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Casavant, Opus 842, 1920 / Guilbault-Thérien 1988
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La paroisse de Saint-Stanislas-de-Kostka fut canoniquement établie le 16 juin 1910 par Mgr Paul Bruchési, archevêque de Montréal. Son territoire a été détaché de la paroisse voisine de l’Immaculée-Conception.
L'église vient remplacer une chapelle érigée par les pères Jésuites de la paroisse de l'Immaculée-Conception quelques années auparavant. Celle-ci, de style néo-roman, est conçue par l’architecte Louis-Alphonse Venne (1875-1934). Les travaux sont confiés à la firme Boileau et Frères. L’édifice est terminé en 1912 et son ameublement est réalisé par la firme H. Mathieu. Le 19 décembre 1917, un incendie endommage grandement l'édifice qui doit être reconstruit. Cette fois, les plans sont élaborés par les architectes Louis-Alphonse Venne et Joseph-Dalbé Viau (1881-1938) en utilisant les mêmes murs extérieurs. Ceux-ci sont entièrement recouverts de pierre et son toit est en cuivre. Son ameublement, dont le baldaquin du maître-autel, fut dessiné par l’architecte Venne. Seuls le maître-autel et la table de communion proviennent de la maison Daprato. C’est une des plus vastes églises de Montréal avec une superficie totale de près de 6 000 mètres carrés (64 600 pieds carrés). Ses dimensions imposantes rappellent la ferveur religieuse, ravivée par le Congrès eucharistique de 1910 qui anime les Montréalais de l’époque. Les clochers et la coupole de cette église témoignent du savoir-faire des ferblantiers-artisans.
Sa façade est flanquée de deux tours carrées et est ornée d’une frise lombarde. L’édifice adopte un plan de croix latine, avec chœur en saillie et abside en hémicycle. L’édifice possède une nef à trois vaisseaux avec voûte en arc en plein cintre, deux tribunes arrière, un baptistère, un presbytère et une chapelle extérieure au plan.
Le décor peint intérieur de l’église fut réalisé par la maison Carli-Petrucci en 1922 lequel a été rafraîchi en 1983 sous la direction de l’architecte Claude Beaulieu. Les premiers vitraux sont réalisés par la maison O’Shea et Perdriau et installés en 1919. D’autres, réalisés par Guido Nincheri sont ajoutés en 1929 dans la sacristie.
L'orgue
Cet orgue, dont la console a été remplacée par Casavant en 1956, a été inauguré, en 1920, par le grand organiste et concertiste français Joseph Bonnet (1884-1944). Il a été incomplètement reconstruit par la firme Guilbault-Thérien en 1988 c'est-à-dire après la période de l’orthodoxie hermétique néo-baroque et classique pure des années 1960 et 1970 qui a vu naître plusieurs instruments neufs. Afin de reconstruire ou de récupérer d’assez grands instruments romantiques-symphoniques laissés souvent presque à l’oubli volontaire durant une vingtaine d’années, on croyait avoir trouvé un moyen idéal tout en respectant d’un côté, les timbres originaux, et de l’autre, mettre à jour ou au goût du jour en matière non seulement d’harmonisation, mais aussi de création en insérant de nouveaux jeux inspirés davantage des époques baroque et classique, au sein même du contexte original.
C'est ainsi que la firme Guilbault-Thérien a reconstruit, entre les années 1980 et 2000, la majorité des orgues des cathédrales et de plusieurs églises au Québec en incluant des esthétiques plus baroques et classiques. Ces "vieux" Casavant, construits entre 1900-1940, étaient davantage d'esthétique néo-romantique plutôt que symphonique. Cet apport ne sembla pas détonner d’autant plus que la redécouverte de ces vaillants instruments ne pouvait qu’être encore plus agréable si on leur insufflait un "vent nouveau" par l’ajout de nouvelles sonorités lumineuses permettant la prestation d'un plus vaste répertoire. Avec les années, une direction trop unilatérale s'installe et certaines façons de faire - surtout les ré-harmonisations - déplaisent à certains décideurs et comptent parmi les raisons de l'interruption des travaux sur l'orgue de Saint-Stanislas. Cette interruption survient alors que les trois-quarts du travail sont réalisés laissant en plan le quatrième clavier: un Solo orchestral avec ses gambes, grosses flûtes et tubas tout comme ceux de la cathédrale de Rimouski (Casavant 1921 / Guilbault-Thérien 1979) et de Québec (Casavant 1927 /Guilbault-Thérien 1985). Ce clavier était appelé à devenir sans doute un grand Cornet à la française de dix rangs, avec fonds flûtés et mutations, couronné par une anche dominante toujours à la française, en l’occurrence une Trompette et possiblement un Clairon.
