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L'abbatiale Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Wissembourg est fondée vers 660 par des nobles austrasiens sur une île de la Lauter. Une charte apocryphe attribue cette fondation au roi Dagobert. Richement pourvue, elle a été considérée comme une des abbayes les plus riches du Saint-Empire romain germanique.
L'abbaye est située entre deux bras de la Lauter, autrefois reliés par un canal (emplacement de la rue Stanislas). L'enclos fortifié, dont subsistent une tour et le mur ouest, était de forme arrondie. Au centre,l'église, au nord, le cloître et les bâtiments conventuels, au sud, la maison du receveur, les granges, la maison aux dîmes et les deux hôtelleries, à l'ouest, les maisons du doyen et des chanoines.
Historique
L'abbaye a été fondée vers 630-660 par des moines qui venaient probablement de Lorraine. Leur établissement fut dédié à saint Pierre auquel s'ajouta plus tard saint Paul. La charte de fondation du XIIe siècle, apocryphe, donne le roi Dagobert comme fondateur. Dès 661, l'abbaye fut richement dotée en terres. Selon la tradition, saint Firmin aurait introduit la règle bénédictine à Wissembourg, un peu avant 753. En 760, Pépin le Bref accorde l'immunité à l'abbaye sur toutes ses terres (le Mundat). Il y a, sur le site du monastère, plusieurs églises et chapelles. À la fin du VIIIe siècle, le catéchisme de Wissembourg est rédigé et le moine Otfried, mort en 875, rédige le Krist, paraphrase versifié de l'Évangile.
Vers 850, l'école monastique et le scriptorium sont à leur apogée (la plus grande partie de la riche bibliothèque de l'abbaye, dispersée dès le XVIIe siècle se trouve à la bibliothèque ducale de Wolfenbuttel, en Allemagne). Une église abbatiale est consacrée en 803 et, la même année, l'abbaye est ravagée par un incendie. En 882, l'empereur Charles le Gros, à la demande de Liutbert, archevêque de Mayence, accorde à l'abbaye le droit d'élire elle-même son supérieur. En 917 et 926, des incursions de Hongrois ou Magyars font de nombreuses destructions en Alsace.
Adalbert de Magdebourg, ou saint Adalbert, nommé abbé de Wissembourg par l'empereur Otton Ier en 966, introduit la réforme établie par le bienheureux Jean de Gorze en 967 avant d'être nommé comme premier évêque de Magdebourg en 968. En 974, le monastère est élevé, avec le Mundat, au rang de principauté d'Empire et obtient de l'empereur, le droit d'élire librement son abbé. Les abbés deviennent des princes-abbés et siègent aux diètes où ils ont préséance sur l'évêque de Spire (du diocèse duquel ils font partie). Après la mort de l'empereur Otton II, l'abbaye est attaquée en 985 par le duc de Franconie, Othon de Worms; l'abbaye est gravement incendiée.
Un autre incendie, en 1004, amène l'abbé Liuthard à reconstruire l'église dont le chœur a été consacré en 1033 par l'évêque Reginhard II von Dillingen, ou Réginbald de Spire. L'église est consacrée en 1073 par l'évêque de Spire, Heinrich von Scharfenberg. Celle-ci est entourée d'une enceinte fortifiée en maçonnerie avec tours. À l'extérieur, aux points cardinaux, sur les routes menant à l'abbaye, quatre fermes avec chapelle sont transformées en prieurés. Ils sont bientôt fortifiés pour servir de refuge (Saint-Paul, qui seul subsiste, Saint-Rémi, Saint-Pantaléon et Saint-Germain).
