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Carouge 1726
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La Chaise-Dieu (dérivé par assonance analogique du latin médiéval Casadei) est une commune française, située dans le département de la Haute-Loire en Auvergne. Ses habitants sont appelés les Casadéens.
L'abbaye est célèbre pour son architecture gothique datant du XIVe siècle, construite à la suite de la demande de Pierre Roger de Beaufort (Clément VI) alors pape à Avignon. À l'intérieur de l'Abbatiale, on retrouve une fresque sur le thème de la danse macabre, des tapisseries dont celle de « L'Apparition du Christ à Marie-Madeleine », un orgue impressionnant et un jubé partageant le chœur en deux parties, l'une réservée aux moines et l'autre au peuple. À l'extérieur, on peut voir la salle de l'Écho, un musée de cire et la ville médiévale. Tous les ans durant le mois d'août, La Chaise-Dieu est animée par le Festival de Musique fondé en 1966 par Georges Cziffra.
Fondation
Aux XIe et XIIe siècles, la société féodale en Auvergne est dominée par le comte d’Auvergne, lui-même suzerain du duc d’Aquitaine, par différentes familles (Mercœur, La Tour, Montboissier), par l’évêque de Clermont et par les chanoines-comtes de Brioude.
Au même moment, l’Église est marquée par un grand élan monastique. Dès le VIe siècle, saint Benoît de Nursie avait fondé le monastère du Mont-Cassin où la vie était réglée autour de la devise « prier et travailler »; un siècle plus tard, Benoît d’Aniane codifie cette règle bénédictine qu’il impose, à la demande du roi, à tous les monastères. Cluny est fondée en 910 et saint Robert s’inscrit dans ce mouvement en fondant l’abbaye de La Chaise-Dieu en 1043. Saint Bruno fonde les Chartreux en 1089 et saint Bernard entre à Cîteaux en 1112.
L'abbaye bénédictine de La Chaise-Dieu a été fondée en 1043 par Robert de Turlande. Né en 1001, d’une famille de la noblesse de Margeride, Robert de Turlande devint chanoine-comte de Brioude. Ses relations exécrables avec le chapitre de Brioude et insatisfait de cette vie canoniale, il part pour Cluny afin d’y étudier la règle bénédictine et pour Rome, probablement pour présenter sa version du conflit qu’il avait avec le chapitre de Brioude. Le 28 décembre 1043, il arrive avec deux compagnons, Étienne de Chaliers et un certain Delmas, sur le rude plateau du Livradois où il s’installe afin d’y vivre, dans la solitude avec Dieu, à côté d’une petite chapelle dédiée aux saints Vital et Agricol. Il appelle ce lieu « Casa Dei », ce qui devint La Chaise-Dieu.
Histoire
Le développement de l'abbaye et du bourg a été très rapide en raison de l'afflux de moines, d'artisans, de paysans, de commerçants et même d'hommes de loi. Dès 1052, il avait obtenu la protection du roi de France Henri Ier et du pape Léon IX. Le rayonnement de Robert était tel qu’en 1067, à sa mort, l’abbaye et les prieurés qui en dépendaient comptaient trois cents moines. Robert se fait enterrer sous le porche de son église : sa tombe n’a pas été déplacée et se trouve maintenant devant le jubé. Il est canonisé en 1070 et sa tombe devient un lieu de pèlerinage.
Ses premiers successeurs, de 1067 à 1168, Durand de Bredon, Andelème, Seguin d'Escotay, Étienne de Mercoeur, Jourdain de Montboisier et Pons de Beaudiner, poursuivirent l'expansion de l'abbaye et étendirent son influence à Burgos en Espagne, dans le Rouergue (Saint-Théodard et Gaillac), le Languedoc (Saint-Baudille de Nîmes) et enfin les Apennins de Modène, dans le Forez, à Chanteuges, Sainte-Livrade d’Agenais, Faverney en Bourgogne, Saint-Sixte de Plaisance dans la plaine du Pô et Montepeloso en Basilicate. L'abbaye bénéficie de donations importantes de grandes familles : les Mercœur de La Voûte-Chilhac, les comtes d'Auvergne de Vodable ou les Polignac près du Puy. L'abbaye devient l'une des plus grandes de France, connue jusqu'en Italie et en Castille.
De 1168 à 1308, la congrégation n’élit aucun abbé doté d’une personnalité marquante. L’abbaye voit son rôle de seigneurie du Livradois s’accroître, le pouvoir temporel tendant à prendre une part croissante. Par ailleurs, les abbés consacrent une énergie importante à maintenir des liens avec l’ensemble des abbayes et des prieurés qui lui sont rattachés, liens volontiers contestés par les seigneurs ou les évêques locaux. La croissance de la congrégation est achevée. L’organisation de la congrégation devient plus structurée, avec une réglementation des chapitres et la définition du rôle des officiers claustraux.
De 1305 à 1378, jugeant Rome peu sûre du fait des conflits entre différentes factions, la papauté s’installe en Avignon. En 1342, Pierre Rogier, ancien moine de La Chaise-Dieu, devient pape en Avignon sous le nom de Clément VI. C'est lui qui finance la construction de la nouvelle abbatiale dans laquelle il se fera inhumer. Il fait appel aux trois plus grands architectes de l'époque : Hugues Morel, Pierre de Cébazat et Pierre Falciat. L'abbatiale est achevée en 1378, sous le pontificat du pape Grégoire XI, propre neveu de Clément VI, qui fait construire la tour Clémentine.
De 1342 à 1377, les abbés ne furent pas élus en chapitre général, mais nommés par le pape: ils étaient appelés « réservataires ». Ce fut le cas de Renaud de Montclar qui, après avoir soumis l'abbaye à la Règle de Saint-Benoît, fut chargé de suivre le début des travaux de construction de la nouvelle abbatiale. Si pendant cette époque troublée, les moines se trouvèrent à l’abri derrière leurs murailles, de nombreux prieurés souffrirent.
