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Cavaillé 1789 / Sals 1984
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L’abbaye de Saint-Guilhem ou abbaye de Gellone est une abbaye bénédictine fondée en 804 par un aristocrate aquitain de l'époque carolingienne Guillaume de Gellone (v. 742-812) dans un lieu de la vallée de l'Hérault alors à l'écart de toute présence humaine, un « désert », le vallon de Gellone. L'abbaye fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840. Elle est également inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO au titre des chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France depuis 1998.
Le toponyme « dau Desèrt » date de l'époque où le terroir était dévégétalisé par les pratiques d'élevage des trop nombreux habitants du bourg. Toute forme de végétation avait un emploi pour l'alimentation du bétail ou le chauffage. Ces pratiques paysannes de subsistance ont duré jusqu'au début du XXe puis ce fut la déprise agricole du fait de l'exode rural.
À l'origine, l'abbaye est appelée abbaye de Gellone, puis abbaye de Guillaume après son décès en 812 et enfin abbaye de Saint-Guilhem après sa canonisation en 1066.
Au cours de la Révolution française, la commune porte provisoirement le nom de Verdus-le-Désert.
Historique
La fondation de l'abbaye de Gellone s'inscrit dans le contexte de la conquête franque de l'Occitanie, arrivant après l'occupation par les Wisigoths suivie de celle des Musulmans. Pépin le Bref (715-748) puis Charlemagne (742-814) s'efforcent de mettre en place une nouvelle structure administrative tandis que Benoît d'Aniane, un très haut noble d'origine germanique, et Guilhem, comte de Toulouse, se chargent de la reprise en main religieuse. Le premier fonde l'abbaye d'Aniane dans les années 780, et le second, Guilhem, fonde en 804, deux « cellas » (cellules) de l'abbaye d'Aniane, Notre-Dame-de-Caseneuve à Goudargues (Gard) et Saint-Sauveur-de-Gellone, située actuellement dans l'Hérault, dans un lieu proche d'Aniane, mais encore un peu plus écarté.
Guillaume de Gellone (Guilhem en occitan) est, à la fin du VIIIe siècle, comte de Toulouse et duc d'Aquitaine. Il est le petit-fils de Charles Martel et, par sa mère, cousin de Charlemagne avec qui il a été élevé. Il suivra le parcours de son ami, Benoît d'Aniane, en se retirant de la vie laïque après une carrière militaire bien remplie et en effectuant une donation à Gellone le 14 décembre 804. L'abbaye de Gellone est restée sous l'autorité d'Aniane jusqu'au début du Xe siècle, avant d'être suffisamment prospère pour être indépendante. Le premier abbé de Gellone connu est Juliofred. Guillaume, qui est simplement moine, y passe la fin de sa vie. Il y meurt en 812. Son corps fut déposé en premier dans l’ancien narthex puis sera élevé une première fois dans la crypte vers l’an 1000 puis une deuxième fois dans l’abside en 1138 dans un sarcophage antique en marbre blanc placé dans le sanctuaire derrière l’autel.
C’est Guillaume lui-même qui traça les plans de son futur monastère. Il avait avec lui des maîtres ouvriers qualifiés qui l’aidèrent dans sa tâche. Les travaux débutèrent par le chevet et Guillaume en posa les premières pierres en 804. Jusqu'en 1090, l'abbaye dépend d'Aniane alors qu'elle devient indépendante grâce au pape Urbain II.
Au Moyen-Âge, l'abbaye détient des reliques précieuses, comme un morceau de la Sainte Croix, offert par Charlemagne à Guilhem. Avec la vogue des pèlerinages, cette relique et le culte de la sépulture de Guilhem attirent des foules de pèlerins. L'abbaye devient une étape très importante sur le « chemin d'Arles », un des itinéraires vers Saint-Jacques-de-Compostelle. L'abbaye se trouve sur le territoire du diocèse de Lodève alors que l'abbaye d'Aniane, toute proche, relève du diocèse de Maguelone.