De grandes campagnes de reconstruction sont entreprises sous l'abbatiat de Samuel, entre 1056 et 1096. Entre autres, la construction de la tour occidentale et celle de la chapelle du cloître datent de cette époque. Au XIIIe siècle, la richesse de l'abbaye va lui permettre d'entreprendre la reconstruction de l'abbatiale dans le style gothique. C'est l'abbé Édelin, entre 1262 et 1293, qui reconstruit l'église en commençant par les parties orientales : choeur, transept, tour de croisée, chapelles et sacristie nord à étage. La consécration de quatre autels, en 1284, indique que le sanctuaire est utilisable pour la liturgie. La nef est reconstruite, en deux campagnes homogènes, au cours du premier quart du XIVe siècle avec un jubé. Une petite chapelle (Saint-Willibrord) est ajoutée derrière la sacristie en 1333 (fenêtres et voûte du début du XVIe siècle). La flèche médiévale en grès de la tour de croisée, est représentée vrillée sur les vues anciennes. La construction du cloître et de la salle capitulaire ont lieu dans la deuxième moitié du XIIIe et dans la première moitié du XIVe siècle.
Après 1350, le déclin financier de l'abbaye débute. La ville acquiert progressivement son indépendance par rapport aux abbés. Les empereurs Sigismond et Frédéric III délient, en 1431 et 1442, les bourgeois de la ville du serment de fidélité envers l’abbé qu'ils doivent faire en vertu des décrets d'Adolphe et d'Albert Ier.
Henri Motherer, curé de l'église Saint-Jean, ses vicaires, Jean Merkel, Martin Bucer et Georges Kess, commencent à prêcher la Réforme en 1522. En 1524, l'abbaye, extrêmement endettée, est sécularisée et transformée en collégiale dont le chapitre, à partir de 1546, est subordonné à l'autorité de l'évêque de Spire. À la Réforme, en 1545, des décors datant de la construction doivent être recouverts.
Endommagée pendant la guerre de Trente Ans, la flèche est démontée en 1666 alors que la tour est surhaussée et couronnée par un toit à l'impériale avec lanternon, couvert d'ardoises. Détruit par la foudre en 1883, il est remplacé, en 1885, par la flèche actuelle, d'après le projet de Charles Winkler. À la Révolution, le chapitre est supprimé en 1789 et les chanoines quittent la ville en 1790. Les sculptures des tympans sont abîmées, le lustre du XIe siècle et le mobilier sont détruits.
Après la Révolution, en 1805, alors que l'église abbatiale devient église paroissiale, le jubé est supprimé, le plancher est refait et surélevé de 80 cm, et les murs intérieurs sont blanchis. Les tympans furent bûchés, le niveau du sol fut relevé. En 1823, la fenêtre Est de l'abside est partiellement murée. De 1822 à 1828, le choeur est réaménagé alors que de nouvelles stalles et des autels néogothiques sont installés. En 1860, des peintures murales datant des XIVe et XVe siècles sont dégagées dans le transept et les chapelles. En 1875, les chapelles reçoivent un décor peint néogothique. En 1934, l'absidiole d'un édifice antérieur est découverte contre le bras nord du transept. En 1967, des peintures des XIVe et XVe siècles sont dégagées dans le croisillon sud (apôtres, vie et passion du Christ, Saint-Christophe).
L'église est protégée en tant que patrimoine depuis le 2 décembre 1848 et classée au titre des monuments historiques depuis le 16 février 1930. Elle est la plus vaste église gothique d'Alsace après la cathédrale de Strasbourg et, avec Marmoutier, elle est parmi les édifices religieux les plus imposants en dehors de Strasbourg.
Architecture
L'église est orientée, appareillée en grès, entièrement voûtée d'ogives (arcs-boutants sous les toits des bas-côtés, contreforts extérieurs à pinacles). Le vaisseau central et les bas-côtés ont sept travées avec grandes arcades en arc brisé. L'élévation de la nef est bipartie avec une séparation par une corniche. Les chapiteaux des piliers et les colonnettes sont pourvus de drôleries et de feuillages reproduisant remarquablement le naturel. Les meneaux des fenêtres descendent jusqu'à la corniche, mais seuls les tympans de la partie supérieure sont ajourés. Le bas-côté sud est doublé, les trois travées occidentales correspondant au porche d'entrée. À la place du deuxième bas-côté nord se situe le cloître. L'accès à la tribune en grès, sur double arcade, se fait par une tourelle d'escalier hors oeuvre. La croisée du transept reprend une habitude de l'architecture romane alsacienne avec une coupole octogonale nervurée, sur trompes, et une coursière. Des quatre tourelles de la tour, celle du nord-est abrite un escalier. Les bras du transept, à deux travées chacun, s'ouvrent vers l'est sur une chapelle et sont ajourés, au nord et au sud, par une rose. Le choeur, avec abside à pans coupés, donne accès, au nord, à un escalier en vis desservant la tour de croisée et, au sud, à l'ancienne sacristie. Celle-ci est ouverte sur la chapelle Saint-Willibrord et commande l'accès à l'étage qui se fait par une tourelle d'escalier. La tour occidentale, décentrée, en petit appareil irrégulier, comporte des baies géminées, une porte d'origine, à l'est, et une porte gothique, au nord. Les charpentes de la flèche et de la partie ouest du vaisseau central sont médiévales.
