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?Ricard 1731 / Frères Basiliens 1852 Séquiès 1925 / Roethinger, 1961 Plet 2005
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Histoire
L'abbaye de Saint-Riquier est fondée vers 625 par Riquier (Richarius), fils du gouverneur de la ville de Centula qui fut converti au christianisme sous le règne de Dagobert 1er (629-639) par deux moines irlandais, Caïdoc et Frichor (ou Frigor), dit aussi Adrianus. À la mort de Riquier vers 645, la ville devient l'objet d'un pèlerinage important. Dès lors, Centula devient Saint Riquier et l'abbaye devient bénédictine.
Au IXe siècle, sous l'abbatiat laïc d'Angilbert (ca.790-814), gendre de Charlemagne, les bâtiments sont reconstruits avec les matériaux les plus nobles et les plus beaux et l'abbaye devient un centre culturel, intellectuel et religieux important. Le monastère compte alors trois églises, la principale qui accueille le tombeau de Riquier et deux secondaires, Saint Benoît et Sainte Marie, réunies par un cloître triangulaire. Ruinés par les invasions normandes de 881, les bâtiments sont restaurés au XIe siècle et une crypte hors-œuvre est édifiée à l'est du chœur par Gervin I (1045-1071). Mais en raison de sa fragilité, tout l'édifice doit être reconstruit par Gervin II (1071-1097). En 1131, Hugues Campdavesne, comte de Saint-Pol, incendie l'abbaye qui est alors réparée sous l'abbé Anscher de la Ferté.
Dans la deuxième moitié du XIIIe siècle, Gilles de Machemont, abbé de Saint-Riquier (1257-1292) entame une nouvelle campagne de construction à partir du transept. L'édification du choeur, du déambulatoire, de la chapelle Saint-André, consacrée en 1274 par Pierre de Noyon, évêque d'Arras, de la chapelle de la Vierge et la chapelle Saint-Laurent mais aussi celle du cloître et de la salle capitulaire appartiennent à la même époque. Il est probable que les successeurs de Gilles de Machemont ont poursuivi pendant un temps cette entreprise avant que la Guerre de Cent Ans ne vienne en entraver le déroulement avec, par exemple, le siège de la ville et la destruction de l'église par les Armagnacs dirigés par Philippe Le Bon en 1421.
C'est sous Pierre Le Prestre (1457-1478) que l'église est dallée et décorée. Il fait également construire à partir de 1473 son palais abbatial, en face de la façade occidentale de l'église, et effectuer quelques réparations aux bâtiments conventuels, mais en 1475, les troupes de Louis XI incendient la ville et l'abbaye pour punir l'alliance des habitants de Saint-Riquier avec Charles le Téméraire. Pierre Le Prestre passe alors marché avec trois maîtres-maçons originaires d'Abbeville, Philippe de Bernay, Jean Le Febvre et Jehan Panier pour refaire ou restaurer le clocher de la façade occidentale avec une flèche charpentée et couverte d'ardoises.
Le successeur de Pierre Le Prestre, Eustache le Quieux (1478-1511), entame une campagne de travaux confiés à l'architecte Nicolas Lesveillé. Jusqu'en 1511, et malgré un nouvel incendie en 1487, les chapelles rayonnantes sont renouvelées, et partiellement les voûtes du déambulatoire. La salle du trésor est également construite ainsi que la nef, dans ses quatre travées orientales, et certains bâtiments conventuels comme la salle capitulaire. En 1507, l'abbé commande des stalles à Adam d'Obellemer, Bernard Le Barbier et Alexandre de Heudebourg, dit Huet. Mort accidentellement sur le chantier qu'il dirigeait, Eustache le Quieux ne verra pas aboutir son projet. Thibault de Bayencourt (1511-1536), son successeur, fait élever les deux dernières travées occidentales de la nef et des bas-côtés et procède jusqu'en 1536 au rhabillage de l'ancienne tour occidentale. Il meurt en 1539 après avoir cédé la commande de l'abbaye deux ans plus tôt à Claude Dodieu, évêque de Rennes.
Lors de la campagne de Montmorency, en 1554, l'abbaye est à nouveau dévastée par les Bourguignons dirigés par Philippe II et l'église est incendiée à l'exception de la chapelle de la Vierge et des deux chapelles voisines dédiées à saint Pierre et à saint Riquier. Bientôt, les grandes voûtes de la nef et du chœur, privées de couverture, s'effondrent tandis que celles du transept restent intactes.
Entre 1616 et 1629, avec l'abbé commendataire Henri de la Chastre, on couvre en tuiles l'aile est du cloître (1616), le transept (1625) et les bas-côtés (1629) pour la somme de 8 000 livres. C'est également à cette époque que le mur d'enceinte de l'abbaye est reconstruit (1620) et le bâtiment abritant le dortoir commencé.