Jacques de Saint-Nectaire, qui fut abbé de 1491 à 1518, se distingua par le goût des arts et la munificence. Il fit achever le réfectoire et le cloître, reconstruire les bâtiments conventuels, et refaire la toiture de l’abbatiale. Il commanda les « draps imagés ».
Devenu roi en 1515, François Ier (1494-1547) signe un an plus tard, à Bologne, un concordat avec le pape Léon X par lequel le roi de France peut nommer les évêques et abbés. C'est le système de la Commende. Les rois abusent rapidement de cette facilité pour nommer des proches, en particulier à La Chaise-Dieu.
Les abbés nommés par le roi n’étaient pas tous ordonnés. S’ils venaient à La Chaise-Dieu au moins une fois pour prendre possession de leur charge, ils ne s’intéressaient guère à l’abbaye et se faisaient représenter par un vicaire général. Les abbés commendataires les plus illustres s'y succéderont, sans souvent y venir : le cardinal Adrien Gouffier de Boissy, un Angoulême, deux Valois, les cardinaux de Richelieu et Mazarin, un Mancini, un La Rochefoucauld, deux Rohan-Soubise et le cardinal Louis-René-Édouard, prince de Rohan-Guéménée.
Le 2 août 1562, les huguenots menés par Jacques de Forest, sieur de Blacons envahissent l’abbaye, la saccagent et pillent les trésors alors que les moines s’étaient réfugiés dans la tour Clémentine.
Armand-Jean du Plessis de Richelieu, qui fut ministre de Louis XIII de 1624 à 1642, est nommé abbé de La Chaise-Dieu et de Cluny en 1629. Devançant les projets de réorganisation de l’Ordre bénédictin par le pape alors que l'abbaye est dans une phase de déclin et ne compte qu'une cinquantaine de moines, il regroupe, en 1640, l’ensemble des monastères de cet Ordre dans le royaume dans une seule congrégation : la Congrégation des Bénédictins de Saint-Maur dont la maison-mère était à l’origine aux Blancs-Manteaux à Paris. Ce rattachement aux Mauristes ne fut pas accepté facilement par les bénédictins de La Chaise-Dieu : la congrégation mauriste était très centralisée et La Chaise-Dieu perdait une réelle autonomie. En 1643, après la mort du Cardinal de Richelieu, les moines casadéens tentèrent de remettre en cause ce rattachement. Cette démarche fut vaine, d’autant qu’ils étaient affaiblis tant en nombre qu’en moyens financiers.
Durant cette période, les moines entreprennent de remettre en état l’abbatiale ravagée par les Huguenots. Le tombeau du pape Clément VI fut reconstruit au milieu du chœur et le gisant put y être replacé. Le maître-autel, ceux des chapelles latérales ainsi que les retables datent de cette époque.
Un incendie détruit en 1695, la plupart des bâtiments conventuels. Ils seront reconstruits aux XVIIe et XVIIIe siècles.
L’abbaye devint un foyer d’accueil pour les Jansénistes. La communauté casadéenne accueillit volontiers Jean Soanen, évêque de Senez, l’un des plus farouches appelants, qui avait été suspendu de ses fonctions épiscopales et que le roi avait contraint à se retirer à La Chaise-Dieu. Ce renouveau mauriste, spirituel et intellectuel, avait suscité des vocations plus nombreuses. Mais le XVIIIe siècle se traduisit par une désaffection de la vie monastique. En 1790, les moines n’étaient plus qu’une trentaine et la règle n’était plus appliquée avec la même ferveur.
La Révolution préserve les trésors de l’abbaye. Dès 1789, l’Assemblée nationale prend les décisions qui mettent un terme à la vie monastique :
La fermeture de l’abbaye se fit sans incident en février 1790. Le dernier prieur, dom Pierre Terrasse, et tous les moines furent relevés de leurs vœux. La plupart se dispersèrent. Dom Pierre Terrasse fut désigné maire. Il veilla à ce que l’Inventaire fût établi en mars 1790 dans le calme. Il organisa la dispersion de l’importante bibliothèque de 5 853 volumes soit à l’évêché de Saint-Flour soit à la municipalité de Brioude. Le 3 mai 1790, jour de la prise de possession du monastère par le corps municipal, il demanda « de s’abstenir des fonctions municipales ».
En 1792, la République décide la vente des biens nationaux. Si l’église abbatiale fut relativement protégée par la population de La Chaise-Dieu, en revanche les bâtiments abbatiaux, abandonnés, furent pillés. En 1793, la plupart furent vendus aux enchères à des habitants du pays, dont certains moines rendus à la vie civile.
Le Concordat, signé en 1801, par le consul Napoléon Bonaparte et le pape Pie VII, permet de rétablir une relative sérénité. L'église abbatiale devint l’église paroissiale et les trois anciennes églises paroissiales furent fermées et détruites.
Prosper Mérimée (1803-1870), parallèlement à sa carrière d’écrivain, fut inspecteur général des monuments historiques de 1834 à 1860. Dans ce cadre, il visita l’Auvergne en 1837; le rapport qu’il publia montre un désintérêt manifeste pour l’abbaye de La Chaise-Dieu. Ceci ne l’empêcha pas d’inclure les bâtiments abbatiaux en 1840 dans la liste des monuments nécessitant une intervention, ni de les classer comme « Monuments historiques » en 1847. Cette visite de Mérimée marqua le début de la prise en charge des bâtiments et du trésor (en particulier des tapisseries), propriétés de la commune, par l’administration des Monuments historiques. De grands travaux y sont périodiquement entrepris.
En 1966, le premier concert donné par Georges Cziffra allait devenir le Festival de La Chaise-Dieu. Son succès et sa notoriété allaient faire de l’abbatiale un haut lieu de la musique en Europe.
