abbey, il demande une aide du gouvernement pour qu'en sa cathédrale retrouve un orgue. Celui-ci lui répond que le gouvernement ne peut pas, seul, assumer le coût total de l'instrument. C'est alors que la fabrique vote une somme de 6 000 francs pour l'acquisition de l'orgue alors que l'évêque y va, personnellement, d'une somme de 11 669 francs ne laissant qu'environ 30 000 francs à être fourni par le gouvernement. Le contrat est signé le 26 mars 1860.
Cavaillé-Coll est donc fortement limité par les dimensions du buffet et, plus encore, par les sommiers d'Abbey qu'il accepte de maintenir. Ainsi s'explique en particulier la taille relativement petite des jeux de fonds devant prendre place dans ce moule préexistant. Le facteur prévoit installer une "soufflerie à diverses pressions", de manière à obtenir une parfaite égalité de son entre les basses et les aigus. L'orgue comprendra 43 jeux répartis de la façon suivante : 16 au Grand-Orgue, 12 au Positif de dos, 9 au Récit et 6 au Pédalier. Tenant compte des sommiers d'Abbey, Cavaillé-Coll maintient une étendue de 54 notes pour les trois claviers manuels, à une époque où sont déjà construits des instruments de 56 notes, et de 25 notes (deux octaves) pour le clavier de pédale. La composition initiale ne sera pas entièrement respectée. Certains changements seront apportés dès la construction, notamment en ce qui concerne les jeux du Récit.
Les modifications apportées par Cavaillé-Coll par rapport au devis étaient les suivantes: au Grand-Orgue, une Bombarde 16' remplaçait le Basson 16'; au Récit, la Viole de gambe et la Voix céleste remplaçaient un dessus de Flûte conique et un Octavin 2'. Au même clavier, une Flûte harmonique de 54 notes remplaçair un autre dessus de Flûte traversière.
Les premières caisses contenant des tuyaux arrivent à Bayeux par chemin de fer dès le mois de décembre 1860. Pendant l'année 1861, le travail consiste à réaménager le buffet, travail également pris en charge par la maison Cavaillé-Coll. Les sculpteurs de la maison réalisent des couronnements et des culs-de-lampe pour chacune des huit tourelles. Quatre grands motifs incurvés sont également exécutés pour relier les cinq tourelles du grand buffet, au sommet de chacune des plates-faces. Cet aménagement permet d'agrandir la superficie intérieure et de placer de plus grands tuyaux en façade. Pour le petit buffet, les plates-faces ne sont pas modifiées. En revanche, deux grands motifs découpés à jour sont sculptés dans les culs-de-lampe des trois tourelles. Les nouveaux couronnements du Positif entraînent le démontage des trois sculptures (une Vierge et deux anges) qui surmontaient chacune des tourelles du petit buffet depuis la fin du XVIe siècle. Ces transformations donnent au buffet son aspect définitif. L'ensemble des travaux de transformation et de consolidation ont coûté 10 501 francs, pris en charge aux deux tiers environ par l'État et le reste par le clergé comme la partie instrumetale.
En dépit de ces dépenses, le secrétaire général, l'abbé Marie-Duclos, propose à Cavaillé-Coll d'ajouter à l'instrument un jeu de 32 pieds. Le facteur promet d'étudier la question. Il ne veux pas decevoir, mais il sait bien que la place et l'argent manquent pour construire un jeu aussi volumineux.
Le montage et l'harmonisation sont réalisés au cours des six premiers mois de 1862. En effet le 17 juin 1862, l'évêque informe le ministre que le travail du facteur sera terminé le 1er juillet et suggère que l'instrument soit reçu par Louis James Alfred Lefébure-Wély. Ceui-ci est informé le 25 juin 1862 qu'il est chargé de vérifier et d'inaugurer l'orgue de Bayeux. La réception et la vérification de l'instrument est fixé au 12 juillet alors que l'inauguration en sera faite aux offices du lendemain. Le rapport officiel d'acceptation est daté du 26 juillet 1862.
L'instrument fera l'objet de relevage en 1878 par Cavaillé-Coll, en 1893 par Charles Mutin et Joseph Koenig, en 1913 par Joseph Koenig, et en 1942 par Gloton-Debierre qui agrandit le pédalier à 30 notes.
En 1973, la partie instrumentale est classée « monument historique ». Quant au buffet, il sera classé en 1975. Danion-Gonzalez effectue en restauration en 1977 alors que Renaud-Ménoret réalise un relevage en 1998.
