| Description [Français / English] |
Composition sonore Stop List |
Retour Return |
![]() |
Vialle 1991 / Daldosso 2014, 2017, 2020
[click on the image or here to obtain a larger picture] |
Cette église de confession catholique est située au nord du centre-ville de Toulouse dans le quartier appelé « Les Minimes » qui doit son nom à l'installation de religieux de l'ordre des Minimes en 1493 et qui a été dissous en 1790.
Historique
Durant le haut Moyen-Âge, c'est un endroit désert, impropre à la culture et loin des remparts protecteurs du centre historique. Par la suite, des terrains sont mis en location pour les bouchers afin d'y faire paître leur bétail. Le Parlement ordonne que les plus démunis ainsi que les mendiants doivent défricher ce que l'on appelle « la terre des landes ». Au Xe siècle, il existe un modeste oratoire dédié à saint Quentin et appartenant aux chanoines de l'abbaye Saint-Sernin. Il est remplacé, au XIVe siècle, par un sanctuaire dédié à saint Roch.
Les religieux de l'ordre des Minimes s'installent, en 1493, dans la chapelle Saint-Roch laquelle leur est donnée par Laurent Alleman (?-1518),'abbé de Saint-Sernin, et confirmée le 11 avril 1502 par lettre patente du roi (1498-1515) Louis XII (1462-1515). Le 11 mai 1503, les moines prennent officiellement possession du lieu pour y construire leur couvent.. Ils y demeurent jusqu'à leur dissolution en 1790.
En 1793, pendant la Révolution française, le clocher, datant 1546, est détruit, et l'église, comme bien national, est mise en vente. Pendant des décennies, le bâtiment sert à différentes activités, notamment d'écurie pour les régiments de cavalerie en garnison à Toulouse, ou encore de minoterie jusqu'en 1851. À cette date et à la demande de la population, le conseil municipal rachète le bâtiment en 1851 pour qu'il redevienne un lieu de culte. Celui-ci est restauré et réouvert au culte le 13 août 1852 alors que la paroisse est créée le 4 juin 1853 en empruntant son territoire des paroisses voisines. L'actuel clocher avec deux étages octogonaux couronnés d’un flèche à huit pans, est construit en 1892 sur les plans de l'architecte Gabriel Brefeil (1838-1906).
L'église
L'église, qui est appuyée à la chapelle Saint-Roch, est construite entre 1503 et 1546 à la demande de saint François de Paule (Francesco di Paola, 1416-1507), fondateur de l'ordre des Minimes, et avec l'autorisation de Louis XII pour bâtir un couvent, car la communauté grandit rapidement. L'église est consacrée en 1509. Dès la canonisation de leur fondateur, en 1517, la chapelle Saint-Roch prend le nom de Saint-François-de-Paule où, au début du XVIIe siècle, le peintre François Fayet (1630-1708) réalise une apothéose de saint François de Paule.
L'édifice est de style gothique. Sa nef, orientée Ouest, est composée d'un vaisseau central et de deux collatéraux. Celui du sud, à deux chapelles, est construit entre 1628 et 1644, par le maître maçon Jean Jaumet. Quant à celui du Nord, il est construit en 1860 à la place d'une partie de la galerie de l'ancien cloître du couvent. Son abside, orientée Est, est pentagonale. La plupart des vitraux sont réalisés par Louis Victor Gesta (1828-1894), un peintre-verrier local.
Au cours des années 1970, la nef et le choeur retrouvent leur simplicité d’origine. L'église est classée « monument historique » le 27 décembre 1974.
L'orgue
En 1895, un premier orgue est construit par le facteur Anneessens & Fils, d’Halluin (Nord). L’instrument, installé en tribune, possède une transmission pneumatique et 18 jeux répartis sur deux claviers et pédalier. Dans les années 1980, l’instrument devient injouable, car les sommiers à membranes sont défaillants.
En 1986, l’Association des Amis des orgues des Minimes voit le jour, dans le but de pourvoir au remplacement de l’ancien instrument. Pour réaliser ce projet, elle s'associe à la ville de Toulouse et au DRAC de Midi-Pyrénées. En 1987, le facteur Pierre Vialle, de Fleurance (Gers), propose un devis pour un instrument de facture classique de 16 jeux. Ce projet est retenu. L’instrument sera placé sur le côté de la tribune en fond de nef avec un support en forme de nid d’hirondelle sur le mur nord. Il est achevé en 1991 et est inauguré le 14 avril 1991 par Yasuko Uyama-Bouvard.