En 1984, Mgr Louis-Pierre-Joseph Cornet, évêque du Puy, invite une petite communauté des Frères de Saint-Jean, qui venait d'être fondée, à reprendre la vie monacale dans un apostolat de proximité. Il leur confie aussi l’animation de l’abbatiale et en particulier la responsabilité des visites de ce monument et des trésors qu’elle renferme sans parler de l’architecture, de l’histoire et de bien d’autres choses à découvrir. Son successeur, Mgr Henri-Marie-Raoul Brincard, leur confie la charge de la paroisse de La Chaise-Dieu qui se compose de 11 villages du plateau casadéen. La présence des frères permet à La Chaise-Dieu de renouer avec son passé monastique, selon un mode toutefois différent de l’ancienne abbaye, puisqu’il permet d’allier la vie monastique de prière à une vie apostolique, particulièrement nécessaire dans un lieu très touristique.
Les trésors
Parmi les trésors de l'abbaye, on dénote stalles du XIVe siècle, un jubé et une fresque de la danse macabre du XVe siècle, des tapisseries du XVIe siècle, des retables du XVIIe et XVIIIe siècles, ainsi qu’un orgue grandiose de la même période.
La fresque de la danse macabre est une bande dessinée murale du XVe siècle sur le bas-côté nord de l'église. Le visiteur peut observer les morts qui entraînent les vivants en une sarabande tragique et grotesque. Les morts ne sont pas des squelettes, mais plutôt des transis avec la peau sur les os; ils dansent et se livrent à de nombreuses facéties. Les vivants sont répartis en trois panneaux, les puissants, les bourgeois et le peuple. L’artiste fait certainement référence à la danse macabre du cimetière des Innocents à Paris (1424). Cette peinture murale, aujourd’hui détruite, ne comportait que des hommes. Elle nous est parvenue à travers des gravures populaires que l’on retrouve dans le Manuscrit de Blois, au Cabinet des Estampes de la Bibliothèque nationale de France. L’œuvre est difficile à dater avec précision. La plupart des vêtements sont contemporains de Jeanne d’Arc; il est donc possible que les panneaux aient été réalisés autour de 1450, sous l'abbatiat de Hugues de Chauvigny de Blot, ce qui ferait de cette fresque la plus ancienne « Danse macabre » retrouvée en Europe.
Cette fresque de 26 mètres (85 pieds) de long orne les troisième, quatrième et cinquième travées. L'ensemble est composé de trois panneaux séparés par deux piliers donnant l'aspect d'un triptyque. Modestement éclairée par de hautes fenêtres en lancette, elle expose en une procession, 46 personnages répartis entre 23 vifs et 23 morts ou « transis ». Chacun de ces personnages a une hauteur d'environ 1,2 mètre (4 pieds). Au début du second panneau, une partie de la fresque a disparu. Ce dommage irréparable est le résultat de l'installation d'un escalier menant à la chaire, réalisé à la fin du XIXe siècle et détruit au début du XXe. Elle a fait l'objet d'une restauration en 1989 qui l'a débarrassée des poussières, mousses et algues qui l'avaient envahie depuis longtemps. L'oeuvre n'a jamais été achevée, seule l'ébauche reste visible, colorée d'ocre rouge pour le fond et d'ocre jaune pour le sol sur lequel dansent les personnages.
L’abbaye possède un deuxième trésor d’une valeur exceptionnelle : les tapisseries du chœur des moines commandées par l’abbé Jacques de Saint-Nectaire, dont les armes apparaissent à de nombreuses reprises. Elles ont été tissées entre 1501, après l’attribution par le roi des armoiries de l’abbaye qui y sont reproduites, et avril 1518, puisqu’un document nous dit qu’elles ont été exposées le jour de la fête de saint Robert. Le choix du thème est original : il s’agit de montrer que l’Ancien Testament annonce le Nouveau Testament ce qui répond à une intention catéchistique évidente, d’autant qu’à cette époque précédant la Réforme, la lecture de la Bible était sujet de débat. Les 14 pièces, d'une longueur de 65 mètres (213 pieds), sont placées au dessus des stalles, tout autour du choeur. À l'origine, il existait 18 pièces. Elles sont tissées dans de la laine mêlée de fils de soie.
Quant aux 144 stalles elles-mêmes, fine dentelle de bois, véritable ouvrage d'un maître ébéniste, elles seraient l'oeuvre d'un sculpteur flamand. Elles ont été commandées par Jacques de Saint-Nectaire. Sculptées dans du chêne, elles couvrent les trois côtés du choeur. Une sorte de dais en bois sculpté surmonte l'ensemble. Le dossier est constitué d'une série d'arcs d'ogives soutenus par trois colonnettes à chapiteaux. La cloison qui sépare les stalles entre elles est ornée de petites colonnes supportant les accoudoirs.
L'extérieur
La majestueuse façade de l'abbatiale est érigée au XIVe siècle. Financé par le pape Clément VI, l'édifice devait abriter son tombeau. De style gothique languedocien, son aspect sévère et massif s'intègre tout particulièrement au plateau du Livradois doté d'un climat rude et austère. La porte est de forme ogivale à triple voussure. Sur le trumeau qui la divise, une statue, probablement celle de Saint-Robert, accueille le visiteur et le pèlerin.
À l'origine, des statues garnissaient les six niches du portail, le tympan et le trumeau. Elles ont été détruites lors des guerres de religion en 1562. Une fenêtre centrale et deux fenêtres ogivales éclairent la nef et les collatéraux. Au-dessus, trois arches massives composent le système de défense de l'entrée. Elles sont surmontées d'une galerie ou chemin de ronde communiquant entre les deux tours. La façade mesure 60 mètres (197 pieds) de hauteur. Elle est soutenue par des contreforts massifs à plusieurs niveaux. On accède à cette façade par un escalier en forme d'éventail construit en 1758, composé d'une quarantaine de marches et divisé en paliers qui s'étirent sur toute la largeur de la façade.