L'orgue de choeur
Le 8 août 1860, Cavaillé-Coll adresse à Mgr Didiot son devis pour un orgue d'accompagnement « en rapport avec l'emplacement désigné pour cet instrument ». Cet emplacement est une tribune située sur le côté gauche du choeur, au-dessus de l'escalier descendant vers la crypte. Le buffet domine les hauts dossiers du second rang des stalles du XVIe siècle, et la console est intégrée à leur premier rang.
L'instrument comporte 12 jeux répartis sur deux claviers manuels de 54 notes. Le devis précise encore que le pédalier sera composé de 20 notes (de C à g). Il ne fut pas respecté sur ce point : le pédalier ne comportera finalement que 18 notes (de C à f). Suivent les indications habituelles concernant les tuyaux de montre, la soufflerie, les sommiers et le mécanisme. Les claviers seront établis en chêne, plaqués en ivoire et en ébène, avec un châssis en bois de palissandre. Le tout au coût de 18 000 francs.
La construction commence probablement avant la fin de l'année 1860, du moins dans les ateliers du facteur, parallèlement à celle du grand orgue. Pendant les huit premiers mois de 1861, les employés de Cavaillé-Coll travaillent sur place au montage des deux instruments. L'orgue de choeur, inachevé car le meuble de la console n'est pas encore livré, est inaugué le 22 septembre 1861 par Louis James Alfred Lefébure-Wély.
Le 30 octobre 1861, Cavaillé-Coll annonce à l'abbé Marie-Duclos l'envoi d'une caisse contenant le meuble de la console, réalisé selon les dessins de monsieur Liénard, qui s'harmonise, tout comme le buffet, avec les stalles Renaissance de la fin du XVIe siècle.
L'instrument fera l'objet de relevage en 1878 par Cavaillé-Coll, en 1910 par Joseph Koenig et en 2003 par Lacorre et Robert qui agrandit le pédalier à 30 notes.
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The history of the Bayeux cathedral goes back to year 360 when St. Exupere built a first wooden church on a site where it replace a Gallo-Roman temple. The reconstruction, in stone, of the cathedral, was decided by Bishop Hugues II, began in 1047. His successor, Bishop Eudes (Odon) de Conteville, carried on the project. On July 14, 1077, Guillaume the Conqueror, King of England, and the Queen Mathilde were present at the inauguration of the newly completed building. From this building, burnt down in 1105, only the crypt, the nave's first level, and the façade towers are left.
From 1150, Bishop Philippe de Harcourt undertook major modifications. He did not demolish, he adapted. From the Romanesque church, he involuntary keeps the crypt because it was walled up. On the other hand, the two façade towers and the nave pillars were modified. He achieved a real tehnical exploit in strengthening the main tower by rebuilding it by the inside instead of demolishing it. The nave pillars were reinforced in order to support higher vaults. He also preserved the magnificent decorations sculpted on the walls of the nave, that are today's cathedral splendour.
In the first half of the 13th century, the chancel was completely rebuilt as were the top part of the nave and part of the transept. In the 14th century, lateral chapels were added between the pillars of the nave, forcing the doubling of the span of the butterresses, in order to consolidate the nave.
During the Hundreds Year War, the cathedral, permanent target of English attacks, was transformed into a fortress housing a solid garrison. But works went on.; In 1412, the Romanesque crypt is rediscovered. Above the vaults, an high-Gothic octogonal floor is erected. The lantern-tower, damaged by lightning in 1425, is restored by Bishop Louis d'Harcourt. In 1486, the spire is finished.
In 1562, Huguenots attacked the building, the treasure was looted, the statues, altars and stained glass windows were torn down, and reliquaries destroyed. And then, embellishments began. In 1713, the central tower is topped by a stone dome. What was saved from the Protestant furor, fell, in 1793, into the hands of revolutionaries. The cathedral became the Temple of Reason and the Supreme Being.
In 1850, severe threat of collapsing affect the building. Architect Viollet-le-Duc wants to demolish the central tower. After many negociations, the tower is saved by engineer Lebas. In June 1944, Bayeux holds its breath. Even though it is located only 10 miles (15 km) from the Normandy landings, the city is unharmed, avoiding the turmoil just like its tapistry avoided the devastation during the Revolution.