Au début du XIe siècle, l'Abbé Pierre Ier fait reconstruire l'abbaye. Commencés vers 1030, l'abbatiale et le cloître sont représentatifs du « premier art roman méridional ». La campagne de travaux est marquée par la consécration d'un autel à saint Guilhem en 1076. C'est à cette époque que des chansons mettront en scène un personnage fougueux engagé dans des combats acharnés contre les Sarrasins. Des troubadours commencèrent alors la composition de la « Geste de Guilhem d'Orange » qui s'inspire d'une légende épique autour de Guilhem et qui contribuera grandement à sa renommée et à celui de l'abbaye.
À son apogée, l'abbaye devait compter une centaine de moines, la moitié résidant au monastère, les autres établis dans des prieurés dépendant de Gellone.
À partir de 1465, les abbés commendataires nommés par le roi ne vivaient plus dans l’abbaye, mais touchaient les subsides. Ceci entraîna un mauvais entretien du bâtiment, car les abbés préféraient garder pour eux les revenus engendrés par l’abbaye. La direction du monastère était alors réglée par un prieur. L’abbaye était en état de délabrement et allait devoir affronter les guerres de religion. En 1569, le monastère est pillé par les troupes protestantes venues d’Aniane et de Gignac. Sans garnison pour défendre l’abbaye, les moines menacés décidèrent d’abandonner le monastère à l’ennemi après avoir mis en lieu sûr les reliques et objets précieux qu’ils envoyèrent à Lodève caché dans des tonneaux de vin portés par des ânes. Ils enterrèrent les tables de marbre des autels dans le cimetière pour éviter leur profanation. Les religionnaires pillèrent et saccagèrent l’abbaye, mais ne trouvèrent pas les pièces les plus précieuses. Les moines purent revenir et réparer les dégâts, mais en 1570, des hérétiques rebelles semaient encore la terreur à Saint-Guilhem et, pour se défendre, les moines firent appel à une garnison, mais ils durent vendre l’argenterie de l’église pour subvenir aux besoins de cette garnison. Jusqu’en 1620 l’abbaye fut pauvre et se dégrada. En 1624, il y avait 16 moines et 3 prêtres. Les guerres civiles et religieuses de cette époque ruinèrent le monastère qui dut vendre des terres afin de subvenir à ses besoins à la fin du XVIe siècle.
La décadence du monastère entraîna un appel aux moines Bénédictins de la congrégation de Saint-Maur afin de redonner vie au monastère. En 1632, un traité fut signé entre l’abbé de Saint-Guilhem et le supérieur de la congrégation de Saint-Maur. Mais ce n’est qu’en 1644 que le monastère va retrouver sa splendeur d’antan. Les Bénédictins vont réhabiliter le monastère (cloître, sacristie, réfectoire, cuisine…). Ils restaurèrent l’église avec des stalles de bois sculptés dans la tribune. En 1679, ils aménagèrent le sanctuaire. Des deux autels romans encore en place, on décida de n’en faire qu’un que l’on plaça au fond de l’église. En 1701, un nouveau maître autel avec un retable en bois doré fut installé dans l’abside. En 1702, on installa le bénitier en marbre à l’entrée de la nef. En 1738, les reliques de saint Guilhem furent placées dans une châsse d’argent surmonté du buste de saint Guilhem que l’on portait lors des processions. Des tableaux retraçant les principales étapes de sa vie furent placés dans l’église. Les moines mauristes reconstituèrent la bibliothèque et les archives du monastère. Les archives furent déposées dans des salles à l’abri des incendies.
Au début du XVIIIe siècle, les moines mauristes entreprirent l’édification d’un nouveau monastère au sud de l’abbaye médiévale. Établi sur une terrasse artificielle enjambant la rivière Verdus, il comprenait à l’origine 3 corps de bâtiments entourant une cour ouverte vers le sud et prolongée d’un jardin. Au rez-de-chaussée, de vastes salles voûtées qui servaient aux réunions de la communauté et, à l’étage, les cellules des moines.
À la Révolution, seulement six moines de Saint-Maur vivent à Saint-Guilhem. L'abbaye est alors vendue comme bien national et l'église devient l'église paroissiale du village. Une filature et une tannerie sont installées dans le monastère. Le cloître, vendu à un maçon, fait office de carrière de pierres.