Sous Charles d'Aligre (1645-1695), l'abbaye bénédictine est rattachée à la congrégation de Saint-Maur en 1660 et retrouve une certaine prospérité. Le nouvel abbé se fait construire un logis abbatial dans le prolongement sud du précédent. En 1665, la charpente, la toiture et certainement aussi les voûtes du chœur sont rétablies pour la somme de 13 600 livres. Peu après, c'est au tour de la nef d'être couverte. À la fin du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, les bâtiments conventuels sont reconstruits vraisemblablement sur les bases des plans exécutés par Dom Denys Plouvier. Le 19 mars 1719 cependant, un incendie ravage tous les bâtiments conventuels, y compris le chartrier et la bibliothèque. L'ensemble est rapidement réparé au cours de la première moitié du XVIIIe siècle.
Après la Révolution, l'abbaye est destituée et vendue comme bien national. L'église devient paroissiale le 12 novembre 1791, après son achat par l'abbé Callé pour la somme de 4 575 francs. Son mauvais état est accru par la tempête du 9 novembre 1802 et les travaux deviennent urgents. Après 1820, l'aile est du cloître est détruite ainsi que la salle capitulaire attenante. À la même époque (1819-1822), les travaux dirigés par l'architecte départemental François-Auguste Cheussey portent sur les arcs-boutants de la face sud entièrement refaits et dépouillés de leurs arcatures flamboyantes.
En 1840, l'église est classée « Monument historique » et soigneusement restaurée à partir de 1843. Les architectes se succèdent, Jean Herbault, Maximilien Lion et Daniel Ramée. De 1845 à 1847, les travaux portent essentiellement sur les fenêtres de la nef et le portail sud de la façade. Selon les termes mêmes d'un rapport de Daniel Ramée, daté du 20 juillet 1847, on consolide "la partie septentrionale de la façade ouest du haut en bas, le chaperon rampant, le clocher supérieur d'angle, celui du contrefort, la partie supérieure, une partie de la balustrade, et enfin le portail gauche". À la suite de désaccords avec la Commission des Monuments historiques, Ramée est dessaisi du chantier et Aymar Verdier lui succède. Ce dernier, guère plus présent, est remplacé à son tour par Natalis-François Daullé, architecte en chef du département de la Somme. Vers 1860-61, sans que l'on puisse préciser les travaux effectués, les frères Duthoit interviennent sur les bâtiments abbatiaux et la chapelle du petit séminaire et réalisent sans doute des sculptures pour la façade. Cette dernière est laissée de côté entre cette date et 1938 et l'intérêt des restaurateurs, Eugène Danjoy (1891-1905), Jean-Marie Hardion (1906), Henri Deneux (1907-1914) et Moreau (1922-1943) se porte avant tout sur les questions de stabilité ou d'écoulement des eaux. De 1909 à 1910, sous la direction d'Henri Deneux, les couvertures du déambulatoire et des chapelles rayonnantes sont remplacées par des terrasses en ciment, mode de couverture qui s'étendra ensuite aux bas-côtés en 1911.
L'édifice a servi tantôt de petit séminaire, tantôt d’hôpital militaire avant d’accueillir, en 1953, la congrégation des Frères Auxiliaires du clergé. Racheté par le Conseil général, il devient, en 1972, « musée départemental et centre culturel de l’abbaye de Saint-Riquier » et présente une exposition permanente sur la vie rurale, agricole et artisanale et 4 expositions temporaires par an.
L'édifice
Construit à l’emplacement de l’église carolingienne détruite par les invasions normandes et les incendies, cet édifice du XIIIe siècle est l’œuvre de restauration de quatre abbés entre 1257 et 1536 et a connu les différentes étapes du gothique. Longue de 96 mètres (315 pieds), large de 27 mètres (88,5 pieds) et haute de 50 mètres (164 pieds), elle possède une façade de style gothique flamboyant du XVe siècle.
La façade de l'église abbatiale où la verticalité domine, s'organise en trois parties : des contreforts contre-buttent les murs extérieurs des collatéraux ainsi que les angles de la tour. Les deux tourelles d'escalier montent le long de ces derniers en mordant quelque peu sur les deux ailes. Le décor sculpté, dans un style flamboyant et exubérant, semble envahir la partie centrale, dépourvue de fenêtres. La densité des statues fait de la façade de Saint-Riquier un véritable théâtre à l'usage des fidèles où la volonté didactique de donner à voir et à comprendre s'efface parfois derrière la logique de la composition. Ces sculptures de la façade ont été réalisées essentiellement sous Thibault de Bayencourt entre 1511 et 1536 lorsque l'ancienne façade fut remplacée par celle-ci.
