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Didier, 1898
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La première église de Laon est due au général comte Émile qui fait bâtir un petit édifice de culte de 50 mètres ( 164 pieds) de long dédié à Notre-Dame. L'importance prise par la ville oblige la construction d'une nouvelle cathédrale dédiée à Saint-Sauveur et à Sainte-Marie. La nouvelle cathédrale est consacrée le 6 septembre 800 en présence de Charlemagne.
Sous les Capétiens, une nouvelle église romane est construite sur ordre de l'évêque Elinand. En 1112, une insurrection communale aboutit à la mort de l'évêque et à l'incendie de la cathédrale. Elle est restaurée dès 1113 par l'évêque Barthelemi de Jur.
En 1155, l'évêque Gautier de Mortagne prend la décision de reconstruire totalement la cathédrale dans un nouveau style. Le style gothique « primitif » garde encore la robustesse du style roman. Cette cathédrale est l'une des premières cathédrales gothiques de France, remarquable par sa taille et la multitude de ses influences. Les dimensions de la cathédrale (110 mètres - 328 pieds de long, 31 mètres - 102 pieds de large, 24 mètres - 79 pieds sous voûte) sont représentatives de la puissance des évêques de Laon, ancienne capitale du royaume à l'époque carolingienne. La construction débute par le choeur et le grand transept. Le choeur, avec ses 45 mètres (47 pieds), est le plus long de l'époque gothique. Son voûtement comme son élévation latérale sont semblables à ceux de la nef, d'où la frappante homogénéité de l'édifice. Le transept, construit jusqu'en 1180, frappe par l'ampleur de son architecture: profond de 54 mètres (177 pieds), large de 22 mètres (72 pieds), entouré de très larges bas-côtés, il apparaît comme une deuxième église à l'intérieur de l'édifice. Comme dans le reste de la cathédrale, l'élévation se fait en quatre parties. Ainsi, du sol jusqu'à la voûte, se succèdent de grandes arcades soutenues par de gros piliers à l'influence romane prononcée, des tribunes éclairées par des fenêtres, un triforium aveugle bordé de minces colonnettes et des fenêtres hautes permettant un éclairage abondant de l'édifice.
La nef, composée de dix travées, mène au transept dominé par la tour-lanterne. Cette tour lanterne, à la croisée du transept, est particulièrement surprenante: la construction de tour lanterne étant caractéristique de l'art gothique normand. La façade occidentale est considérée comme la première façade gothique. Elle comporte trois grands porches abritant des portails ornés de sculptures et de voussures. La façade est également composée de trois étages comprenant une rosace encadrée de deux fenêtres, une galerie à jour en trois parties et deux tours ornées de boeufs de pierre à chaque angle. Leur présence s'explique par une légende locale selon laquelle des boeufs, miraculeusement apparus, auraient prêté main forte en 1113 au chantier de réhabilitation de l'église romane incendiée.
La cathédrale dispose de cinq tours, achevés vers 1240, remarquables par leur nombre et par leur légèreté (chaque tour est totalement évidée). Chaque tour quoique ressemblante est unique: la tour de droite de la façade a été modifiée par les événements (à l'origine, elle se terminait par une flèche que les révolutionnaires ont abattue) alors que la tour nord, dite Thomas Becket (en souvenir de l'accueil du prélat anglais en fuite dans la ville de Laon) est la plus haute (60 mètres / 197 pieds alors que les autres tours font 56 mètres) dispose, à chaque angle, de tourelles octogonales.
Cependant, le chantier n'est pas exempt de problèmes: l'instabilité de l'ensemble obligea l'architecte à transformer le chevet de la cathédrale en chevet plat renforcé par de puissants contreforts. La cathédrale a subi aussi de nombreuses transformations: au XIVe siècle, la façade du transept sud est modifiée; au XVIe siècle, les chapelles de la nef et du choeur sont fermées par des devantures renaissance.
En 1790, le diocèse de Laon est supprimé est le territoire est rattaché à Soissons. La cathédrale devient donc une simple église paroissiale. Elle ne retrouvera jamais son statut initial.
La cathédrale fut classée parmi les Monuments historiques dès 1840 mais menaçait ruine. Après de vibrants plaidoyers, surtout de Prosper Mérimée, les travaux de restauration indispensables furent entrepris en 1846, sous la supervision de Émile Boeswillwald, et s'achevèrent à la veille de la Première Guerre mondiale, sauvant la cathédrale du désastre.