Parmi les transformations apportées, notons la perte des gambes 16' et 8' à la Pédale qui sont devenues des Principal 8' et 4' ainsi que la perte des extensions de la Flûte ouverte 16' en Flûtes 8' et 4' pour créer l'espace nécessaire à l'installation du Tuba 8', provenant du Solo, qui est devenu la Trompette 8' et le Clairon 4' par extension. Pour faire place aux Nasard et Tierce au Positif, deux jeux de fonds de 8' ont été enlevés. Ces dernières concessions peuvent être essentielles pour la création de nouveaux jeux, mais au détriment de la perte du patrimoine organistique, même si ces nouvelles sonorités offrent des possibilités accrues intéressantes pour le répertoire baroque-classique en offrant aussi de nouvelles et nécessaaires synthèses flûtées agrémentant les ensembles symphoniques devenant plus français et carillonnants avec l'utilisation des octaves graves et aiguës.
Le résultat de cette reconstruction incomplète est un instrument qu'on peut qualifier de véritable "orgue de cathédrale de base" de par sa puissance assez spectaculaire avec tout juste une cinquantaine de jeux malgré encore un Plein-Jeu au Positif et une Cymbale au Grand-Orgue utilisables plutôt pour le répertoire classique ou néo-classique. En général, cette reconstruction est avant tout bien réussie. L'instrument a conservé ses deux remarquables expressions au Récit et au Positif avec leurs immenses jalousies s’ouvrant, à environ 30 degrés, pour toute la moitié avant du toit et les devants entiers des deux boîtes. Ces deux remarquables boîtes très expressives offrent énormément de possibilités, nonobstant le caractère classique de certains jeux. L'instrument dispose d'octaves graves et aiguës à tous et entre tous les claviers. La présence assez rare, au Québec, d'une octave grave au Grand-Orgue, offre la possibilité de réaliser une véritable batterie d’anches 16’, 8’, 4’ très efficace et puissante pour les tutti, en plus d’un grand Plein-Jeu 32' très marquant, couronné par la Cymbale. Les jeux du Grand-Orgue et du Positif comprennent 61 tuyaux alors que ceux du Récit en contiennent 68.
Avec des jeux de fonds 8’ et 4’, peut-être moins suaves ensemble qu’en harmonisation originale, le Positif est devenu plus classique, avec ses Bourdons/Flûte 8’ et 4’ bien poétiques et assez doux. Les Nasard et Tierce sont bien présents et sont supportés par des Principal 8' et 4' puissants alors que la Doublette 2’ et le Plein-Jeu IV rangs sont surpuissants. Le doux et original Cor anglais accompagne à l’ombre de cette puissante Clarinette 8’, réharmonisée en style Cromorne.
Les jeux de fonds 16’, 8’ et 4’ au Grand-Orgue et à la Pédale sont pour la moitié originaux et pour l'autre moitié modifiés. Ils se fondent bien ensemble malgré la perte des Gambes 16’ et 8’ et Flûtes 8’ et 4’ à la Pédale. Les dessus - Doublette, Fourniture, et Cymbale au Grand-Orgue - sont très présents alors que les anches 8’ et 4’ sont très puissantes, encore plus au Grand-Orgue qu’à la Pédale. Les belles Bombardes 32’ et 16’ pleine longueur sont restées originales.
Au Récit, tous les jeux de fonds en 16’, 8’, 4’ et 2’ restent inchangés, à part une petite attaque percussive, mais discrète donnée en 1988 au Bourdon 8', conservant intacte l’âme romantique interne expressive. Ils sont d'une assez grande douceur. Ils sont couronnés d'un nouveau Cornet V rangs à la française et d'une Trompette réharmonisée dans un style plus classique. Les deux anches de détail - Hautbois et Voix humaine - moins retouchées, sont réussies. Il en est de même pour les anches 16’ et 4’.
Quant au quatrième clavier, le Solo, sur les mêmes sommiers et dans la même boîte que le Positif, comprend, en principe, 7 jeux. Ce nombre est inversé par rapport à l'original qui dénotait 9 jeux au Solo et 7 au Positif. Il est, depuis 1988, vide, et plusieurs de ses tuyaux non réinstallés ou modifiés restent entreposés sous les sommiers dans le buffet de l’orgue.
Avec cet exemple majeur et sans vouloir dénoncer, mais simplement fournir une réflexion sur les reconstructions de nos vieux Casavant par Guilbault-Thérien entre 1980 et 2000, il appartient donc maintenant à l’avenir, après 30 ans et plus d'interruption, de voir à parachever le projet de cet orgue qui résonne dans la merveilleuse acoustique de six secondes de cette église qui est la deuxième plus grande - après Saint-Jean-Baptiste - parmi les huit grandes églises du Plateau Mont-Royal.