La voussure du portail nord est ornée de six groupes difficiles à identifier avec précision en raison de l'état dégradé de la pierre. Le portail central était à l'origine divisé par un trumeau que l'abbé d'Aligre fit supprimer. Chacun des piédroits, supportant les deux voussures à doubles ressauts, est orné d'une statue monumentale difficile à identifier. Dans les voussures, en douze groupes, est racontée la légende de saint Riquier.
Le tympan est coiffé de la grande accolade qui couronne le portail central. L'on y trouve une représentation de la Trinité où Dieu le Père est assis avec, devant lui, le Christ en croix et le Saint-Esprit sous la forme d'une colombe, autrement dit un trône de gloire. De part et d'autre de l'accolade, se tiennent les deux abbés auxquels nous devons une grande partie de l'église actuelle : Eustache le Quieux et Thibaut de Bayencourt, tous deux agenouillés et priants. Puis, à droite et à gauche, se dressent les statues monumentales des 12 apôtres rangés sur deux lignes sous des dais. Au registre supérieur, un gâble renferme un groupe représentant le Couronnement de la Vierge.
L'étage supérieur de la tour est orné de l'archange saint Michel qui terrasse le démon. Contre les piédroits se tiennent, à gauche, Adam et Ève, et à droite, Moïse et David. De part et d'autre du portail central, de grandes figures surmontées de dais et de pinacles sculptés, occupent trois par trois les contreforts qui étayent le clocher.
La nef, dont les bases datent du XIIIe siècle, est composée de cinq travées, construites au début du XVIe siècle sous l'abbatiat d'Eustache le Quieux. La première travée sous le clocher, est différente des autres : d'énormes piliers supportent de vigoureuses archivoltes sur lesquelles s'élève la tour. Elle forme une sorte de porche au-dessus duquel se trouve une tribune qui abrite le buffet d'orgue en chêne sculpté du XVIIIe siècle. Contre les piliers, de part et d'autre de l'arcade, se dressent deux statues colossales en pierre calcaire abritées par des dais de pierre dans le style flamboyant mêlé d'éléments Renaissance. Elles furent placées à cet endroit à la demande de Thibaut de Bayencourt. Les voûtes des premières travées de chaque côté présentent une ornementation très riche à clefs pendantes. Les bas-côtés commencés sous Eustache le Quieux, et couverts de voûtes à nervures semblent avoir été terminés sous Thibaut de Bayencourt par les mêmes artistes qui ont élevé le clocher et la façade, d'où un style semblable. Les grandes arcades ont la forme caractéristique du XIIIe siècle. Leurs retombées ainsi que celles des collatéraux se font sur de gros piliers cylindriques à quatre colonnes engagées, couronnés de chapiteaux sculptés à feuillage enroulé et très découpé. Le long du cordon marquant l'étage des fenêtres hautes, court une guirlande de feuillage dans le même style que les chapiteaux. Le garde-corps est, quant à lui, composé d'une suite de rosaces de style flamboyant.
Au niveau du transept, à l'extrémité orientale de la nef et des bas-côtés, de très belles grilles en fer forgé, exécutées à l'époque de l'abbé d'Aligre, dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, séparent le chœur du reste de l'église. Le chœur comporte un ensemble de boiseries du XVIIe siècle dont les parties supérieures sont ornées de divers motifs sculptés dont les Couronnements de la Vierge et du Christ qui se font face. Les quatre évangélistes sont sculptés sur les panneaux de l'entrée des 68 stalles en bois de chêne sculpté et installées par l'abbé d'Aligre à la fin du XVIIe siècle, celles du début du XVIe siècle ayant disparu. Le sol est recouvert de pierre de Tournai en Belgique, un calcaire carbonifère qu'une fois poli, prend l'aspect du marbre noir, et de marbre blanc de Carrare. Le maître-autel de style romain est orné de trois panneaux de marbre blanc où sont sculptées des fleurs ainsi que des têtes de chérubins. Quelques fragments du dallage d'Angilbert, en porphyre rouge et vert, subsistent encore dans le palier. La garniture de l'autel comprend six chandeliers et une croix en cuivre ciselé et argenté, frappés aux armes de l'abbé d'Aligre avec ses lettres. La chaire abbatiale, en chêne sculpté (XVIIe siècle), se trouvait à l'origine dans la salle capitulaire tandis que le monumental lutrin de marbre qui se dresse aujourd'hui sur le côté nord du chœur était autrefois placé au milieu des stalles. L'aigle qui lui sert de pupitre est en bois et remplace celui de bronze, disparu à la Révolution. Sur l'entablement, dans l'arcade centrale de l'abside, et dominant l'autel, s'élève un grand crucifix de bois attribué au sculpteur François Girardon (1628-1715).