En 1840, l'administration des Monuments historiques prend l'abbaye en charge. Des restaurations successives donnent un nouveau lustre aux bâtiments sauvés de la destruction. Néanmoins, en 1906, un collectionneur américain, George Grey Barnard, achète à Pierre de Vernière, juge à Aniane, un ensemble d'éléments sculptés du cloître aujourd'hui intégré à une reconstitution du cloître présenté au musée « The Cloisters » à New York.
Depuis la fin des années 1970, l'abbaye a retrouvé sa vocation première. Une communauté du Carmel de Saint-Joseph, religieuses non cloîtrées, anime une maison d’accueil pour des séjours de réflexion ou de ressourcement. Elles accueillent les pèlerins.
Architecture
Le porche date du XIIe siècle et le clocher du XVe siècle. La tour a été élevée sur le porche en 1449 dans le cadre des fortifications en vue des guerres de religion. Cette tour était en réalité un donjon composé de deux étages de salles voûtées en dessous de la chambre des cloches. La tour Saint-Martin est le deuxième vestige de l’église du Xe siècle. C’est un petit édifice carré, peu élevé situé dans la première travée de l’église romane. Elle est écrasée par la masse du haut clocher carré du XVe qui surmonte le portail. Elle fut bâtie avec les mêmes matériaux que pour la crypte. Elle ne possède qu’une fenêtre étroite et rectangulaire. La première sépulture de saint Guilhem aurait été située au bas de cette tour typique de la période pré-romane. L'abside est percée, à l'extérieur, de 18 niches.
Le choeur est un chef-d'œuvre du premier art roman. Il remplace le sanctuaire carré de l’église primitive dont il ne reste que la crypte dont les restes ont été exhumés en 1962-63. Le choeur comporte une étroite travée droite à laquelle succède un vaste cul-de-four. Le mur de raccord qui les sépare est percé d'une croix flanquée de deux oculi. Le chevet est la partie la plus élégante de l'abbatiale. Deux contreforts soutiennent l'abside centrale au large diamètre. Une galerie de petites arcades cintrées, soulignée par une frise de redents, court sous la toiture. Les chapiteaux qui encadrent les fenêtres du premier niveau sont richement sculptés de motifs végétaux. Les absidioles sont ornées d'arcades aveugles parfois percées d'étroites meurtrières. On trouve également des redents sous la toiture.
La nef surprend par sa grande hauteur (18 mètres de haut) pour une largeur de seulement 6 mètres et une longueur de 30 mètres avec ses quatre travées étroites (2,50 mètres) et ses arcs doubleaux. Elle est précédée d'un clocher porche et d'un narthex et s'étend ensuite sur trois travées. La nef et les deux collatéraux sont voûtés en berceau en plein cintre. Quelques fenêtres sont percées au-dessus de ses grandes arcades cintrées. Les bras du transept comportent une travée coupée horizontalement par une tribune reposant sur une croisée d'ogives. Des absidioles semi-circulaires s'ouvrent sur chaque bras. Elles sont éclairées par trois baies meurtrières et voûtées en cul-de-four.
L'autel de Guilhem dit l'autel du Sauveur a échappé aux destructions. Il s'agit d'un autel en marbre blanc et calcaire noir, incrusté de pâte de verre de couleurs (bleu, jaune, rouge, vert, violet), que Guilhem aurait ramené d'Aix-la-Chapelle. Le panneau de gauche représente le Christ en majesté dans une mandorle, entouré des symboles des évangélistes. Le panneau de droite représente le Christ en croix, entouré de la Vierge et de saint Jean. À droite et à gauche de la croix, le soleil et la lune. Au bas de la croix, des morts sortent de leur tombeau. C'est probablement l'ancien maître-autel qui fut installé en 1076. Il fut remplacé, vers 1770, par un grand autel polychrome baroque en marbre de Carrare avec des statues d’anges en marbre blanc.
Le « Sacramentaire de Gellone » est un livre datant de l'époque de Charlemagne (fin du VIIIe siècle) et servant aux moines pour la célébration des cérémonies. Ce manuscrit est aujourd'hui conservé à la Bibliothèque nationale de France. L'iconographie pré-romane est très riche et justifie l'importance de ce document.
