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L'ancienne cathédrale Saint-Sacerdos est une cathédrale catholique romaine située à Sarlat-la-Canéda, dans le département de la Dordogne. Elle porte le titre de co-cathédrale du diocèse de Périgueux et Sarlat. Elle est classée « monument historique » en 1840.
Historique
Dès le IXe siècle, sous le règne de Charlemagne, un monastère bénédictin, l'abbaye Saint-Sauveur, est fondé. Le monastère change d'appellation lorsqu'il reçoit les reliques de saint Sacerdos, nommé vulgairement Sadroc ou Sardoc, évêque de Limoges mort vers 720. Une première église a été bâtie sur les ruines d'un temple romain dont on a conservé le portail. Il est placé sous la protection de l'empereur Charles le Gros, en 886. Au Xe siècle, le monastère devint un lieu de pèlerinage et des maisons commencent à s'installer autour.
Vers 940, Bernard, comte de Périgord, donne la terre et la juridiction de Sarlat aux Bénédictins alors que l'abbaye fait partie, avec Paunat, Belvès, Périgueux, Brantôme et Terrasson, des six grandes abbayes du Périgord. Elle est la seule à avoir été épargnée par les Vikings, car située à l'écart de la rivière Dordogne et de ses affluents. Cette église carolingienne fut reconstruite entre 1125 et 1160. Il n'en subsiste que les deux premiers niveaux du clocher-porche. Par une bulle, en 1153, le pape Eugène III confirme les possessions de l'abbaye qui incluent l'église Saint-Sacerdos et ses dépendances. La paroisse fait donc dès lors partie du temporel de l'abbaye. Cette bulle sera confirmée en 1170.
En 1289, l'Abbé et les moines donnèrent au roi de France leur temporel en pairage. Le roi de France devenait donc coseigneur du territoire.
En 1317, le pape Jean XXII érige le diocèse de Sarlat en même temps que plusieurs autres diocèses catholiques de la région de l'Aquitaine, à la suite de la victoire des forces royales françaises sur les armées cathares albigeoises. L'abbaye devient le siège du nouvel évêché et l'église abbatiale en devient la cathédrale. L'année suivante, l'Abbé Raimond de Roquecor est nommé premier évêque. À partir du XIVe siècle, évêques et consuls, remplaçant les abbés, se partagent le pouvoir jusqu'à la Révolution.
Une reconstruction fut entreprise en 1504, l'évêque Armand de Gontaud-Biron confie à Pierre Esclache la mission d'élever une nouvelle cathédrale, réalisée au début sous les ordres du maître maçon Blaise Bernard. Les premières pierres des deux chapelles du choeur sont bénites par l'évêque en 1505. Les travaux furent intermittents, en 1519, faute d'argent, et aussi en raison des guerres et des épidémies. En 1531, une fenêtre est percée au troisième étage du clocher-porche pour faciliter le passage d'une cloche.
En 1561, le monastère, qui a donné naissance à la ville, disparaît alors que le chapitre est sécularisé. En 1562, les Huguenots, commandés par le marquis de Duras, attaquent la ville, mais les habitants se défendirent vigoureusement et Duras, ayant appris que les troupes du roi commandées par Montluc et Burie s'approchaient, se retire vers la Saintonge.
Le 22 février 1574, un huguenot, le capitaine Vivans, surprit cette ville par le moyen de plusieurs gentilshommes qui s'y étaient retirés sous prétexte d'y passer l'hiver. Ces impies rançonnèrent la bourgeoisie et massacrèrent plusieurs personnes dans leurs maisons, et entre autres, Pons, le premier archidiacre, et Pierre de Silagnac, chantre de la cathédrale. Selon leur courume, ils pillèrent les églises et brûlèrent les reliques, et surtout les restes de saint Sacerdos.
Après la fin des guerres de religion, au début du XVIIe siècle, les travaux reprennent par la construction par la dernière travée de la nef. Les travaux de construction s'achevèrent seulement dans les années 1680. Les voûtes de la nef et du choeur furent construites de 1682 à 1685, sous l'épiscopat de François III de Salignac de la Mothe-Fénelon, oncle et parrain de Fénelon, précepteur du Dauphin et archevêque de Cambrai.
En 1706, le portail romain qui se trouvait dans le clocher-porche est supprimé et remplacé par un portail classique tandis que les statues qui le surmontent sont médiévales, mais de provenance et datation imprécises. Le beffroi en forme de bulbe du clocher-porche est réalisé au cours du XVIIIe siècle.