L'orgue
Du premier instrument construit entre 1698 et 1700 sur les conseils de Nicolas Lebègue, il ne reste plus aujourd'hui qu'un magnifique buffet construit en 1697 par Pierre Puget, classé « Monument Historique » en 1971 (la partie instrumentale le sera en 1979).
C'est après la réfection de la cathédrale par Viollet Le Duc, que le facteur d'orgue Henri Didier, d'Epinal, construit un instrument entièrement neuf qu'il place dans le buffet conservé et augmenté pour l'occasion. L'instrument est inauguré, le 19 février 1899, par Fernand de La Tombelle et Charles Tournemire.
En 1984, le facteur d'orgue Erwin Müller entreprend une restauration complète qui sera achevée par Bernard Dargassies. Aujourd'hui, l'orgue est dans un remarquable état de conservation, tant sur le plan de la tuyauterie que de la mécanique. La console dispose de toutes les combinaisons disponibles à l'époque, tirasses, accouplements, appels d'anches, orage, octaves graves, et dispose de deux claviers expressifs, le Récit et le Positif. La transmission des jeux est mécanique, et le tirage des notes se fait par machine Barker.
Le buffet est actuellement composé d'un grand corps de Montre en 16 pieds, réparti en cinq tourelles et six plate-faces, dont l'entablement en V épouse la forme de la rosace. Le buffet d'origine était délimité par les deux grandes tourelles de 5 tuyaux de 16 pieds. C'est sans doute lors de la reconstruction de l'orgue par Didier que le grand corps a été élargi en ajoutant de chaque côté du buffet une plate-face de 7 tuyaux se prolongeant jusqu'aux piliers de la nef. Le buffet du Positif, réplique de la partie centrale du grand corps, n'a plus aujourd'hui qu'un rôle décoratif. L'ensemble mesure environ 15 mètres (49 pieds) de haut sur 12 mètres (39 pieds) de large.
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The first church in Laon was a small 164-feet long (50 m) building built by General Count Emile and dedicated to Notre-Dame. The city's expansion and importance led to the construction of a new cathedral dedicated to the Holy Saviour and St. Mary. The new cathedral is consacrated on September 6, 800 in the presence of Charlemagne.
Under the Capetians, a new Romanesque church is built by Bishop Elinand. In 1112, a urban uprising resulted in the bishop's death and the destruction of the cathedral. The restoration began in 1113 by Bishop Barthelemi de Jur.
In 1155, Bishop Gautier de Mortagne decides to build a complete new cathedral and in a new style. Sturdiness present in Romanesque style is still featured in early Gothic style. This cathedral is one of the first Gothic cathedrals in France, remarquable by it size and the vast number of influences. The dimensions of the cathedral (328 feet - 110 m long, 102 feet - 31 m wide, 79 pieds - 24 m under the vault) show the power and influence exerted by the bishops of Laon, former kingdom's capital in the Carolingian era. The construction began with the chancel and the large transept. Its 147-feet (45 m) long chancel is the longest of the Gothic era. The striking homogeneity of the building comes from the cancel's vault and its lateral elevation which are similar to those of the nave. The transept, under construction until 1180, is striking by the extent of its architecture: 177 feet (54 m) deep, 72 feet (22 m) wide, surrounded by very large aisles, it looks like a second church inside the building. Throughout the cathedral, the elevation is in four parts. So, from the floor to the vault, follow large archways supported by large Romanesque inspired pillars, galleries brightened by windows, a blind triforium lined with small colums and high windows allowing plenty of light into the building.
The ten-bay nave leads to the transept crowned by a lantern tower. This lantern tower, at the transept crossing, is particularly amazing: the construction of a lantern tower is a characterictic of the Norman Gothic style. The west façade is considered to be the first Gothic façade. There are three large porches housing portals decorated with sculptures and springs. The façade is divided into three storeys, first a rose window flanked by two windows, an open gallery in three sections, and two bell-towers decorated with stone oxen at each corner. Their presence is explained through a local legend claiming that, in 1113, miraculously materialized oxen came to help at a critical point in the restoration of the Romanesque church.