La tour Clémentine, massive et encastrée dans l'abside de l'abbatiale, portait le nom de « tour du vestiaire » ou « tour de la Trésorerie ». Son nom de « tour Clémentine » lui sera attribué bien plus tard, en l'honneur de Clément VI. Construite au XIVe siècle à l'initiative de l'abbé Jean de Chandorat, les travaux s'arrêteront faute d'argent. Grégoire XI, nouveau pape et neveu de Clément VI, semble avoir mis un point d'honneur à l'achèvement des travaux. Puissante tour de défense pourvue de créneaux et de mâchicoulis, elle est maintenue au sol par de puissants contreforts et des arcs-boutants. Elle servait à la fois de donjon, de grenier, à conserver le trésor des reliques et de refuge pour les religieux. Lorsque les attaques huguenotes de 1562 se firent particulièrement violentes, les moines purent rester à l'abri et conserver de quoi subsister. Cette tour avait jadis un puits nommé fontaine de Saint-Robert. Son eau était réputée pour apaiser les fièvres. Un important escalier en colimaçon de 147 marches dessert les étages de la tour.
L'orgue
Les archives de l’abbaye mentionnent la construction d’un orgue en 1683. Il s’agit du « petit buffet » et de la tribune qui existent encore aujourd’hui. Nous ne savons pas quel a été le facteur de cette première réalisation. Il a été construit à la demande de Hyacinthe Serroni, alors abbé commendataire de La Chaise-Dieu, qui est un grand seigneur fastueux arrivé à la cour de France dans l’entourage du cardinal Mazarin. Il a sans doute voulu faire réaliser à La Chaise-Dieu un somptueux décor comme l’affectionnaient tant les Italiens de l’époque baroque. La tribune d'orgue se situe au dessus de la grande porte d'entrée et occupe la totalité de la largeur de la nef centrale. Construite et sculptée en bois de pin, elle est signée Cox. Ce sculpteur flamand, peu connu, a travaillé dans la vallée du Rhône et en Auvergne. L'ensemble de la tribune est supporté par quatre atlantes et de belles têtes de lions dont la gueule ouverte laisse se dérouler une guirlande de fleurs et de fruits. Le balcon est orné d'anges musiciens, de chérubins accompagnés par Sainte Cécile et le roi David ainsi que les armoiries de Hyacinthe Serroni. Le décor n’est sans doute pas entièrement du même artiste. Il s’inscrit dans la logique décorative du baroque français. Cette conception est déjà très archaïque pour la fin du XVIIe siècle. Nous avons là un des derniers grands programmes décoratifs sur un orgue. Par la suite les buffets seront plus sobres. Nous savons peu de choses sur la structure sonore de cet instrument limité aux 13 jeux du Positif et joué à partir d'un clavier de 48 notes placé derrière le buffet. Il n’a pas été terminé, probablement à cause de la faillite de l’abbé.
Les travaux reprennent en 1726, sous l’abbatiat du cardinal Louis-René-Édouard de Rohan-Géméné. Le facteur parisien Marin Carouge est chargé de construire un orgue dans un buffet qui aurait été acquis d'occasion et dont la date serait antérieure à 1700. Il complète l’instrument de 1683. L’orgue est alors assez semblable à celui que nous connaissons aujourd’hui. Il doit comporter une quarantaine de jeux répartis sur quatre claviers et un pédalier. La tuyauterie nouvelle prend place dans le grand buffet, d’un style assez différent de celui du positif de 1683. Ce second buffet est d’un style très classique « Louis XIV », bien que postérieur de 12 ans à la mort du Roi-Soleil. Marin Carouge n’a pas cherché l’homothétie des buffets, contrairement à ce qui ce pratique d’ordinaire. En fait, le grand buffet est vraisemblablement une récupération d’un autre orgue. Les sculptures de ce grand buffet sont moins travaillées que celles du positif. Il convient de remarquer les statues d’anges musiciens au sommet des grandes tourelles. Il s’agit d’un travail de grande qualité, anonyme, mais d’une facture très semblable à ce que faisait Pierre Vaneau et son entourage au Puy à la même époque.
Deux interventions eurent lieu au cours du XVIIIe siècle. En 1779, Jacques Prades, de Sommières en Bas-Languedoc, effectue une réfection des soufflets. À la fin du XVIIIe siècle, le sommier du Positif est remplacé. Un sommier de 54 notes, sans doute un ancien sommier de Grand-Orgue remplace l’ancien sommier de 48 notes (de 1683?).
Cet orgue sonne sans doute pour la dernière fois le 18 mars 1791. Les scellés sont apposés sur l’instrument. Il semble avoir été saccagé lors des fureurs révolutionnaires, mais ses buffets ont été épargnés. En 1832, on s’active un peu autour de l’orgue. Le conseil de fabrique désigne Frédéric Crateman, facteur résidant à Berne en Suisse, pour restaurer l’orgue. Le projet sera abandonné. Le 4 juillet 1903, les buffets sont classés « monuments historiques ». Divers projets sont esquissés (Michel Merklin et Kuhn en 1912, Durand en 1951 et Roethinger en 1967) mais aucun ne verra le jour. De temps en temps, des restaurations minimes sont effectuées sur le buffet et, en 1958, la maison Merklin refait les tuyaux de façades. Il faudra attendre l’élan donné en 1966 par le pianiste Georges Cziffra pour que l’orgue se réveille enfin. La partie instrumentale de l'instrument est classée « monument historique », le 23 octobre 1970. En 1976, le facteur Dunand, de Villeurbanne, termine une importante reconstruction. Sommiers, soufflets et mécanique sont revus avec un soin particulier. La tuyauterie, neuve, hormis une cinquantaine de tuyaux en bois subsistant du XVIIIe siècle, a été confectionnée selon les tailles de François-Henri Clicquot. Pour la première fois depuis 180 ans, l’orgue résonne sous les voûtes de l’abbatiale. Cette restauration aspirait à retrouver l’orgue tel qu’il était à la fin du XVIIIe siècle. Hélas, le résultat n’était pas à la hauteur des attentes. L’instrument s’est vite dégradé et en 1990, il était à nouveau poussif et difficilement jouable.
