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Orgue de tribune / Gallery organ Aubertin, 2004
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Orgue de choeur / Chancel organ Gutschenritter, 1965
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L'île Saint-Louis fut constituée sous Louis XIII par la réunion de l'île Notre-Dame et de l'île-aux-Vaches séparées par un petit canal qui fut comblé en 1614. C'est Christophe Marie qui fut chargé de cette remarquable opération d'urbanisme.
Une première chapelle paroissiale, ouverte en 1623, est placée sous la titre de Notre-Dame-de-l'Île. C'est en 1642 que Louis XIV décide de la construction d'une église plus vaste selon les plans de François Le Vau et c'est à cette occasion qu'elle fut placé sous le vocable de saint Louis. Le choeur, conçu par Louis Le Vau, fut construit de 1664 à 1679. Faute de crédits, les travaux durent cesser. La nef et le transept furent construits de 1702 à 1726. L'église se distingue par son étroit clocher ajouré, dressé en 1765, avec une flèche à jour qui fut rajoutée en 1741 ainsi qu'une horlogue de fer ouvragé.
Fermée à la Révolution mais très vite rendue au culte, rachetée en 1817 par la ville de Paris qui en assure depuis lors l'entretien, elle est enrichie de nombreuses oeuvres d'art en particulier grâce à l'abbé Louis-Auguste-Napoléon Bossuet, curé de la paroisse de 1864 à 1888.
L'église est, à l'extérieur, d'une grande sobriété; dépourvue de façade principale à l'ouest, elle se confond avec les maisons de la rue axiale de l'île dans le prolongement desquelles elle fut construite. Le portail qui ouvre, au nord, à la hauteur de la première travée, a conservé ses beaux vantaux sculptés du XVIIe siècle que dominent, à l'imposte, deux anges qui soutiennent un écusson. Le clocher est charmant: avec sa haute flèche à jour, très originale et très imprévue, il se situe, en plein XVIIIe siècle, dans la ligne du gothique finissant, bien que sa partie supérieure affecte la forme d'un obélisque classique.
Long de 60 mètres, l'intérieur comprend une nef de trois travées qui est voûtée de berceaux à pénétrations et flanquée de bas-côtés voûtés d'arêtes. Au-delà du large transept dont les murs de fond des croisillons s'incurvent intérieurement, le choeur, formé de trois travées et d'un gémicycle aplaati, est entouré d'un déambulatoire que bordent des chapelles inscrites, à l'est, dans un chevet carré. L'ornementation, fort abondante, a été exécutée d'après les dessins de Jean-Baptiste de Champaigne. Ainsi en est-il des sculptures du choeur, du transept et de la nef. Les dorures et les trompe-l'oeil qui confèrent à l'église son apparence de salon, ne doivent pourtant pas lui être imputés; ils sont l'oeuvres des indiscrets restaurateurs du XIXe siècle.
L'orgue
Le vestibule recouvert d'une voûte en anse de panier, qui forme la tribune des orgues, est de forme rectangulaire et couronné par un entablement dont la frise est chargée de croix et d'arabesques dorées. L'arcade offre, en guise de clef, une grande coquille accompagnée d'instruments de musique et de feuilles d'acanthe, dans le style rocaille: au centre de la coquille se détache la tête couronnée du saint Roi; au-dessous, dans des nuages et des rayons, apparaissent deux têtes de chérubins; le centre de la corniche fait une légère saillie pour supporter le positif.
L'ancien orgue de cette église était vers 1750, desservi par Louis le Fèvre. L'instrument fut entièrement relevé par Clicquot, pendant qu'Éloi-Nicolas Miroir était le titulaire, mais au cours des années que dura la fermeture de l'église pendant l'époque révolutionnaire, cet orgue, qui était demeuré en place sur sa tribune jusqu'en 1797, disparut en même temps que les pièces d'archives qui auraient pu nous renseigner sur sa valeur et son importance.