L'orgue
Malheureusement, aucune archive n'existe sur les instruments qui ont précédé l'actuel car la plupart des archives de l'abbaye ayant brulé ou disparu. Toutefois, la chronique de Dom Victor Cotron parle de l'acquisition, sous l'abbatiat de Thibault de Bayencourt (1511-1536), d'un orgue « très puissant » qui aurait été construit soit par Antoine Mors, d'Anvers ou par Binet de Biberel ou par Jehan Fermant, tous actifs dans la région à cette époque. Cet instrument subsiste jusqu'à l'incendie du 14 septembre 1554.
Il est difficilement croyable que sous l'abbatiat de Charles d'Aligre (1644-1695) qui a tant fait pour l'abbaye et à qui l'on doit les grandes restaurations de l'église et du monastère, n'ait pas songé à doter l'église d'un orgue selon un usage bien établi. Sous l'abbatiat de ses successeurs, Daniel de Cosnac (1685-1708) et Léon Molé (1708-1716), il est possible de penser que l'église disposait d'un orgue sinon d'un modeste instrument provisoire, d'un petit orgue de choeur, voire un simple positif, en attendant le grand orgue de tribune actuel qui était planifié avant le malheureux incendie du 29 mars 1719. En effet, depuis 1717, un nouvel abbé, Charles-François de Châteauneuf-Rochebonne, avait succédé à Léon Mollé et des provisions de bois étaient faites en prévision de la construction d'un orgue.
L'incendie de 1719 engendre des dépenses considérables pour la reconstruction des bâtiments et le renouvellement du mobilier ce qui a pour conséquence de différer l'installation du grand orgue.
En 1731, les orgues de l'abbaye des Prémontrés de Chartreuve (Aisne) sont à vendre. Les archives de l'abbaye ne fournissent aucune indication sur cet instrument. Toutefois, il est plus que probable que le facteur de cet orgue fut un religieux prémontré, le père L.C. Ricard. La vente est faite, mais le prix d'achat est inconnu. Les travaux de transfert et d'installation sont confiés au facteur Louis Labour à qui l'abbaye verse la somme de 580 louis le 30 août 1731. Ce même facteur reviendra effectuer des travaux en 1748.
L'instrument de Chartreuve comportait déjà trois claviers et un pédalier. Les claviers manuels de grand-orgue et de positif (48 notes chacun) correspondent aux deux buffets actuels alors que les jeux du troisième clavier (écho de 25 ou 37 notes) sont placés derrière la console et se voient amputés de leur première octave grave. Une console « en fenêtre » est encastrée dans le grand buffet. Les traces laissées dans la partie postérieure du petit buffet montrent que les registres du positif étaient primitivement actionnés par des tirants placés derrière le dos de l'organiste. Le pédalier « à la française » avec ses « marches » embrassait une étendue assez variable sans comporter le premier ut dièse. Cet instrument, dont la composition exacte est inconnue à cause des remaniements et des transformations de l'instrument au cours du XIXe siècle, comportait une trentaine de jeux. Visiblement, seuls le corps central du buffet principal avec ses trois tourelles, ainsi que le positif, relèvent de l'esthétique Louis XIV. Les ailes concaves paraissent avoir été ajoutées, sur le modèle de Saint-Omer, en 1730-1731.
À la Révolution, la conversion de l'église abbatiale en église paroissiale sauve l'édifice qui n'est pas vendu comme bien national pour être démoli. Avec lui, l'orgue est sauvé.
En 1815, les frères Basiliens (communauté religieuse fondée par Joseph Leleu qui fut fusionnée en 1880 avec les religieux de Saint-Vincent-de-Paul) s'installent à Valloires. Déjà, en Belgique d'où ils venaient, certains membres de cette communauté s'étaient occupés de facture d'orgue. Une fois en France, ils continuèrent à donner divers soins aux instruments de la région. Ainsi, le conseil de fabrique, institué conformément à la loi du 8 avril 1802 et à l'arrêté du 29 avril 1803, fit appel à eux quand on apprit que certains frères avaient des connaissances en facture d'orgue. Un premier relevage est exécuté en 1824 puis des réparations sont exécutées en 1835 et 1836.
Considérant que l'orgue est dans un état de délabrement et que s'il n'est pas réparé rapidement, il sera entièrement perdu, le conseil de fabrique décide, le 9 juillet 1852, de procéder à la reconstruction de l'orgue dont le devis de restauration s'élève à 4 700 francs et confie les travaux aux frères Basiliens. Les travaux comprennent la construction de deux nouveaux sommiers à registres pour le grand-orgue et le positif. L'étendue des claviers est étendue à 54 notes par l'ajout d'une quarte dans l'aigu. La division d'Écho est remplacée par un nouveau Récit expressif de 42 notes. Selon le goût de l'époque, la Fourniture et la Cymbale du grand-orgue sont supprimées et la vieille Trompette est remplacée par un jeu à anches libres, l'Euphone, fort prisé à l'époque romantique.