En 1990, une restauration limitée avait été confiée au facteur Michel Garnier, de Lille. En fait, il est vite apparu impossible de se contenter d’un rafistolage. L’administration des Monuments historiques a préféré se lancer dans une véritable restauration d’envergure afin de redonner à l’instrument tout son éclat. Les autorités locales, mairie, conseil général et conseil régional ont soutenu ce projet avec beaucoup d’efficacité. Michel Garnier a travaillé de 1990 à 1995 et chacun peut juger que le résultat est somptueux. Il construit un orgue neuf sur le modèle de celui de Souvigny, sur les anciens sommiers de Carouge.
L’orgue de La Chaise-Dieu est le type même de l’orgue classique français. Il a retrouvé les 40 jeux répartis sur les quatre claviers manuels (Positif, Grand-Orgue, Récit et Écho) et pédalier de l’instrument de Marin Carouge. Le pédalier possède le grand ravalement en fa0.
L’abbatiale bénéficie d’une acoustique agréable, du fait des tapisseries qui empêchent un écho trop fort, en revanche le jubé est un redoutable obstacle pour la propagation du son. Il fallait donc donner à l’instrument plus de puissance et d’éclat, sans pour autant qu’il devienne criard. Michel Garnier a montré d’exceptionnels talents d’harmoniste et chacun peut goûter la richesse et l’ampleur du grand chœur d’anches. Cela n’empêche pas la délicatesse des jeux de détails.
L’instrument est utilisé dans les liturgies dominicales ainsi que pendant toute la période où les messes sont célébrées à l’abbatiale. Il retrouve là, la place première qui lui est dévolue. Les amateurs peuvent le découvrir à l’occasion des « journées de l’orgue » organisées tous les ans. Les plus grands organistes français ou étrangers s’y relaient. Le répertoire privilégié est bien évidemment celui des maîtres de l’école d’orgue française des XVIIe et XVIIIe siècles : Boyvin, Couperin, Grigny, Corette, Dandrieu, etc. Mais rien n’interdit d'y jouer Bach ou les classiques allemands et pourquoi pas certaines pièces de musique contemporaine. La sonorité devient alors curieuse à cause du tempérament, mais elle est pleine de charme.
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The Chaise-Dieu (coming by analogy from medieval latin Casadei) is a French village, located in the Haute-Loire department in Auvergne. Its residents are called Casadeans.
The abbey, renown for its 14th-century Gothic architecture, was built following a request from Pierre Roger de Beaufort (Clement VI) then Pope in Avignon. Inside the Abbey church, there are a "Dance of death" fresco, tapestries including one depicting « The Apparition of Christ to Mary-Madeleine », an impressive organ and a rood screen dividing the chancel in two sections, one reserved for the monks and other one to the lay people. On the utside, there are the Echo room, a wax museum and the medieval city. Every year in August, La Chaise-Dieu hosts a Music Festival founded in 1966 by Georges Cziffra.
Fondation
In the 11th and 12th centuries, the Auvergne feudal society was dominated by the count of Auvergne, himself suzerain to the duke of Aquitaine, by different families (Mercœur, La Tour, Montboissier), by the bishop of Clermont and by the canons-counts of Brioude.
At the same time, the Church lived a major monastic impulse. In the 6th century, St. Benedict of Nursia had founded Mount Cassin monastery where life was regulated around the motto « prayer and labor »; a century later, Benedict d'Aniane codified this Benedictine rule which was imposed, at the king's request, to all monasteries. Cluny was founded in 910 and St. Robert, in the same spirit, founded the Chaise-Dieu abbey in 1043. St. Bruno founded the Carthusian monks in 1089 and St. Bernard joined Cîteaux in 1112.
The Chaise-Dieu Benedictine abbey was founded in 1043 by Robert de Turlande. Born in 1001, in a Margeride noble family, Robert de Turlande became canon-count of Brioude. His awful relations with the Brioude chapter and dissatisfied of this canonic life, he left for Cluny to study the Benedictine rule and for Rome, probably to submit his version of the conflict with the Brioude chapter. On December 28th, 1043, he arrived with two companions, Étienne de Chaliers and a certain Delmas, on the rough Livradois plateau where he decided to live, in solitude with God, next to a small chapel dedicated to saints Vital and Agricol. He named this place "Casa Dei", that became La Chaise-Dieu.
History
The expansion of the abbey and the village was very quick owing to the influx of monks, craftsmen, peasants, dealers and even men of law. From 1052, it was put under the protection of the king of France, Henri Ier, and pope Leo IX. Robert's influence was such that in 1067, upon his death, there were 300 monks in the abbey and its depending priories. Robert was buried under the church porch: his tomb was not moved and is still in front of the rood screen. He was canonized in 1070 and his tomb became a place of pilgrimage.
His first successors, from 1067 till 1168, Durand de Bredon, Andelème, Seguin d'Escotay, Étienne de Mercoeur, Jourdain de Montboisier and Pons de Beaudiner, carried on with the expansion of the abbey and spreaded its influence to Burgos in Spain, in Rouergue (St. Théodard and Gaillac), in Languedoc (St. Baudille of Nîmes) and finally Apennines of Modène, in Forez, in Chanteuges, St. Livrade of Agenais, Faverney in Burgundy, St. Sixte of Plaisance in the lowland of Pô and Montepeloso in Basilicate. The abbey benefited from important donations from rich families: the Mercœur de La Voûte-Chilhac, the counts of Auvergne of Vodable or the Polignac near Puy. The abbey became one of the largest in France, known in Italy and in Castile.