À ses frais, l'abbé Bossuet, curé de la paroisse, fit installer un nouvel instrument en 1888. On a surtout cherché à masquer la nudité du mur pignon par les hautes boiseries. Le Positif repose sur un soubassement dont les lignes se raccordent à celle de la balustrade qui sert de clôture à la tribune; le grand corps comprend deux étages superposés comme à la Madeleine. L'étage inférieur se divise en trois grandes baies composées d'arcades plein-cintre dont la clef est décorée d'une écusson et remplies par de grands tuyaux de montre; l'étage supérieur qui présente deux arcades plein-cintre est épaulé par deux piliers surmontés d'un fronton triangulaire et accosté des deux ailerons. Mais cet étage resta vide pendant fort longtemps, les ressources limitées de la fabrique n'ayant d'abord permis que l'acquisition d'un petit orgue de 15 jeux sorti des ateliers de Merklin; l'organiste Arthur Dodement s'en contenta de 1892 à 1912.
Ce n'est qu'en 1923 qu'il fût possible de loger, dans ce vaste décor, un instrument plus considérable sorti des ateliers de Charles Mutin et comptant 34 jeux répartis sur 3 claviers manuels et pédale.
En 1977, devant un état tel de délabrement qu'il devenait injouable, l'organiste titulaire de l'époque, Georges Guillard, déclare forfait et élabore un projet pour un nouvel orgue.
En 1983, la ville de Paris forme un projet élaboré par Georges Guillard, et soutenu par l'Association des grandes orgues de Saint-Louis-en-l'Île, de construire dans cet église un nouvel orgue afin de permettre aux grands organistes français ou étrangers d'interpréter et d'enregistrer, à Paris, les oeuvres de la littérature baroque, contribuant ainsi au renouveau de l'enseignement de l'orgue en France et à son rayonnement hors frontières puisque cette église offre une excellente acoustique et est parfaitement adaptée pour interpréter la musique baroque nord-allemande et celle de Jean-Sébastien Bach.
En 1993, la commission technique des orgues de Paris approuve le principe de ce projet. Il est prévu d'en confier la réalisation au facteur Jürgen Ahrend. Cependant, par respect de la loi, la ville lance un appel d'offres. Le 3 juin 1999, sur les 11 facteurs ayant fait acte de candidature, le projet a été attribué (la proposition de Jürgen Ahrend est écartée pour vice de forme) à Bernard Aubertin, en raison d'une part de la meilleure adéquation de son instrument à l'idéal sonore de Jean-Sébastian Bach et, d'autre part, de l'intégration de son projet de buffet d'orgue plus achevé et plus adapté à l'architecture de l'église.
La construction de cet instrument s'est déroulée sur une période de six ans et au coût de 1 million d'euro (1.3 million$) par une équipe d'environ douze ouvriers qui y ont consacré plus de 20,000 heures de travail.
Avec ses 250 instruments, la moitié sont la propriété de la ville, Paris est particulièrement choyée par le nombre de grands instruments. L'église Saint-Louis-en-l'Île ne possédait pas d'orgue digne de ce nom depuis plus d'un siècle. Le nouvel instrument est une première pour la ville de Paris puisque l'instrument est entièrement construit selon l'esthétique pré-romantique baroque de l'Allemagne du nord plutôt que le style plus clair des orgues classiques français. Ce qui signifie, selon Bernard Aubertin, un instrument plus adapté au jeu polyphonique avec des contrastes au niveau de la couleur des sons, des anches plus sombres à la pédale, et une facilité à utiliser les jeux. Le buffet a été conçu pour d'harmoniser avec la tribune du 18e siècle laquelle a été modifiée et renforcée pour recevoir le nouvel instrument. L'église, de style jésuite, dans son ensemble, est considérée comme étant un exemple parfait du baroque français du 17e siècle.
L'orgue a été inauguré le 22 juin 2005.