La construction du cloître comprend trois périodes. La première qui est conservée se situe au XIe siècle pour l'aile nord et ouest avec un petit morceau sur la partie est. Elle ne comprend que peu de sculpture. La seconde période est la réalisation des galeries est et sud et à l'étage avec la construction le long des promenoirs nord et ouest. Cet ensemble est daté de 1205 et est doté de sculptures. La troisième période se situe vers 1300 et concerne la fermeture du cloître dans ses parties hautes au sud et à l'est. Cette partie comporte les colonnettes octogonales à chapiteaux prismatiques. Dans ce cloître, la décoration sculpturale laisse entrevoir la trace de quatre ateliers : deux de style roman, avec des feuilles d'acanthe et des personnages longilignes, les visages sans expression et deux de style gothique avec des personnages très naturels.
Le cloître a été démantelé et ne possède plus que deux galeries (galerie nord, une partie de la galerie ouest). Le cloître à l'origine comportait un premier étage construit à la fin du XIIe siècle. La galerie nord est percée par une série d'arcades géminées, en plein cintre, reposant sur une colonnette centrale. Les sculptures du cloître ont été vendues à Barnard en 1906. Quelques pièces sont conservées à la Société archéologique de Montpellier.
L'orgue
De 1782 à 1789, Jean-Pierre Cavaillé, grand-père du célèbre Aristide Cavaillé-Coll, travaille à la construction d’un orgue devant comprendre 27 jeux sur 3 claviers et pédalier au coût de 3 000 francs. Il est inauguré, avec seulement 18 jeux, le jour de Pâques 1789. Mais la Révolution l’empêche de terminer son œuvre. Toutefois, l’orgue est jouable, mais sans le Positif dorsal dont seuls le buffet et le clavier sont en place. L'instrument est de facture française selon les règles de Dom Bedos, mais il est également marqué par des tonalités ibériques. Il fut construit tout en hauteur à cause de l’étroitesse de la nef. Il se compose d’un grand buffet baroque à deux corps en noyer sculpté. Le buffet principal possède cinq tourelles couronnées d’anges musiciens et de trophées d’instruments de musique.
En 1790, le Positif n'est toujours pas construit et malgré un acompte de 600 livres versé par les moines, le facteur quitte la France pour la Catalogne espagnole où il avait épousé, en 1767, Marie-Françoise Coll, laissant l'orgue de Saint-Guilhem inachevé. Son organiste titulaire, J. Laffond, le sauve à deux reprises : la première fois en 1792, en lui évitant la refonte de sa tuyauterie afin d’en récupérer l’étain grâce à des airs révolutionnaires joués au moment de la saisie; puis en 1804, en évitant son déménagement dans la nouvelle église Notre-Dame-des-Tables, de Montpellier, par la substitution, sur les documents officiels, du nom de Saint-Guilhem-le-Désert pour celui Saint-Thibéry. En 1818, c’est au tour du conseil de fabrique et de la population de s’opposer à son déménagement pour Lunel.
En 1866, l'instrument fait l'objet d'un relevage sans modification par Jean-Baptiste Puget, à l’exception de la pose d’un système de réglage des claviers et d’un accouplement Récit/GO.
Durant la Première Guerre mondiale, Félix Raugel redécouvre l’instrument et le signale comme exceptionnel. Puis, en 1941, le facteur Maurice Puget effectue un relevage et l'instrument est inauguré par Joseph Roucairol, titulaire de l’orgue de la cathédrale Saint-Pierre de Montpellier. En 1953, Edmond Costa le dépoussière à la suite de travaux de restauration de l’édifice de l’abbatiale.
En 1968, le facteur Alain Sals, d'Entrechaux (Vaucluse), effectue un relevage complet et l’inauguration est assurée par Michel Chapuis; des disques sont alors produits et c’est le début de la notoriété pour cet authentique « orgue historique ». Le Positif dorsal est toujours vide et muet et, dès 1971, sous l’impulsion de Monique Bernat, l’association « les Amis de Saint-Guilhem » et Alain Sals élaborent un projet pour parfaire la restauration et achever l’œuvre de Jean-Pierre Cavaillé. Le 8 avril 1974, l’instrument est classé « Monument historique » et le buffet, le 6 mai 1975. Le projet est accepté par les autorités.