La tour-clocher occidentale construite vers 1074 sous l'abbatiat de l'abbé Samuel est le seul vestige de la précédente église ottonienne. C'est un des plus anciens et des mieux conservés des clochers romans d'Alsace. Seule la maçonnerie est d'époque romane. La toiture a été refaite au XIIIe siècle en lui donnant une pente plus importante qu'à l'origine. Des travaux de restauration, entrepris en 2007, ont redonné à la toiture un décor à motif losangé avec des tuiles maillées vertes et jaunes.
L'église, reconstruite par l'abbé Édelin, a été réalisée en suivant un plan basilical avec transept et chœur à abside polygonale et des chapelles de part et d'autre. Le chœur est dépourvu de déambulatoire et de chapelles rayonnantes. Ce plan rappelle celui adopté dans les monuments gothiques de l'Empire comme celui de la cathédrale de Toul dont la construction a débuté en 1221 et a été la première église à adopter ce plan. Les fenêtres du chœur reprennent des dispositions qui existent à la Sainte-Chapelle de Paris consacrée en 1248 ou dans les chapelles rayonnantes de la cathédrale de Cologne datant des années 1250.
L'abbatiale est décorée de vitraux dès le XIe siècle. Il en reste le « Christ de Wissembourg » qui a été déposé au musée de Strasbourg. En place, il reste la rose romane du bras nord du transept représentant une Vierge à l'Enfant sur un trône de la seconde moitié du XIIe siècle. La rose du bras sud représente un Christ bénissant, une Annonciation et un donateur, l'abbé Édelin (1262-1293). Il subsiste un vitrail dans la fenêtre axiale, du XIVe siècle. Un vitrail représentant la Vierge à l'Enfant, avec saint Jean, saint Christophe et le donateur datant de 1487.
L'abbatiale contient des peintures réalisées au XIIIe siècle et d'autres du XVe siècle. Quant au mobilier, il a été détruit pendant la Révolution, dont le lustre à cinq étages symbolisant la Jérusalem céleste, datant du XIe siècle.
Les orgues
Une première mention d'un instrument relativement important remonte à 1525 quand Johann Ludwig Wiegandus est chargé de construire un nouvel orgue, mais il est généralement accepté que l'église abbatiale possédait un orgue avant cette date puisque l'instrument de Wiegandus était en remplacement d'un instrument existant provenant d'un facteur inconnu. Épaulé par un orgue de choeur construit durant la même période, cet instrument de la Renaissance devait encore être de caractère fortement médiéval, puisqu'il était placé en nid d'hirondelle sur le mur nord, au niveau de la troisième travée.
En juin 1731, il est sérieusement question de remplacer ces deux instruments. André Silbermann est contacté. On parlait alors d'un orgue de taille plutôt limitée : 13 jeux au manuel, plus écho, plus pédale de 3 jeux. Mais l'affaire ne se fit pas. Quelques années plus tard, en juillet 1737, son fils Jean-André vient examiner les deux instruments : selon lui, les instruments ont au moins 150 ans.
En 1751, les chanoines décident de la construction d'un grand orgue de 16 pieds. Ils commandent le buffet à Johann Friedrich Alffermann. La partie instrumentale est fort probablement l'oeuvre de l'un de ses fils, de prénom inconnu. L'instrument lui-même est mis en chantier l'année suivante. À la mort de Johann Friedrich à l'automne 1757, il laisse une ébauche injouable. Jean-André Silbermann est appelé pour visiter l'ouvrage inachevé; il est hors de question d'achever un travail aussi avancé : le grand-orgue était presque jouable malgré des défauts de mécanique.