Le diocèse de Sarlat est supprimé en 1790 et son territoire est rattaché à celui de Périgueux.
Architecture
Quoique réutilisant certaines parties romanes de l'ancienne abbatiale, le style général de la cathédrale est gothique d'inspiration nordique avec la présence de deux vaisseaux collatéraux.
Le clocher roman date du XIIe siècle est la partie la plus ancienne de l'édifice, il a succédé à une construction carolingienne et a subi des évolutions.
Les orgues
L'orgue de tribune
Le 19 mars 1749, grâce à des dons et des legs, le chapitre de la cathédrale commande les travaux d'édification d'un orgue à François L'Épine père, facteur à Toulouse. Toutefois, l'instrument sera réalisé par le jeune Jean-François L'Épine (1732-1817) aidé par Antoine Guillain Dupont. Le 23 mai 1752, il y eut un contrat de sous-traitance avec le facteur Nicolas Dupont, de Paris.
Ce grand huit-pieds fut l'objet d'un rapport élogieux émis par Dom François Bedos de Celles lors de sa réception le 22 octobre 1752. La décharge complète fut signée le 27 octobre 1752. L'instrument est placé sur un piédestal en nid d'hirondelle au mur du fond de la grande nef, au-dessus du portail d'entrée. On ignore quels artistes furent responsables de l'édification du piédestal, de la tribune et du buffet.
Un premier relevage fut, sans doute, effectué en 1770 par François-Henri Clicquot. C'est probablement pour cette raison que cet instrument lui a été longtemps faussement attribué.
Pendant la Révolution, l'orgue est sauvé par l'organiste Dominique Chauchat (1751-1823).
Entre 1847 et 1850, le facteur Philibert Bessodès, d'Albi, restaure l'instrument qui est réduit à trois claviers manuels et 37 jeux. De plus, le Récit est rendu expressif, le diapason est haussé et une nouvelle soufflerie est installée.
En 1932, le facteur Claude Hermelin effectue un relevage et apporte des modifications mineures.
Le 24 avril 1952, la partie instrumentale de l'instrument est classée « monument historique ».
Entre 1962 et 1964, la maison Haerpfer-Erman restaure l'instrument afin qu'il se rapproche de l'instrument d'origine et le ramène à quatre claviers manuels. Les travaux, qui ont suscité une certaine polémique, sont inaugurés par Marie-Claire Alain le 17 juillet 1964.
Le 9 novembre 1976, le buffet de l'instrument est classé « monument historique ».
Entre mai 2001 et mai 2005, l'orgue est démonté et restauré par le facteur Bertrand Cattiaux (partie instrumentale) et l'atelier Férignac (buffet et sculptures). Le 15 mai 2005, l'orgue est béni par Mgr Michel Mouïsse, évêque de Périgueux-Sarlat, et inauguré par Michel Bouvard devant une cathédrale comble.
Le buffet est constitué d'un grand corps à 5 tourelles et d'un positif à 3 tourelles. Il repose sur une tribune en nid d'hirondelle. Les deux portraits en médaillons à la basse des tourelles externes du grand corps pourraient représenter Jeanne Loys de la Pomarède, bienfaitrice de la cathédrale et Henri Jacques de Montesquiou, évêque de Sarlat à partir de 1747. Le biseau du plus grand tuyau de la Montre du Grand-Orgue porte la mention : « cette montre a etes fait par Antoine Guillain Dupont native de la ville d'Arras capital d'Artois mars 1742 ».
L'orgue de choeur
À la suite de la restauration du grand orgue de tribune en juin 2005, les autorités et l'organiste ont demandé au facteur Bertrand Cattiaux d'étudier une reconstruction de l'orgue de choeur à l'abandon depuis les années 1970. Cet orgue a été initialement fabriqué et installé par le facteur Philibert Bessodès en 1850 puis révisé par Jean Bernard en 1970.
Grâce à un mécène, le projet est lancé et, le 4 juin 2006, le nouvel orgue est inauguré.
L'orgue est placé dans le choeur, sur le côté gauche. Le buffet comprend 3 tourelles et 2 plates faces. La console est en fenêtre. Il possède un clavier de 51 notes et pédalier de 30 notes. Ces éléments proviennent de l'ancien grand orgue de tribune alors que 200 tuyaux proviennent de l'ancien orgue de choeur.
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The former St. Sacerdos cathedral is a Roman Catholic cathedral located in Sarlat-la-Canéda, in the Dordogne department. It carries the title of co-cathedral of the Périgueux and Sarlat diocese. It is classified as an "historical monument" since 1840.