The building is 315 feet (96 m) long, its height under the vault is just over 75 feet (23 m); the 6-bay 33 feet (10 m) wide main nave, to which we add the 2 west bays located between the towers, is flanked by aisles that are 20 feet (6 m) wide themselves flanked by 16 feet (5 m) deep chapels. The transept is 88.5 feet (37 m) wide and the height of the square is 82 feet (25 m). The chancel if formed by four straight bays and a five-wall semicircle. The north transept has no portal but has a windows dating from the 14th century; the south transept dates from the end of the 14th century. The main façade, mutilated during the 18th century, is flanked by two Romanesque towers topped by 246 feet (75 m) high pyramidal spires. On the transept crossing, there is an octogonal central tower, built from the 14th to the 16th century. It is seated on the square platform, dominating the top of the building by 32 feet (10 m). This platform is surrounded by a gallery topped by twelve pinacle turrets decorated with chimeric sculptures.
Inside, the chancel houses 16th-century stalls and an 18th-century high altar decorated by Caffiéri.
The Tapestry
The 230 feet (70 m) long Bayeux tapistry, relating the wars between King Harold II and Guillaume the Conqueror, was, for long time, preserved in the cathedral. It is woolen enbroidery relates, in seventy-nine pictures, the history of the conquest of England in 1066. This attribution confirms the favors enoyed by this apostolic see furing the Middle Ages. Rescued in 1793, it is now exposed in the Guillaume-le-Conquérant Center, located not fat from the cathedral, in the former Great Seminary whose building dates back to the 18th century.
The Organ
The Gallery Organ
A first instrument, of which nothing is known, was in all likelihood installed in a bird's nest on the left side of the old Romanesque nave where it is still possible to see where it was attached. This instrument was rebuilt on a rood screen and then on a gallery at the far end of the nave. It was destroyed by the Huguenots in 1562.
In 1597, a Classic style instrument, with 36 stops over 4 manuals and pedal, was built in an organcase executed by Jacques Lefebvre. In 1712, a renovation was carried out by Martin Ingout, from Caen. The instrument went through the 18th century and the Revolution without great damage and was back into service as soon as a bishop was appointed. The condition of this organ will not change until 1838, date where the first requests for modification was presented, apart from cleaning operations and renovation without change in the stoplist. On May 12, 1838, MM. de Noyville, de Cussy, and Thomine-Desmazures, charged by the Churchwardens to visit the organ, reporte that « the organ is in urgent need of repairs, its condition is deplorable and if nothing is done, it will be impossible to preserve it ». They also report that » during the month of March, one of the Claude Brothers, organbuilders in Paris, came to Bayeux. After inspecting the instrument, he submitted a project, evaluated at 10,500 francs, to repair and enlarge the instrument ».
By May 21, 1838, the bishop sends the project to the Prefect and the Minister along with a request for subsidy. A second project is commissionned to tahe local organbuilder Luce, unknown organbuilder in the organbuilding circles. The bishop is attracted to this new project because it is more important and costs less. For the same amount, more work will be executed. On May 4, 1841, the bishop recommends that the contract be awarded to organbuilder Luce instead of to the Claude Brothers. Facing this situation, the minister asks Mr. Simon, organist at Notre-Dame-des-Victoires and Saint-Denis, in Paris, to study both projects and to report to him. In this report dated November 1st, 1841, and presented to the minister on January 8, 1842, Mr. Simon relates that between an incomplete project and an incapable organbuilder, the difficulty should be solved by calling in a brighter and skilful organbuilder. He recommends to call in organbuilder John Abbey. The latter went to Bayeux in February 1843 and submits his project on February 20, 1843 for an instrument of 38 stops over 3 manuals and pedal at the cost of 26,915 francs. The project is approved on June 29, 1843.
In spite of the Canons' opposition, the organ is dismantled during the summer of 1843. As regards to the organcase, in the Abbey's project, nobody thought about the cost en enlarging the organcase due to the increase in the number of stops. From this important item, all sorts of difficulties will happen. The woodworker and the organbuilder will accuse each other of delaying each other's work, so that the modifications to the organcase will be completed only in 1849. The costs for enlarging the organcase, estimated at 3,410 francs by Louis Le Breton, a woodworker from Caen, were approved on March 6, 1646. The organ itself, whose works were first delayed by Abbey, then by his bankrupcy in 1850 partly on account of the consequences of the 1848 Revolution, will be completed only in 1863.