À la fin du XIXe siècle, des travaux ont été exécutés par Salomon van Bever puis l'instrument est restauré par Antoine Séquiès, de Lille, en 1925.
Après la Seconde Guerre mondiale, l'instrument a besoin d'un sérieux relevage. Le classement de l'orgue comme « monument historique », le 20 juin 1949, assure que la restauration sera exécutée, mais il faudra attendre l'arrivée des Auxiliaires du Clergé, en 1953, pour remettre le projet à l'ordre du jour. Ce n'est qu'en 1959 que, sur recommandation de Félix Raugel et du chanoine Manzoni, les travaux sont confiés à la maison Roethinger, de Strasbourg. D'un simple relevage initialement prévu, le projet s'élargit à la suite de la réception de nouvelles subventions et l'accès aux restes de l'ancien orgue romantique du Petit Séminaire. Ainsi, en plus du relevage et de l'amélioration de l'alimentation en vent, l'Euphone romantique du grand-orgue est remplacée par une Fourniture de 4 rangs. Le pédalier à la française fait place à un pédalier normalisé de 30 notes. Les jeux de pédale sont enrichis par l'adjonction d'une Soubasse 16' et d'une Bombarde 16'. L'orgue est inauguré le 27 août 1961 par Antoine Reboulot.
Le buffet est classé « Monument historique » le 9 mai 1981.
En 2001, le facteur Laurent Plet est chargé d'exécuter une restauration de l'instrument au coût de 460 000 euros. Les travaux durent trois années et nécessitent plus de 11 000 heures de travail. Les buffets (XVIIe et XVIIIe siècles) sont restaurés sur place et les travaux sont terminés en novembre 2004. Quant à la partie instrumentale, sauf le réservoir, elle est démontée et transportée dans les ateliers du facteur dans l’Aube. Les travaux sont terminés le 28 novembre 2005.
L'orgue restauré est inauguré par Philippe Lefebvre le 16 juin 2006.
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History
St Riquier Abbey is founded around 625 by Riquier (Richarius), son of the city of Centula's governor which was converted to Christianity under the reign of Dagobert Ist (629-639) by two Irish monks, Caïdoc and Frichor (or Frigor), also known as Adrianus. Around 645, on Riquier's death, the city becomes an important pilgrimage destination. Since then, the city of Centula changes its name for St Riquier and the abbey becomes Benedictine.
In the 9th century, under the lay supervision of Angilbert (ca.790-814), Charlemagne's son-in-law, buildings are rebuilt with the nicest and most noble materials while the abbey becomes an important cultural, intellectual and religious centre. The monastery has three churches: the main houses Riquier's tomb and the other two, St Benoit and St Mary, are located to form a triangular cloister. Ruined by the Norman invasions of 881, the buildings are restored in the 11th century and a distinct crypt is built east of the chancel by Gervin I (1045-1071). But due to its fragility, the building must be rebuilt by Gervin II (1071-1097). In 1131, Hugues Campdavesne, count of St Pol, burns down the abbey which is then repaired under Abbot Anscher de la Ferté.
In the second half of the 13th century, Abbot Gilles de Machemont (1257-1292) starts a new building campaign starting with the transept. The construction includes the chancel, the ambulatory, the St André chapel dedicated in 1274 by Bishop Pierre de Noyon, of Arras, the chapel of the Virgin and the St Laurent chapel but also the cloister and the chapter room. It is probable that Gilles de Machemont's successors continued the construction process until the One-Hundred-Years War disrupt the works with, for instance, the siege of the city and the destruction of the church by Armagnacs led by Philippe Le Bon in 1421.
It is under Pierre Le Prestre (1457-1478) that the church is paved and decorated. An abbey residence is built from 1473 and is located in front of the church's western facade. Repairs are also executed on the conventual buildings, but in 1475, the Louis XI's troops burn down the city and the abbey to punish the residents' alliance with Charles the Bold. Pierre Le Prestre asks three master bricklayers from Abbeville, Philippe de Bernay, Jean Le Febvre and Jehan Panier to rebuild or restore the western facade's bell tower with an structured steeple and covered with slates.