À l'été 1759, le Chapitre confie à Johann Friedrich Eggers, de Einbeck, la poursuite des travaux et lui propose un projet encore plus ambitieux. L'instrument devait contenir un Untersatz 32' et une Contre-Posaune qui devait l'affronter du côté des anches. Eggers semble être débordé par l'ampleur de la tâche et se montre incapable de maîtriser les difficultés liées à la réalisation d'un trois claviers. Après plus de trois ans de travaux infructueux, menés malgré une expertise, il finit par s'enfuir de Wissembourg en juin 1763, laissant le tout en plan. Le Chapitre se retrouve sans facteur, avec un projet à redéfinir et une quantité incroyable de matériaux et de pièces d'orgues. Il est urgent de trouver un véritable « homme de l'art ».
C'est sous la recommandation du Père Nemesius que le facteur Louis Dubois, d'Ammerschwihr, jeune espoir parmi les facteurs d'orgues qui était à achever l'orgue de l'église des Récollets de Saverne, est sollicité. Celui-ci accepte l'offre et une entente est signée le 25 août 1763. Le budget total alloué est de 5 000 livres. Dubois conserve le buffet en chêne massif, le faisant décorer d'éléments de style rococo par le sculpteur local Franz Jacob Martin. Certains tuyaux en métal réutilisables d'Alffermann (positif de dos) ainsi que diverses pièces en bois sont intégrés dans l'ouvrage. Dubois récupère les claviers existants avec leurs incrustations d'os. Il réalise le sommier d'Écho ainsi que l'essentiel de la tuyauterie. Une bonne douzaine de compagnons l'accompagnent, parmi eux Jean Jacque Besançon. L'instrument achevé est approuvé par le Père Nemesius en février 1766.
Son ouvrage achevé, Louis Dubois a pour projet de construire un orgue de 48 jeux pour la Collégiale de Lautenbach. Mais le destin en décide autrement : il rentre à Kaysersberg où il meurt peu après, le 23 février 1766. Cet instrument n'est pas seulement le dernier instrument de Dubois, mais aussi le plus grand instrument de sa facture possédant une Montre 16' au clavier manuel. Il est aussi aujourd'hui plus grand orgue d'Alsace légué par le XVIIIe siècle.
L'orgue Dubois passe la Révolution presque sans encombre. En 1829, de petites réparations sont néanmoins nécessaires et 112 tuyaux sont portés manquants. C'est à Georg Wegmann, de Strasbourg, que l'on confie les travaux, vers 1835, ce qui explique la présence de 94 tuyaux de ce facteur dans l'orgue actuel.
Vers 1860, l'organiste A. Ungerer, veut mettre l'instrument au goût du jour. Les Tierces et les Mixtures aiguës sont devenues très impopulaires, et le répertoire demande des jeux gambés. En juillet 1857, un projet est établi avec Pierre Rivinach, d’Insming, mais ce sont finalement les frères Xavier et Ferdinand Stiehr, de Steltz, qui procéderont à quelques modifications, achevées en août 1862 : au positif, la Fourniture est remplacée par un Basson/Hautbois et la Tierce par un Salicional 4'; au grand-orgue : la Tierce par une Gambe 8' et, fort malheureusement, le Basson 16' par un Salicional 8'; à la pédale, on ajoute l'incontournable Violoncelle 8'. De plus, les six soufflets cunéiformes sont remplacés par deux réservoirs à plis parallèles. À la console, les étiquettes sont replacées.
Malgré leur caractère évidemment « historique », et parce que personne ne fait les démarches nécessaires à leur exemption de réquisition, les tuyaux de façade (pas moins de 300 kg d'étain) sont retirés en 1917 au bénéfice de l'effort de guerre.