En 1981, le buffet est entièrement restauré par l’entreprise Férignac, de Hautefort (Dordogne). En 1984, Alain Sals termine la mise en place de la partie instrumentale du Positif dorsal qui se trouve ainsi pourvu des 9 jeux prévus originellement, ainsi que la restauration des trois soufflets cunéiformes, recuirés et rendus actionnables manuellement comme à l’origine. L’inauguration a lieu le 6 octobre 1984 par Odile Bailleux.
En 2000, des travaux de restauration, supervisés par Jean-Pierre Decavèle pour la Commission des monuments historiques et par Pierre Perdigon, sont réalisés par Alain Sals sur des éléments originaux de Jean-Pierre Cavaillé jamais révisés depuis plus de deux siècles : sommiers du Grand-Orgue, du Récit et de la Pédale, tuyaux attaqués par la lèpre de l’étain, réglage des anches, parties métalliques oxydées de la transmission. À cette occasion, le tempérament mésotonique à cinq tierces justes d’après Dom Bedos, retenu en 1984, a été modifié en adoucissant la partition sur ré# et sol#, ainsi que l’harmonisation du Positif dorsal avec l’adoption d’un plafond plus bas pour sa mixture.
Largement inspiré de la facture française classique décrite par Dom Bedos de Celles, dans « l'Art du facteur d'orgues », il n'en demeure pas moins que cet orgue présente une influence ibérique marquée (douceur des fonds, couleur des cornets, vivacité permanente des trompettes). Ceci s'explique par les nombreuses visites et les liens intimes tissés par Cavaillé avec la Catalogne espagnole. Il est l'un des derniers orgues au sud de la Loire et à l’ouest du Rhône construits sous l’Ancien Régime (avant la Révolution). En outre, il est l'un des trois orgues du XVIIIe siècle authentiquement « historiques » de l'Hérault avec Saint-Pons-de-Thomières et Saint-Chinian.
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St. Guilhem or Gellone Abbey is a Benedictine abbey founded in 804 by William de Gellone (c. 742-812), an Aquitaine nobleman from the Carolinian era, in a location in the small Gellone valley away from any human presence, a "desert". The abbey was classified as an "historic monument" in the 1840 list. It is part of the UNESCO worldwide heritage as one of French ways to Santiago de Compostella since 1998.
The "dau Desèrt" toponym dates from the era when the land was devegetalized by the cattle breeding practices of the too many village residents. Any form of vegetation went for stock feeding or for heating. These rural living practices lasted till the beginning of the 20th century when the residents left the area.
The abbey is originally called Gellone Abbey, then Guillaume's Abbey after his death in 812, and finally St. Guilhem Abbey after his canonization in 1066.
At the Revolution, the village was temporarily called Verdus-le-Désert.
History
The foundation of Gellone abbey belongs to the era of the French conquest of Occitania, right after the occupation by the Wisigoths and of the Muslims. Pépin le Bref (715-768) then Charlemagne (742-814) tried hard to set up a new administrative structure while Benoît d'Aniane, a nobleman of German origin, and Guilhem, count of Toulouse, were responsible for religious revival. Benoît founded the Aniane Abbey in the 780's, while Guilhem, founded in 804, two "cella" (cells) from the Aniane Abbey, Notre-Dame-de-Caseneuve in Goudargues (Gard) and Saint-Sauveur-de-Gellone, located nowadays in Hérault, in a location near Aniane, but still a little far away.
Guillaume de Gellone (Guilhem in occitan) was, at the end of the 8th century, count of Toulouse and duke of Aquitaine. He was Charles Martel's grandson and, through his mother, Charlemagne's cousin with whom he was brought up. He will follow his friend, Benoît d'Aniane, by leaving lay life after a well filled military career and by making a donation to Gellone on December 14th, 804. Gellone Abbey stayed under the authority of Aniane till the beginning of the 10th century, before thriving enough to be independent. The first known abbot of Gellone was Juliofred. Guillaume, who was a simple monk, stayed there till his death in 812. His body was first deposited in the former narthex then was brought up a first time in the crypt around year 1000 then a second time, in 1138, in the apse, in an ancient white marble sarcophagus put in the sanctuary behind the altar.