Pierre Le Prestre's successor, Eustace le Quieux (1478-1511), starts a construction campaign entrusted to architect Nicolas Lesveillé. Until 1511, and in spite of a new fire in 1487, the radiant chapels are completely restored while the vault of the ambulatory are only parly restored. The construction also includes the treasure room and the four eastern bays of the nave, and certain conventual buildings such as the chapter room. In 1507, the abbot orders stalls from Adam d'Obellemer, Bernard Le Barbier and Alexander de Heudebourg, dit Huet. Eustace le Quieux will not see the completion of hid work because he died incidentally on the construction site. His successor, Thibault de Bayencourt (1511-1536), builds the last two western bays of the nave and the side aisles and undertakes until 1536 the completion of the old western tower. He dies in 1539, two years after leaving the abbey's direction to Bishop Claude Dodieu, of Rennes.
During the Montmorency campaign, in 1554, the abbey is again devastated by Burgundians led by Philippe II and the church is burned down except for the chapel of the Virgin and the two neighbouring chapels dedicated to St Pierre and to St Riquier. Soon, the large vaults of the nave and of the chancel, deprived of coverage, collapse while those of the transept remain undamaged.
Between 1616 and 1629, under commendatory abbot Henry de la Chastre, the cloister's east wing (1616), the transept (1625) and side aisles (1629) are covered with tiles at the cost of 8,000 pounds. Also at that time, the abbey's surrounding wall is rebuilt (1620) and the building sheltering the dormitory is started.
Under Charles d'Aligre (1645-1695), the Benedictine abbey is attached to the St Maur congregation in 1660 and a certain prosperity is back. A new abbey residence is built in the south extension of the former one. In 1665, the framework, the roofing and also the chancel's vaults are restored for 13,600 pounds. Shortly afterwards, the nave is vaulted. At the end of the 17th century and at the beginning of the 18th century, the conventual buildings are probably rebuilt on plans designed by Dom Denys Plouvier. However, on March 19th, 1719, a fire consumes all conventual buildings, including the map room and the library. The buildings are rapidly repaired during of the first half of the 18th century.
After the Revolution, the abbey is closed and sold as a national asset. The abbey church becomes a parish church on November 12th, 1791, after its purchase by the Rev Callé for 4,575 francs. Its poor condition is worsened by a storm on November 9th, 1802 and repairs are urgent. After 1820, the cloister wing is destroyed as well as the annexed chapter room. At the same time (1819-1822), departmental architect François-Augustus Cheussey supervises the complete reconstruction of the south facade's flying buttresses which are stripped of their flamboyant archways.
In 1840, the church is classified as "historical monument" and is carefully restored starting in 1843 by a series of architects: Jean Herbault, Maximilien Leo and Daniel Ramée. From 1845 till 1847, works mainly concern the nave's windows of nave and the facade's south portal. According to a report by Daniel Ramée, dated July 20th, 1847, the works involve the strengthening of "the northern section of the west facade from top to bottom, the rampant coping, the upper corner steeple, the butterresses, the upper section, a section of the balustrade, and finally the left portal". Following disagreement with the Commission of Historical Monuments, Ramée is removed from the construction site and is replaced by Aymar Verdier who, hardly more present, is in turn replaced by Natalis-François Daullé, chief architect of the Somme department. By 1860-61, while it is hard to identify the works they performed, Duthoit brothers intervene on the abbey buildings and the seminary's chapel and execute sculptures probably for the facade. The fate of the facade is ignored from that date until 1938 when the interest of Eugene Danjoy (1891-1905), Jean-Marie Hardion (1906), Henri Deneux (1907-1914) and Moreau (1922-1943) is concerned with questions of stability and flow of waters. From 1909 till 1910, under Henri Deneux's supervision, the roofing of the ambulatory and of the radiant chapels is replaced with cement terraces, a style of roofing that will be extended to the side aisles in 1911.
Over the years, the building has been used as seminary, as military hospital before receiving the members of Frères Auxiliaires du clergé congregation in 1953. Bought back by the department's General Council, it has become, in 1972, a "departmental museum and St Requier Abbey cultural centre" whieh presents a permanent exhibition on country, agrarian and craft life and 4 temporary exhibitions a year.
The Building
The building, built on the site of a Carolingian church destroyed by Norman invasions and fires, and which dates from the 13th century, is the work of restorations carried out by four abbots between 1257 and 1536 uding different stages of the Gothic style. 315 feet long (96 metres) long, 88.5 feet (27 metres) wide and 164 pieds (50 metres) high, it has a 15th century flamboyant Gothic style facade.
The facade, where verticality prevails, is organized in three section: butterresses against the outside walls as well as against the tower corners. Two staircase turrets go up along the corners. The sculpted decor, in a flamboyant and exuberant style, seems to overrun the central section, devoid of windows. The number of statues in the facade is a true theatre to be used by the faithful where the didactic will to show and to understand sometimes fades behind the logic of composition. These sculptures were principally executed under Thibault de Bayencourt between 1511 and 1536 when the old facade was replaced with this one.