Backgrounds
Under Charlemagne's reign, in the 9th century, a Benedictine monastery, St. Saviour Abbey, was founded. The monastery changed it name when it received St. Sacerdos' relics, commonly known as Sadroc or Sardoc, bishop of Limoges who died around 720. One first church was built on the ruins of a Roman temple whose portal was preserved. In 886, the abbey was put under emperor Charles the Fat's protection. In the 10th century, the monastery became a place of pilgrimage and houses were built near it.
Around 940, Bernard, count of Périgord, donated the land and the jurisdiction over Sarlat to the Benedictines while the abbey was with Paunat, Belvès, Périgueux, Brantôme and Terrasson, one of the six main abbeys in Périgord. It was the only one to have been spared by the Vikings, because it was located away from the Dordogne River and its affluents. This carolingian church was rebuilt between 1125 and 1160. Only the first two floors of the tower-porch are extant. In 1153, Pope Eugene III, in a bull, confirmed that the abbey's assets includes St. Sacerdos church and its outbuildings. The parish was then part of the abbey's the temporal. This bull was confirmed in 1170.
In 1289, the Abbot and the monks gave their temporal to the king of France in twinning. Therefore, the king of France became coseigneur of the territory.
In 1317, Pope John XXII established the diocese of Sarlat at the same time as several other Catholic diocese of the Aquitaine region, following the French royal victory over the Cathar Albigensian armies. The abbey became the seat of the new diocese and its church became the cathedral. The following year, Abbot Raimond de Roquecor was appointed as first bishop. Ever since the 14th century, bishops and consuls, replacing the abbots, shared power up to the Revolution.
A reconstruction was undertaken in 1504, Bishop Armand de Gontaud-Biron entrusted Pierre Esclache with the mission of building a new cathedral, executed at the beginning under the supervision of master bricklayer Blaise Bernard. The first stones of both chancel chapels were blessed by the bishop in 1505. Construction was intermittent, in 1519, for lack of money and also due to wars and epidemics. In 1531, a window was pierced on the third floor of the tower-porch in order to be let a bell inside the tower.
In 1561, the monastery, which gave birth to the city, was closed and the chapter was secularized. In 1562, the Huguenots, led by the marquis of Duras, attacked the city, but the residents vigorously defended themselves and Duras, when he was informed that the Kings' troops led by Montluc and Burie were coming, left towards the Saintonge region.
On February 22nd, 1574, a Huguenot, captain Vivans, took the city by surprise using several gentlemen who were established in the city on the pretext of staying there for the winter. These impious persons held the middle class to ransom and slaughtered several persons in their houses among others, Pons, the first archdeacon, and Pierre de Silagnac, the cathedral's cantor. According to their customs, they ransacked the churches and burned relics especially St. Sacerdos' remains.
After the wars of religion were ended, early in the 17th century, construction works resume with the last bay of the nave. Construction ended only in the 1680s. The nave and chancel vaults were built from 1682 till 1685, under the episcopacy of François III de Salignac de la Mothe-Fénelon, Fénelon's uncle and godfather, Dauphin's tutor and archbishop of Cambrai.
In 1706, the Roman portal which was in the tower-porch was removed and replaced with a Classical portal while the statues towering it are medieval, but of vague source and dating. The tower-porch's bulb belfry was built in the 18th century.
The Sarlat diocese was abolished in 1790 and its territory was attached to Périgueux diocese.
Architecture
Though reusing the former abbey church's Romanesque elements, the cathedral's general style is Nordic-inspired Gothic with the presence of two side-aisles.
The Romanesque bell tower dates from the 12th century and is the most ancient part of the building, it succeeded a carolingian construction and was subjected to modifications.
The Organs
Gallery Organ
On March 19th, 1749, thanks to donations and bequests, the cathedral chapter ordered the construction of an organ to François L'Épine Sr, organbuilder in Toulouse. Nevertheless, the instrument will be built by young Jean-François L'Épine (1732-1817) with the help of Antoine Guillain Dupont. On May 23rd, 1752, there was a subcontract with Nicolas Dupont, of Paris.
This large eight-foot instrument was the object of a complimentary report issued by Dom François Bedos de Celles during its reception on October 22nd, 1752. Full discharge was signed on October 27th, 1752. The instrument was installed on a pedestal in a swallow's nest on the end wall of the nave, above the entrance portal. Artists who participated in the construction of the pedestal, the gallery and the organcase are not known.