Comme presque partout ailleurs en Alsace, le remplacement la façade réquisitionnée provoque un projet de transformation. Une reconstruction presque totale est envisagée et un devis produit en ce sens par la maison Roethinger en mars 1925. Mais c'est dispendieux, et finalement, une intervention plus modeste est demandée à Franz Xaver Kriess, de Molsheim. Achevée en 1929, elle consiste, outre à poser de nouveaux tuyaux de façade, à déplacer la soufflerie de Stiehr et de la munir d'un ventilateur, à reculer le grand buffet de près de 2 mètres et à hausser le diapason pour atteindre le La à 435Hz. Les deux dernières modifications sont préjudiciables à l'instrument : la première implique la destruction de la mécanique du positif de dos et son remplacement par un système d'équerres, et la seconde, un important raccourcissement de la tuyauterie avec les changements aux tailles. Kriess retouche aussi l'harmonisation.
L'état de l'instrument se dégrade considérablement dans les années après guerre et devient injouable en 1950. En 1951, pour une seconde fois, les frères Edmond-Alexandre et Max Roethinger sont sollicités pour modifier profondément le vieux Dubois. Au lieu d'exécuter ce travail, la maison Roethinger construit un orgue neuf, accroché dans le transept nord, à traction électrique, et bien adapté à un usage liturgique. Achevé en 1953, il permet qu'on ne touche pas à l'orgue de tribune. Il repose sur une structure de béton armé. La console est placée au sol au point de rencontre de la nef et du transept.
En 1962, dans la foulée du renouveau de la facture d'orgue et à la suite de recommandations de Michel Chapuis, la maison Roethinger entreprend des travaux à la soufflerie du vénérable instrument qui n'a pas joué depuis 10 ans. Ces travaux, restés inachevés, ne peuvent empêcher l'instrument de tomber dans l'oubli. La partie instrumentale a été classée « Monument historique » le 28 mai 1973, et le buffet classé « Monument historique » le 28 avril 1975. En 1985, l'Inventaire technique le trouve dans un état"très mauvais puisqu'inutilisé depuis longtemps. Le trésor est intact, cela se savait, mais les moyens à engager pour le remettre en valeur sont considérables.
Le "Dubois" est donc resté à l'abandon pendant plus de 30 ans. Entre-temps, le monde de l'orgue a totalement changé et la manière de se servir de ses instruments aussi. Grâce à son compagnon sans buffet, accroché dans le transept, qui remplit bien sa tâche, il est possible de prendre le temps pour une restauration en profondeur. Une seule option est retenue : restauration dans l'état de 1766. Cette option est approuvée par la Commission des monuments historiques en 2008 pour un montant de 600 000 euros. Au-delà de l'énorme travail que cela représente, la quantité de matériel d'origine et d'indices permettant de reconstituer ce qui manque rend l'objectif atteignable sans faire trop de complications. Pour mener à bien les travaux, on choisit celui qui avait déjà restauré tant d'orgues en Alsace, caractérisé par une étonnante faculté à « incarner » des facteurs disparus.
Les travaux sont confiés à la maison Kern, de Strasbourg : travaux aux ateliers de Hattmatt sous la direction de Gaston Kern et harmonisation de Daniel Kern). Les travaux sont menés en 2010-2011 et achevés en 2012. La maîtrise d'ouvrage est assurée par la Ville de Wissembourg, et la maîtrise d'oeuvre par Christian Lutz.
Les ajouts de Stiehr sont supprimés. Les tuyaux manquants pour revenir à la composition de 1766 sont reconstitués sur des modèles de Dubois. Pour les tuyaux de façade, les modèles proviennent des orgues d'Oberentzen et celles de l'église des Récollets de Saverne. Le buffet a repris sa place originelle sur la tribune. Le diapason d'origine est reconstitué (la = 370Hz @ 13oC : pratiquement 3 demi-tons plus grave que le diapason moderne, soit pas loin de Do 440Hz, par rallonge des tuyaux. À la suite à l'intervention de 1925 sur la tuyauterie, il a été impossible de retrouver le tempérament d'origine. Toutefois, des indices concordants montrent qu'il était forcément inégal. Quant à la soufflerie, elle est reconstruite avec six soufflets cunéiformes de 9 pieds par 5 pieds. La splendide console d'Alffermann est reconstituée, les étiquettes Stiehr ayant été archivées après décollage.