From 1168 till 1308, the congregation did not elect any abbot endowed with a notable personality. The abbey saw an increase in its Livradois seigniory role, this led the temporal power to occupy an ever growing portion of time. Moreover, the abbots spent a lot of time and energy to supervise all its depending abbeys and priories, supervision which was questioned by the lords or the local bishops. The congregation growth was completed. The organization became more structured with a control over chapters and the role definition for the monastic officers.
From 1305 till 1378, judging that Rome's role in conflicts between different factions was not clear, papacy moved to Avignon. In 1342, Pierre Rogier, former Chaise-Dieu monk, was elected pope in Avignon as Clement VI. He financed the construction of a new abbey church in which it will be buried. He called upon the three best architects of the time: Hugues Morel, Pierre de Cébazat and Pierre Falciat. The abbey church was completed in 1378, under the pontificate of pope Gregory XI, Clement VI's own nephew, who will build the Clementine tower.
From 1342 till 1377, the abbots were not elected in general chapters, they were appointed by the pope: they were called "Réservataires". It was the case of Renaud de Montclar who, after introducing St. Benedict's rule, was responsible for completing the construction of the new abbey church. If during these troubled times, the monks were safe behind their walls, numerous priories suffered.
P>Jacques de Saint-Nectaire, who was abbot from 1491 till 1518, was known for his taste for arts and his munificence. He completed the refectory and the cloister, rebuilt the conventual buildings, and installed a new roofing on the abbey church. It ordered the « imagery sheets ».Become king in 1515, François Ier (1494-1547) signed, a year later, a concordat, in Bologna, with pope Leo X; this document allowed the king of France to appoint bishops and abbots. It was the Commendatory system. The kings rapidly abuse this power appointing close relatives, mainly in La Chaise-Dieu.
The abbots appointed by the king all were not ordained. If they came at least once to La Chaise-Dieu to take over their position, they were hardly interested in the abbey and were represented by a general chaplain. The most renown commendatory abbots succeeded each other without coming often there: Adrien cardinal Gouffier de Boissy, Angoulême, two Valois, cardinals Richelieu and Mazarin, one Mancini, one La Rochefoucauld, two Rohan-Soubise and Louis-René-Édouard, cardinal-prince of Rohan-Guéménée.
On August 2nd, 1562, when the Huguenots, led by Jacques de Forest, sieur de Blacons, invaded the abbey, vandalized it and ransacked its treasures, the monks took shelter in the Clementine tower.
Armand-Jean du Plessis de Richelieu, who was a minister under Louis XIII from 1624 till 1642, was appointed La Chaise-Dieu and Cluny abbot in 1629. Before the pope's plans for reorganization of the Benedictine Order were effective and while the abbey was in a decline condition and housed only fifty monks, he regrouped, in 1640, all the kingdom's monasteries of this Order into the single congregation: the St. Maur Benedictine Congregation whose headquarters were in Blancs-Manteaux in Paris. This unification with the Maurists was not easily accepted by La Chaise-Dieu Benedictines: the maurist congregation was very centralized and La Chaise-Dieu lost self-government. In 1643, after cardinal Richelieu's death, the casadeans monks tried to question this unification. This request was fruitless, all the more reason they were weakened both in number of monks and in financial means.
During this period, the monks undertook to repair the abbey church devastated by the Huguenots. Pope Clement VI's tomb was rebuilt in the middle of the chancel and the statue could be replaced. The main altar, those in the lateral chapels as well as reredos date from this time.
In 1695, a fire destroyed most of the conventual buildings. They will be rebuilt in the 17th and 18th centuries.
The abbey became a retreat center for Jansenism. The casadean community accommodated Bishop Jean Soanen, of Senez, one of the fiercest appellants, who had been suspended from his episcopal functions and who was forced by the king to withdraw to La Chaise-Dieu. This maurist, spiritual and intellectual resurgence, had led to more numerous vocations. However the 18th century led to disaffection for monastic life. In 1790, the monks were not more than thirty and the rule was not any more applied with the same rigor.
The Revolution preserved the abbey's treasures. From 1789, the National Assembly decided put an end to monastic life:
The closing of the abbey was made without incident in February, 1790. The last Prior, Dom Pierre Terrasse, and all monks were released from their vows. Most were scattered. Dom Pierre Terrasse was appointed as mayor. He made sure that the Inventory be peacefully executed in March, 1790. He organized the dispersion of the important 5,853-book library either to St. Floor bishopric or to the Brioude municipality. On May 3rd, 1790, the day the monastery was taken over by the municipal officers, he asked « to be relieved from local duties ».
In 1792, the Republic decided to sell national properties. If the abbey church was comparatively protected by La Chaise-Dieu population, on the other hand, the abandoned abbey buildings were ransacked. In 1793, most of them were sold by auction to residents, among them certain returned-to-civil-life monks.
The Concordat, signed in 1801, by consul Napoleon Bonaparte and pope Pius VII, allowed to restore a relative calmness. The abbey church became the parish church and the three old parish churches were closed and destroyed.
Prosper Mérimée (1803-1870), parallel to his writer's career, was general inspector of historic monuments from 1834 till 1860. As such, he visited Auvergne in 1837; the report he published showed an obvious lack of interest for La Chaise-Dieu abbey. This did not prevent him from including the abbey buildings in the 1840 list of monuments requiring an intervention, nor from classifying them as "Historic monuments" in 1847. Mérimée's visit marked the beginning of the taking over of the buildings and the treasures (mainly the tapestries), owned by the village, by the Historic monuments administration. Important works were periodically carried out.
In 1966, the first concert given by Georges Cziffra became the Chaise-Dieu Festival. Its success and its renown were going to make the abbey church a music center in Europe.