The arch of the north portal is decorated with six groups of statues difficult to accurately identify owing to the damaged condition of the stone. Originally, the central portal was divided by a pier which was removed by Abbot d'Aligre. Each of the abutment, supporting double projected archways, is decorated with a monumental statue difficult to identify. In the archways, the St Riquier legend is illustrated in twelve sections
The tympanum crowns the central portal. A throne of glory depicts the Trinity where God the Father is sitting down with, in front of him, the Christ on the cross and the Holy Spirit in the form of a dove. On both sides, abbots responsible for the construction of the actual church, Eustace le Quieux and Thibaut de Bayencourt, are both kneeling. Then, to the right and to the left, stand the monumental statues of the 12 apostles lined up on two lines under canopies. In the upper section, a gable contains a a represention of the Coronation of the Virgin.
The upper floor of the tower is decorated with the statue of Archangel Michel striking down the demon. Against the abutment are to the left, Adam and Eve, and to the right, Moses and David. On both sides of the central portal, large figures under canopies and sculpted pinacles, occupy three by three the butterresses which support the bell tower.
The five-bay nave, whose foundations date from the 13th century, was built at the beginning of the 16th century under Abbot Eustache le Quieux. The first bay under the bell tower, is different from others: huge pillars support archivolts on which the bell tower rests. It forms some sort of a porch above which is a gallery houses the 18th-century oak organcase. Against the pillars, on both sides of the archway, stand two calcareous stone colossal statues topped by stony canopies in the flamboyant style mixed with Renaissance elements. They were installed there at the request of Abbot Thibaut de Bayencourt. The vault of the first bay on each side is rchly decorated with hanging keystones. Side aisles, begun under Eustache le Quieux, and covered with rib vaults that seem to have been executed under Thibaut de Bayencourt by the same artists who build the bell tower and the facade, using a similar style. The large archways are typical of those executed in the 13th century. Their springings as well as those of the side aisles rests on large cylindrical fout-column pillars, topped with twined foilage sculpted capitals. Along bottom of the high windows, runs a foilage garland in the same style as the capitals. The railing is made of a series of rosettes in the flamboyant style.
In the transept, at the eastern end of the nave and the side aisles, beautiful wrought iron gates, executed at the time of Abbot d'Aligre in the second half of the 17th century, separate the chancel from the church. The chancel includes 17th-century panellings whose upper sections are decorated with various sculpted figures among which the Coronations of the Virgin and Christ facing each other. The four Evangelists are sculpted on the panels at the entrance of the 68 oak-sculpted stalls installed by Abbot d'Aligre at the end of the 17th century replacing those from the 16th-century that have disappeared. The floor is covered with stone from Tournai (Belgium), a carboniferous limestone that once polished, looks like black marble, and with white marble from Carrara. The Roman style main altar is decorated with three panels of white marble on which flowers and cherubs' heads are sculpted. Some fragments of d'Angilbert's paving, in red and green porphyry, are extant in the flooring. The decoration of the altar include six candlesticks and a carved and plated brass crucifix, stamped with Abbot d'Aligre's initials. Originally, the 17th-century oak-sculpted pulpit was in the chapter room while the monumental marble lectern which today stands on the north side of the chancel was located in the middle of the stalls. The wooden eagle used as reading panel replaces the bronze one that disappeared during the Revolution. On the entablature, in the apse's central archway and dominating the altar, hangs a large wood crucifix attributed to sculptor François Girardon (1628-1715).
The Organ
Unfortunately, no archive exists on the instruments which preceded the actual one because most of the abbey's archives have either burnt or have disappeared. Nevertheless, Dom Victor Cotron's chronicles speak about the purchase, under Abbot Thibault de Bayencourt (1511-1536), of a "very powerful" organ which would have been built either by Antoine Mors, from Antwerp, either by Binet de Biberel or by Jehan Fermant, who were active in the region at that time. This instrument was used until it was destroyed bt September 14th, 1554 fire.
It is hardly unceivable that under Abbot Charles d'Aligre (1644-1695) who did so much for the abbey and to whom we owe the large church and monastery restorations, that there was not an organ in the church, an usual featurer at the time. Under his successors, Daniel de Cosnac (1685-1708) and Léon Molé (1708-1716), it is possible to think that the church had an organ possibly a small interim instrument, a small chancel organ, or even a positive, while waiting for the large actual gallery organ which was planned before March 29th, 1719 fire. In fact, since 1717, a new Abbot, Charles-François of Châteauneuf-Rochebonne, had succeeded Léon Mollé and large wood supplies were stored and which would be used for the construction of an organ.
The 1719 fire led the way to considerable expenses for the reconstruction of the buildings and new furniture what has the effect of postponing the installation of the large gallery organ.