L'inauguration a lieu le 20 mai 2012 avec une présentation des jeux par Gaston Kern et Marc Schaefer aux claviers, et un récital de Pascal Reber.
Quant à l'orgue Roethinger, construit entièrement selon les principes et l'esthétique des années 1950, ll fut relevé en 1989 par Yves Koenig. Il est resté entièrement authentique et est donc un témoin précieux de la facture d'orgues du milieu du XXe siècle.
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Wissembourg's St. Peter and St. Paul Abbey was founded around 660 by austrasians noblemen on a Lauter River island. An apocryphal charter allocates this foundation to king Dagobert. Richly endowed, it was once considered to be one of the richest abbeys in German Holy Empire.
The abbey is located between two arms of the Lauter River that used to be linked up by a channel (site of the Stanislas street). The round fortified enclosure included the existing tower and the west wall. In its centre, the church, in the northern section, the cloister and the conventual buildings, in the southern section, the receiver's home, the barns, the tithes home and two hostels, and in the western section, the dean's and the canons' houses.
History
The abbey was founded around 630-660 by monks who came probably from Lorraine. Their monastery was dedicated to St. Peter to which St. Paul was later added. A 12-th century foundation charter, apocryphal, gives king Dagobert as founder. From 661, the abbey was richly endowed with lands. According to tradition, St. Firmin would have introduced the Benedictine rule in Wissembourg, shortly before 753. In 760, Pepin le Bref granted immunity to the abbey on all its lands (Mundat). There were, on the monastery site, several churches and chapels. At the end of the 8th century, the Wissembourg catechism was compiled and monk Otfried, who died in 875, wrote Krist, a versified paraphrase of the Gospel.
Around 850, the monastic school and the scriptorium were at their peak (most of the rich abbey library, dispersed from 17th century, is now located in the Wolfenbuttel ducal library, in Germany). An abbey church was consecrated in 803 and, the same year, the abbey was devastated by a fire. In 882, emperor Charles le Gros, at the request of Liutbert, archbishop of Mainz, granted the abbey the right to elect its superior. In 917 and 926, incursions by Hungarians or Magyars resulted in numerous destructions in Alsace.
Adalbert of Magdebourg, or St. Adalbert, appointed Wissembourg abbot by emperor Otton Ist in 966, introduced blessed Jean de Gorze's reform in 967 before being called as first bishop of Magdeburg in 968. In 974, the monastery was raised, with Mundat, to the rank of Empire principality and acquired from the emperor, the right to freely elect its abbot. The abbots became princes-abbots and sat in diets where they had precedence over the bishop of Spire (the diocese where the abbey was located). After emperor Otton II death, the abbey was attacked in 985 by the duke of Franconia, Othon of Worms; the abbey was severely burned down.
Another fire, in 1004, lead abbot Liuthard to rebuild the church whose chancel was consacrated in 1033 by bishop Reginhard II von Dillingen, or Réginbald of Spire. The church was consecrated in 1073 by the bishop of Spire, Heinrich von Scharfenberg. The church, surrounded by a brick fortified wall and towers. On the outside, in the cardinal points, on roads leading to the abbey, four farms with chapel were transformed into priories. They were soon fortified to act as shelters (St. Paul, the only one extant, St. Rémi, St. Pantaléon and St. German).
Major reconstruction campaigns were undertaken under abbot Samuel, between 1056 and 1096. Among them, the construction of the western tower and the cloister chapel are from that era. In the 13th century, the abbey's wealth allowed the reconstruction of the abbey church in the gothic style. Abbott Édelin, between 1262 and 1293, rebuilt the church starting with the eastern sections: chancel, transept, transept crossing tower, chapels with north sacristy on second floor. The consecration of four altars, in 1284, confirmed that the sanctuary was already used for liturgy. The nave was rebuilt, in two campaigns, during the the first quarter of the 14th century with a rood screen. A small chapel (St. Willibrord) was added behind the sacristy in 1333 (windows and archways date from the beginning of the 16th century). The medieval sandstone steeple of the transept crossing tower, was shown as twisted on old drawings. The construction of the cloister and the chapter room took place in the second half of the 13th century and in the first half of the 14th century.