Guillaume himself designed the plans for the monastery. Skilled master workers helped him. Works started with the apse and Guillaume laid down the first stones in 804. Until 1090, the abbey was supervised by Aniane when it became independent thanks to Pope Urbain II.
In the Middle Ages, the abbey received precious relics, such as a piece of the Holy Cross, given by Charlemagne in Guillaume. This relic and the worship of Guillaume's burial attracted crowds of pilgrims. The abbey became a very important stop on the « way of Arles », one of the relays towards Satiago de Compostella. The abbey was on the territory of the Lodève diocese while the Aniane Abbey, nearby, was in the Maguelone diocese.
Early in the 11th century, Abbot Pierre Ist rebuilt the abbey. Started by 1030, the abbey church and the cloister are examples of the "first southern Romanesque art". Works are marked by the consecration of the St. Guilhem altar in 1076. It was in that time that songs will depict an ardent figure engaged in fierce battles against the Saracens. Troubadours then began the composition of "Gesture of Guilhem of Orange" based on an epic legend around Guilhem and which will greatly contribute to his renown and of the abbey.
At its peak, there were a hundred of monks in the abbey, half living in the monastery and the other half living in priories supervised by Gellone.
From 1465, the commendatory abbots appointed by the king did not live any more in the abbey but received allowances. This situation led to poor maintenance of the buildings because they preferred keeping for them incomes generated by the abbey. A prior supervised the monasteries. The abbey was in a dilapidated condition and was going to have to face the wars of religion. In 1569, Protestant troops coming from Aniane and from Gignac ransacked the monastery. Without a garrison to defend the abbey, the threatened monks decided to leave the monastery to the enemy after safeguarding relics and precious objects which were sent to Lodève hidden in wine barrels carried by donkeys. They buried the altars' marble tables in the graveyard to avoid their profanation. Troops ransacked and vandalized the abbey but did not find the most precious objects. The monks came back and repaired the damages but in 1570, heretic rebels still terrorized the population in Saint-Guilhem and the monks, to defend themselves, called on a garrison but they had to sell the church's silver plates to pay for this garrison. Until 1620, the abbey was poor and the buildings deteriorated. In 1624, there were 16 monks and 3 priests. The civil and religious wars of that time ruined the monastery who had to sell lands to meet its needs at the end of the 16th century.
The decline of the monastery led to call the Benedictine monks of the St. Maur congregation who were going to give the monastery a new life. In 1632, a treaty was signed between the St. Guilhelm abbot and the superior of the St. Maur congregation. The monastery will have to wait until 1644 to find its bygone splendor. The Benedictines rehabilitated the monastery (cloister, sacristy, refectory, kitchen...). They restored the church with wood sculpted stalls in the gallery. In 1679, the sanctuary was refurbished. With both Romanesque altars still in place, they decided to use only one and they installed it in the end of the church. In 1701, a new main altar with a golden wooden reredos was installed in the apse. In 1702, they installed the marble font at the entrance of the nave. In 1738, St. Guilhelm's relics were put in a silver shrine crowned by a bust of St. Guilhem which they carried during processions. Paintings depicting scenes from his life were installed in the church. Maurist monks reconstructed the monastery's library and archives. Archives were deposited in fireproof rooms.
Early in the 18th century, Maurist monks undertook the construction of a new monastery south of the medieval abbey. Built on an artificial terrace spanning over the Verdus River, it was originally made up of 3 series of buildings encircling a courtyard opened southward and extended by a garden. On the ground floor, large vaulted rooms were used for community meetings. Monks' cells were located on the second floor.
At the Revolution, only six St. Maur monks lived in St. Guilhem. The abbey was then sold as a national asset and the church became the village's parish church. A spinning mill and a tannery were installed in the monastery. The cloister, sold to a bricklayer, was used as a stone quarry.
In 1840, Historic Monuments Commission took charge of the abbey. Successive restorations gave new luster to buildings saved from destruction. However, in 1906, an American collector, George Grey Barnard, bought from Pierre de Vernière, a judge in Aniane, a group of sculpted elements from the cloister that are today inserted into the reconstitution of the cloister in the "The Cloisters" Museum in New York City.
Since the end of the 1970's, the abbey was returned to its original vocation. A St. Joseph Carmel congregation, unclustered nuns, operates a home for personal and spiritual growth activities. They accommodate pilgrims.