In 1984, Bishop Louis-Pierre-Joseph Cornet, of Le Puy, invited a small community of St. Jean Brothers, which had just been founded, to take back monastic life in a proximity apostolate. He entrusted them with the animation of the abbey church and mainly the responsibility for the visits of this monument and treasures it contains not to mention architecture, history and many other things to be discovered. His successor, Bishop Henri-Marie-Raoul Brincard, entrusted them with La Chaise-Dieu parish which is made up of 11 villages in the Casadean plateau. The presence of the Brothers allows La Chaise-Dieu to go back to its monastic past, to a life mode nevertheless different from the former abbey, since it allows to mix the monastic prayer life with an apostolic life, mainly necessary in a very tourist place.
The Treasures
Among the abbey's treasures, there are 14th-century stalls, a rood screen and a 15th-cemtury "Dance of death" fresco, 16th-century tapestries, 17th- and 18th-century reredos, as well as a grandiose organ of the same period.
The "Dance of death" fresco is a 15th-century painting located on the church's north side aisle. The visitor can see the dead drawing away the living in a tragic and ridiculous saraband. Representations of death are not actually skeletal but still have skin on their bones and are jesting. The livings are divided in three panels, the powerful, the bourgeois and the population. The artist certainly made reference to the "Dance of death" located in of the Holy Innocents' cemetery in Paris (1424). This wall painting, today destroyed, included only men. It reached us through popular engravings that can be found in de Blois Manuscript, in the Print room of the National Library of France. It is difficult to accurately date the work. Most of the clothes are contemporary of Joan of Arc; therefore, it is possible that panels were executed around 1450, when Hugues de Chauvigny de Blot was abbot. It could make it the most ancient "Dance of death" found in Europe.
The 85-foot (26-metre) fresco stretches over the third, fourth and fifth bays. The work is made of three panels separated by two pillars giving the aspect of a triptych. Modestly lit by high lancet windows, it displays in a stream, 46 figures divided between 23 living and 23 dead or "chilled". Each of these figures has a height of about 4 feet (1.2 metre). Part of the second panel of the fresco is absent. This beyond repair damage is the result of the installation of a staircase leading to the pulpit, executed at the end of the 19th century and destroyed at the beginning of the 20th century. The fresco was restored in 1989. Dust, mossgreens, and seaweeds that had pervaded it for a long time were removed. The painting was never completed, alone the draft remains visible, colored in red ochre for the backgrounds and in yellow ochre for the soil on which the figures dance.
The abbey owns a second very special treasure: the tapestries in the monks' chancel ordered by abbot Jacques de Saint-Nectaire, whose coat of arms appears several times. They were woven between 1501, after the abbey reived its coat of arms from the king, and April 1518, because, in a document, it is mentioned that they were displayed on St. Robert's feast day. The main theme is original: the Old Testament announces the New Testament. In a period preceding the Reform where reading the Bible was a matter of debate, it answered a catechistic obvious intention. The 213-foot (65-metre) long, 14 pieces are installed above the stalls, all around the chancel. Originally there were 18 pieces. They are woven in wool blended by silk threads.
As for the 144 fine wooden laced stalls, a master carpenter's masterpiece, they would be the work of a Flemish sculptor. They were ordered by Jacques de Saint-Nectaire. Sculpted in oak, they cover the three sides of the chancel. A kind of sculpted wooden canopy tops them. The backside is made of a series of ogival archways supported by three small columns with capitals. The partition between the stalls is decorated with small columns supporting arm-rests.
The Exterior
The magnificent facade of the abbey church was erected in the 14th century. Financed by pope Clement VI, the building had to house his tomb. Of Languedoc Gothic style, its massive and austere look blends with the Livradois harsh climate. The door is ogival with triple slayed arches. On the dividing pier, a statue, probably St. Robert, receives the visitor and the pilgrim.
Originally, there were statues in the six alcoves of the portal, the tympanum and the pier. They were destroyed during the wars of religion in 1562. A central window and two ogival windows light the nave and the side aisles. Above them, three massive arches make up the entrance's defense system. They are topped by a gallery or round path linking both towers. The facade is 197 feet (60 metres) high. It is supported by massive multi-level buttresses. The main entrance is accessed through a fan-formed staircase erected in 1758, made up of about 40 steps and divided into landings which stretch on all over the facade width.
The massive Clementine tower, built in the apse of the abbey church, used to be called « cloakroom tower » or « Treasury tower ». Its « Clementine tower » designation will be given much later, in memory of Clement VI. Built in the 14th century on abbot Jean de Chandorat's initiative, works were stopped for lack of funds. Gregory XI, new pope and Clement VI's nephew, made a point of honor of completing the tower. Powerful defense tower endowed with crenellations and with machicolations, it is supported on the soil by powerful piers and by buttresses. It was used as donjon, as loft, to keep the relics treasure and as shelter for the monks. When, in 1562, Huguenot attacks became particularly violent, the monks could stay in the shelter and preserve necessities to survive. Once upon a time, this tower had a well called St. Robert fountain. Its water was renowned to calm down fever. An important 147-step spiral staircase serves the tower floors.
The Organ
Abbey archives mention the construction of an organ in 1683. It is the « small organcase » and the gallery still extant. The organbuilder remains unknown. It was ordered by commendatory abbot Hyacinthe Serroni who was a sumptuous seigneur arriving from the court of France in cardinal Mazarin's circle. He probably wanted to erect a sumptuous decor as Baroque Italians loved. The organ gallery is above the large main door and uses the whole width of the central nave. Built and sculpted in pine, it was executed by Cox. This Flemish not much known sculptor worked in the Rhône valley and in Auvergne. The whole gallery is supported by four atlas and beautiful lion heads whose opened mouths let out garland of flowers and fruits. The balcony is decorated with angels musicians and cherubs accompanied with St. Caecilia and king David as well as Hyacinthe Serroni'a coat of arms. The decor is not probably entirely from the same artist. It is in line with the French baroque decor style. This design was already very archaic for the end of the 17th century. It is one of the last large organ decorative programs. Later, organcases tend to be more restrained. Few things are known about the tonal structure of this instrument restricted to the Positif's 13 stops and played from a 48-note keyboard located behind the organcase. It was not completed, probably because of the abbot's bankruptcy.