Jan Boyer Walgraeve 2019
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St. Stanislas of Kostka parish was canonically established on June 16th, 1910, by Archbishop Paul Bruchési, of Montréal. Its territory was detached from the neighboring Immaculate Conception parish.
The church replaced a chapel established by the Jesuits fathers from the Immaculate Conception parish some years before. The neo-Romanesque building was designed by architect Louis-Alphonse Venne (1875-1934). Construction works were entrusted to the Boileau et Frères firm. The building was completed in 1912 and its furnishings were produced by the H. Mathieu firm. On December 19th, 1917, a fire badly damaged the building which must be rebuilt. This time, the design was entrusted to architects Louis-Alphonse Venne and Joseph-Dalbé Viau (1881-1938) using the same exterior walls. These are covered with stone and its roof is copper. Its furnishings, including the baldachino over the main altar, were designed by architect Venne. Only the main altar itself and the communion rail come from the Daprato firm. It is one of the largest churches in Montréal with an interior of about 64,600 square feet (6,000 square meters). Its imposing dimensions express the religious fervor, animated by the Eucharist Congress which took place in Montréal in 1910. The church's bell towers and dome attest the know-how of the tinsmith craftsmen.
Its facade is flanked by two square towers and is decorated with a Lombardic frieze. The building has a Latin cross floor plan with a protruding chancel and a semicircular apse. The church has a three-vessel nave with a semicircular vault, two rear galleries, an exterior chapel and a baptistry. A presbytery is also part of the complex.
The painted interior decor was carried out in 1922 by the Carli-Petrucci firm. It was revised in 1983 under the supervision of architect Claude Beaulieu. The first stained glass windows were designed by the O'Shea and Perdriau firm and installed in 1919. Others, carried out by Guido Nincheri, were added in the sacristy in 1929.
The Organ
This organ, whose console was replaced by Casavant in 1956, was inaugurated in 1920 by the famous French organist and concert artist Joseph Bonnet (1884-1944). It was partially rebuilt by the Guilbault-Thérien firm in 1988 following the 1960-1970 pure neo-baroque and classic hermetic orthodoxy which saw the installation of several new instruments. To rebuild or to restore rather large romantic-symphonic instruments often left mute almost by voluntary neglect for about 20 years, a new process was developed. While protecting the original voices, the instruments were updated by adding new stops coming from the baroque and classical eras.
This is how the Guilbault-Thérien firm rebuilt, between 1980 and 2000, most of the organs in cathedrals and several churches in Québec by inserting more baroque and classic aesthetics. These 'old' Casavant, built between 1900 and 1940, were more neo-romantic instruments rather than symphonic. These additions did not seem to be out of place mainly because these instruments were even more beautiful with the addition of these new bright voices allowing the performance of a larger repertoire. Over the years, too unilateral a direction sat in and certain procedures - mainly revoicing - dissatisfied decision makers and could be among the reasons for the work interruption on the St. Stanislas organ. This stoppage happened while three quarters of the works were completed leaving unfinished the fourth manual: an orchestral Solo with its strings, large flutes and tubas very close to the ones in Rimouski Cathedral (Casavant 1921 / Guilbault-Thérien 1979) and in Québec City Cathedral (Casavant 1927 / Guilbault-Thérien 1985). This manual was designed to probably include a French 10-rank Cornet, with fluted foundation stops and mutations, crowned by a predominant French reed, in this case a Trompette and probably a Clairon.
Among the transformations, there is the loss of the 16' and 8' Gambes in the Pedal which became the 8' and 4' Principal as well as the loss of extensions for the 16' Flûte ouverte in 8' and 4' Flutes to create room for the installation of the former Solo 8' Tuba to become the 8' Trompette and 4' Clairon by extension. To make room for the Nasard and the Tierce in the Positif, two 8' foundation stops were taken away. These last concessions can be viewed as essential to make room for the new stops but to the detriment of the loss of heritage voices, even if these new stops brought interesting possibilities for the performance of the baroque-classic repertoire.
The result of this incomplete reconstruction is an instrument which can be described as a true "basic cathedral organ" with its rather spectacular power with about 50 stops in spite of the presence a Plein-Jeu in the Positif and a Cymbale in the Grand-Orgue which are useful probably only in the performance of the classic French repertoire. In general, this reconstruction was well carried out. The instrument kept its two remarkable swell boxes for the Récit and for the Positif with their huge shutters opening for half the box roof at about 30 degrees and for the complete front of both boxes. These two remarkable very expressive swell boxes provide a tremendous number of possibilities, notwithstanding the classic voicing of certain stops. The instrument has sub and treble octave couplers in all and between all manuals. A rather rare presence, in the Grand-Orgue, is a sub coupler allowing the possibility of drawing a complete, efficient and powerful battery of 16', 8', and 4'reeds, and even a notable and large 32' Plein-Jeu. All stops in the Grand-Orgue, Positif and Solo divisions have 61 pipes while those in the Récit have 68.