Architecture
The porch dates from the 13th century and the bell tower from the 15th century. The tower was erected over the porch in 1449 as part of the fortifications in the wars of religion. In fact, this tower was a donjon with two-storeyed vaulted rooms under the room of bells. The St. Martin tower is the second remnant from the 10th-century church. It is a small square building, not very tall, erected in the first bay of the Romanesque church. It is dwarfed by the mass of the high square 15th-century bell tower which tops the portal. It was built with the same materials as for the crypt. It has only one narrow and rectangular window. St. Guilhelm's first burial would have been located at the foot of this pre-Romanesque styled tower.
The chancel is a masterpiece from the first Romanesque art. It replaces the square sanctuary of the first church of which only the crypt is extant and was exhumed in 1962-63. The chancel includes a straight narrow bay which is followed by a large semidome. The joining wall which separates them is pierced by a cross flanked by two oculi. The apse is the most elegant section of the abbey church. Two buttresses support the central large diameter apse. A gallery of small vaulted arches, underlined by a crowfoot frieze, runs under the roofing. The capitals framing the first-level windows are richly sculpted with plant designs. Absidioles are adorned with blind arches sometimes pierced by narrow loopholes. They are also crowsteps under the roofing. The apse, on the exterior, is pierced with 18 alcoves.
The nave surprises by its tall height (18 metres high) for an only 6-metre width and a 30-metre length with its four narrow bays (2,50 metres) and its traverse arches. It is preceded by a steeple porch and by a narthex and then stretches over three bays. The nave and its side aisles are semi-circular barrel vaulted. Windows are pierced above the large vaulted arches. The arms of the transept include a bay cut horizontally by a gallery resting on a junction of ogives. Semicircular absidioles open to every arm. They are lit by three loopholes and semidome vaulted bays.
Guilhem's altar or the Savior's altar avoided destruction. It is a white marble and black limestone altar, inlaid with colored glass paste (blue, yellow, red, green, purple), which Guilhem would have brought back from Aachen. The left panel represents Christ in majesty in a mandorla, surrounded by the symbols of the Evangelists. The right panel represents the Crucifixion, surrounded by the Virgin and St. John. To the right and to the left of the Cross, the sun and the moon. At the foot of the Cross, deaths go out of their tomb. It is probably the former main altar installed in 1076. It was replaced, by 1770, with a large Carrara marble Baroque polychrome altar with white marble angel statues.
The "Gellone Sacramentary" is a book dating from the Charlemagne era (end of the 8th century) and was used for the monks for the settings of ceremonies. This manuscript is today kept in the National Library of France. Pre-Romanesque iconography is very rich and justifies the importance of this document.
The construction of the cloister spans over three periods. The first preserved one dates from the 11th century and includes the North and West wings with a fragment of the Eastern one. These sections do not have much sculptures. The second period is the construction of East and South galleries and on the the second floor, the North and West walkways. This group dates from 1205 and is endowed with sculptures. The third period dates from 1300 and concerns the high sections of the cloister in the South and in the East. This section includes octagonal small columns with prismatic capitals. In this cloister, sculptural decoration lets foresee the use of four workshops: two of the Romanesque style, with acanthus leaves and the lanky figures, faces without expression, and two of the Gothic style with very natural figures.
The cloister was dismantled and only two galleries are extant (north gallery, part of the west gallery). The original cloisters included a first floor built at the end of the 12th century. The north gallery is pierced by a series of semi-circular paired arches resting on a central small column. Cloister sculptures were sold to Barnard in 1906. Some pieces are preserved in the Montpellier Archeological Society.
The Organ
From 1782 till 1789, Jean-Pierre Cavaillé, grandfather of famous Aristide Cavaillé-Coll, worked on the construction of a 3-manual and pedal, 27-stop organ costing 3,000 francs. It was inaugurated, with only 18 stops, on Easter Sunday 1789. However the Revolution prevented its completion. Nevertheless, the organ was playable but without the back Positif whose organcase and keyboard were in position. The instrument is typical of the French organbuilding school according to Dom Bedos' rules but it is also shows Iberian influences. It was built vertically because of narrowness of the nave. It has a large walnut sculpted Baroque double organcase. The main organcase has five turrets crowned with angels musicians and musical instruments trophies.