Under Louis-René-Édouard Cardinal of Rohan-Géméné's tenure, works resumed in 1726. Parisian organbuilder Marin Carouge was entrusted with the construction of an organ to be included in a second-hand organcase dating before 1700. It completed the 1683 instrument. The organ was then quite similar to the existing one. It had about 40 stops spreaded over four manuals and pedal. New pipework was to be installed in the main organcase. This new pipework was different style when compared to the 1683 Positif pipework. This second organcase offers a classical Louis XIV style, although dating 12 years after Louis XIV's death. Marin Carouge did not look for the organcases homothety, contrary to what was normally done. In fact, the main organcase came probably from another organ. The main organcase sculptures are less polished than those of the Positif. Just look at the musician angels statues at the top of the large turrets. It is high quality work, by an anonymous artist, but very similar to what Pierre Vaneau and his circle executed in Le Puy during the same period.
Two interventions took place during the 18th century. In 1779, Jacques Prades, from Sommières in Bas-Languedoc, executed a reconstruction of the bellows. At the end of the 18th century, the Positif's windchest is replaced. A 54-note windchest, probably a former Grand-Orgue windchest, replaced the former 48-note windchest (of 1683?).
This organ was probably played for the last time on March 18th, 1791. Seals were affixed on the instrument. It seems to have been vandalized during the revolutionary rage, but its organcases were spared. In 1832, there are concerns about the organ. The church council entrusted organbuilder Frédéric Crateman, from Bern in Switzerland, to restore the organ. The project was abandoned. On July 4th, 1903, the organcases are classified as "historic monuments". Various projects were sketched (Michel Merklin and Kuhn in 1912, Durand in 1951 and Roethinger in 1967) but none will be undertaken. From time to time, there are minimal restorations on the organcases and, in 1958, organbuilding firm Merklin replaced the facade pipes. It will be necessary to wait for the impulse given in 1966 by pianist Georges Cziffra for the organ to finally be revitalized. The instrument is classified as "historic monument" on October 23rd, 1970. In 1976, organbuilder Dunand, of Villeurbanne, completed an important reconstruction. Windchests, bellows and actions are revised with great care. Pipework, new, except about 50 18th-century wooden pipes, was made according to François-Henri Clicquot's scales. For the first time in 180 years, the organ sounded under the abbey church's vaults. This restoration tended to recreate the organ as it was at the end of the 18th century. Alas, results did not meet the expectations. The instrument quickly degraded and, in 1990, it was again wheezy and hardly playable.
In 1990, a limited restoration was entrusted to organbuilder Michel Garnier, of Lille. In fact, it quickly appeared impossible to be satisfied with a patching up. The Historic Monuments administration preferred launching a complete restoration to give back the instrument all its brightness. The local authorities, town officials, general council and regional council members supported this project with a lot of effectiveness. Michel Garnier worked from 1990 till 1995 and the results are sumptuous. He built a new organ like the one in Souvigny, on Carouge's old windchests.
La Chaise-Dieu organ is a typical French classical organ. There are 40 stops over Marin Carouge's four manuals (Positif, Grand-Orgue, Récit and Écho) and pedal. The pedal has an F0 double octave.
The abbey church benefits from generous acoustics, due to the tapestries which prevent too strong an echo, on the other hand, the rood screen is a dreadful obstacle for the spreading of sound. It was therefore necessary to give the instrument more power and brightness without becoming shrilling. Michel Garnier showed special voicing talents and the richness and broadness of the reed chorus can be appreciated by all. It does not prevent the subtlety of the detail stops.
The instrument is used in all Sunday liturgies and all the time when masses are celebrated in the abbey church. It regained the place which was devolved to it. Amateurs can discover it on "organ days" organized each year. Major French or foreign organists are invited. Naturally, the privileged repertoire comes from the 17th- and 18th-century French school organ masters: Boyvin, Couperin, Grigny, Corette, Dandrieu, etc. Works from Bach and other classic German works as well as some contemporary works can be performed. The sound could become somewhat strange due to the temperament, but it is full of charm.
I. Positif de dos |
II. Grand-Orgue |
|||
|---|---|---|---|---|
| Montre | 8' | Bourdon | 16' | |
| 1Dessus de Flûte | 8' | Montre | 8' | |
| Bourdon | 8' | Bourdon | 8' | |
| Prestant | 4' | Prestant | 4' | |
| Flûte à cheminée | 4' | Flûte à cheminée | 4' | |
| Nazard | 2 2/3' | Grosse Tierce | 3 1/5' | |
| Doublette | 2' | Nazard | 2 2/3' | |
| Tierce | 1 3/5' | Doublette | 2' | |
| Larigot | 1 1/3' | Quarte | 2' | |
| 2Cornet | III | Tierce | 1 3/5' | |
| Plein-Jeu | V | 2Cornet | V | |
| Trompette | 8' | Fourniture | IV | |
| Cromorne | 8' | Cymbale | III | |
| Voix humaine | 8' | 1ere Trompette | 8' | |
| Clairon | 4' | 2e Trompette | 8' | |
| Clairon | 4' | |||
III. Récit |
IV. Écho |
|||
|---|---|---|---|---|
| Cornet | V | Flûte | 8' | |
| Trompette | 8' | Prestant | 4' | |
| Cromorne | 8' | |||
| Cornet | III | |||
Pédale |
|
|---|---|
| Flûte | 8' |
| Trompette | 12' |
| Clairon | 6' |
| 1 | À partir de / From: c1 | |
| 2 | À partir de / From: c2 |