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St. Louis island was established under Louis XIII by the grouping of Notre-Dame island and île-aux-Vaches seperated by a small canal that has been filled in 1614. Christophe Marie was responsible for this remarquable urban operation.
A first parish chapel, opened in 1623, was dedicated to Notre-Dame-de-l'Île (Our Lady of the Island). In 1642 Louis XIV decided to build a larger church based on plans prepared by François Le Vau, and it was on that occasion that it was dedicated to St. Louis. The chancel, designed by Louis Le Vau, was built from 1664 to 1679. Due to lack of funds, construction was stopped. The nave and transept were built from 1702 to 1726. The church is characterized by its narrow openwork bell tower, built in 1765, with a spire that was added in 1741 and an ornated iron clock.
Closed during the Revolution but soon returned to worship, it was rebought in 1817 by the city of Paris who is, since that time, responsible for its maintenance. The church is decorated with many art works mainly thanks to Rev. Louis-Auguste-Napoléon Bossuet, parish priest from 1864 to 1888.
On the outside, the church is very restrained lacking a west main façade. The church merges with street houses. The portal, that opens in the north, in the first bay, has preserved its nice sculpted 18th-century casements that dominate, at impost level, two angels supporting a coat of arms. The bell tower is delightful: with its high spire, very original and very unexpected, it is, in the 18th century, in late Gothic style while its upper part adopts a Classic obelisk form.
The 197-feet long (60 m)interior includes a three-bay barrel-vaulted nave and flanked with vaulted aisles. Beyond the large transept whose end walls curved inside, the three-bay and flattened semicircle chancel is surrounded by an ambulatory lined, in the east, with chapels in a square chevet. The decoration was executed based on designs prepared by Jean-Baptiste de Champaigne. So are sculptures in the chancel, the transept, and the nave. The gilding and trompe l'oeil paintings, that impart the church with the look of a salon, must not be charged to the church itself but to indiscrete restorers in the 19th century.
The Organ
The basket-handle vaulted vestible, that supports the organ loft, is rectangular and is topped by an entablature whose frieze is decorated with a cross and gilded arabesques. The archway offers a large shell decorated with music instruments and acanthus leaves: in the center of the shell, the crowned head of St. Louis stands out and under, in clouds and rays, appear the heads of two cherubims. The center of the cornice is slightly projected to support the Positif.
The former organ in this church was played, around 1750, by Louis la Fèvre. The instrument was completely rebuilt by Clicquot, while Elois-Nicolas Miroir was the titulat organist. While the church was closed during the Revolution, the organ remained in the gallery until 1797 when it disappeared along with documentation concerning its value and importance.
In 1888, the parish priest, Father Bossuet, had a new instrument installed at his own expenses. One of the main reasons was to conceal the bareness of the gable wall with tall panelling. The Positif stands on a foundation whose lines are tied in with those of the balustrade that serves as railings to the gallery; the main case has two superimposed floors as used at la Madeleine. The lower section is divided into three large bays composed with semicircular archways decorated with a coat of arms and filled with large pipework from the Montre; the upper section, with two semicurcular archways, is supported with two pillars topped by a rectangular pediment and two wings. But this floor remained empty for a long period of time because, due to lack of funds, the churchwardens could only purchase a small 15-stop instrument built by Merklin. Organist Arthur Dodement used this instrument from 1892 to 1912.
In 1923, it was possible to house, in this large decor, a larger instrument built by Charles Mutin. It was a 34-stop instrument over 3 manuals and pedal.
In 1977, due to the delapidated condition of ths instrument, the then titular organist, Georges Guillard, withdraws and prepares a project for a new organ.
In 1983, the City of Paris developped a project based on the one prepared by Georges Guillard. With the support of the Association des grandes orgues de Saint-Louis-en-l'Île, it was decided to build a new organ that will allow French and internationally renown organists to play and record, in Paris, Baroque works. This new instrument would contribute to the revival of organ teaching in France and its influence throughout the world because this church has excellent acoustics and is perfectly adapted to Baroque North-German music and mainly from Johann Sebastian Bach.