In 1790, the back Positif was not still built in spite of a 600-pound down payment provided by the monks, the organbuilder left France for the Spanish Catalonia where he had married Marie-Françoise Coll, in 1767, leaving the St. Guilhelm organ incomplete. Its organist, J. Laffond, saved it twice: first, in 1792, by preventing the melting of its pipework to recover tin thanks to revolutionary airs played at the time of seizure; and in 1804, by preventing its transfer in the new Notre-Dame-des-Tables church, in Montpellier, by substituting, on the official documents, the name of St. Guilhem-le-Désert for that of St. Thibéry. In 1818, the church council and the population opposed its transfer to Lunel.
In 1866, the instrument was renovated without modification by Jean-Baptiste Puget, except for the installation of a regulating system for keyboards and a Récit/GO coupler.
During the First World war, Félix Raugel rediscovered the instrument and reported it as special. Then, in 1941, organbuilder Maurice Puget executed a renovation and the instrument was inaugurated by Joseph Roucairol, organist at St. Pierre cathedral in Montpellier. In 1953, Edmund Costa rejuvenated it following restoration works on the abbey church building.
In 1968, organbuilder Alain Sals, of Entrechaux (Vaucluse), executed a full renovation and the instrument was inaugurated by Michel Chapuis; recordings are then produced and it is the beginning of notability for this genuine "historic organ". The back Positif organcase was always empty and silent and, from 1971, at Monique Bernat's instigation, the association "Friends of St. Guilhem" and Alain Sals worked out a plan to complete the restoration and to complete Jean-Pierre Cavaillé's work. On April 8th, 1974, the instrument was classified "Historic monument" and the organcase, on May 6th, 1975. The project was then accepted by the authorities.
In 1981, the organcase was entirely restored by Férignac, of Hautefort (Dordogne). In 1984, Alain Sals completed the installation of the pipework in the back Positif which was then endowed with the 9 stops originally planned, as well as the restoration of the three wedge-bellows, releathered and manually operable as they were originally. Inauguration took place on October 6th, 1984 by Odile Bailleux.
In 2000, restoration works, supervised by Jean-Pierre Decavèle from the Historic Monuments Commission and by Pierre Perdigon were executed by Alain Sals on Jean-Pierre Cavaillé's original elements, never reviewed for more than two centuries: Grand-Orgue, Récit and Pedal windchests, pipework damaged by tin leprosy, regulation of reeds, oxidized metal transmission parts. At the same time, Dom Bedos' pure five thirds of the meantone temperament, preserved in 1984, was modified by softening the d# and g# partitions, as well as the voicing of the back Positif with the introduction of a lower ceiling for its mixture.
Largely based on the classical French organ school represented by Dom Bedos de Celles, in « the Art of the organbuilder », nonetheless this organ introduces an important Iberian influence (softness of foundations, colour of cornets, permanent briskness of the trumpets). This can be explained by the numerous visits and private links tying Cavaillé to Spanish Catalonia. It is one of the last organs south of the Loire and west of the Rhône built under the Ancient Regime (before Revolution). Beside, it is one of three genuinely 18th-century "historic" organs in the Hérault department with St. Pons-de-Thomières and St. Chinian.
I. Positif de dos |
II. Grand-Orgue |
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|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 8' | Montre | 8' | |
| Prestant | 4' | Bourdon | 8' | |
| Nazard | 2 2/3' | Flûte | 4' | |
| Doublette | 2' | Prestant | 4' | |
| Tierce | 1 3/5' | Nazard | 2 2/3' | |
| Larigot | 1 1/3' | Doublette | 2' | |
| Plein Jeu | IV | Quarte | 2' | |
| Trompette | 8' | Tierce | 1 3/5' | |
| Cromorne | 8' | Fourniture | III | |
| Cymbale | IV | |||
| Grand Cornet | V | |||
| Trompette | 8' | |||
| Cromorne | 8' | |||
| Voix humaine | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
III. Récit |
Pédale |
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|---|---|---|---|---|
| Cornet | V | Flûte | 8' | |
| Trompette | 8' | |||