After 1350, the abbey's financial decline started. The city progressively acquired its independence from the abbots. Emperors Sigismond and Frédéric III released, in 1431 and 1442, the middle-class citizens from their solemn fidelity oath towards the abbot which had been set up by Adolphe and Albert Ist.
Henri Motherer, St. John church parish priest, and his curates, Jean Merkel, Martin Bucer and Georges Kess, began preaching the Reform in 1522. In 1524, the abbey, very much into debt, was secularized and transformed into a collegiate whose chapter became, in 1546, under the authority of the bishop of Spire. At the Reform, in 1545, decors dating from the church construction must be covered.
Damaged during the Thirty Years war, the steeple was taken down in 1666 while the tower was raised and covered with a slate roof and a lantern. Destroyed by lightning in 1883, it was replaced with the actual steeple, according to Charles Winkler's design, in 1885. At the Revolution, the chapter was abolished in 1789 and the canons left the city in 1790. The tympanum sculptures were damaged, the 11th-century chandelier and the furnishings were destroyed.
After Revolution, in 1805, while the abbey church became a parish church, the rood screen was removed, the floor was raised by 80 cm, and the interior walls were whitewashed. Tympanums were slogged away, the soil level was raised. In 1823, the apse eastern window was partly walled up. From 1822 till 1828, the chancel was reorganized with new stalls and neogothic altars. In 1860, 14th- and 15th-century wall paintings were cleared in the transept and chapels. In 1875, chapels received a painted neogothic decor. In 1934, an absidiole from a previous building was discovered against the northern arm of the transept. In 1967, 14th- and 15th-century paintings were cleared in the southern arm of the transept (apostles, life and passion of Christ, St. Christophe).
The church is protected as a heritage building since December 2nd, 1848 and classified as « ancient monument » since February 16th, 1930. After the Strasbourg cathedral, it is the largest gothic church in Alsace and, with Marmoutier, it is among the most imposing religious buildings outside Strasbourg.
The Organs
I. Positif de dos |
II. Grand-Orgue |
|||
|---|---|---|---|---|
| Flûte (D) | 8' | Montre | 16' | |
| Bourdon | 8' | Bourdon | 16' | |
| Prestant | 4' | Bourdon | 8' | |
| Flûte | 4' | Prestant | 4' | |
| Nazard | 2 2/3' | Flûte | 4' | |
| Doublette | 2' | Nazard | 2 2/3' | |
| Tierce | 1 3/5' | Doublette | 2' | |
| Larigot | 1 1/3' | Tierce | 1 3/5' | |
| Fourniture 1' | III | Cornet | V | |
| Cromorne (B-D) | 8' | Fourniture 1 1/3' | IV | |
| Cymbale 1' | III | |||
| Basson (B-D) | 16' | |||
| Trompette (B-D) | 8' | |||
| Voix humaine (B-D) | 8' | |||
| Clairon (B-D) | 4' | |||
III. Écho |
Pédale |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 8' | Flûte | 16' | |
| Prestant | 4' | Flûte | 8' | |
| Nasard | 2 2/3' | Flûte | 4' | |
| Doublette | 2' | Bombarde | 16' | |
| Tierce | 1 3/5' | Trompette | 8' | |
| Trompette | 8' | Clairon | 4' | |
| Voix humaine | 8' | |||
| B-D | B (basses / bass), D (dessus / treble) | |
| 1 | 32 notes (f0-c3) |
I. Grand-Orgue |
II. Récit |
|||
|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Diapason | 8' | |
| Montre | 8' | Flûte | 16' | |
| Bourdon | 8' | Salicional | 8' | |
| Prestant | 4' | Voix céleste | 8' | |
| Doublette | 2' | Flûte | 4' | |
| Plein-Jeu | III-IV | Quinte | 2 2/3' | |
| Trompette | 8' | Octavin | 2' | |
| Tierce | 1 3/5' | |||
| Fourniture | III-IV | |||
| Basson-Hautbois | 8' | |||
Pédale |
|
|---|---|
| Flûte | 16' |
| Bourdon (GO) | 16' |
| Flûte (ext) | 8' |
| Flûte (ext) | 4' |
| Basson | 16' |