The cathedral has five bell-towers, completed by 1240, remarquable by their lightness (each tower is completely hollowed). Each tower, although they look alike, is unique: the tower on the right of the façade has been modified by events (originally, it was topped by a spire that was knocked down during the Revolution) while the north tower, known as Thomas Becket (in memory of the welcome granted by the city of Laon to the Engligh prelate who was on the run) is the highest (197 feet/60 m while the others are 184-feet/56 m high) and has, on each corner, octogonal turrets.
However, the building is not exempt from problems: instability in the whole building forced the atchitect to alter the cathedral's chevet into a flat one and reinforced by strong butterresses. Many modifications were brought to the building over the years: in the 14th century, the façade of the south transept is modified; in the 16th century, chapels in the nave and in the chancel are closed by Renaissance frontages.
In 1790, the Laon diocese is eliminated and the territory is brought under the jurisdiction of Soissons. The cathedral becomes a mere parish church. It will never regain its original status.
The cathedral is classified by the Historic Monuments Commission in 1840 but was in danger of collapsing. After vibrant speeches, mainly by Prosper Mérimée, essential restoration works were carried out in 1846 under the supervision of Émile Boeswillwald, and were completed on the eve of the World War I, recuing the cathedral from disastrer.
The Organ
From the first instrument built between 1698 and 1700 based on Nicolas Lebègue's recommandations, only the magnificent organ case remains. It was built in 1697 by Pierre Puget and is classified as Historic Landmark" in 1971 (the instrumental part of the organ will be classified in 1979).
After the cathedral had been restored by Viollet Le Duc, organ builder Henri Didier, from Epinal, was commissionned to built a new instrument to be housed inside the preserved organcase that was enlarged for the occasion. The instrument is inaugurated, on February 19, 1899, by Fernand de La Tombelle and Charles Tournemire.
In 1984, organbuilder Erwin Müller was commissionned to execute a complete restoration that would be completed by Bernard Dargassies. Today, the organ is in a remarquable state of preservation, both pipework and action. The console has all available combinations in those days, couplers, reeds ventils, storm, bass octaves, and has two enclosed divisions, Récit and Positif. Stop action is mechanical and key action is made through a Barker machine.
The organcase is actually made up of a large main 16' Montre section, divided into five turrets and six flats, whose V-shaped entablature embraces the rose window. The original organcase is delimited by the two large five 16'-pipe turrets. Without doubt it is when the organ was rebuilt by Didier that the main organcase was enlarged adding, on each side of the organcase, a 7-pipe flat extending up to the pillars of the nave. The Positif organcase, a replica of the central part of the main organcase, now only plays a decorative role. Overall, the organcase is 49 feet (15 m) high and 39 feet (12 m) wide.
II. Grand-Orgue |
I. Positif |
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|---|---|---|---|---|
| Montre | 16' | Bourdon | 16' | |
| Bourdon | 16' | Bourdon | 8' | |
| Montre | 8' | Salicional | 8' | |
| Bourdon | 8' | Unda Maris | 8' | |
| Flûte harmonique | 8' | Principal | 8' | |
| Violon | 8' | Flûte majeure | 8' | |
| Prestant | 4' | Flûte chalumeau | 4' | |
| Flûte douce | 4' | Fugara | 4' | |
| Grosse quinte | 2 2/3' | Quinte-Flûte | 2 2/3' | |
| Doublette | 2' | Doublette | 2' | |
| Plein-jeu progressif | III-VI | Basson | 8' | |
| Cornet 8' | II-V | Clarinette | 8' | |
| Basson | 16' | Basson-Hautbois | 8' | |
| Trompette | 8' | Trémolo | ||
| Clairon | 4' | |||
III. Récit |
Pédale |
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|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Soubasse | 32' | |
| Cor de nuit | 8' | Soubasse | 16' | |
| Voix céleste | 8' | Flûte | 16' | |
| Viole de gambe | 8' | Violoncelle | 16' | |
| Flûte traversière | 8' | Quinte | 10 2/3' | |
| Flûte octaviante | 4' | Violoncelle | 8' | |
| Octavin | 2' | Basse | 8' | |
| Piccolo | 1' | Corni Dolci | 4' | |
| Plein-jeu progressif | II-V | Bombarde | 16' | |
| Bombarde | 16' | Trompette | 8' | |
| Bombarde | 8' | Clairon | 4' | |
| Trompette harmonique | 8' | |||
| Basson-Musette | 8' | |||
| Voix humaine | 8' | |||
| Clairon harmonique | 4' | |||
| Trémolo | ||||