With 8' and 4' foundation stops perhaps less sweeter together than in the original setup, the Positif became more classic, with very poetic and rather soft 8' and 4' Bourdons/Flûtes. The Nasard and the Tierce are very present and are supported by powerful 8' and 4' Principal while the 2' Doublette and the IV-rank Plein-Jeu are very powerful. The soft and original Cor anglais really accompanies in the shadow of the very powerful 8' Clarinette revoiced as a Cromorne.
The 16', 8' and 4' foundation stops in the Grand-Orgue and in the Pedal are half original and half modified. They mix together rather well in spite of the loss of the 16’ and 8’ Gambes and the 8' and 4' Flutes in the Pedal. The treble stops - Doublette, Fourniture, and Cymbale in the Grand-Orgue - are very present while the 8' and 4' reeds are very powerful in both the Grand-Orgue and the Pedal. The original nice full-length 32' and 16’ Bombarde were preserved.
In the Récit, all 16', 8', 4' and 2' foundation stops remained unchanged, keeping unaltered the internal romantic expressive character. These stops are crowned with a new French V-rank Cornet and a Trompette revoiced in a more classic style. Both detail reeds - Hautbois and Voix humaine - less touched up are a success. The same is true for the 16' and 4' reeds.
As for the fourth manual, the Solo, on the same windchests and in the same swell box as the Positif, was to have, in principle, 7 stops. This number is reversed in comparison with the original layout which called for 10 stops in the Solo and 7 in the Positif. It is empty, since 1988, and some of its modified or not reused pipes remain stored under the windchests in the organcase.
With this major example and without criticizing but simply to provide a thought on the reconstructions of the old Casavant organs by Guilbault-Thérien between 1980 and 2000, it is now up to the future, after more than 30 years of suspension, to finalize this project considering that this organ sounds in the 6-second acoustical marvel of this church which is the second largest - after St. Jean-Baptiste - among the eight large churches in Montréal's Plateau Mont-Royal district.
Jan Boyer Walgraeve 2019
II. Grand-Orgue |
I. Positif |
|||
|---|---|---|---|---|
| Montre | 16' | Diapason | 8' | |
| Montre | 8' | Bourdon | 8' | |
| Gemshorn | 8' | Flûte bouchée | 4' | |
| Bourdon | 8' | Prestant | 4' | |
| Flûte ouverte | 8' | Nasard | 2 2/3' | |
| Flûte harmonique | 4' | Doublette | 2' | |
| Prestant | 4' | Tierce | 1 3/5' | |
| Quinte | 2 2/3' | Plein-Jeu 1 1/3' | IV | |
| Doublette | 2' | Clarinette | 8' | |
| Fourniture 2' | IV | Cor anglais | 8' | |
| Cymbale 1' | IV | Tremolo | ||
| Trompette | 8' | Cloches (GO) | ||
| Clairon | 4' | |||
| Cloches | ||||
III. Récit |
IV. Solo |
||||
|---|---|---|---|---|---|
| Bourdon | 16' | Vide / Empty | |||
| Bourdon | 8' | ||||
| Principal | 8' | ||||
| Viole de gambe | 8' | ||||
| Voix céleste | 8' | ||||
| Flûte harmonique | 8' | ||||
| Flûte octaviante | 4' | ||||
| Principal | 4' | ||||
| Octavin | 2' | ||||
| Cornet | V | ||||
| Hautbois | 8' | ||||
| Voix humaine | 8' | ||||
| Trompette | 16' | ||||
| Trompette | 8' | ||||
| Clairon | 4' | ||||
| Tremolo | |||||
Pédale |
|
|---|---|
| 1Flûte (res) | 32' |
| Flûte ouverte | 16' |
| 2Contrebasse | 16' |
| Bourdon | 16' |
| Bourdon (ext) | 8' |
| Montre | 8' |
| Prestant (ext) | 4' |
| 3Bombarde | 32' |
| Bombarde (ext) | 16' |
| Trompette | 8' |
| Clairon (ext) | 4' |
| 1 | Flûte ouverte 16' + Bourdon 10 2/3' | |
| 2 | 1-12 Montre 16' (GO); 13-32 Montre 8' (PED) | |
| 3 | Pleine longueur / Full length |