In 1993, the Paris organ technical commission approved the project in priciple. It was planned to commission the construction to organbuilder Jürgen Ahrend. However, in respect with the law, the city goes for tenders. On June 3, 1999, over the 11 organbuilders who bid, the project is commissionned (Jürgen Ahrend's proposition is rejected because of a mistake in the drafting) to Bernard Aubertin, based, for one thing, on a better appropriateness of his instrument to Johann Sebastian Bach's tonal ideal and, on the other hand, a more perfect and better adapted organ case to the church's architecture.
The construction of this instrument last for six years and cost 1 million d'euro (1.3 million$) by a group of twelve workers who worked more than 20,000 hours of labour.
With its 250 instrument, half of it owned by the City, Paris is parcirularly cherished by the number of large instruments. St. Louis-en-l'Île church did now own a quality instrument for more than a century. The new instrument is a première for the city of Paris because this instrument is completely build using the North German pre-Romantic Baroque aesthetics instead of the brighter French Classic style. According to Bernard Aubertin, this instrument is better adapted to the polyphonic play with its contrasts on the tonal colour level, darker reeds in the pedal division, and a easiness to use the stops. The organ case was designed to blend itself with the 18th-century gallery which was modified and strengthened in order to support the new instrument. The Jesuit-styled church is considered to be a perfect example of 17th-century French Baroque.
The organ was inaugurated on June 22, 2005.
II. Grand-Orgue |
III. Récit |
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|---|---|---|---|---|
| Principal | 16' | Bourdon | 8' | |
| Octave | 8' | Principal | 8' | |
| Gambe | 8' | Flûte traversière | 8' | |
| Flûte | 8' | Unda Maris | 8' | |
| Prestant | 4' | Octave | 4' | |
| Flûte conique | 4' | Flûte | 4' | |
| Quinte | 3' | Nazard | 3' | |
| Octave | 2' | Traversine | 2' | |
| Cornet | V | Octave | 2' | |
| Mixture | IV-VI | Terz | 1 3/5' | |
| Basson | 16' | Quinte | 1 1/3' | |
| Trompette | 8' | Sifflet | 1' | |
| Mixture | III | |||
| Fagott | 16' | |||
| Voix humaine | 8' | |||
I. Positif de dos |
Pédale |
|||
|---|---|---|---|---|
| Montre | 8' | Principal | 16' | |
| Bourdon | 8' | Violon | 16' | |
| Quintaton | 8' | Bourdon | 16' | |
| Prestant | 4' | Quinte | 12' | |
| Flûte à cheminée | 4' | Octave | 8' | |
| Flageolet | 2' | Bourdon | 8' | |
| Flûte | 1 1/3' | Prestant | 4' | |
| Sesquialter | II | Flûte | 2' | |
| Mixture | IV | Mixture | IV | |
| Dulciane | 8' | Dulciane | 32' | |
| Allemande | 4' | Buzène | 16' | |
| Trompette | 8' | |||
| Cornet | 4' | |||
I. Grand-Orgue |
II. Récit |
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|---|---|---|---|---|
| Bourdon (ext) | 16' | Gambe | 8' | |
| Bourdon | 8' | Voix céleste | 8' | |
| Montre | 8' | Flûte | 8' | |
| Flûte harmonique | 8' | Flûte | 4' | |
| Flûte douce | 4' | Fourniture | IV | |
| Prestant | 4' | Basson-Hautbois | 8' | |
| Nasard | 2 2/3' | Trompette | 8' | |
| Doublette | 2' | |||
| Tierce | 1 3/5 | |||
Pédale |
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|---|---|
| Soubasse (ext) | 16' |
| Bourdon | 8' |
| Flûte | 8' |
| Flûte (ext) | 4' |