In 1731, the organ of the Premonstratensian Abbey in Chartreuve (Aisne) are for sale. The abbey archives provide no indication about this instrument. Nevertheless, it is more than probable that the organbuilder was a Premonstratensian monk, father L.C. Ricard. Sale is made, but the purchase price is unknown. Transfer and installation work is entrusted to organbuilder Louis Labour to whom the abbey paid 580 louis on August 30th, 1731. The same organbuilder will come back to perform repairs in 1748.
The Chartreuve instrument already included three keyboards and a pedalboard. The Grand-Orgue and Positif manual keyboards (48 notes each) correspond to both actual organcases while the stops of the third keyboard (Echo of 25 or 37 notes) are located behind the console and lack their first bass octave. A integrated console is built within the main organcase. Traces left in the back of the small organcase show that the Positif's stopknobs were located behind the organist's back. French pedalboards with their "steps" embraced a rather variable compass without including the first C sharp. This instrument, whose precise stoplist is unknown due to modifications and transformations executed during the XIXth century, included around thirty stops. Visually, only the central section of the main organcase with its three turrets, as well as the positive organcase, are a faire reflection of Louis XIV's aesthetics. The concaved wings appear to have been added, like at St Omer, in 1730-1731.
At the Revolution, the conversion of the abbey church into a parish church saves the building which was not sold as national asset and be demolished. With it, the organ was saved.
In 1815, the Basilians Brothers (religious order founded by Joseph Leleu that merged in 1880 with Saint-Vincent-de-Paul Order) arrive in Valloires. Already, in Belgium where they came from, certain of their members built organs. Once in France, they continued taking care of instruments in the region. The church council, instituted in accordance with April 8th, 1802 law and with April 29th, 1803 order, called upon them when they learnt that certain of their members knew about organ building. A first restoration is carried out in 1824 and repairs are executed in 1835 and 1836.
Considering that the organ is in a dilapidated condition and that if it is not repaired rapidly, it will be entirely lost, the Church Council decides, on July 9th, 1852, to undertake the reconstruction of the organ at the cost of 4,700 francs and entrusts the work to the Basilians Brothers. The projetct includes the construction of two new slider windchests, one for the Grand-Orgue division and the other for the Positif division. The manual keyboard compass in increased to 54 notes by the addition of four notes in the treble. The Echo division is replaced with a new enclosed 42-note Récit. According to the taste of the time, the Grand-Orgue Fourniture and Cymbale stops are removed and the old Trumpet is replaced with a free reeds stop, the Euphone, extremely popular in the romantic era.
At the end of the 19th century, works were carried out by Salomon van Bever and then the instrument is restored by Antoine Séquiès, of Lille, in 1925.
After the Second World War, the instrument was in need of a major restoration. The classification of the organ as "historical monument", on June 20th, 1949, assures that the restoration will be carried out, but it will be necessary to wait for the arrival of Auxiliaires du Clergé congregation, in 1953, bring the projectback into life. In 1959, upon recommendations by Félix Raugel and Canon Manzoni, work is entrusted to the Roethinger firm, of Strasbourg. From the minimal restoration initially pallned, the project broadens out following the reception of new subsidies and the access to remnants from the Seminary's ancient romantic organ. So, besides the restoration and the wind system improvement, Grand-Orgue romantic Euphone is replaced with a 4-rank Fourniture. The French pedalboard is removed and is remplaced by a normalized 30-note pedalboard. The Pedal division is enlarged by the addition of the 16' Soubasse and the 16' Bombarde. The organ is unaugurated by Antoine Reboulot on August 27th, 1961.
The organcase is classified as "Historical monument" on May 9th, 1981.
The restored organ is inaugurated by Philippe Lefebvre on June 16th, 2006.
I. Positif |
II. Grand-Orgue |
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|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 8' | Bourdon | 16' | |
| Prestant | 4' | Montre | 8' | |
| Nazard | 2 2/3' | Bourdon | 8' | |
| Doublette | 2' | Prestant | 4' | |
| Tierce | 1 3/5' | Flûte | 4' | |
| Larigot | 1 1/3' | Nazard | 2 2/3' | |
| Cornet | III | Doublette | 2' | |
| Cymbale | IV | Cornet | V | |
| Cromorne | 8' | Plein Jeu | IV | |
| Trompette | 8' | |||
| Clarinette | 8' | |||
| Clairon | 4' | |||
III. Récit |
Pédale |
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|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 8' | Flûte | 12' | |
| Prestant | 4' | Flûte | 6' | |
| 1Hautbois | 8' | Trompette | 12' | |
| Voix humaine | 8' | Clairon | 6' | |
| Cornet | V | |||
| Tremblant | ||||