Au bout de deux décennies, l’orgue présente des dysfonctionnements, notamment des fuites d’air, en plus d'avoir été victime de la canicule en 2003. En 2014, le facteur Jean Daldosso, de Gimont (Gers), procède à la restauration et à l'amélioration de l'instrument. La soufflerie est complétée d’un deuxième soufflet cunéiforme, et le système d'alimentation en vent est restauré. Au niveau sonore, la Trompette en chamade est refaite et les tuyaux sont rallongés pour en améliorer le timbre alors que trois jeux (Montre 8', Prestant 4' et Trompette 8') de la division du Grand-Orgue sont coupés en basse et dessus au niveau central (c2/c#2) pour permettre des possibilités de contraste sur le clavier du Grand-Orgue, comme c'est le cas sur les orgues ibériques du XVIIe siècle. L'orgue est réharmonisé et accordé en mésotonique au 1/4 de comma, pour se rapprocher au maximum de la manière dont étaient accordés les instruments espagnols du XVIIe siècle.
Au cours de l'été 2017, le facteur Jean Daldosso ajoute un jeu de Régale 16' au pédalier, enrichissant ainsi le timbre des basses du pédalier. Ce jeu, prévu dès sa construction en 1991, n'avait pu être réalisé à l'époque. Un concert inaugural a lieu le 8 décembre 2017 avec Michel Bouvard, Willem Jansen, Yves Rechsteiner et Guilhem Caroff.
Deux modifications sont apportées au cours de l'année 2020 lesquelles sont financées par l'association "Chamada Tolosa". D'abord, en janvier, le facteur Jean Daldosso installe un mécanisme d’octave courte débrayable sur les deux claviers afin de permettre aux organistes de jouer les pièces de la Renaissance et de la période baroque nécessitant l’octave courte pour les notes basses. Une tirette, qui permet d’activer ou de désactiver ce système, affecte seulement la première octave de chaque clavier. Ainsi, lorsqu’activé, les touches du Do, Do#, Ré et Ré# deviennent muettes, tandis que les touches du Mi, Fa# et Sol# deviennent respectivement Do, Ré et Mi. Les autres notes (le Fa, Sol, La, Sib et Si) restent les mêmes. Une fois le mécanisme désactivé, toutes les touches reprennent leur rôle initial. Dans la seconde intervention qui a eu lieu en septembre, le facteur Jean Daldosso a remplacé l'intégralité du précédent Plein-Jeu à 4 rangs du Grand-Orgue pour y poser un Plein-Jeu à 5 rangs beaucoup plus fourni avec un meilleur équilibre entre partie Fourniture (grave) et partie Cymbale (aigüe) du Plein-Jeu.
La Mairie de Toulouse, propriétaire de l'instrument, en a confié l'entretien à l'association « Toulouse les Orgues ».
Avec ses 17 jeux (principaux, flûtes, mutations, mixtures et anches dont une chamade) sur deux claviers et un pédalier, accordés en mésotonique, cet orgue peut faire résonner le répertoire de la Renaissance et du baroque français, italien, espagnol, portugais et anglais avec la justesse et les timbres de l'époque. Il est même possible d'aller plus loin. Selon Frédéric Muñoz, dans un article de Res Musica publié en février 2008, les dissonances du mésotonique peuvent être utilisées pour augmenter les tensions harmoniques voulues par les compositeurs, notamment dans les pièces utilisant les écritures chromatiques, comme les « cromatica ».
Guilhem Caroff
[cliquer sur l'image ou ici pour obtenir une version agrandie]
This Catholic church is located north of Toulouse's town center in a district called 'The Minims' whose name recalls the installation of monks from the Order of Minims in 1493 and their presence in the district until they were dismissed in 1790.
History
In the High Middle Ages, it was an uninhabited place, inappropriate to agriculture and far from the historic town center's ramparts. Later, fields were leased to butchers who used them as grazing spaces for their livestock. The Parliament ordered that the poor as well as the beggars must clear the area which was called the « Landes fields ». In the 10th century, there was a small oratory dedicated to St. Quentin and belonging to the canons of the St. Sernin Abbey. It was replaced, in the 14th century, with a shrine dedicated to St. Roch.
In 1493, monks from the Minims Order settled in the St. Roch chapel which had been given to them by Laurent Alleman (?-1518), abbot of St. Sernin, and which was confirmed on April 11, 1502, by letter patents from King (1498-1515) Louis XII (1462-1515). On May 11, 1503, the monks officially took possession of the place and started to build their monastery. They lived there up to their dismissal in 1790.
In 1793, during the French Revolution, the bell tower, dating from 1546, was destroyed, and the church, as a national asset, was put up for sale. For decades, the building was used for different activities, mainly as a stable for the cavalry regiments in garrison in Toulouse, or else as a flour mill until 1851. On that date and at the request of the population, the town council bought back the building in 1851 so that it would again become a place of worship. The building was restored and reopened to worship on August 13, 1852, while the parish was established on June 4, 1853, taking its territory from the neighboring parishes. The actual bell tower with its two octagonal floors crowned with an eight-side spire, was built in 1892 on plans prepared by architect Gabriel Brefeil (1838-1906).