In 1844, the archeological committee wanted to take advantage of the situation to remove the surbassed archway supporting the organ gallery and whose heavy and awkward design was in shoking contrast with the church's architecture. They commissionned architect Verroles to present a project. While the project was under study, both Abbey's and the woodworker's works were suspended. The minister did not approve the project and the gallery would stay as it is. The same year, the Churchwardens went on to sell materials (wood and metal) considered irrecuperable by Abbey. The proceeds of the sale allowed the purchase of a small choir organ, from an unknown organbuilder. It will be restored, in 1863, by Cavaillé-Coll.
On January 28, 1850, the Prefect informs the Minister that organbuilder Abbey is bankrupt. Two years will go by before the final liquidation. On December 1st, 1852, the Syndic annonces that the restoration of the organ in Bayeux is and will remain cancelled. On September 15, 1853, the ministry informs the bishop that organbuilder Abbey has reached an agreement with organbuilder Stoltz to finish the organ. On November 23, 1853, Stoltz's project is refused because it contains the same defaults found in Abbey's. During that time, organbuilder Ducroquet submits two projects to finish the instrument. The remained dead letters. During the next six years, the cathedral presents an empty organcase on the gallery, all work is suspended.
In 1858, the new bishop, Charles Didiot (1856-1866) asks Aristide Cavaillé-Coll to prepare a project to complete the organ in the cathedral. He submits a proposal, on November 24th, 1858, amounting to 53 111 francs reduced to 47 669 francs due to materials reused from the former organ: the remaining pipework is appraised at only 1,225 francs, Abbey's windchests are kept along with a few other elements for a sum of 4,817 francs. The overall meterial to be kept comes to 6,042 francs, to be deducted from the total bill.
On February 11, 1859, following setbacks incurred with the project with Abbey, the bishop informs the minister that he needs a subsidy from the government to finally complete the organ. The minister answers that the government cannot, alone, pay for the total cost of the instrument. Consequently, the Churchwardens voted to allocate 6,000 francs to the organbuilding project while the bishop, on his own name, contributed 11,669 francs leaving only a sum of 30,000 francs to be paid by the government. The contract is signed on March 26, 1860.
Hence, Cavaillé-Coll is greatly cramped in by the dimensions of the organcase and, even more, by Abbey's windchests which he agreed to retain. Thus, the relatively narrow scale of the foundations stops may be explained, as they had to be loedged in this preexisting mold. The builder plans to install a "multi-pressure winding system" in order to achieve perfect sound balance between the basses and trebles. The organ comprises 43 stops distributed as follows: 16 on the Grand-Orgue, 12 on the back Positif, 9 on the Récit, and 6 on the Pedal. Taking Abbey's windchests into account, Cavaillé-Coll retains the 54-note compass for the three manuals, at a period where 56-note manuals are being built, and 25 notes (two octaves) for the pedalboard. The initial specification, however, is not fully taken into account. Certain modifications are carried out right from the start of the construction phase, mainly with the Récit stops.
Modifications made by Cavaillé-Coll with respect to his proposal are as follows: on the Grand-Orgue, a 16' Bombarde replaced the 16' Basson; on the Récit, the Viole de gambe and the Voix céleste replace a treble Flûte conique and the 2' Octavin. On the same manual, a 54-note Flûte harmonique replaces another treble Flûte traversière.
The first crates containing the pipes of the main organ arrive in Bayeux by railroad in December 1860. In 1861, the organcase is refurnished, work carried out by Cavaillé-Coll. Sculptors execute decorations on top and cul-de-lampe for each of the eight turrets. Four large curved motifs are executed to link together the main case's five turrets above each flat. This layout increases the interior floor space and to install larger facade pipework. For the Positif organcase, the flats are not modified. On the other hand, two large motifs are sculpted in the cul-de-lampe of each of the three turrets. The new decorations on top of the Positif organcase leads to the removal of three sculptures (a Virgin and two angels) which crowned each turret since the end of the 16th century. The modifications gives the organcase its final look. These transformation and reinforcement works cost 10,501 francs paid for by the State (2/3) and the clergy (1/3).
In spite of all these expenses, the secretary general, Rev Marie-Duclos, asks Cavaillé-Coll to add a 32' stop. The organbuilder promises to study the request. He does not want to deceive anyone byt he knows very well that space and money are missing in order to build and install such a large stop.