A first renovation was, probably, performed in 1770 by François-Henri Clicquot. It is for this reason that this instrument was erroneously ascribed to him for a long time.
During Revolution, the organ was saved by organist Dominique Chauchat (1751-1823).
Between 1847 and 1850, organbuilder Philibert Bessodès, of Albi, restored the instrument that was reduced to three manuals and 37 stops. Besides, the Récit was enclosed, the diapason was raised and a new blower was installed.
In 1932, organbuilser Claude Hermelin executed a renovation and carried out minot modifications.
On April 24th, 1952, the instrumental components were classified as "historical monument".
Between 1962 and 1964, the Haerpfer-Erman organbuilding firm restored the instrument so that it would get closer to the original and restored it to four manuals. Works, which provoked a certain debate, were inaugurated by Marie- Claire Alain on July 17th, 1964.
The organcase was classified as "historical monument" on November 9th, 1976.
Between May 2001 and May 2005, the organ was dismantled and restored by organbuilder Bertrand Cattiaux (instrumental components) and the Férignac workshops (organcase and sculptures). On May 15th, 2005, the organ was blessed by Bishop Michel Mouïsse, of Périgueux-Sarlat, and inaugurated by Michel Bouvard in front of a packed cathedral.
The organcase has a 5-turret main case and a 3-turret Positif case. It rests on a gallery in a swallow's nest. Both medallions in the lower section of the external turrets of the main case could represent Jeanne Loys de la Pomarède, a benefactor of the cathedral and Henri Jacques de Montesquiou, bishop of Sarlat from 1747. The languid of the largest pipe of the Grand-Orgue Montre bears the mention: « This Montre has been made by Antoine Guillain Dupont, a native of Arras, the capital of Artois, March 1742 ».
The Chancel Organ
Following the restoration of the gallery organ in June 2005, authorities and the organist asked organbuilder Bertrand Cattiaux to study a reconstruction of the chencel organ which is disused since the 1970s. This organ was initially built and installed by organbuilder Philibert Bessodès in 1850 and revised by Jean Bernard in 1970.
Thanks to a patron of the arts, the plan got under way and, on June 4th, 2006, the new organ was inaugurated.
The organ located in the chancel, on the left side. The organcase has 3 turrets and 2 flats. The console is attached. It has a 51-note manual and a 30-note pedalboard. These elements come from the former gallery organ while 200 pipes come from the former chancel organ.
I. Positif de dos1 |
II. Grand-Orgue1 |
|||
|---|---|---|---|---|
| Montre | 8' | Bourdon | 16' | |
| Bourdon | 8' | Montre | 8' | |
| Prestant | 4' | Bourdon | 8' | |
| Nazard | 2 2/3' | Grand Nazard | 5 1/3' | |
| Doublette | 2' | Prestant | 4' | |
| Tierce | 1 3/5' | Grosse Tierce | 3 1/5' | |
| Larigot | 1 1/3' | Nazard | 2 2/3' | |
| Plein-Jeu | VI | Doublette | 2' | |
| Trompette | 8' | Quarte de Nazard | 2' | |
| Cromorne | 8' | Tierce | 1 3/5' | |
| Fourniture | V | |||
| Cymbale | IV | |||
| Cornet | V | |||
| Trompette | 8' | |||
| Voix humaine | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
III. Récit |
IV. Écho |
|||
|---|---|---|---|---|
| Cornet | V | Cornet | V | |
| Trompette | 8' | |||
Pédale3 |
|
|---|---|
| Bourdon (GO) | 16' |
| Flûte | 8' |
| Flûte | 4' |
| Nazard | 2 2/3' |
| Quarte | 2' |
| Tierce | 1 3/5' |
| 2Trompette | 8' |
| 2Clairon | 4' |
| 1 | Ravalement au A0 sur C#1 / A0 double octave on C#1 | |
| 2 | Ravalement au F0 sur F#0 / F0 double octave on F#0 | |
| 3 | Pédalier à l'allemande / Flat pedalboard |
Clavier manuel |
Pédale |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 8' | Tirasse permanente | ||
| Montre | 4' | Permanent pulldown | ||
| Flûte | 4' | 1Soubasse | 16' | |
| 2Nazard | 2 2/3' | |||
| 2Doublette | 2' | |||
| 2Tierce | 1 3/5' | |||
| 1Plein-jeu | ||||
| 2Cromorne | 8' | |||
| 1 | Non installé / Not installed | |
| 2 | Basse et dessus / Bass and treble |