The Church
The church, which leans on St. Roch chapel, was built between 1503 and 1546, at the request of St. François de Paule (Francesco di Paola, 1416-1507), founder of the Minims Order, and with the approval of Louis XII to build a monastery, because the number of monks was rapidly growing. The church was dedicated in 1509. Soon after their founder's canonization in 1517, the St. Roch chapel was renamed St. François-de-Paule chapel where, at the beginning of the 17th century, painter François Fayet (1630-1708) executed an "apotheosis of St. François de Paule".
The building is in the Gothic style. Its west-oriented nave has a central vessel and two side aisles. The one in the south, which houses two chapels, was built between 1628 and 1644, by master mason Jean Jaumet. The one in the north was built in 1860 replacing part of the old monastery cloister's gallery. Its east-oriented apse is pentagonal. Most of the stained glass windows were executed by Louis Victor Gesta (1828-1894), a local painter glassworker.
In the 1970s, the nave and the chancel regained their original simplicity. The church was classified as a 'historic monument' on December 27, 1974.
The Organ
In 1895, a first organ was built by the organbuilding firm Anneessens and Son, of Halluin (Nord). The instrument, installed on the gallery, used pneumatic action and had 18 stops over two manuals and pedal. In the 1980s, the instrument became unplayable because the membrane windchests were defective.
In 1986, the Association of the Friends of the Minims' organs was established with, as their main goal, the replacement of the old instrument. To carry out this project, it joined the City of Toulouse and the Midi-Pyrénées DRAC. In 1987, organbuilder Pierre Vialle, of Fleurance (Gers), submitted a proposal for a 16-stop Classic instrument. This proposal was accepted. The instrument will be installed on the side of the rear gallery with a swallow nest type support on the north wall. It was completed in 1991 and inaugurated on April 14, 1991, by Yasuko Uyama-Bouvard.
After two decades, the organ began to show dysfunctions, mainly air leaks, besides having been a victim of the 2003 heat wave. In 2014, organbuilder Jean Daldosso, of Gimont (Gers), carried out restoration and improvement work. The wind system was completed with a second wedge bellows, and the wind distribution system was restored. On the tonal system level, the Trompette en chamade was rebuilt and the pipes were extended to improve the sound while three stops (Montre 8', Prestant 4' and Trompette 8') of the Grand-Orgue division were cut off into bass and treble at central level (c2/c#2) to allow contrast possibilities on the Grand-Orgue manual, as it was the case on 17th-century Iberian organs. The organ was revoiced using 1/4 coma meantone to get as close as possible to the way 17th-century Spanish instruments were voiced.
In the summer of 2017, organbuilder Jean Daldosso added a 16' Régale to the pedal to increase the pedal's low sound. Included in the 1991 rebuiding project, this stop was not built at the time. An inauguration concert took place on December 8, 2017, featuring Michel Bouvard, Willem Jansen, Yves Rechsteiner and Guilhem Caroff.
Two modifications, financed by the Chamada Toulousa Association, were carried out in 2020. First, in January, organbuilder Jean Daldosso installed a disengageable short octave mechanism on both manuals to allow the organists to play Renaissance and Baroque repertoire requiring short octave for the bass notes. A knob, allowing to engage or to disengage this system, affects only the first octave on both manuals. So, when engaged, the C, C#, D and D# keys become silent, while the E, F# and G# become respectively C, D and E. Other notes (F, G, Bb and B) remain unchanged. Once the mechanism is disengaged, all keys return to their initial role. In the second intervention, carried out in September, organbuilder Jean Daldosso replaced in its entirety the exising Grand-Orgue 4-rank Plein-Jeu with a more complete new 5-rank Plein-Jeu giving a better equilibrium between the bass section (Fourniture) and the treble section (Cymbale) of the Plein-Jeu.
The City of Toulouse, owner of the instrument, entrusted the maintenance to the "Toulouse les Orgues" Association.
With its 17 stops (foundations, flutes, mutations, mixtures and reeds one of which is a chamade) over two manuals and pedal, voiced in meantone, this organ plays and sounds French Renaissance and Baroque, Italian, Spanish, Portuguese and English Baroque repertoire the way it should be. It is even possible to go farther. According to Frédéric Muñoz, in an article written in French published in February 2008, in Res Musica, meantone dissonances can be used to increase the harmonic tensions pursued by composers, mainly in works using chromatic writing, like in the "cromatica".
Guilhem Caroff
I. Grand-Orgue |
II. Positif de poitrine / |
|||
|---|---|---|---|---|
| Montre (B/D) | 8' | Bourdon | 8' | |
| Prestant (B/D) | 4' | Flûte | 4' | |
| Quinte | 2 2/3' | Nazard | 2 2/3' | |
| Doublette | 2' | Quarte de nazard | 2' | |
| Tierce | 1 3/5' | Tierce | 1 3/5' | |
| Plein-Jeu | V | Sifflet | 1' | |
| 1Cornet | V | Régale | 8' | |
| Trompette en chamade (B/D) | 8' | |||
Pédale |
|
|---|---|
| Flûte | 8' |
| Régale | 16' |
| (B/D) | Basse et Dessus / Bass and Treble | |
| 1 | À partir du DO central / From central C |