The erecting and voicing are executed during the first six months of 1862. On June 17th 1862, the bishop informs the minister that the organbuilder's works will be completed by next July 1st and suggests that the instrument be received by Louis James Alfred Lefébure-Wély. The latter is informed, on June 25, 1861, that is charged with the verification and the inauguration of the organ in the cathedral of Bayeux. The reception and the verification are carried out on July 12 while the inauguration takes place the next day. The official report is dated July 26th, 1862.
Renovations are carried out in 1878 by Cavaillé-Coll, in 1893 by Charles Mutin and Joseph Koenig, in 1913 by Joseph Koenig, and in 1942 by Gloton-Debierre who will enlarge the pedalboard to 30 notes.
In 1973, the instrument is classified as "historical landmark". The organcase will be classied in 1975. The Danion-Gonzalez organbuilding firm carries out a restoration in 1977 while the Renaud-Ménoret organbuilding firm executes a renovation in 1998.
The Chancel Organ
On August 8th, 1860, Cavaillé-Coll sumbits to Bishop Didiot his proposal for a chancel organ "appropriately dimensioned for the designated location of the instrument". This location is a loft situated on the left side of the chancel, above the stairway leading down to the crypt. The organcase thus dominates the high backs of the second row of the 16th-century choir stalls, while the console is to be incorporated into their first row.
The instrument has 12 stops distributed over two 54-note manuals. The specification also points out that the pedalboard will have 20 notes (from C to g); but this point will not hold to, as the pedalboard tutimately contained only 18 notes (C-f). Follow the usual items regarding the facade pipework, the wind system, the windchests and the action. Keyboards will me made of oak capped with ivory and ebony, with a chassis in Brazilian rosewood. Total cost: 18,000 francs.
Construction probably began before the end of 1860, at least in the builder's shop, parallel to the work on the main organ. In the first eight months of 1861, Cavaillé-Coll's employees work on location to erect both instruments. The chancel organ, unfinished because the console shell had not yet been delivered, is inaugurated on September 22nd, 1861 by Louis James Alfred Lefébure-Wély.
On October 30th 1861, Cavaillé-Coll announces to Rev Marie-Duclos the shipping of a crate containing the shell of the console, executed according to the drawing made by Mr. Liénard, that will match, just like the organcase, with the Renaissance stalls from the end of the 16th century.
Renovations are carried out in 1878 by Cavaillé-Coll, in 1910 by Joseph Koenig, and in 2003 by Lacorre and Robert who will enlarge the pedalboard to 30 notes.
II. Grand-Orgue |
I. Positif de dos |
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|---|---|---|---|---|
| Montre | 16' | Montre | 8' | |
| Bourdon | 16' | Quintaton | 8' | |
| 1Flûte conique | 16' | 1Flûte harmonique | 8' | |
| Montre | 8' | Salicional | 8' | |
| Bourdon | 8' | 2Voix céleste 8' | II | |
| Flûte harmonique | 8' | Prestant | 4' | |
| Viole de gambe | 8' | Quinte | 2 2/3' | |
| Prestant | 4' | Doublette | 2' | |
| Dulciane | 4' | Piccolo | 1' | |
| Doublette | 2' | Trompette | 8' | |
| Plein-Jeu harmonique | III-VI | Cromorne | 8' | |
| Cornet | V | Clairon | 4' | |
| Bombarde | 16' | |||
| Trompette | 8' | |||
| Basson | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
III. Récit |
Pédale |
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|---|---|---|---|---|
| Flûte harmonique | 8' | 3Contrebasse | 16' | |
| Bourdon | 8' | 3Basse | 8' | |
| Viole de gambe | 8' | 3Octave | 4' | |
| Voix céleste | 8' | Bombarde | 16' | |
| Flûte octaviante | 4' | Trompette | 8' | |
| Trompette | 8' | Clairon | 4' | |
| 4Basson-Hautbois | 8' | |||
| Voix humaine | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
| 1 | 30 notes | |
| 2 | 96 tuyaux / pipes | |
| 3 | ou / or Flûte | |
| 4 | Divisé / Divided: 17 notes + 37 notes |
I Grand-Orgue |
II. Récit |
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|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Viole de gambe | 8' | |
| Montre | 8' | Voix céleste | 8' | |
| Bourdon | 8' | Flûte octaviante | 4' | |
| Flûte harmonique | 8' | Trompette | 8' | |
| Prestant | 4' | Basson-Hautbois | 8' | |
| Doublette | 2' | |||
| Plein-Jeu harmonique | III | |||
Pédale |
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| En tirasse / By pulldown |